צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 255

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Pour une déficience qui exige une réparation par conduite inverse, cela vaut même là où, chez un autre, il y a une mitsva. Rabbi Tsadok le montre : celui qui prête à intérêt s'abstient même envers un non-Juif, car cette abstention n'est pas une transgression. David est mené vers une chose permise au sujet des concubines, et le repentir du veau d'or consiste à se priver de la vue de Moché. Tel est le remède qui précède la plaie chez Mordekhai : la kelipa de la Perse est la mesquinerie du regard. Il sauve Assuérus pour montrer qu'il n'en a pas ; sa jalousie envers Haman, venue de la méchanceté de celui-ci, devient légitime.

Aussi : Elam mérite d'apprendre et non d'enseigner, faute d'un œil généreux ; le festin capte la mesquinerie ; face à la jouissance, D.ieu voit selon les yeux.

‏[רנה] בדבר שהאדם חסר בו וצריך תיקון ע"י התנהגות בהיפך. הוא אפי' בענין שהי' אצל אדם אחר ‏מצוה כד"ש (סנהדרין כה:) במלוה ברבית דאפי' לעכו"ם לא הגם שיש מצוה דלנכרי תשיך כל שאין ‏עבירה במניעותו צריך למנוע.

וכן דוד המע"ה חייך אני מתאיבך דבר המותר כו' כמשאז"ל (ירושלמי ‏סנהדרין פ' ב ה' ג) בפילגשים הגם דיש מצוה להרנין לב אלמנה רק שאין שעבוד ולאו דעונתה לא ‏יגרע בפילגש. ותשובת ישראל על מעשה העגל דהוא בקשת עבודה והשתדלות שלא להיות בלא ‏משרע"ה והרגשת רב.

התשובה הי' בנטיית אהל משה חוץ למחנה ויראה מגשת אליו שהיו מונעים ‏מראייתו הגם דהוא מצוה באמת. וזה ענין הקדמת רפואה למכה דמרדכי בבגתן ותרש (במגילה ‏יג:) ובודאי הוא רפואה פנימית למכה פנימית.

ובאמת תמוה למה גילה מרדכי והלא טוב יותר ‏שיהרג אחשורוש ותנצל אסתר מביאת איסור. הגם דקרקע עולם היא וליכא איסור מ"מ ודאי מצוה ‏להצילה ועכו"ם לא מעלין ולא מורידין ואין להעלותו ולהצילו כלל.

רק ששמעתי דקליפת פרס הוא ‏צרות עין ודלכן תקנו משלוח מנות בפורים שהוא ההיפוך דצרות עין. וכן נראה ממ"ש בסנהדרין ‏‏(כד.) עילם זכתה ללמוד ולא ללמד.

פי' כמו ששמעתי על ללמוד וללמד דאיך מבקש שיהי' רב רק ‏ר"ל שיהי' לו טובת עין שאחר ידע ג"כ מה שהוא יודע ויהי' כמותו. ועילם לא זכה ללמד שלא זכו ‏לטובת עין כזה מצד תוקף הצרות עין ששולט באויר אותה אומה שנכנס גם לבנ"י שתחת ממשלתם ‏כנ"ל אות ר"ה.

וא' בחולין (ד:) אין הסתה בלא אכילה ושתי' וזה טעם משתה אחשורוש שהוא ‏הסתה להיות נכנעים תחתיו. והכניעות הוא קבלת אדנותו וממשלתו עי"ז מקבל כחו עליו [וכד"ש ‏בע"ז (ח.) ישראל בחו"ל עובדי ע"ז בטהרה ע"י הסעודה] ותוקף כח האומה ביותר הוא במלך ‏והמקורבים קולטים כחו.

ואז"ל (מגילה יב סע"א) כרצון איש ואיש מרדכי והמן שהיו שרי משקים ‏בסעודה ודאי קלטו מהסתה זו ביותר. ולכן פתיחת המגילה בהסעודה שמזה צמיחת הגזירה ‏כמשאז"ל (שם) שנהנו כו' הגם דמסיק דהשתחוו לצלם מ"מ הרי לא נענשו אז תיכף ע"כ דבאמת הם ‏עשו לפנים וה' יראה ללבב אין חטא רק מצידם דאדם יראה לעינים רק כאשר מתנהגים בטובת עין ‏גם הש"י יש לו טובת עין כנגדם להשפיעם כמדתו דיראה ללבב.

אבל מצד נהנו כו' דהיינו הסתת כח ‏צרות עין גם הש"י אמר שלי שלי ושלך שלך לראות לעינים. וע"ז העונש בהמן ג"כ ע"י צרות עינו ‏במרדכי שרוצה להשתחוות לו.

וכן מרדכי דאיקני בהמן ג"כ מצד צרות עין שזה שהי' עבדו יעלה ‏כ"כ. הגם דהי' גנוז בזה צד טוב ג"כ כמשאז"ל (מ"ר אסתר הובא בתוס' סנהדרין סא:) דצלם חקוק ‏על לבו ותיקן עי"ז שורש חטא דהשתחוו לצלם מ"מ יש בו צרות עין.

רק באמת מרדכי כבר הרגיש ‏בדבר ורצה לתקן. וזהו הקדמת רפואה למכה שחשב שיש לו צרת עין נגד אחשורוש שלקח אשתו ‏ולא מפני האיסור הוא רוצה במיתתו רק מפני צרות עין.

והגם דהי' מצוה במיתתו. הוא לתקן הצרות ‏עין אדרבא נשתדל בהצלתו לומר שאין לו צרות עין נגדו הגם שהוא גוי ורשע.

וממילא הצרות עין ‏שהי' לו אח"כ על המן הוא מצד רשעו וכהוגן וזהו הקדמת רפואה למכה: ‏

[255] Pour une chose dans laquelle l'homme est déficient et qui exige une réparation (tikoun) par une conduite inverse : cela vaut même dans un domaine qui, chez un autre homme, constitue une mitsva, comme il est dit (Sanhédrin 25b) au sujet de celui qui prête à intérêt, que même à un non-Juif il ne prêtera pas, bien qu'il existe une mitsva de 'à l'étranger tu prêteras à intérêt' (Devarim 23,21) : car tout ce dont l'abstention ne constitue pas une transgression, il doit s'en abstenir. Et de même David, notre roi et maître, [à qui il fut dit] : 'Par ta vie, je te ferai désirer une chose permise' etc., comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Talmud de Jérusalem, Sanhédrin chap.

2 halakha 3) à propos des concubines (pilagchim) : bien qu'il y ait une mitsva de réjouir le cœur de la veuve, seulement qu'il n'y a pas d'obligation contractuelle, et que l'interdit de 'sa cohabitation conjugale il ne retranchera pas' (Chemot 21,10) ne s'applique pas à une concubine. Et le repentir d'Israël pour l'affaire du veau d'or : celui-ci était une demande de service divin et un effort pour ne pas rester sans Moche notre maître, la paix soit sur lui, et sans le ressenti d'un maître ; le repentir consista en ce que Moche planta sa tente hors du camp, et qu'ils craignirent de s'approcher de lui (Chemot 33,7 ; 34,30), de sorte qu'ils étaient privés de sa vue, bien que ce soit véritablement une mitsva.

Et telle est la question du remède qui précède la plaie, chez Mordekhai dans l'affaire de Bigtan et Teresh (Meguila 13b) ; et il s'agit certainement d'un remède intérieur pour une plaie intérieure. Et en vérité cela étonne : pourquoi Mordekhai a-t-il dévoilé [le complot] ?

N'eût-il pas mieux valu qu'Assuérus soit tué et qu'Esther soit sauvée d'une union interdite ? Bien qu'elle soit 'terre du monde' (entièrement passive, donc non fautive) et qu'il n'y ait pas d'interdit, il est néanmoins certainement une mitsva de la sauver ; et un idolâtre, 'on ne le fait pas monter et on ne le fait pas descendre' (on ne le sauve pas activement mais on ne le tue pas non plus), et il n'y a nullement lieu de le faire remonter ni de le sauver.

Seulement, j'ai entendu que la kelipa (écorce, force impure) de la Perse est la mesquinerie du regard (tsarout ayin, l'œil avare), et que c'est pourquoi on a institué l'envoi de portions (michloa'h manot) à Pourim, qui est l'inverse de la mesquinerie. Et ainsi cela apparaît de ce qui est dit dans Sanhédrin (24a) : Elam a mérité d'apprendre mais non d'enseigner.

Explication : comme je l'ai entendu au sujet de 'apprendre et enseigner' - car comment demanderait-on de devenir un maître ? Cela veut dire seulement qu'il ait un œil généreux (tovat ayin), que l'autre sache lui aussi ce que lui-même sait et soit comme lui.

Et Elam n'a pas mérité d'enseigner, parce qu'ils n'ont pas mérité un tel œil généreux, en raison de la force de la mesquinerie qui domine dans l'air de cette nation, et qui pénètre aussi les enfants d'Israël qui se trouvent sous sa domination, comme ci-dessus au paragraphe 205. Et il est dit dans Houlin (4b) : il n'y a pas d'incitation sans manger et boire ; et telle est la raison du festin d'Assuérus, qui est une incitation à se soumettre sous lui.

Et cette soumission est l'acceptation de sa seigneurie et de sa domination, et par là on reçoit sa force sur soi [et comme il est dit dans Avoda Zara (8a) : les Juifs hors de la Terre [d'Israël] sont des idolâtres en pureté - par le moyen du festin]. Et la force de la nation est à son comble dans le roi, et ceux qui lui sont proches captent sa force.

Et nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Meguila 12a, fin de la première colonne) sur 'selon la volonté de chaque homme' (Esther 1,8) : Mordekhai et Haman, qui étaient les maîtres des boissons lors du festin ; ils ont certainement capté cette incitation plus que tous. Et c'est pourquoi la Meguila s'ouvre par le festin, car de là a germé le décret, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (ibid.) : parce qu'ils ont tiré jouissance [du festin de ce mécréant] etc.

Bien que [la guemara] conclue qu'ils se sont prosternés devant une statue, néanmoins ils n'ont pas été punis alors immédiatement ; il faut donc dire qu'en vérité ils n'ont agi qu'en apparence, et ה' 'voit le cœur' (I Chemouel 16,7) : il n'y a pas de faute, si ce n'est de leur côté à eux, car 'l'homme voit selon les yeux'. Seulement, lorsqu'ils se conduisent avec un œil généreux, le Saint béni soit-Il aussi a un œil généreux envers eux pour répandre sur eux [Son influx] selon Sa mesure, qui est de 'voir le cœur'.

Mais du côté de 'ils ont tiré jouissance' etc., c'est-à-dire de l'incitation de la force de la mesquinerie, le Saint béni soit-Il aussi a dit : ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est à toi - pour voir selon les yeux. Et de là vint le châtiment par Haman, lui aussi par sa mesquinerie envers Mordekhai, en ce qu'il voulait qu'il se prosterne devant lui.

Et de même Mordekhai, qui fut jaloux de Haman, ce fut aussi du côté de la mesquinerie du regard : que celui qui avait été son esclave s'élève à ce point. Bien qu'un aspect bon y fut aussi enfoui, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Midrach Rabba Esther, cité dans les Tossefot Sanhédrin 61b), qu'une image (tselem) était gravée sur son cœur, et qu'il répara par là la racine de la faute de ceux qui s'étaient prosternés devant la statue - néanmoins il y avait en lui de la mesquinerie.

Seulement, en vérité, Mordekhai avait déjà ressenti la chose et voulait la réparer. Et c'est cela le remède qui précède la plaie : il se dit qu'il avait de la mesquinerie à l'égard d'Assuérus, qui avait pris sa femme, et que ce n'était pas à cause de l'interdit qu'il souhaitait sa mort, mais à cause de la mesquinerie.

Et bien qu'il y eût une mitsva dans sa mort, pour réparer la mesquinerie il s'efforça au contraire de le sauver, afin de dire qu'il n'avait aucune mesquinerie à son égard, bien qu'il fut un non-Juif et un mécréant. Et dès lors, la mesquinerie qu'il eut ensuite envers Haman relevait de la méchanceté de celui-ci et était donc légitime ; et c'est cela le remède qui précède la plaie.

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