צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 261

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Le Saint béni soit-Il remplit toute la terre de Sa gloire, dans un voilement immense : « Il a fait des ténèbres Sa retraite » (Tehilim 18,12). Selon Rabbi Tsadok, lorsque cette reconnaissance illumine le cœur, cela s'appelle « Il nous a fait sortir de l'obscurité vers une grande lumière » : la sortie d'Égypte extrait hors du voilement vers le dévoilement. Avraham connaît déjà à Our-Kasdim qu'« il n'y a rien d'autre que Lui » (Devarim 4,35), mais pas encore la conduite particulière dont découle la Torah et les mitsvot. Après la lumière du palais embrasé dans son cœur, « Va-t'en pour toi » (Berechit 12,1) lui dévoile un conducteur pour chaque âme. Avant cet ordre, sa perception s'appelle seulement « embrasée ».

Aussi : ceux qui se plaignent à Tavéra veulent l'embrasement sans la délimitation de la Torah et des mitsvot ; le feu s'enfonce, l'amour reste, puis les désirs jusqu'à Kivrot haTaava ; Il ordonne d'illuminer devant Lui par ce qui éclaire dans les cœurs

‏[רסא] הקב"ה מלא כל הארץ כבודו ולית אתר פנוי מיני' רק שהוא בהעלם גדול וישת חושך סתרו. ‏וכאשר מאיר ללב האדם הכרה זו איך השי"ת מלא כל הארץ כבודו זה נקרא הוציאנו מאפלה לאור ‏גדול כמ"ש בהגדה.

דיציאת מצרים שהוא הוצאה מן ההעלם הכרת הש"י אל הגילוי. והוא הארה ‏לגבי האדם וגם לגבי הש"י כמשאז"ל (ב"ר סוף פר' ל) משל למלך שהי' מהלך במבואות אפלות ובא ‏אוהבו והדליק את הנר.

שאברהם אבינו ע"ה האיר לפני הש"י כי זה נקרא שכינה בגלות כאשר ‏שכינתו ית' בתחתונים הוא בהעלם עצום ואינו בהתגלות ובפרסום הרי זה כמהלך במבואות ‏אפלות. ומשל רז"ל (שם ר"פ לט) לבירה דולקת היינו דהוא אפלה ועכ"ז דולקת היינו הארת אברהם ‏אבינו ע"ה שיש בורא וא"כ איך חשב שהעולם בלא מנהיג.

רק הכונה דהכיר כבר באור כשדים ‏באמיתות הש"י שהוא מלא כל הארץ כבודו וכל הנהגת הטבע ממנו ואין עוד מלבדו. רק ידיעת ‏ההנהגה הפרטית מהש"י בשידוד ובלא שלוחי הטבע והתלבשותו בלבושי העולם שמזה נמשך כל ‏ענין התורה והמצות לא נודע לו.

כי עדיין לא השיג ענין הנבואה שידבר ה' עם האדם ויצוהו על איזה ‏דבר דהיינו שהשי"ת המנהיג בפרט ללב. ועד ששייך ויש מציאות לעבודה ושכר ועונש.

שע"ז נאמר ‏לך לך וגו' שנתגלה לו זה אחר שראה בירה דולקת פי' שדולק בלבו אור זה דהש"י אמר אפשר שזה ‏מעצמו ולמה מאיר זה בלבו וכל העולם בתוהו ואפלה ודאי יש מנהיג בפרטות לכל פרט נפש שלא ‏עפ"י הטבע הכללי. ואמר דולקת כי נר מצוה ותורה אור פי' המצוה מעשית הוא הנר שהוא הכלי ‏קיבול שבו נתפס האור.

והתורה הוא עצם האור שבלב שמאיר לו הדברי תורה בלב לדעת את ה'. ‏וזה טעם שמן למאור כמשאז"ל (שהש"ר א' ג) דשמן רומז לחכמה והחכמה היא המאירה.

וזהו ‏האור המורגש בלב מצד התורה והמצות נקרא אור ונר. אבל אור דאברהם אע"ה אז קודם מאמר לך ‏לך שלא הי' נתפס בתורה ומצות כלל רק השגה זו בוער בלבו שיש אלוה בעולם וזה לא נקרא אור ‏כיון שאין לו הגדרה רק דולקת שמצד זה מסר עצמו לאור כשדים מצד גודל התבערה שהי' בלבו ‏והי' אש אוכלת אש ולכן לא נשרף אבל לא זו הדרך ישכון אור רק תבערה ודליקה.

וזה טעם שם ‏המקום תבערה כי בערה בם אש ה' ואש דשם הוי' שהוא מלא רחמים ודאי ר"ל אורו ית' המאיר בלב ‏והוא אש אוכלת אש. והיינו כי המתאוננים שמעתי דר"ל שהיו בעצבות ומרה שחורה וזה טעם רע ‏באזני ה' כי זה ענין טמא מת משתלח חוץ למחנה שכינה אבל במחנה לוי' אף במקום משה רבינו ‏ע"ה מותר רק הש"י אין יכול לסבלו.

ועצבותן היינו מפני טמטום הלב כי חפיצים לדבקה בו. וידוע ‏דבעת המרה שחורה הוא מצפה לאור ה' שיבוא בקרבו בדרך תבערה והתלהבות שלא ע"י הגדרת ‏ויגיעת התורה והמצות וע"ז הוא התאוננותם.

ואז בדור המדבר כל מה שהיו מבקשים הי' נפעל ‏תיכף והגיעו לתבערה עד שהי' אש אוכלת אש דנר ה' נשמת אדם שנתכללה במקורה בטבע נר ‏הקטן באור גדול עד שצעקו העם היינו כטעם אל ידבר עמנו א-להים פן נמות ונשקעה האש. ואז נולד ‏להם תאוה כי תבערת האש הוא מצד תוקף חום האהבה דאברהם אבינו ע"ה להש"י.

וידוע דכל ‏מדה מתפשטת עד אין קץ ואהבת אברהם אבינו ע"ה כוללת כל מיני אהבות מריש כל דרגין ועד ‏אהבות וחמדות דעולם העשיי' גופני והכל הי' אצלו להש"י. וכאשר נשקע האש ואז"ל (בספרי הובא ‏ברש"י) דשקעה במקומה היינו לא שניטלה למעלה ונסתלק האהבה מהם רק שנשאר שקוע ומכוסה ‏בהם.

וידוע דבכ"מ הרשימו נשאר ונשאר בהם מדת אהבה. וכאשר הם נתייראו מלשקוע בתוקף ‏אהבת הש"י עד כלות הנפש אז נפלו לתאות וסיגי האהבה [ובאמת גם תאוה דשם הי' הכל להש"י ‏וכמ"ש במק"א] ואז זכו למדריגת קברות התאוה שהוא זיכוך מדת אהבת הש"י מן הסיגים.

ואברהם ‏אבינו ע"ה להיותו אב כולל כל הנפשות והוצרך להאיר לכל העולם כולו הי' כלי לסבול תבערה ‏ודליקה זו ג"כ עד שהאיר לו השי"ת בנר דציווים שונים ונעשו כליותיו נובעות חכמה (כמ"ש ב"ר פ' ‏סא) וזכו בניו לנר מקדש. ואז"ל (מד"ת תצוה ב) הקב"ה מאיר לכל העולם כולו וציוה להאיר לפניו ‏והיינו כי באמת הש"י המאיר מה שמאיר בלב רק שהוא אומר להאיר לפניו שהוא אומר שמה שמאיר ‏בלבבות בני ישראל בזה הם מאירים לפניו שלא ילך במבואות אפלות ולא הוא מאיר להם.

והוא ‏כטעם לא זז מחבבה עד כו' (שמו"ר סוף פר' נב) וכטעם תנו עוז לא-להים: ‏

[261] Le Saint béni soit-Il remplit toute la terre de Sa gloire, et il n'est aucun lieu vide de Lui, sauf que cela se tient dans un voilement immense : 'Il a fait des ténèbres Sa retraite' (Psaumes 18,12). Et lorsque cette reconnaissance illumine le cœur de l'homme, à savoir comment le Nom béni soit-Il remplit toute la terre de Sa gloire, cela s'appelle 'Il nous a fait sortir de l'obscurité vers une grande lumière', comme il est dit dans la Haggada.

Car la sortie d'Égypte est une extraction hors du voilement de la reconnaissance du Nom béni soit-Il vers le dévoilement. Et c'est une illumination du côté de l'homme, et aussi du côté du Nom béni soit-Il, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berechit Rabba, fin du chapitre 30) : une parabole d'un roi qui marchait dans des ruelles obscures ; son ami vint et alluma la lampe.

Car Avraham notre père, la paix sur lui, a illuminé devant le Nom béni soit-Il ; car voilà ce qui s'appelle 'la Chekhina en exil' : lorsque Sa Présence, qu'Il soit béni, dans les mondes inférieurs se tient dans un voilement extrême, sans dévoilement ni notoriété, c'est comme quelqu'un qui marche dans des ruelles obscures. Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont donné la parabole (ibid., début du chapitre 39) du palais embrasé (בירה דולקת, bira doleket : un édifice à la fois éclairé et en flammes) : c'est-à-dire qu'il y a obscurité, et malgré cela il brûle, ce qui est l'illumination d'Avraham notre père, la paix sur lui, qu'il existe un Créateur.

Mais s'il en est ainsi, comment a-t-il pu penser que le monde était sans conducteur ? Seulement, l'intention est qu'il connaissait déjà, à Our-Kasdim, la vérité du Nom béni soit-Il, qu'Il remplit toute la terre de Sa gloire, que toute la conduite de la nature vient de Lui et qu''il n'y a rien d'autre que Lui' (Deutéronome 4,35).

Seule la connaissance de la conduite particulière venant du Nom béni soit-Il, par bouleversement de l'ordre naturel, sans les émissaires de la nature ni Son revêtement dans les habits du monde, connaissance dont découle toute l'affaire de la Torah et des mitsvot, ne lui était pas encore connue. Car il n'avait pas encore saisi la notion de prophétie, que ה' parle avec l'homme et lui ordonne quelque chose, c'est-à-dire que le Nom béni soit-Il conduit en particulier le cœur ; et par là, qu'il y ait lieu et réalité pour un service divin, ainsi que pour la rétribution et le châtiment.

C'est à ce sujet qu'il fut dit 'Va-t'en pour toi' etc. (Genèse 12,1), car cela lui fut dévoilé après qu'il eut vu le palais embrasé, c'est-à-dire que cette lumière du Nom béni soit-Il brûlait dans son cœur.

Il dit : est-il possible que cela vienne de soi-même ? Et pourquoi cela éclaire-t-il dans son cœur alors que le monde entier est dans le chaos et l'obscurité ?

Assurément il y a un conducteur, en particulier, pour chaque âme particulière, et non selon la nature générale. Et il est dit 'embrasé' (דולקת), car 'la mitsva est une lampe et la Torah est lumière' (Proverbes 6,23) : c'est-à-dire que la mitsva pratique est la lampe, qui est le keli (réceptacle) de réception dans lequel la lumière est saisie ; et la Torah est l'essence même de la lumière qui est dans le cœur, car les paroles de Torah l'éclairent dans le cœur pour connaître ה'.

Et c'est le sens de 'de l'huile pour le luminaire' (Exode 25,6), comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Chir haChirim Rabba 1,3), que l'huile fait allusion à la 'hokhma (sagesse) et que c'est la 'hokhma qui illumine. Et cette lumière ressentie dans le cœur du fait de la Torah et des mitsvot s'appelle 'lumière' et 'lampe'.

Mais la lumière d'Avraham notre père, la paix sur lui, alors, avant l'ordre 'Va-t'en pour toi', qui n'était aucunement saisie dans la Torah et les mitsvot, seule cette perception brûlant dans son cœur qu'il y a un Dieu dans le monde, cela ne s'appelle pas 'lumière', puisque cela n'a aucune délimitation, mais seulement 'embrasée' (דולקת). Et c'est de ce côté qu'il se livra au feu d'Our-Kasdim, du fait de la grandeur de l'incendie qui était dans son cœur ; et c'était 'un feu dévorant un feu', c'est pourquoi il ne fut pas brûlé.

Mais ce n'est pas là la voie où 'réside la lumière' (Job 38,19) : ce n'est qu'incendie et embrasement. Et c'est le sens du nom du lieu Tavéra (l'Embrasement, Nombres 11,3), 'car le feu de ה' brûla parmi eux' ; et le feu du Nom havaya (le Nom de quatre lettres), qui est plein de miséricorde, veut assurément dire Sa lumière, qu'Il soit béni, qui éclaire dans le cœur, et c'est 'un feu dévorant un feu'.

Et c'est le sens de 'ceux qui se plaignaient' (המתאוננים) : j'ai entendu que cela veut dire qu'ils étaient dans la tristesse et la mélancolie (מרה שחורה, mara chehora, la bile noire). Et c'est aussi le sens de 'mal aux oreilles de ה'', car il en va ici comme de celui qui est impur par contact avec un mort, lequel est renvoyé hors du camp de la Chekhina, alors que dans le camp des Lévites, et même à l'endroit de Moche notre maître, la paix sur lui, il est permis : seul le Nom béni soit-Il ne peut le supporter.

Et leur tristesse venait de l'obstruction du cœur (טמטום הלב, timtoum halev), car ils désiraient s'attacher à Lui. Et il est connu qu'au temps de la mélancolie, l'homme attend que la lumière de ה' vienne en lui par voie d'embrasement et d'enthousiasme, sans passer par la délimitation et le labeur de la Torah et des mitsvot ; et c'est là-dessus que portait leur plainte.

Or alors, dans la génération du désert, tout ce qu'ils demandaient s'accomplissait aussitôt, et ils parvinrent à l'embrasement au point que ce fut 'un feu dévorant un feu', car 'la lampe de ה' est l'âme de l'homme' (Proverbes 20,27), laquelle fut incluse dans sa source à la manière d'une petite lampe [absorbée] dans une grande lumière, jusqu'à ce que 'le peuple criât' (Nombres 11,2), ce qui est du même ordre que 'que Elokim ne parle pas avec nous, de peur que nous ne mourions' (Exode 20,16), et le feu s'enfonça. Et c'est alors que naquit chez eux le désir (תאוה, taava), car l'embrasement du feu provient de la force de la chaleur de l'amour d'Avraham notre père, la paix sur lui, pour le Nom béni soit-Il.

Et il est connu que toute midda (attribut) se déploie à l'infini : l'amour d'Avraham notre père, la paix sur lui, inclut toutes les sortes d'amours, depuis le sommet de tous les degrés (ריש כל דרגין) jusqu'aux amours et convoitises du monde de la Assiya corporel, et chez lui tout cela était dirigé vers le Nom béni soit-Il. Et lorsque le feu s'enfonça, nos maîtres de mémoire bénie ont dit (dans le Sifri, cité par Rachi) qu'il s'enfonça à sa place : c'est-à-dire qu'il ne fut pas repris en haut et que l'amour ne s'est pas retiré d'eux, mais qu'il est demeuré enfoui et recouvert en eux.

Et il est connu qu'en tout lieu le rechimou (l'empreinte résiduelle) subsiste : la midda de l'amour est donc restée en eux. Et comme ils craignirent de sombrer dans la force de l'amour du Nom béni soit-Il jusqu'à l'expiration de l'âme (כלות הנפש, kelot hanefech), ils tombèrent alors dans les désirs et les scories (סיגים, siguim) de l'amour [et en vérité, même le désir qui fut là était entièrement pour le Nom béni soit-Il, comme je l'ai écrit ailleurs] ; et alors ils méritèrent le niveau de Kivrot haTaava (les tombeaux du désir, Nombres 11,34), qui est l'affinage de la midda de l'amour du Nom béni soit-Il, purifiée de ses scories.

Et Avraham notre père, la paix sur lui, parce qu'il est un père qui inclut toutes les âmes et qu'il lui fallait illuminer le monde entier, était un keli capable de supporter aussi cet incendie et cet embrasement, jusqu'à ce que le Nom béni soit-Il l'illumine par la lampe de commandements divers, et que ses reins deviennent des sources jaillissantes de sagesse (comme il est dit dans Berechit Rabba, chapitre 61), et ses fils méritèrent la lampe du Sanctuaire. Et nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Midrach Tan'houma, Tetsavé 2) : le Saint béni soit-Il illumine le monde entier, et pourtant Il a ordonné d'illuminer devant Lui.

C'est-à-dire qu'en vérité c'est le Nom béni soit-Il qui illumine tout ce qui illumine dans le cœur ; seulement Il dit d'illuminer devant Lui, c'est-à-dire qu'Il déclare que ce qui éclaire dans les cœurs des enfants d'Israël, par cela ce sont eux qui éclairent devant Lui, afin qu'Il n'aille pas dans des ruelles obscures, et non que ce soit Lui qui les éclaire. Et cela est du même ordre que 'Il n'a cessé de la chérir jusqu'à ce que...' (Chemot Rabba, fin du chapitre 52), et du même ordre que 'Donnez la puissance à Elokim' (Psaumes 68,35).

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