צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 250

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La victoire d'un homme sur un autre, à mesure de jugement égale, dépend du désir ('hechek) mis à vaincre. Rabbi Tsadok entend « yazid » (Chemot 21,14) d'après « vayazed Yaakov » : l'échauffement extrême requis pour tuer. Telle est la force d'Amalek, « prémice des nations », et de Haman, dont les sicles ont exigé la mitsva des chekalim. Yaakov laisse à Esav le bouillonnement des convoitises, capte celui de la Torah et le bien du meurtre pour la descendance de Rachel. Quand Israël relâche « de toute ton âme », Amalek se renforce « de tout son meod » par les sicles ; le désir d'Israël pour le Nom, béni soit-Il, est encore plus grand.

‏[רנ] הניצוח אדם לאדם הוא ג"כ כפי גודל החשק של אדם בניצוח אם מתגבר מאד אז הוא גובר אם ‏הם אך שוים במדת המשפט. ולכן נאמר וכי יזיד איש על רעהו להרגו וגו' ולא נאמר כן בשום עבירה ‏דוקא שיזיד דהרי ע"כ עבירות אין נקרא אלא במזיד.

רק פי' יזיד מן ויזד יעקב פי' תוקף הרתיחה ‏והחימום לאותו דבר וזה צריך להריגת אדם שמתגבר נגדו כ"כ עד ליטול נפשו צריך שיהי' חשקו ‏חמום ביותר. וכן בדבר אשר זדו אז"ל (סוטה יא.) בקדירה שבשלו כו' שהי' ג"כ בהריגת נפשות ‏ותוקף חשקם להשליך נפשות ליאור שב על ראשם כי הצמיחו חשק זה ג"כ למעלה רק שהי' עליהם.

‏וזה כח המן שאז"ל (מגילה יג סע"ב) הקדים שקליהם לשקליו נראה שהי' איזה כח בשקליו עד ‏שהוצרך מצות שקלים להגן נגד זה במדה כנגד מדה ומה טעם יש בשקליו שיהי' בו איזה טענה ‏לשיזכה שיצטרך למצוה לבטל זה והי' לו לומר רק זכות איזה מצוה שביטל כללות הגזירה. רק כל ‏כח המן הוא מצד תוקף זדון חשקו להרוג אומה וזה כל כח עמלק שנקרא ראשית גוים פי' שבו תוקף ‏החשק לרע עד שדבוק לעומק ראשית.

וזה טעם הבכורה דעשו שהי' בו תוקף החשק יותר וקנה ‏יעקב בנזיד עדשים פי' כי רתיחתו לחמדות עוה"ז ונתן לו רתיחה זו והוא קלט הרתיחה הטובה מה ‏דאורייתא מרתחת. והוא כטעם (חגיגה טו.) זכה נוטל חלקו וחלק חבירו ס' נתחייב נוטל חלקו וחלק ‏חבירו כו' כך חילף עמו יעקב שנתן לו חלק רתיחתו שבמעשה בהמה וקיבל הטוב ממנו [כגון נשמת ‏רע"ק ור"מ וכדומה שנתוספו בבנ"י ונקלטו בזרע יעקב והוא ע"י קני' זו] כי כל אחד יש לו ב' חלקים ‏בהכרח יצ"ט ויצ"ר.

וכשראהו יעקב עיף מרציחה שיש לו תוקף החשק לזה. קלט כח הקדושה שבו ‏וניתן לזרעא דרחל וליוסף ביחוד כמ"ש (מכות י רע"א) גלעד ושכם שכיחי רוצחים והיינו שוגגים ‏דלכך צריך ערי מקלט.

פי' כי אצלם יש הטוב שברציחה כמו ששמעתי על שערך כעדר העזים ‏שגלשו מהר גלעד דשער פי' כעס ורציחה ומהר גלעד הוא טוב. ושזה טעם הידעתם כי לנו רמות ‏גלעד דאחאב שרצה לברר ע"י מלחמה זו שרציחה שהרג נביאי ה' במשפט כי לו רציחה דקדושה.

‏ולכך עמלק נופל ביד זרע רחל (כמ"ש פסיק' רבתי פ' יג) שהם שקלטו הטוב שבו והוא כלל כל ‏היצ"ר שביעקב שהוא כלל הבריאה ותוקף החשק עי"ז נעשה מזרעו עמלק לראשית גוים בחשקו. ‏והוא מרגיש תיכף ברפיון ידים דרפידים מד"ת מיד ויבא עמלק כאשר נתרפה מעט החשק הטוב ‏אצל בני ישראל שהוא כנגדו תיכף מרגיש ובא.

וכן אז שהשתחוו לצלם נגד מ"ש בכל נפשך. ותוקף ‏החשק הוא בכל נפשך בכל לבבך בכל מאודך והם נתרפו מבכל נפשך מיד הוא נתגבר בחשקו ובכל ‏מאודו ע"י השקלים שזה תוקף החשק העצום בנתינת רכוש ומאוד כ"כ ע"ז הי' יכול לנצח ע"י ‏ההזדה והרתחת החשק כ"כ.

רק שהקדים שקליהם שגם לבנ"י יש תוקף חשק כ"כ בנתינת רכוש ‏להש"י. וזה טעם אם יתן איש את כל הון ביתו באהבה וגו' שדרשו רז"ל (שהש"ר וש"מ) על האומות ‏כי אין זדון החשק שלהם גם בנתינת כל רכושם שבזה בירור חשקם כי הרכוש אצלם ביותר הוא כל ‏חיותם עכ"ז חשק ואהבת ישראל להש"י עוד יותר.

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[250] La victoire d'un homme sur un autre dépend elle aussi de la grandeur du désir (héchek) que l'homme met à vaincre : si ce désir se renforce beaucoup, alors il l'emporte, lorsque par ailleurs ils ne sont qu'égaux selon la mesure du jugement. C'est pourquoi il est dit : "Et si un homme agit avec présomption (yazid) contre son prochain pour le tuer..." (Exode 21,14), alors que cela n'est dit pour aucune autre transgression, précisément ce mot "yazid" ; car après tout, pour toutes les transgressions on n'est déclaré coupable que lorsqu'on agit avec intention (be-mezid).

Mais le sens de "yazid" vient de "vayazed Yaakov" (ויזד יעקב, "Yaakov fit cuire un potage", Genèse 25,29), c'est-à-dire l'intensité du bouillonnement et de l'échauffement pour cette chose-là ; et cela est requis pour tuer un homme : celui qui se dresse contre lui au point de lui prendre la vie, il faut que son désir soit échauffé à l'extrême. De même pour "dans la chose même où ils ont agi avec présomption" (Exode 18,11), sur quoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Sota 11a) : "dans la marmite où ils ont fait cuire [ils ont été cuits eux-mêmes]" - car cela aussi concernait la mise à mort d'âmes, et l'intensité de leur désir de jeter des âmes au fleuve est retombée sur leur propre tête, puisqu'ils avaient fait croître ce désir en haut également, sauf qu'il fut sur eux.

Et telle est la force de Haman, dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Meguila 13b) : "Il a devancé leurs sicles (chekalim) aux siens". Il apparaît donc qu'il y avait une certaine force dans ses sicles, au point qu'il a fallu la mitsva des chekalim pour s'en protéger, mesure pour mesure.

Or quelle raison y a-t-il dans ses sicles pour qu'il s'y trouve quelque argument (taana) lui donnant droit, au point qu'une mitsva soit nécessaire pour l'annuler ? Il aurait suffi de dire que le mérite d'une mitsva quelconque a annulé le décret dans son ensemble.

Mais toute la force de Haman vient de l'intensité de la présomption (zadon) de son désir de tuer une nation ; et c'est là toute la force d'Amalek, appelé "prémice des nations" (Nombres 24,20), c'est-à-dire qu'il y a en lui l'intensité du désir pour le mal, au point d'être attaché à la profondeur du "commencement" (rechit). Telle est aussi la raison de l'aînesse d'Esav, en qui se trouvait une plus grande intensité du désir, et que Yaakov acquit pour un plat de lentilles (nezid adachim, נזיד עדשים), c'est-à-dire que le bouillonnement d'Esav allait aux convoitises de ce monde-ci : Yaakov lui donna ce bouillonnement-là, et lui-même capta le bon bouillonnement, celui dont il est dit que "les paroles de la Torah bouillonnent" (deoraita meratha, Taanit 4a).

C'est du même ordre que ce qui est dit (Haguiga 15a) : "celui qui a mérité prend sa part et la part de son compagnon [au jardin d'Éden] ; celui qui s'est rendu coupable prend sa part et la part de son compagnon [dans la géhenne]", etc. Ainsi Yaakov échangea avec lui : il lui donna la part de son bouillonnement qui va à l'agir animal, et reçut de lui la part bonne [par exemple l'âme de Rabbi Akiva, de Rabbi Meir et d'autres semblables, qui se sont ajoutées aux enfants d'Israël et ont été captées dans la descendance de Yaakov, et cela par cette acquisition], car chacun possède nécessairement deux parts : le bon penchant (yetser tov) et le mauvais penchant (yetser hara).

Et lorsque Yaakov le vit "épuisé" (Genèse 25,29), épuisé de meurtre, signe qu'il a en lui l'intensité du désir pour cela, il capta la force de sainteté qui s'y trouve, et elle fut donnée à la descendance de Rachel, et à Yossef en particulier, comme il est dit (Makot 10a) : à Guilad et à Chekhem les meurtriers sont fréquents - c'est-à-dire des meurtriers par inadvertance (chogueguim), et c'est bien pour cela qu'il y faut des villes de refuge. Cela signifie que chez eux se trouve le bien qui est dans le meurtre, comme je l'ai entendu au sujet de "ta chevelure (searekh) est comme un troupeau de chèvres qui dévalent du mont Guilad" (Cantique des Cantiques 4,1) : "sear" (שער) signifie colère et meurtre, et "du mont Guilad" - c'est le bien.

Et telle est la raison de "Savez-vous que Ramot-Guilad est à nous ?" (I Rois 22,3), dit par Ahav : il voulait établir par cette guerre que le meurtre par lequel il avait tué les prophètes de ה' était conforme au droit, car à lui appartient le meurtre de sainteté. C'est pourquoi Amalek tombe par la main de la descendance de Rachel (comme il est écrit dans la Pessikta Rabbati, chapitre 13), car ce sont eux qui ont capté le bien qui est en lui.

Et lui est l'ensemble de tout le mauvais penchant qui est en Yaakov - lequel est l'ensemble de la création - et l'intensité du désir ; c'est par cela que sortit de sa descendance Amalek, devenu "prémice des nations" par son désir. Et il ressent aussitôt le relâchement des mains de Refidim, relâchement à l'égard des paroles de Torah, et immédiatement "Amalek vint" (Exode 17,8) : dès lors que le bon désir s'est un peu relâché chez les enfants d'Israël, lui qui lui fait face le ressent aussitôt et vient.

De même alors, lorsqu'ils se prosternèrent devant l'idole, à l'encontre de ce qui est dit "de toute ton âme" (Deutéronome 6,5) - car l'intensité du désir, c'est "de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton meod (tous tes moyens)" -, eux se relâchèrent du "de toute ton âme", et aussitôt lui s'est renforcé dans son désir et "de tout son meod" par les sicles, car il y a là l'intensité d'un désir immense : donner ainsi ses biens et sa fortune. Par cela il pouvait vaincre, par la présomption (hazada) et par un échauffement du désir à ce point.

Sauf qu'Il a devancé leurs sicles, car les enfants d'Israël aussi possèdent une telle intensité de désir à donner leurs biens au Nom, béni soit-Il. Et telle est la raison de "Si un homme donnait tous les biens de sa maison pour l'amour..." (Cantique des Cantiques 8,7), verset que nos Maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué (Chir haChirim Rabba et en d'autres endroits) au sujet des nations : car leur désir présomptueux, même dans le don de tous leurs biens - ce en quoi se révèle la vérité de leur désir, puisque les biens sont chez eux la chose suprême, toute leur vitalité -, malgré tout cela, le désir et l'amour d'Israël pour le Nom, béni soit-Il, sont encore plus grands.

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