צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 248

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

L'essentiel de l'homme est le désir ardent (héchek) du cœur, par lequel il l'emporte sur les anges ; on l'appelle le penchant (yetser), bon et mauvais. Selon Rabbi Tsadok, quiconque est plus grand, son penchant est plus grand : les penchants se font face dans le cœur. Ce monde-ci a été créé avec la lettre hé : le Miséricordieux veut le cœur ; le monde à venir a été créé avec la lettre youd : le mauvais penchant égorgé, le niveau se mesure à la sagesse du cerveau. Les Patriarches sont eitanim (inébranlables) : Avraham parvient au terme de l'amour de Hachem, Its'hak à la crainte et la haine du mal, Yaakov aux deux selon la ligne médiane de la vérité.

Aussi : on n'appelle pères que ces trois-là, toute leur semence à leur image ; avraham est appelé eitan, le commencement du désir étant dans l'amour ; l'homme se reconnaît à sa bourse, sa colère et sa coupe

‏[רמח] עיקר האדם הוא החשק שבלב שבו הוא יתרונו על המלאכים והוא הנקרא יצר יצ"ט ויצ"ר ‏כאשר הוא מגביר חשקו לטוב הרי זה טוב ואם לאו כו'. ואז"ל (סוכה נב.) כל הגדול יצרו גדול כי ‏גדלות א' על חבירו הוא רק כפי גודל החשק שלו לטוב דהיינו כח היצר כי יצ"ט ויצ"ר א' זה לעומת ‏זה בב' חללי הלב כפי החשק שבלבו בימין לטוב כן בשמאל לרע ולכך יצ"ר ג"כ גדול.

וזה שאז"ל ‏‏(מנחות כט:) עוה"ז נברא בה' ועוה"ב ביו"ד כידוע דב' אותיות אלו דשם מורים על חכמה ובינה ‏שהם מוחא ולבא ובעוה"ז רחמנא לבא בעי ומעלת האדם כפי החשק שבלב. אבל בעוה"ב שישחט ‏היצה"ר ולא יהי' עוד מקום לבחירה אז יהי' המעלה כפי יתרון החכמה וההשגה שבמוח.

והאבות נק' ‏איתנים (כמ"ש ר"ה יא.) שמעתי פי' עקשנים פי' שהי' להם תוקף החשק בוער כאש שלא ישקוט ‏וינוח עד שיגיע למילויו. אברהם אע"ה במדת האהבה עד שהגיע לתכלית אהבת ה' שהוא בהרחקת ‏כל אהבות זולתו.

עד שהוליד יצחק שהוא הי' תוקף החשק ליראת ה' שנאת רע וכל מיני אהבות ‏זרות וחמדות עוה"ז היו מרוחקים אצלו בתכלית. עד שהוליד יעקב אע"ה שהי' לו תוקף החשק ‏לשניהם אהבת הש"י ושנאת רע.

ואין קורין אבות אלא לג' אלו (ברכות טז:) שהם כ"כ נגבר חשקם ‏כ"א למדתו בטוב עד שהגיע לתכליתה להיות כולו כך. כי כאשר החשק בוער באדם הוא כלהב אש ‏עד שכולו עם כל כחותיו שקועים בזה עד שכל זרעם אחריהם תולדותיהם כיוצא בהם.

כמו שהאדם ‏יוליד אדם ובהמה יוליד בהמה וכיוצא כך הם עצם גופם וכל כחותיהם היו משונה מפאת רתיחתם ‏לאותו דבר שחשקו עליו להגיע לו. והם מיוחדים בתוקף זה עד קצה עד שראויים להקרא אבות שכל ‏זרעם אחריהם כן.

ואברהם אע"ה ביחוד נקרא איתן בתהלים (פט וכמ"ש ב"ב טו.) כי תוקף החשק ‏הוא באהבה כמו שרואין באהבות זרות וכן מצד הטוב באהבת הש"י והוא המתחיל כי בזה התחלת ‏החשק. ובשנאת ה' בזה הוא מדת הכעס שנקרא אש בכל מקום בכתוב וחרון שהוא ג"כ לשון יובש ‏האש כי הוא בא מכח האש וא"צ לזה עקשות ותקיפות כח כי הוא עצום ממילא.

רק שזהו ברע אבל ‏בטוב שנאת רע ג"כ אינו מצד הכעס חלילה רק מצד יראת ה' המרחקת זה אין בו תוקף כ"כ. וב' אלו ‏הי' בחשקם נטיי' לאיזה צד ביחוד אבל יעקב אע"ה מדתו חשק מעורבב לא לאיזה צד ודבר פרטי ‏רק לב' הקצוות יחד והוא הולך בקו האמצעי שהוא מדת האמת לבחור בכל דבר האמת אם לצד זה ‏אם לזה.

ואז"ל (עירובין סה:) בג' דברים אדם ניכר ההכרה הוא בהתגברות החשק לאיזה דבר אם ‏היצ"ט שבחלל ימין גובר להטותו לרצון הש"י. ובכיסו וכעסו הם ב' הקצוות דתוקף החמדה לממון ‏דלכן נדרש ע"ז בכל מאדך ולשון מאד משמע שהאדם חומד לזה מאוד מאוד.

וכוסו הוא בירור קו ‏האמצעי כאשר הדיעה מעורבבת ואין לו נטיי' לשום צד כלל שיכוין אז האמת כד"ש (שם ע"א) כל ‏המתפתה ביינו יש בו מדעת קונו: ‏

[248] L'essentiel de l'homme, c'est le désir ardent (héchek) qui est dans le cœur, et c'est par lui qu'il l'emporte sur les anges. C'est ce que l'on appelle le penchant (yetser) : yetser tov (bon penchant) et yetser hara (mauvais penchant).

Lorsqu'il fortifie son désir vers le bien, voilà qui est bien ; et sinon, etc. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Souka 52a) : quiconque est plus grand, son penchant est plus grand.

Car la grandeur de l'un sur son prochain n'est que selon la grandeur de son désir vers le bien, c'est-à-dire selon la force du yetser ; car le bon penchant et le mauvais penchant sont l'un en face de l'autre dans les deux cavités du cœur : selon le désir qui est dans son cœur, à droite vers le bien, ainsi en est-il à gauche vers le mal, et c'est pourquoi son mauvais penchant lui aussi est grand. Et c'est ce que nos Sages ont dit (Menahot 29b) : ce monde-ci a été créé avec la lettre ה et le monde à venir avec la lettre י ; car on sait que ces deux lettres du Nom indiquent 'hokhma et bina (la sagesse et le discernement), qui sont mo'ha ve-liba (le cerveau et le cœur).

Or dans ce monde-ci, le Miséricordieux veut le cœur, et le niveau de l'homme se mesure au désir qui est dans le cœur. Mais dans le monde à venir, lorsque le mauvais penchant sera égorgé et qu'il n'y aura plus de place pour le libre choix, alors le niveau se mesurera à la supériorité de la sagesse et de la compréhension qui est dans le cerveau.

Et les Patriarches sont appelés eitanim (les inébranlables, les puissants) (comme il est dit Roch Hachana 11a) ; j'ai entendu expliquer : des obstinés, c'est-à-dire qu'ils avaient une force de désir qui brûlait comme un feu et ne se calmait ni ne se reposait avant d'avoir atteint sa plénitude. Avraham, notre père, que la paix soit sur lui, dans la mesure de l'amour, jusqu'à ce qu'il parvienne au terme de l'amour de ה', qui consiste à éloigner toute autre amour que Lui ; jusqu'à ce qu'il engendre Yitshak, qui fut la force du désir vers la crainte de ה' et la haine du mal, et chez qui toutes les sortes d'amours étrangères et de convoitises de ce monde-ci étaient éloignées à l'extrême ; jusqu'à ce qu'il engendre Yaakov, notre père, qui eut la force du désir pour les deux ensemble : l'amour du Saint béni soit-Il et la haine du mal.

Et l'on n'appelle 'pères' que ces trois-là (Berakhot 16b), car leur désir s'est fortifié à ce point, chacun dans sa mesure vers le bien, jusqu'à en atteindre le terme et à être tout entier ainsi. Car lorsque le désir brûle dans l'homme, il est comme une flamme de feu, au point que l'homme tout entier, avec toutes ses forces, y est englouti, si bien que toute leur semence après eux, leurs enfants, sont à leur image.

De même que l'homme engendre un homme et l'animal un animal, et ainsi de suite, de même la substance de leur corps et toutes leurs forces étaient transformées du fait de leur bouillonnement vers cette chose qu'ils désiraient atteindre. Et ils sont uniques dans cette force jusqu'à l'extrême, au point d'être dignes d'être appelés 'pères', car toute leur semence après eux est ainsi.

Et Avraham, notre père, est appelé en particulier eitan dans les Psaumes (Tehilim 89,1 ; et comme il est dit Bava Batra 15a), car la force du désir se trouve dans l'amour, comme on le voit dans les amours étrangères, et de même du côté du bien dans l'amour du Saint béni soit-Il ; et c'est lui qui commence, car c'est en cela qu'est le commencement du désir. Et dans la haine [pour ה'], c'est la mesure de la colère qui agit, celle qui est appelée 'feu' partout dans l'Écriture, ainsi que 'harone' (ardeur de colère), terme qui exprime lui aussi la sécheresse du feu, car il vient de la force du feu ; et cela ne requiert ni obstination ni force de caractère, car cette mesure est puissante d'elle-même.

Seulement, cela vaut du côté du mal ; mais du côté du bien, la haine du mal non plus ne vient pas de la colère, à D.ieu ne plaise, mais de la crainte de ה' qui éloigne cela, et il n'y a pas là une force aussi grande. Et ces deux-là avaient dans leur désir un penchant vers un côté particulier ; mais Yaakov, notre père, sa mesure est un désir mélangé, qui ne va ni vers un côté ni vers une chose particulière, mais vers les deux extrémités ensemble, et il marche selon la ligne médiane, qui est la mesure de la vérité, pour choisir en toute chose la vérité, qu'elle soit de ce côté-ci ou de ce côté-là.

Et nos Sages ont dit (Erouvin 65b) : par trois choses l'homme se reconnaît. Cette reconnaissance porte sur le renforcement du désir vers une chose : le bon penchant, celui de la cavité droite, l'emporte-t-il pour l'incliner vers la volonté du Saint béni soit-Il ?

Sa bourse (kiso) et sa colère (kaaso) sont les deux extrémités, car la force de la convoitise pour l'argent est telle que l'on expose à son sujet le verset 'de tout ton pouvoir (be-khol meodekha)' (Devarim 6,5), et le terme meod implique que l'homme convoite cela extrêmement. Et sa coupe (koso) est le discernement de la ligne médiane : lorsque l'esprit est troublé et qu'il n'a plus de penchant vers aucun côté, c'est alors qu'il vise la vérité, comme il est dit là-bas (ibid.

65a) : quiconque se laisse fléchir par son vin possède quelque chose de la connaissance de son Créateur.

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