צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 258

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Ce passage poursuit : de même que la nation a des transgresseurs d'Israël sans lesquels un jeûne public n'est pas un jeûne, ainsi l'homme a une part mauvaise et il faut un seul lien avec elle. Rabbi Tsadok enseigne que la louange est plus grande lorsque, même depuis les convoitises, on reconnaît la grandeur du Nom béni soit-Il par la bénédiction. Un peu de levain et un peu de sottise sont nécessaires à chacun et au monde. Par la bénédiction sur tout plaisir permis, la kelipa de noga (écorce intermédiaire) entre dans la sainteté. En se revêtant de l'irritation du bon penchant contre le mauvais, on reçoit les bénédictions de ce monde-ci.

Aussi : yotam, dont ne pas entrer au sanctuaire est dit comme un manque, car il n'avait aucun manque ; salomon : ni indigence ni richesse ; Caïn dans la lettre kouf et Hevel dans la lettre hé, à l'image de Yossef et Yehouda

‏[רנח] כמו שבכלל האומה יש גם פושע ישראל וכל תענית שאין בו מפו"י אינו תענית כמשאז"ל ‏‏(כריתות ו:) מחלבנה. כך באדם עצמו יש ג"כ חלק רע משאור שבעיסה המכונה פו"י ולהיות בקשר ‏א' עמו כמשאז"ל (שמו"ר פ' ז) כשם שקילוסו עולה מן הצדיקים כך עולה מן הרשעים.

וזהו קילוס ‏יותר כאשר צד הרשע מקלס ג"כ ומכיר גדולת הש"י. וכן באדם כאשר גם מצד השתקעותו בחמדות ‏עוה"ז מכיר גדולת הש"י כמו בהנאה דאכילה ושתי' ע"י הברכה מקודם ואפי' אם כענין (מ"ש ברכות ‏סג.) גנבא אפום מחתרתא רחמנא קרי.

ובזוהר תרומה תע"ד רע"א דאודה בכל לבב היינו גם ביצ"ר ‏וזהו בסוד ישרים ועדה פי' כחו דצריך עדה שלימה מה"ט כנ"ל כך ביחיד כן. וא' (ברכות לד.) ‏דשאור רובו קשה ומיעוטו יפה וכמו ששמעתי על יותם שנא' בו (דה"ב כ"ז ב') רק לא בא אל היכל ה' ‏וגו' שזה נא' לחסרון עליו לומר שלא הי' בו שום חסרון כלל.

ובאמת נא' יקר מחכמה וכבוד סכלות ‏מעט דצריך להיות בכל א' סכלות מעט עכ"פ וזהו השלימות. רק שזה טוב לאדם שיהי' אותו ‏הסכלות כמיעוט היותר אפשרי.

ולכן א' בזוהר ויקהל ר"ג ב' דנוגה לו סביב ולא לאנהגא בי' קלנא כי ‏יתרון ארץ בכל הוא ואז"ל אפי' כו' (ויק"ר פ' כ"ב). כי מכל דבר יש יתרון באמת וגם מצד הרע ע"י ‏הקילוס וההודי' העולה מכולו וכל עצמותי תאמרנה ה' וגו' בזה נתעלה הכל.

וקליפת נוגה נכללת ‏בקדושה ע"י הברכה וההודי' על כל הנאת הרשות כי הם מהש"י. וב' יצרים הם תאות וכעס דרציחה ‏שהם דאדם וחוה מהסתת נחש ודקין.

וזה דעטיו של נחש הוא בכל אדם וכמו שאז"ל (יומא סט:) ‏דאצטריך לי' עלמא וא"א לבטלו. וזהו סכלות מעט ההכרחי עכ"פ לקיום עולם.

והוא נגד אות ר' ‏המורה רישות כי שלש הנה לא תשבענה וגו' כמשאז"ל (סוכה נב:) ביצרא דתאוה משביעו רעב. וע"ז ‏ביקש שלמה המע"ה ריש ועושר אל תתן לי וגו' שלא לרדוף במותרות תאוה דזה נקרא ריש וגם ‏שלא לעצור תאותו לגמרי שזה נקרא עושר רק צריך להיות בקו אמצעי כמשחז"ל (סוטה מז.) ע"ז ‏יצר שמאל דוחה וימין מקרבת.

והק' נגד רציחה שהוא לבתר דקבילת עוברה כנ"ל אות רנ"ז דהיינו ‏הולדת יצ"ר אחר כמו קין מאדם. וכמ"ש בזוהר תרומה קס"ז סע"ב דקין נולד באות הק' [והבל בה' ‏ע"ש.

ומחלוקתם דוגמת ממחלוקת יוסף ויהודה אפרים לא יקנא את יהודה ויהודה וגו' שכן קין קינא ‏בהבל. דגם יוסף ויהודה נגד ב' אותיות אלו וכנ"ל אות רנ"ז וכנ"ל אות ר"נ דבזרעא דיוסף שכיח ‏רציחה] וזהו חוץ למחנה ישראל ומ"מ גם בו יש צורך כמ"ש בזוהר שם ק"ס א' דבאות הק' הי' ‏יריעות עזים במשכן בסוד ואת עורות גדיי העזים הלבישה וגו' ע"ש שהוא באמת מסט' דעשו ‏רציחה רק יש צורך להלביש בו לקבל ברכות עוה"ז.

והיינו כי יש מצוה ובערת הרע וגו' בחייבי ‏מיתת ב"ד וכמ"ש (ב"ר פ' סג) בדוד המע"ה אדמוני עם יפה עינים מדעת סנהד'. וע"ז באדם עצמו ‏הוא ענין ירגז יצ"ט על יצ"ר ברוגזא דרבנן דטב וכמו אביי דמכפין נפשי' (כמ"ש שבת לג סע"א) ‏ויושב בתענית בדמצי לצעורי נפשי' (תענית יא רע"ב) זהו כרציחה ואינו גומל נפשו איש חסד.

רק ‏כאשר הוא להכנעת הרע דתאוה אינו קרוי עוכר שארו אכזרי כי אדרבא הוא מרחם על כל גופו. וכן ‏כל חייבי מיתת ב"ד אז"ל (סנהדרין ל"ו:) אין מושיבין בסנהדרין זקן וסריס כו'.

כי הם באמת ‏מרחמים על הבריות רק הלבוש אכזריות והוא כסוי למשכן דגלוי אור הש"י שאינו אלא ע"י העדר ‏תאוה שהוא המחשיך אור הש"י. ולאותו סכלות מעט צריך כסוי מהרגזת יצ"ט על יצ"ר ועי"ז יוכל ‏לקבל ברכות דעוה"ז ג"כ שהוא באות הק' שהוא העובר הרומז למילוי תאות עוה"ז כנ"ל אות רנ"ז.

‏כי ע"י התלבשות בכח ההרגזה ושהוא מוכן למנוע מעצמו חמדה מה שזולת רצון הש"י ולא לקבל ‏רק מה שהוא רצון הש"י עי"ז הש"י מוכן להשפיע לו כל מיני חמדות עוה"ז ג"כ: ‏

[258] De même que dans l'ensemble de la nation il y a aussi des transgresseurs d'Israël (poche'ei Israël), et que tout jeûne public qui ne comporte pas de transgresseurs d'Israël n'est pas un jeûne, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Keritot 6b) à partir de la 'helbena (le galbanum, épice à l'odeur désagréable que la Torah inclut dans l'encens du Temple) : ainsi, dans l'homme lui-même, il y a aussi une part mauvaise, issue du 'levain qui est dans la pâte' (seor chebe'issa, le mauvais penchant), qui est appelée 'transgresseurs d'Israël', et il faut être en un seul lien avec elle, comme l'ont dit nos Sages (Chemot Rabba chap. 7) : de même que Sa louange monte des justes, ainsi monte-t-elle des méchants.

Et c'est une louange plus grande encore lorsque le côté du méchant loue lui aussi et reconnaît la grandeur du Nom béni soit-Il. De même chez l'homme : lorsque, même depuis son enfoncement dans les convoitises de ce monde-ci, il reconnaît la grandeur du Nom béni soit-Il, comme dans le plaisir de manger et de boire par la bénédiction récitée auparavant, et même si c'est à la manière de ce qui est dit (Berakhot 63a) : 'le voleur, à l'entrée du souterrain qu'il perce, appelle le Miséricordieux'.

Et dans le Zohar Terouma 474, début du recto : 'je rendrai grâce de tout mon cœur' (Tehilim 111,1) veut dire aussi avec le mauvais penchant (yetser hara), et c'est là le sens de 'dans le conseil (sod) des hommes droits et dans l'assemblée' (Tehilim 111,1) - explication : sa force à lui, car il faut une assemblée entière pour cette raison, comme ci-dessus ; ainsi en va-t-il aussi chez l'individu. Et il est dit (Berakhot 34a) que le levain, en grande quantité, est néfaste, et en petite quantité, il est bon.

Et comme je l'ai entendu au sujet de Yotam, dont il est dit (II Chroniques 27,2) : 'seulement il n'entra pas dans le sanctuaire de ה'' etc., que cela est dit comme un manque à son sujet, c'est-à-dire qu'il n'y avait en lui aucun manque du tout. Et en vérité il est dit : 'plus précieux que la sagesse et que l'honneur, un peu de sottise' (Kohelet 10,1) - car il doit y avoir chez chacun un peu de sottise, en tout cas, et c'est cela la perfection.

Seulement, il est bon pour l'homme que cette sottise soit aussi minime que possible. C'est pourquoi il est dit dans le Zohar Vayakhel 203b que 'une clarté (noga) l'entoure' (Ye'hezkel 1,4) et qu'il ne faut pas se conduire envers elle avec mépris, car 'l'avantage de la terre est en tout' (Kohelet 5,8) ; et nos Sages ont dit : 'même...' etc.

(Vayikra Rabba chap. 22).

Car de toute chose il y a en vérité un avantage, et aussi du côté du mal, par la louange et la reconnaissance qui monte de la totalité - 'tous mes os diront : ה'...' (Tehilim 35,10) - par cela le tout est élevé. Et la kelipa de noga (l'écorce intermédiaire, ni entièrement pure ni entièrement impure) est incluse dans la sainteté par la bénédiction et la reconnaissance sur tout plaisir permis, car ils viennent du Nom béni soit-Il.

Et les deux penchants sont le désir (taava) et la colère qui mène au meurtre : ils sont ceux d'Adam et de Ève, venus de l'incitation du serpent, et celui de Caïn. Et c'est cela le 'conseil du serpent' (etyo chel nahach, l'instigation du serpent) qui est en tout homme, comme l'ont dit nos Sages (Yoma 69b) que le monde en avait besoin et qu'il est impossible de l'annuler.

Et c'est cela 'un peu de sottise', nécessaire en tout cas au maintien du monde. Et cela correspond à la lettre ר (resh) qui indique l'indigence (rechout), car 'il y a trois choses qui ne se rassasient pas' etc.

(Michlei 30,15), comme l'ont dit nos Sages (Souka 52b) au sujet du penchant du désir : 'si tu le rassasies, il a faim'. Et c'est pour cela que Salomon, le roi, la paix soit sur lui, a demandé : 'indigence et richesse, ne me donne pas' etc.

(Michlei 30,8) : ne pas courir après les excès du désir, ce qui s'appelle 'indigence', et aussi ne pas retenir totalement son désir, ce qui s'appelle 'richesse', mais il faut se tenir sur la ligne médiane, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Sota 47a) à ce sujet : la gauche repousse et la droite rapproche. Et la lettre ק (kouf) correspond au meurtre, qui vient après qu'elle a reçu l'embryon, comme ci-dessus section 257, c'est-à-dire l'enfantement d'un autre mauvais penchant, comme Caïn issu d'Adam.

Et comme il est écrit dans le Zohar Terouma 167, fin du verso, que Caïn est né dans la lettre ק [et Hevel dans la lettre ה, voir là-bas ; et leur querelle est à l'image de la querelle de Yossef et de Yehouda : 'Ephraim ne jalousera pas Yehouda, et Yehouda' etc. (Yechayahou 11,13), car Caïn aussi jalousa Hevel ; car Yossef et Yehouda eux aussi correspondent à ces deux lettres, comme ci-dessus section 257, et comme ci-dessus section 250, que dans la descendance de Yossef le meurtre est fréquent].

Et cela est hors du camp d'Israël, et malgré tout, de cela aussi il y a besoin, comme il est écrit dans le Zohar, là-même, 160a, que par la lettre ק il y avait les tentures en poil de chèvre dans le Sanctuaire (michkan), selon le secret de 'et les peaux des chevreaux, elle en revêtit' etc. (Bereshit 27,16), voir là-bas : car c'est en vérité du côté (sitra) de Esav, le meurtre, seulement il est nécessaire de s'en revêtir pour recevoir les bénédictions de ce monde-ci.

C'est-à-dire qu'il existe un commandement 'et tu extirperas le mal' etc. (Devarim 13,6) à l'égard de ceux qui sont passibles de la peine de mort par le tribunal, et comme il est écrit (Bereshit Rabba chap.

63) au sujet de David, le roi, la paix soit sur lui : 'roux, avec de beaux yeux' (I Chemouel 16,12) - selon l'avis du Sanhédrin. Et cela, dans l'homme lui-même, c'est le thème de 'que le bon penchant s'irrite contre le mauvais penchant' (Berakhot 5a), par la colère des Sages, qui est bonne, comme Abaye qui s'affamait lui-même (comme il est dit, Chabbat 33, fin du recto) et qui jeûnait lorsqu'il pouvait affliger son âme (Taanit 11, début du verso) : cela est comme un meurtre, et il n'est pas 'l'homme de bonté qui fait du bien à son âme' (Michlei 11,17).

Seulement, lorsque c'est en vue de soumettre le mal du désir, il n'est pas appelé 'celui qui trouble sa chair, le cruel' (Michlei 11,17), car au contraire il a pitié de tout son corps. Et de même, au sujet de tous ceux qui sont passibles de la peine de mort par le tribunal, nos Sages ont dit (Sanhédrin 36b) : on ne fait pas siéger au Sanhédrin un vieillard ni un eunuque, etc.

Car eux, en vérité, ont pitié des créatures, seulement le vêtement est cruauté ; et c'est là une couverture pour le Sanctuaire, car le dévoilement de la lumière du Nom béni soit-Il ne se fait que par l'absence de désir, lequel obscurcit la lumière du Nom béni soit-Il. Et pour ce 'peu de sottise' il faut une couverture faite de l'irritation du bon penchant contre le mauvais penchant, et par cela il pourra recevoir aussi les bénédictions de ce monde-ci, qui sont dans la lettre ק, laquelle est l'embryon qui fait allusion à l'assouvissement des désirs de ce monde-ci, comme ci-dessus section 257.

Car par le fait de se revêtir de la force de cette irritation, et d'être prêt à se refuser toute convoitise qui serait en dehors de la volonté du Nom béni soit-Il, et à ne recevoir que ce qui est la volonté du Nom béni soit-Il - par cela le Nom béni soit-Il est prêt à lui déverser aussi toutes sortes de plaisirs de ce monde-ci.

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