Par le désir (héchek), l'homme devient un réceptacle pour que la Che'hina repose dans son cœur. Telle est, selon Rabbi Tsadok, la terouma du Michkan : « de tout homme dont le cœur l'y portera » (Chemot 25,2) ; chacun mesure selon la générosité de son cœur. Le prélèvement des socles et des sacrifices égalise le riche et le pauvre « pour expier pour vos âmes », essuyer hors du cœur la souillure des désirs mauvais. Tous peuvent se nettoyer du mal jusqu'au bout ; seuls les degrés d'acquisition du bien diffèrent. L'influx du Nom, la manne et la Torah écrite sont égaux ; la perception des saveurs et la Torah orale comportent des différences.
Aussi : les igoulim et le yocher, la ronde des justes quand le mal sera consumé ; « Celui qui est égal » selon « Tu n'auras pas », « qui rend égaux » selon « Je suis » ; sortie d'Égypte et Omer, « écarte-toi du mal » pour le « fais le bien ».
[רנא] ע"י החשק הוא כלי קבול להשראת שכינת הש"י בקרב לבו. וזהו תרומת המשכן מאת כל איש אשר ידבנו לבו דנדיבות הלב דבנ"י עי"ז הוא בנין המשכן דשכינת הש"י בתחתונים ובזה הוא כל חד לפום מה דמשער בלבי' שאינו דומה הרגשת א' משכן הר"י בלבו לחבירו.
כי כפי נדיבת לבבו בתגבורת חשקו להשיג כך הוא שכינת הש"י. ויש עוד תרומת האדנים ודקרבנות שנא' בה העשיר לא ירבה וגו' שבין העשיר בדעת ובהרגשת הלב ותגבורת החשק ובין העני שוים בחלקים כי הוא לכפר על נפשותיכם כמפורש בכתוב וכמשז"ל בירושלמי דשקלים (פ"ב ה"ד) דלכפר אעגל.
פי' לקנח לכלוך דחשקות רעות מן הלב. וכן בקרבנות ציבור אז"ל (מ"ר פנחס) תמיד של שחר מכפר כו' ובענין הרחקה מן הרע כל ישראל שוים שכולם יוכלו לינקות מן הרע בתכלית רק חילוק המדריגות הוא בהשגת הטוב.
וגם דמצד הנקיון מהרע באמת מגיעים למדריגה דשוה ומשוה קטן וגדול. כידוע דיש עיגולים ויושר וחילוק המדרגות מעלה מטה הוא מצד היושר משא"כ בעגול הכל שוה.
וידוע דהרע עומד בין עיגולים ליושר ולעתיד כשיבוער הרע אז תשמח בתולה במחול שהוא המחול לצדיקים מצד העיגולים שיהי' נגלה אז דהכל שוים. ולפי שבעוה"ז אנכי קודם לא יהי' לך דעדיין לא נתנקו מרע לגמרי ועכ"ז משיגים קדושת הש"י ולכך הוא חלוק לשיעורים.
ומאחר דנקיון הרע כח זה שוה באמת בכל. אחר שיגמרו פעולת אותו כח כראוי בשלימות אז יהי' השגת אנכי הבא אחר לא יהי' לך ג"כ בהשתוות.
וזהו השוה בעצמו הוא מצד כח דלא יהי' לך ומשוה מצד אנכי. וזהו בכחות דבנ"י וגם בהשפעת הש"י הוא שוה באמת מצידו מוכן להשפיע לכל א' בשוה.
וזה ענין במן ג"כ לא העדיף המרבה וגו' מצד נתינת הש"י הי' שוה. רק החילוק הי' בהרגשת הטעמים שכל א' הי' טועם כפי מה שרוצה כמשאז"ל (יומא עה.) בזה ודאי הי' חילוק כל א' איזה טעם הי' מרגיש דבהרגשת הטעם אין השתוות.
וכן נתינת התושב"כ ומצות שוה לכל רק הרגשת הטעמים ורזי תורה יש חילוקים והוא הנקרא תושבע"פ שע"ז נא' לעתיד ולא ילמדו עוד וגו' כי הוא ג"כ משוה את המקבלים כמו שהוא שוה מצד עצמו. וזה ענין תרומת אדנים כי תושב"כ הוא העמידה לתושבע"פ דלכן פתיחת הש"ס תנא אקרא קאי פי' שהיסוד הוא המקרא וע"ז הוא עמידת המשנה וזהו אדנים למשכן ג"כ הוא היסוד משפע הש"י מצד ההשתוות כשאינו מתחלק עדיין להשגת לבות בנ"י.
וגם זה הוא מצד הכנת בנ"י בכלל בשוה באמירת נעשה ונשמע בזה העשיר לא ירבה וגו' שע"ז נבנה גוף המשכן דשכינת הש"י בפרטי לבבות דבנ"י. וגם היסוד הוא ע"י הסור מרע כמשאז"ל (שהש"ר א' פ' ג) יצא טיפה של ליצנות נכנס טיפה של תורה.
וע"ז הוא יציאת מצרים וימי הספירה קודם מ"ת הגם דאינו נקיון גמור שלא ישאר כלל רושם פסולת שזהו דבור לא יהי' לך שבעת הדבור דהש"י הי' בטול כח הרע באמת באותו רגע. כי דבור הש"י עצמו פועל בכל העולמות ובדבר וגו' נעשו גם בגמר מעשה דעולם העשי'.
וזה יהי' כן לעתיד בגמר מעשה דעוה"ז. רק מ"מ להכנה לאנכי צריך ג"כ השתדלות בכח אדם בסור מרע שהוא הכנה לעשה טוב:
[251] Par le désir (héchek), l'homme devient un réceptacle (keli kaboul) apte à ce que la Chekhina du Nom, béni soit-Il, repose au-dedans de son cœur. Et telle est la terouma (prélèvement) du Michkan : "de tout homme dont le cœur l'y portera" (Exode 25,2) ; car c'est par la générosité du cœur des enfants d'Israël que se bâtit le Michkan, c'est-à-dire la résidence de la Chekhina du Nom dans les mondes inférieurs.
Et en cela, chacun selon ce qu'il mesure en son cœur, car le ressenti qu'un homme a de la résidence du Nom dans son cœur n'est pas comparable à celui de son compagnon : selon la générosité de son cœur, dans l'intensification de son désir d'atteindre, telle est la Chekhina du Nom. Et il y a encore le prélèvement des socles (adanim) et celui des sacrifices, dont il est dit : "le riche ne donnera pas plus [et le pauvre pas moins que le demi-sicle]" (Exode 30,15) - en sorte que le riche, riche en connaissance (daat), en ressenti du cœur et en intensité du désir, et le pauvre sont égaux en parts ; car c'est "pour expier pour vos âmes" (Exode 30,15), comme le verset l'explicite, et comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, dans le Talmud de Jérusalem, traité Chekalim (chapitre 2, halakha 4) : cette expiation porte sur [la faute du] veau d'or.
C'est-à-dire : essuyer hors du cœur la souillure des désirs mauvais. De même, au sujet des sacrifices publics, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Midrach Rabba, Pinhas) : le tamid (sacrifice perpétuel) du matin expie, etc.
Or, pour ce qui est de l'éloignement du mal, tous les Israélites sont égaux, car tous peuvent se nettoyer du mal jusqu'au bout ; la différence des degrés ne porte que sur l'acquisition (hassaga) du bien. Et de plus, du côté de la pureté à l'égard du mal, on parvient véritablement au degré de "Celui qui est égal et qui rend égaux le petit et le grand" (chaveh oumachve katan vegadol, liturgie de Roch Hachana).
Comme on le sait, il y a les cercles (igoulim) et le droit (yocher), et la différence des degrés, supérieur et inférieur, relève du yocher, alors que dans le cercle tout est égal. Et l'on sait que le mal se tient entre les igoulim et le yocher ; dans l'avenir, quand le mal sera consumé, alors "la vierge se réjouira dans la ronde" (Jérémie 31,12) - c'est la ronde (mahol) des justes, du côté des igoulim, car il sera alors révélé que tous sont égaux.
Et parce qu'en ce monde-ci le "Je suis" (Anokhi, première parole du Décalogue) précède le "Tu n'auras pas [d'autres dieux]" (Lo yihye lekha) - car on n'est pas encore entièrement nettoyé du mal, et malgré cela on atteint la sainteté du Nom -, c'est pourquoi cela se divise en mesures. Et puisque le nettoyage du mal est une force véritablement égale chez tous, une fois que l'on aura achevé l'œuvre de cette force comme il convient, en sa plénitude, alors l'atteinte du "Anokhi" qui vient après le "Lo yihye lekha" sera elle aussi dans l'égalité.
Et c'est là le sens de "Celui qui est égal" (ha-chaveh) : cela relève de la force du "Lo yihye lekha" ; et "qui rend égaux" (oumachve) relève du "Anokhi". Cela vaut pour les forces des enfants d'Israël ; et du côté de l'influx du Nom aussi, cet influx est véritablement égal : de Son côté, Il est prêt à le répandre sur chacun à égalité.
Et tel est aussi le sens, pour la manne, de "celui qui en avait beaucoup n'eut pas de surplus [et celui qui en avait peu n'en manqua pas]" (Exode 16,18) : du côté du don du Nom, c'était égal ; la différence n'était que dans la perception des saveurs, chacun goûtant selon ce qu'il voulait, comme nos Sages, de mémoire bénie, l'ont dit à ce sujet (Yoma 75a). En cela, assurément, il y avait une différence : quelle saveur chacun percevait ; car dans la perception de la saveur il n'y a pas d'égalité.
De même, le don de la Torah écrite (Torah chebikhtav) et des mitsvot est égal pour tous ; seules la perception des saveurs et les secrets de la Torah comportent des différences, et c'est ce qu'on appelle la Torah orale (Torah chebeal pe) - à son propos il est dit pour l'avenir : "et ils n'enseigneront plus [chacun son prochain]" (Jérémie 31,33), car elle aussi rend égaux ceux qui reçoivent, de même qu'elle est égale de son propre côté. Et telle est l'affaire du prélèvement des socles : car la Torah écrite est le support sur lequel se tient la Torah orale.
C'est pourquoi l'ouverture du Talmud est "le tana s'appuie sur un verset" (Berakhot 2a), c'est-à-dire que le fondement est le verset, et c'est sur lui que se tient la Michna. Et tel est le sens des socles du Michkan : eux aussi sont le fondement, issu de l'influx du Nom du côté de l'égalité, lorsqu'il ne se divise pas encore selon l'atteinte des cœurs des enfants d'Israël.
Cela relève aussi de la préparation des enfants d'Israël, dans leur ensemble et à égalité, lorsqu'ils dirent "nous ferons et nous entendrons" (Exode 24,7) : en cela, "le riche ne donnera pas plus", etc. Et c'est sur cela que se bâtit le corps du Michkan, la Chekhina du Nom dans les cœurs particuliers des enfants d'Israël.
Et le fondement passe aussi par le "écarte-toi du mal", comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Chir haChirim Rabba 1, paragraphe 3) : une goutte de moquerie sort, une goutte de Torah entre. C'est à cela que servent la sortie d'Égypte et les jours du compte [du Omer] avant le don de la Torah, bien que ce ne soit pas une pureté complète au point qu'il ne reste absolument aucune trace de scorie - cela, c'est la parole "Tu n'auras pas", car à l'heure de la parole du Nom il y eut véritablement annulation de la force du mal, en cet instant même.
Car la parole du Nom elle-même agit dans tous les mondes, et "par la parole de ה' [les cieux] ont été faits" (Psaumes 33,6) : ils ont été faits jusque dans l'achèvement de l'acte, dans le monde de Assia (le monde de l'action). Et il en sera ainsi dans l'avenir, à l'achèvement de l'œuvre de ce monde-ci.
Quoi qu'il en soit, pour la préparation au "Anokhi", il faut aussi un effort par la force de l'homme dans le "écarte-toi du mal", qui est la préparation au "fais le bien" (Psaumes 34,15).