Par le sommeil convenable, sans rêves ni pensées mauvaises, le cœur se porte au réveil vers la crainte de D.ieu. Rabbi Tsadok lit « haMapil » : le sommeil vient de Toi et il ne Te revient pas de causer du mal ; elle s'achève par « qui illumine le monde entier dans Sa gloire », car l'aube doit être dans la reconnaissance de la gloire du Ciel. Le sommeil est un soixantième de la mort, esprit d'impureté des mauvaises pensées ; les yeux ne s'éclairent le matin que par l'effort dans la Torah. On demande un sommeil « très bon » : le rêve, soixantième de prophétie, lorsque les pensées de la nuit sont les paroles de Torah du jour.
Aussi : david ne vit jamais de bon rêve, le Temple de Salomon achevant le birour (tri) ; le sommeil de Salomon à l'aube est l'issetema (trempe) du fer de David ; les rêves proches de l'aube se réalisent
[רסד] ע"י השינה הראוי' בלא חלומות והרהורים רעים וזרים הוא יכול בקל בהשכמה למצוא יחול לבבו ליראת ה'. ולכך מסיימת ברכת המפיל שהוא בקשה להנצל מחלומות רעים והרהורים רעים מטעם כי אתה המפיל וגו' וממך הוא השינה ואין לך לגרום לי רע.
ומסיים המאיר לעולם וגו' דאור השחר שמאיר לעולם יהי' בכבודו בהכרת כבוד שמים כטעם כל פעל למענהו לקילוסו (שוח"ט תהלים מז' קמח). וזה טעם והאר וגו' פן אישן המות פי' כי שינה א' מס' במיתה והיינו רוח הטומאה שהוא ע"י הרהורים רעים כנ"ל.
ועי"ז הוא בשינתו טועם טעם טומאת המת ובבוקר אין העינים מאירים כ"כ מעצמם רק ע"י השתדלות בד"ת כי שוריינא דעינא בלבא (כמ"ש ע"ז כח:). ולזה מבקשים לינצל מחלומות רעים והרהורים רעים ולהארת עינים שיהי' השינה טוב מאוד כמשז"ל (ב"ר פ' ט).
והיינו ע"י חלום א' מס' בנבואה כאשר הרהוריו בלילה ג"כ בד"ת שהרהר ביום ועי"ז נדבק בטוב יותר כנ"ל אות רל"ח. וזה הי' טעם דוד המע"ה שלא ישן ס' נשמי (כמ"ש סוכה כו:) ולא ידע טעם דמותא כי כל יגיעת דוד המע"ה כל ימיו לינצל ממ"ז שהי' מוקף מהם ממש מתולדתו כמ"ש הן בעון חוללתי וגו' וכנודע דהוא נגד יסוד העפר וזכה רק לחלק הנפש כידוע וכמ"ש בזוהר וארא כ"ז א' ושם הוא שורש החטא כמ"ש נפש כי תחטא ונא' הדם הוא הנפש ובריש כל מרעין אנא דם (כמ"ש ב"ב נח:) שבו שורש חלי הנפש לכל מיני תשוקות דתאוה ורציחה וע"ז הי' כל סיגופיו להרוג היצ"ר בתענית מפני כובד אבן שבלבו.
ולכן אמרו (ברכות נה:) שכל ימיו של דוד לא ראה חלום טוב כי הגם שהרגו ליצ"ר באמת מ"מ לא נתנקה לגמרי בימיו והוא משז"ל (שבת ל.) בחייך איני מודיע בחיי שלמה בנך אני מודיע. וההודעה הוא כאשר הוא הבירור גמור שזה נקי לגמרי.
וזה לא הי' בימיו עדיין כי הבירור גמור הוא ע"י בנין הבית שהוא שלימות הנפש שהוא כח הפעולה שבאדם לגמרי למצוא מקום לה' שממנה אורה יוצא לעולם (ירושלמי פ"ד דברכות ה' ה) ובו קבוע קדושת הש"י לא יזוז אפי' רגע א'. ובודאי מי שבנה ומצא מקום קבוע זה לקדושת הש"י בודאי נמצא זה קודם בקרב לבו קביעות גמור לקדושת הש"י שלא יזוז.
וכשזכה ללבו חלל בקרבו אז החל רוח ה' לפעמו לבקש בבנין הבית עד שא"ל מפי ה' (דה"א כב) לא תבנה וגו' כי דמים רבים וגו'. פי' כל מלחמותיו הי' בניצוח היצר כפי מה שנצח ליצר כך נצח לאומות שהכל א'.
וזהו במדת אתכפיא ובזה א"א להיות קביעות גמור עדיין. הגם שזכה לאכפיי' לגמרי בהריגה מ"מ הרי אז"ל ביומא (סט:) דהריגת דיצר דתאוה א"א להרוג דצריך לקיום עולם ובמדה"נ (תולדות קלח א) א' דצריך לתמידו דאורייתא.
אבל בימי שלמה המע"ה שלום יהיה לי כטעם אז אהפוך אל עמים וגו' לאהפכא רע לטוב שזה כל עסק שלמה המע"ה כל ימיו בענין נשים נכריות וכמ"ש במק"א. ולפי שהבנים תעלומות לב דאב כמו ששמעתי זה לכן הי' אז כשבנה בהמ"ק הודעה על נקיון לב דוד המע"ה ג"כ כמשאז"ל (שבת שם).
ונקרא חנוכת הבית לדוד כי באמת הוא מצא אותו המקום בסוף ימיו כשנצטנן דמו אז מפני מה"מ כמשאז"ל (סא"ר פ' ז הובא רש"י ריש מ"א) שהוא סילוק היצר מכל וכל והוא הכין הכל. ושלמה המע"ה אדרבא ישן הרבה ועליו נאמר כן יתן לידידו שנה וכמשאז"ל (ויק"ר פ' יב) שישן עד ד' שעות ומפתחות בהמ"ק כו' כי הוא כמו אסטמא לפרזלא דמדת דוד המע"ה ברזל כנודע וכמ"ש בזוהר וארא כ"ד ב' שהוא מעפר ובו תוקף הבירורים מפסולת העפר ע"י ההכנסה באש [דאהבה ויראה] עד שנעשה אסטמא והוא מדת שלמה המע"ה.
וא' ברכות (סב:) שינה בעמוד השחר כאסטמא לפרזלא. ושמעתי דעיקר כאותו הפי' דרש"י שהוא טוב כי בעה"ש הוא יחוד חמה ולבנה דהיינו יחוד קוב"ה ושכינתי' כנודע ואז גמר שינת הלילה שהוא מדת דוד המע"ה ואותה רגע הוא מדת שלמה המע"ה ואז השינה טובה כאסטמא כנ"ל וכ"א (שם נה סע"ב) כי החלומות שסמוך לעה"ש מתקיימים כי הם מכלל א' מס' בנבואה שכבר כלו דמיונות והרהורי דיממא וזה מצד השינה הטובה כנ"ל:
[264] Par le sommeil convenable, sans rêves ni pensées mauvaises et étrangères, l'homme peut aisément, au réveil du matin, trouver que son cœur se porte vers la crainte de ה'. C'est pourquoi la bénédiction "haMapil" (la bénédiction dite avant de s'endormir), qui est une demande d'être sauvé des mauvais rêves et des mauvaises pensées, se conclut par ce motif : "car c'est Toi qui fais tomber les liens du sommeil sur mes yeux, etc." - le sommeil vient de Toi, et il ne Te revient pas de me causer du mal.
Et elle s'achève par "qui illumine le monde entier dans Sa gloire, etc.", car la lumière de l'aube, qui illumine le monde, doit être "dans Sa gloire", par la reconnaissance de la gloire du Ciel, selon le sens de "tout, ה' l'a fait pour Lui-même" (Proverbes 16,4), c'est-à-dire pour Sa louange (Cho'her Tov, Midrach Tehilim, Psaumes 47 et 148). Et tel est le sens de "Éclaire mes yeux, etc., de peur que je ne dorme du sommeil de la mort" (Psaumes 13,4).
Explication : le sommeil est un soixantième de la mort, c'est-à-dire l'esprit d'impureté, lequel vient des mauvaises pensées, comme ci-dessus. Par cela, dans son sommeil, il goûte le goût de l'impureté du mort, et au matin les yeux ne s'éclairent pas tellement d'eux-mêmes, mais seulement par l'effort dans les paroles de Torah, car "les vaisseaux de l'œil dépendent du cœur" (Avoda Zara 28b).
C'est pourquoi l'on demande d'être sauvé des mauvais rêves et des mauvaises pensées, et l'on demande l'illumination des yeux, afin que le sommeil soit "très bon", comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berechit Rabba chap. 9).
Et cela se fait par le rêve qui est un soixantième de prophétie, lorsque ses pensées de la nuit sont elles aussi dans les paroles de Torah auxquelles il a pensé le jour ; et par cela il s'attache davantage au bien, comme ci-dessus, section 238. Et telle était la raison pour laquelle David, le roi, sur lui la paix, ne dormait pas soixante respirations (comme il est dit dans Souka 26b) et ne connaissait pas le goût de la mort : car toute la peine de David, tous ses jours, fut d'échapper aux pensées étrangères (mah'chavot zarot, les pensées impures qui envahissent l'esprit), dont il était entouré littéralement depuis sa naissance, comme il est dit "voici, dans la faute j'ai été enfanté, etc." (Psaumes 51,7) ; et comme il est connu, il correspond à l'élément de la terre (yessod hé-afar) et n'a mérité que la part du Nefech (le niveau vital de l'âme), comme il est connu et comme il est écrit dans le Zohar Vaéra 27a.
Et là est la racine de la faute, comme il est dit "une âme (nefech) qui pèchera" (Lévitique 5,1), et il est dit "car le sang, c'est l'âme" (Deutéronome 12,23), et "à la tête de toutes les maladies, c'est moi, le sang" (comme il est dit dans Baba Batra 58b) : car en lui est la racine de la maladie du Nefech, pour toutes sortes de désirs, de convoitise et de meurtre. Et c'est pour cela qu'étaient toutes ses mortifications, pour tuer le mauvais penchant (yetser hara) par le jeûne, à cause de la lourdeur de la pierre qui était dans son cœur.
C'est pourquoi ils ont dit (Berakhot 55b) que, tous ses jours, David n'a jamais vu de bon rêve : car bien qu'il ait véritablement tué le mauvais penchant, il ne fut pourtant pas entièrement purifié de son vivant. Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Chabbat 30a) : "De ton vivant, Je ne le fais pas savoir ; du vivant de Salomon ton fils, Je le ferai savoir." Or cette annonce n'a lieu que lorsque le triage (birour, le tri qui dégage le bien du mal) est complet, que la chose est entièrement pure.
Et cela n'était pas encore de son vivant, car le birour complet se réalise par la construction du Temple, qui est la perfection du Nefech - lequel est la force d'action dans l'homme - pour "trouver un lieu pour ה'" (Psaumes 132,5), d'où la lumière sort vers le monde (Talmud de Jérusalem, Berakhot chap. 4, halakha 5), et en lui est fixée la sainteté du Nom béni, qui ne bouge pas même un seul instant.
Et assurément, celui qui a bâti et trouvé ce lieu fixé pour la sainteté du Nom béni, il est certain que cela s'est d'abord trouvé au-dedans de son cœur : une fixité complète pour la sainteté du Nom béni, qui ne bouge pas. Et lorsqu'il mérita que "son cœur soit vidé au-dedans de lui" (Psaumes 109,22), alors "l'esprit de ה' commença à l'agiter" pour demander la construction du Temple, jusqu'à ce qu'il lui fut dit de la bouche de ה' (I Chroniques 22) : "Tu ne bâtiras pas, etc., car tu as versé beaucoup de sang, etc." Explication : toutes ses guerres consistaient à vaincre le penchant ; dans la mesure où il vainquait le penchant, il vainquait de même les nations, car tout est une seule et même chose.
Or cela relève de la mesure de l'itkafya (la soumission, le fait de mater le mal), et par elle il ne peut pas encore y avoir de fixité complète. Bien qu'il ait mérité la soumission totale, par la mise à mort, nos maîtres ont pourtant dit dans Yoma 69b que le penchant du désir, on ne peut pas le tuer, car il est nécessaire à la subsistance du monde ; et dans le Midrach haNé'elam (Toldot 138a) il est dit qu'il faut pour lui la constance (tamid) de la Torah.
Mais aux jours de Salomon, le roi, sur lui la paix, "il y aura la paix pour moi", selon le sens de "alors Je changerai pour les peuples une langue pure, etc." (Sophonie 3,9), pour transformer le mal en bien (it'hafkha) : car telle fut toute l'occupation de Salomon tous ses jours, dans l'affaire des femmes étrangères, comme je l'ai écrit ailleurs. Et puisque les enfants sont les secrets du cœur du père, ainsi que je l'ai entendu, c'est pourquoi il y eut alors, lorsqu'il bâtit le Temple, une annonce portant aussi sur la pureté du cœur de David, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Chabbat, ibid.).
Et il est appelé "dédicace de la Maison, de David" (Psaumes 30,1), car en vérité c'est lui qui trouva ce lieu à la fin de ses jours, lorsque son sang se refroidit alors à cause de l'ange de la mort, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Seder Eliyahou Rabba chap. 7, cité par Rachi au début du premier livre des Rois) - ce qui est le retrait total du penchant - et c'est lui qui prépara tout.
Salomon, au contraire, dormait beaucoup, et de lui il est dit "ainsi Il donne le sommeil à Son bien-aimé" (Psaumes 127,2), et comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Vayikra Rabba chap. 12) qu'il dormait jusqu'à la quatrième heure, les clefs du Temple [sous sa tête], etc.
Car il est comme l'issetema (la trempe, ce qui affermit et affine) pour le fer : la mesure de David est le fer, comme il est connu, et comme il est écrit dans le Zohar Vaéra 24b, car il provient de la terre, et en lui est la force des birourim (les triages) hors des scories de la terre, par l'entrée dans le feu [de l'amour et de la crainte], jusqu'à ce qu'il devienne issetema - et c'est là mesure de Salomon. Et il est dit dans Berakhot 62b : "le sommeil à l'aube est comme l'issetema pour le fer." Et j'ai entendu que l'essentiel est conforme à cette explication de Rachi, selon laquelle c'est une bonne chose : car à l'aube (amoud hachahar) a lieu l'union du soleil et de la lune, c'est-à-dire l'union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina, comme il est connu ; alors s'achève le sommeil de la nuit, qui est la mesure de David, et cet instant-là est la mesure de Salomon, et alors le sommeil est bon comme l'issetema, comme ci-dessus.
Et de même il est dit (ibid. 55b, fin de la seconde colonne) que les rêves proches de l'aube se réalisent, car ils font partie du soixantième de prophétie, puisque se sont déjà épuisées les imaginations et les pensées du jour ; et cela vient du bon sommeil, comme ci-dessus.