צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 249

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« Sur la voie où un homme veut aller, on le mène » (Makot 10b) : selon Rabbi Tsadok, le désir (hécheq) fait advenir ce à quoi l'on aspire, même le mal, sauf si le jugement (michpat) le retient depuis le Ciel. Chez Salomon, la lune pleine, tout son désir s'accomplissait. Le désir, « fin de l'acte » du côté de Noukva, part du manque et s'attache au « commencement de la pensée ». L'Égypte désirait les sagesses : la Daat était en exil et Israël esclave ; l'argent, « meod », porte ce désir. Avraham accepta les présents d'Égypte pour la sagesse de vérité ; les grands biens préparent la Torah. La sagesse extérieure, part de l'Égypte prêtée jusqu'aux Michle, retourna à sa place.

Aussi : Avraham reçut d'Égypte l'esprit de sagesse et de discernement, d'Avimelekh l'esprit de conseil et de force ; hekdech et mouktse selon ce qui est fixé dans la pensée ; le Chir haChirim composé selon la force du désir de Salomon

‏[רמט] החשק יש לו כח לפעול אותו דבר שהוא משתוקק לו הרבה אפי' הוא רע כענין (מכות י:) ‏בדרך שאדם רוצה לילך כו' מצד הרצון שלו פועל אפי' כל חמדת עוה"ז אם לא יהי' דבר מעכב ‏שבמשפט אין מגיע לו זה ומונעין ממנו מה'. לולא זה ע"י החשק הי' משיג כל מה שחושק.

ולכך ‏שלמה המע"ה דבימיו סיהרא באשלמותא ולא הי' שום מונע נא' ככלות וגו' כל חשק שלמה וגו' שכל ‏חשקו הי' נשלם ומובא לו. והוא הי' בתוקף החשק מכל הנבראים שע"ז חיבר שה"ש וכפי תוקף ‏התגברות כח החשק כך הוא משיג.

כי החשק נקרא סוף מעשה שהוא מסיט' דנוק' ומצד החסרון ‏הוא חושק למילוי והוא דבוק במחשבה תחלה וראשית מחשבת הש"י שממנו שורש כל ההשפעות. ‏וכן מסט' דרע כאשר אין דבר מונעו.

וכמו ששמעתי על שישק מלך מצרים נקרא כן לשון תשוקה ‏מצד עוצם תשוקתו להשיג רכוש דשלמה המע"ה מצד זה עלתה בידו בימי רחבעם כשהי' קצת חטא ‏בישראל שלא הי' מדת המשפט מעכבתו. ורז"ל אמרו ע"ז (פסחים פז סע"ב) כסף מצרים חזר ‏למקומו פי' כי כל תוקף ממשלת אומה הוא כפי תוקף החשק שלהם לאיזה דבר שבו יחוד כחם.

‏וחשק מצרים הי' לחכמות כמ"ש בזוהר (ח"א קכה סע"א במדה"נ) דלא הי' חכמה כחכמתם ולכן ‏אמרו הדעת הי' בגלות דכפי תוקף החשק לרע באותו דבר מאפיל חשק הטוב. ולכן היו בני ישראל ‏עבדים שהעבד אין לו הרמת ראש שרשות אחר עליו והראש הוא משועבד דלכן עבדים כנשים ‏ואסורין בת"ת (כמ"ש כתובות כח.).

ובודאי כל רכושם היו מוציאים להשיג חכמות כפי תוקף חשקם ‏ונקבע אותו חשק ברכוש כידוע דקניני האדם יש להם שייכות עם האדם דלכן אמרו (פסחים קיב.) ‏הנוטל פרוטה מאיוב מתברך וכ"א (שם) במי ששעה משחקת ומצליח כי הוא קבוע גם בקניניו. כי ‏הממון נקרא מאוד שבזה תוקף חשק האדם וכאשר הוא משעבדו לדבר אחר שחושק עוד יותר אז ‏נקבע גם ברכוש מאחר שזה כל חשק האדם ועיקר קנינו גם בו נקבע אותו חשק.

שזה ענין ההקדש ‏לשמים ומוקצה לע"ז שחל על החפץ הענין הנקבע עליו שהוא מוכן בדעת האדם זה מצד קדושתו ‏וזה מצד ההיפך. רק לפי שכל כח האדם הרי מוסר עצמו לאלוה שלו הרי כל כחות האדם שקועים ‏בזה כאשר קנינו מתייחד לאותו דבר הוא חל אותן כחות גם על הקנינים וכן בכל דבר שתוקף ‏תשוקת האדם לו ומוציא ממונו ע"ז.

וזה טעם שקיבל אברהם אע"ה מתנות ממצרים שעי"ז זכה לב' ‏כליותיו כב' רבנים והיו מלמדין אותו חכמה (כמ"ש ב"ר פ' סא) שקלט החשק לחכמה שלהם רק ‏שהוא חשק לחכמת אמת [וכך שמעתי כי אברהם אע"ה קיבל רוח חכמה ובינה ממצרים ורוח עצה ‏וגבורה מאבימלך ושזה טעם שא' מאבימלך נתעברה שרה (כמ"ש מד"ת ר"פ תולדות) כי בעת ‏שניטל כח ההולדה מאבימלך אז ניתן כחו לאברהם אע"ה] וזה ענין הבטחת יצאו ברכוש גדול וביזת ‏הים והוא הכנה לחכמת התורה. רק מ"מ שרשו מצד חכמת חיצונות ובשלמה המע"ה נא' ותרב ‏חכמת וגו' ומכל חכמת מצרים דהיינו בחכמת חיצונות שלהם.

וכל חשק שלמה הי' לחכמה שע"ז ‏ביקש בחלום רק זה. וכך כחו קבוע ברכוש ולזה חשק שישק וחזר למקומו כי באמת חכמת חיצונות ‏הוא חלקם רק שהי' בשאלה לשעה לבנ"י לצורך לקבוע בלבם עי"ז חכמת הש"י ועד שלמה המע"ה ‏שחבר משלי בבירור חכמת התורה ואז לא הוצרכו עוד לחכמת חיצונות וחזר כל א' למקומו:

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[249] Le désir (hésheq) a le pouvoir de faire advenir la chose à laquelle on aspire fortement, même si elle est mauvaise, selon ce qui est dit (Makot 10b) : "Sur la voie où un homme veut aller, on le mène", etc. Par la force de sa volonté il obtient même toutes les convoitises de ce monde-ci, s'il n'y a pas quelque chose qui l'en empêche, à savoir que selon le jugement (michpat) cela ne lui revient pas et que cela lui est retenu depuis le Ciel.

Sans cela, par le désir il atteindrait tout ce qu'il désire. C'est pourquoi de Salomon, notre roi, la paix sur lui, dans les jours duquel la lune était dans sa plénitude (sihara be-achlemouta) et où il n'y avait aucun empêchement, il est dit : "Lorsque Salomon eut achevé... tout le désir de Salomon..." (Rois I 9,1), car tout son désir s'accomplissait et lui était apporté.

Et il avait la force de désir la plus grande de toutes les créatures, et c'est sur cela qu'il a composé le Chir haChirim (Cantique des cantiques) ; et selon la force avec laquelle la puissance du désir prend le dessus, ainsi obtient-il. Car le désir est appelé "fin de l'acte" (sof maasé), qui est du côté de Noukva (l'aspect féminin du couple divin, mi-sitra de-Noukva), et c'est depuis le manque qu'il désire le remplissage ; et il est attaché à "commencement de la pensée" (ma'hchava tehila), au début de la pensée du Nom béni, d'où est la racine de tous les épanchements (hachpaot).

Et de même du côté du mal (mi-sitra de-ra), lorsque rien ne l'empêche. Et de même que j'ai entendu au sujet de Chichak, roi d'Égypte : il est ainsi nommé au sens de techouka (aspiration), en raison de l'immensité de son aspiration à obtenir les biens de Salomon, notre roi, la paix sur lui ; c'est de ce côté-là que cela lui réussit aux jours de Rehav'am, lorsqu'il y eut un peu de faute en Israël, de sorte que la mesure du jugement ne l'empêchait pas.

Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit à ce sujet (Pessahim 87b, fin) : "l'argent d'Égypte est retourné à sa place". Explication : toute la force de la domination d'une nation est à la mesure de la force de leur désir pour une certaine chose, dans laquelle leur puissance se concentre (yihoud kohom).

Et le désir de l'Égypte était pour les sagesses, comme il est écrit dans le Zohar (I, 125a fin, dans le Midrach haNeelam) qu'il n'y avait pas de sagesse comme leur sagesse ; et c'est pourquoi ils ont dit que la Daat (la connaissance) était en exil, car à la mesure de la force du désir pour le mal dans une chose, cela obscurcit le désir du bien. Et c'est pourquoi les enfants d'Israël étaient esclaves, car l'esclave n'a pas de relèvement de tête, puisqu'une autorité étrangère est sur lui et que la tête est asservie ; c'est pourquoi les esclaves sont comme les femmes et sont interdits d'étude de la Torah (comme il est dit dans Ketoubot 28a).

Et assurément tous leurs biens, ils les dépensaient pour acquérir des sagesses, à la mesure de la force de leur désir, et ce désir s'est fixé dans les biens, comme il est connu que les acquisitions d'un homme ont un rapport avec l'homme lui-même ; c'est pourquoi ils ont dit (Pessahim 112a) : "celui qui prend une perouta de Job est béni", et de même il est dit (ibid.) au sujet de celui pour qui l'heure sourit et qui réussit, car cela est fixé aussi dans ses acquisitions. Car l'argent est appelé "meod" (מאד, "de tout ton pouvoir", Deutéronome 6,5), car en lui réside la force du désir de l'homme ; et lorsqu'il le soumet à une autre chose qu'il désire davantage encore, alors ce désir se fixe aussi dans les biens, puisque c'est là tout le désir de l'homme et l'essentiel de son acquisition : en elle aussi se fixe ce désir.

Et c'est là le sens de la consécration au Ciel (hekdech) et de la mise à l'écart pour l'idolâtrie (mouktse) : il prend effet sur l'objet la chose qui a été fixée sur lui, celle qui est disposée dans la pensée de l'homme, l'une du côté de sa sainteté et l'autre du côté opposé. Seulement, puisque toute la force de l'homme - car il se livre lui-même à son dieu - toutes les forces de l'homme sont englouties en cela, lorsque son acquisition est dédiée à cette chose, ces mêmes forces prennent effet aussi sur les acquisitions ; et de même pour toute chose vers laquelle va la force de l'aspiration de l'homme et pour laquelle il dépense son argent.

Et telle est la raison pour laquelle Avraham, notre père, la paix sur lui, a accepté des présents d'Égypte : car par cela il a mérité que ses deux reins soient comme deux maîtres et qu'ils lui enseignent la sagesse (comme il est dit dans Berechit Rabba ch. 61), car il a capté leur désir de la sagesse, sauf que son désir à lui était pour la sagesse de vérité.

[Et ainsi ai-je entendu : Avraham, notre père, la paix sur lui, a reçu l'esprit de sagesse et de discernement (roua'h 'hokhma ou-bina) d'Égypte, et l'esprit de conseil et de force (roua'h etsa ou-gvoura) d'Avimelekh ; et que telle est la raison de ce qui a été dit, que c'est d'Avimelekh que Sara conçut (comme il est dit dans le Midrach Tan'houma, début de la paracha Toldot), car au moment où la force d'engendrer fut retirée d'Avimelekh, alors sa force fut donnée à Avraham, notre père, la paix sur lui.] Et c'est là le sens de la promesse "ils sortiront avec de grands biens" (Genèse 15,14) et du butin de la mer (bizat hayam) : c'est une préparation à la sagesse de la Torah. Seulement, malgré tout, sa racine est du côté des sagesses extérieures (hokhmot hitsoniyot) ; et de Salomon, notre roi, la paix sur lui, il est dit : "et la sagesse de Salomon surpassa... et toute la sagesse d'Égypte" (Rois I 5,10), c'est-à-dire leur sagesse extérieure.

Et tout le désir de Salomon était pour la sagesse, et c'est pourquoi, dans le songe, il ne demanda que cela (Rois I 3,9). Et ainsi sa force fut fixée dans les biens ; et c'est pour cela que Chichak les désira et qu'ils retournèrent à leur place, car en vérité la sagesse extérieure est leur part, sauf qu'elle n'avait été que prêtée pour un temps à Israël, en raison du besoin de fixer par elle dans leur cœur la sagesse du Nom béni - et cela jusqu'à Salomon, notre roi, la paix sur lui, qui composa les Michle (Proverbes) dans la clarification de la sagesse de la Torah, et alors ils n'eurent plus besoin de la sagesse extérieure, et chacun retourna à sa place.

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