Les rêves révèlent les pensées du cœur le jour (Berakhot 55b). Rabbi Tsadok : tant que le yetser (le penchant) s'attache à une convoitise, l'esprit d'impureté réside dans le sommeil. Yaakov rêva : « Et voici, Hachem se tenait [sur elle] » (Berechit 28,12-13) : le roua'h hakodech (l'esprit de sainteté) reposait sur lui. Le Chema sur son lit annule les pensées étrangères juste avant le sommeil. Le talmid ''hakham (un sage de la Torah) n'en a pas besoin ; il remet la volonté du cœur par « En Ta main je remets [mon esprit] » (Tehilim 31,6), et le Saint béni soit-Il rend le dépôt sans souillure.
Aussi : le yetser s'embrase chez les gens de Torah quand les mohin (facultés intellectuelles) se retirent ; David a vu dans l'émission nocturne une folie et un rachat après coup ; le Chema tue les mazikin (démons nuisibles)
[רמג] החלומות של האדם הם המגידים לו על הרהורי לבבו לדעת במה הם שקועים ביום שמהם הם באים כמשאז"ל (ברכות נה:). וע"ז יסתער לב האדם כאשר יראה כי גם בעסקו בתורה רוב היום ככולו כל זמן שלא נמלט ממחשבות זרות הנולדת מצד היצר שבלב הכוסף לאיזה דבר ונקשר בו לא נמלט מחלומות ודמיונות כאלו.
וזה נקרא אצל רז"ל רוח הטומאה השוכן בשינה פי'. ע"י אותן דמיונות ואין אז כח מחשבה טובה המגדרת בו.
ובודאי יעקב אע"ה שחלם והנה ה' נצב ומלאכי א-להים עולים ויורדים בו גם בשינתו רוה"ק שורה עליו לא רוח הטומאה ח"ו. וע"ז היתה עצת רז"ל בק"ש שעל המיטה דעי"ז מזיקין בדילין (כמ"ש שם ה.) פי' קבלת עול מ"ש בכל לבבך ובכל נפשך ובכל מאודך זה מבטל כל מיני מ"ז.
הגם שהוא לשעה ורגע קלה כמות שהיא מ"מ מועיל כשהוא סמוך לשינה. כי ק"ש הוא קבלת עול מ"ש ועול מצות והנושא בעול מחשבותיו בטילות לד"ז כמש"כ טוב וגו' עול מנעוריו שזה מונע מחשבות לחמדות דילדות.
ואם ת"ח הוא אין צריך (כמ"ש שם) פי' כי הת"ח הוא שבלא"ה כל מחשבותיו שקועות בד"ת תמיד ומ"מ צריך חד פסוקא דרחמי כי ת"ח היינו שאין נמלט לגמרי מכח היצר דחלל השמאלי דלב רק שמשכו לד"ת. ומ"מ מצד שקיעות היצר בתאות שזה שכיח בת"ת ביותר כטעם כי הגדיל לעשות בסוכה (נב.) והיינו מפני אש תשוקתם לד"ת.
בשינה שהוא הסתלקות המוחין מד"ת יוכל היצר לבעור באש תאותו ולהביא לידי ר"ק ח"ו כמו ששמעתי שזה מצוי יותר בבני תורה מבע"ה. ולכן צריך לומר פסוק בידך אפקיד וגו' שמוסר הרוח שהוא הרצון שבלב שבו הי' רוצה וחושק לד"ת ועי"ז נמנע מדבר אחר עכשיו מוסרו לפקדון ביד הש"י.
וזה טעם אמונה שמאמין פקדונו להש"י כמשאז"ל (מדר' הובא בתוס' ברכות יב. ד"ה להגיד) וזה תמוה מה זו אמונה ואטו הגוים שאין מאמינים כלל ואפקורסים אין ישינים.
רק הכונה שהש"י יחזירנה כמו שנטלה ושלא תטמא ח"ו. וכמו מדת אמת ביום בעת שניעור הוא הכרה הברורה שרק הש"י מנהג עולמו בכל מכל כל ועי"ז נמלט ממ"ז.
כן מדת אמונה בלילה בעת שינה והסתלקות המוחין מאמין בחי עולמים פי' מקור החיות של כל העולמים אפי' עולמות התוהו וההבל הוא ממנו והוא ישמרנו. ובודאי הם שאין מקפידים בכך אין צריכים לאמונה זו אבל בני ישראל שכל יגיעתם כל ימי חייהם להיות דבוקים בהש"י ובתורתו צריכים בלילה לאמונה על הפקדון.
וסיים פדית וגו' כטעם פודה ה' וגו' דמסיים בו מזמור לדוד בשנותו ששמעתי שאמר דוד המע"ה זה על ענין ראיית קרי דלמה נברא זה ונתברר לו אז בשנותו שיש צורך לשטות בעולם וכך צורך לדבר זה אע"פ שנראה שטות והבל וסיים פודה שיש בזה פדיון והצלה ממיתה כנודע וכמשז"ל בברכות (נז:) דהוא סימן יפה לחולה. וזהו לענין דיעבד כשכבר ר"ק יבטח בודאי הוא לטובה אבל לכתחילה יבקש שלא יצטרך לפדיון זה וכבר פדית וגו' אל אמת פי' במדת האמת שהייתי דבוק ביום כי תאוה נקרא שקר וזה נקרא פדיון ע"י שקר.
ויש פדיון ע"י אמת וד"ת כי פדיון הוא ע"י נתינת התמורה וזה הוא כענין מקצת נפש ככל נפש. ויש כענין ואתן אדם וגו' ולאומים תחת נפשך והוא לת"ח ע"י ד"ת שיש בה סמא דמותא לחומות העכו"ם וכמ"ש בשבת (פט:) הר חורב שיצא ממנו חורבה לאו"ה.
וזה נקרא פדיון אמת שהם לשאול ואבדון באמת לעלמי עד. משא"כ אלו הר"ק סוף שיוציא בלעו מפיו והוא רק לפי שעה וא"כ נקרא פדיון שקר.
וזשז"ל (ברכות ה.) בק"ש שעל מיטתו חרב פיפיות להרוג המזיקין ובאמת המקרא מסיים לעשות נקמה בגוים וגו' רק דהכל א' כי ע"י הריגת המזיקין דמ"ז והרהורים רעים בקבלת עול מ"ש ממילא נעשה הפדיון שלו ע"י או"ה וע"י לעשות וגו' ולא ע"י מסירת מקצת נפש למזיקין ח"ו:
[243] Les rêves de l'homme sont ce qui lui révèle les pensées de son cœur, pour savoir dans quoi elles sont plongées pendant le jour, car c'est de là qu'ils viennent, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berakhot 55b). Et à ce sujet le cœur de l'homme s'emporte, quand il voit que même s'il s'occupe de Torah la plus grande partie du jour, tant qu'il n'a pas échappé aux pensées étrangères qui naissent du côté du yetser (le penchant) qui est dans le cœur, lequel convoite quelque chose et s'y attache, il n'échappe pas à de tels rêves et à de telles imaginations.
Et cela est appelé chez nos maîtres de mémoire bénie l'esprit d'impureté qui réside dans le sommeil, c'est-à-dire par le moyen de ces imaginations-là, et il n'y a pas alors la force de la bonne pensée qui fasse barrière en lui. Et certes Yaakov notre père, sur lui la paix, qui rêva : Et voici, ה' se tenait [sur elle], et les anges d'Elokim montaient et descendaient par elle (Bereshit 28,12-13) : même dans son sommeil, c'est le roua'h hakodech (l'esprit de sainteté) qui reposait sur lui, et non pas l'esprit d'impureté, à D.ieu ne plaise.
Et c'est pour cela que fut le conseil de nos maîtres de mémoire bénie touchant le Chema que l'on dit sur son lit, car par ce moyen les mazikin (démons nuisibles) s'écartent (comme il est dit là-bas, 5a). C'est-à-dire : l'acceptation du joug du royaume des cieux, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir (Devarim 6,5), cela annule toutes les sortes de pensées étrangères.
Bien que ce ne soit que pour un instant et un bref moment, tel quel, cela est néanmoins efficace puisque c'est juste avant le sommeil. Car le Chema est l'acceptation du joug du royaume des cieux et du joug des commandements, et celui qui porte le joug, ses pensées sont annulées devant cette chose, comme il est écrit : Il est bon [pour l'homme de porter] le joug dès sa jeunesse (Eikha 3,27), car cela retient les pensées loin des convoitises de la jeunesse.
Et si c'est un talmid 'hakham (un sage de la Torah), il n'en a pas besoin (comme il est dit là-bas), c'est-à-dire parce que le talmid 'hakham est celui dont, de toute façon, toutes les pensées sont constamment plongées dans les paroles de Torah. Et malgré tout il lui faut un unique verset de miséricorde, car le talmid 'hakham, cela veut dire celui qui n'échappe pas complètement à la force du yetser de la cavité gauche du cœur, mais qui seulement l'a tiré vers les paroles de Torah.
Et malgré tout, du côté de l'enfoncement du yetser dans les désirs, ce qui se rencontre plus encore chez les gens de Torah, selon le sens de : car il s'est enorgueilli d'agir (Yoël 2,20), dans Souka (52a), et cela à cause du feu de leur désir ardent pour les paroles de Torah : dans le sommeil, qui est le retrait des mohin (les facultés intellectuelles) hors des paroles de Torah, le yetser peut s'embraser du feu de son désir et amener à une émission nocturne (ré'iyat keri), à D.ieu ne plaise, ainsi que je l'ai entendu, que cela se rencontre davantage chez les gens de Torah que chez les baalei battim (les hommes occupés aux affaires du monde). C'est pourquoi il faut dire le verset : En Ta main je remets [mon esprit] (Tehilim 31,6), car il remet l'esprit, qui est la volonté du cœur, par laquelle il voulait et désirait ardemment les paroles de Torah et par laquelle il était préservé de toute autre chose ; maintenant il le remet en dépôt dans la main du Saint béni soit-Il.
Et c'est là le sens de la foi : qu'il confie son dépôt au Saint béni soit-Il, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (un midrach rapporté dans les Tossefot Berakhot 12a, s.v. lehaguid). Et cela est étonnant : quelle foi est-ce là ?
Les nations, qui ne croient nullement, et les apikorsim (les hérétiques), ne dorment-ils donc pas ? Mais l'intention est que le Saint béni soit-Il la rendra telle qu'Il l'a prise, et qu'elle ne se souille pas, à D.ieu ne plaise.
Et de même que la mesure de vérité (midat émet) durant le jour, au moment où il est éveillé, est la reconnaissance claire que seul le Saint béni soit-Il conduit Son monde en tout, de tout, totalement, et que par cela il échappe aux pensées étrangères, ainsi la mesure de foi (midat émouna) durant la nuit, au moment du sommeil et du retrait des mohin : il a foi dans le Vivant des mondes, c'est-à-dire que la source de la vitalité de tous les mondes, même des mondes du tohu et de la vanité, vient de Lui, et que Lui le gardera. Et certes eux, qui n'y prennent pas garde, n'ont pas besoin de cette foi ; mais les enfants d'Israël, dont tout le labeur, tous les jours de leur vie, est d'être attachés au Saint béni soit-Il et à Sa Torah, ont besoin la nuit de cette foi au sujet du dépôt.
Et il achève : Tu m'as racheté... (Tehilim 31,6), selon le sens de : ה' rachète [l'âme de Ses serviteurs] (Tehilim 34,23), verset par lequel s'achève le psaume De David, lorsqu'il changea [sa raison] (Tehilim 34,1) ; car j'ai entendu que David, le roi, sur lui la paix, a dit cela au sujet de l'émission nocturne : pourquoi donc cela à-t-il été créé ?
Et il lui devint clair alors, lorsqu'il changea [sa raison], qu'il y a besoin de folie dans le monde, et qu'ainsi il y a besoin de cette chose-là, bien qu'elle paraisse folie et vanité. Et il achève par racheté, car il y a en cela un rachat (pidyon) et un sauvetage de la mort, comme cela est connu, et comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie dans Berakhot (57b), que c'est un bon signe pour un malade.
Et cela vaut pour l'après-coup (bediavad) : quand l'émission a déjà eu lieu, qu'il ait confiance que c'est certainement pour le bien ; mais à priori (lekhatehila) qu'il demande de ne pas avoir besoin de ce rachat-là. Et Tu m'as déjà racheté...
D.ieu de vérité (Tehilim 31,6) : c'est-à-dire par la mesure de vérité à laquelle j'étais attaché pendant le jour ; car le désir est appelé mensonge, et cela s'appelle un rachat par le mensonge. Et il existe un rachat par la vérité et par les paroles de Torah, car le rachat se fait par le don d'une contrepartie, et cela est de l'ordre de : une partie de l'âme vaut comme l'âme tout entière.
Et il y a [un rachat] de l'ordre de : Je donne des hommes à ta place et des peuples en échange de ta vie (Yechayahou 43,4), et cela est pour le talmid 'hakham par les paroles de Torah, dans lesquelles il y a un sama demota (un poison mortel) pour les nations idolâtres, et comme il est dit dans Chabbat (89b) : le mont Horev, d'où est sortie la destruction ('horba) pour les nations du monde. Et cela s'appelle un rachat de vérité, car ceux-là vont au chéol et à la perdition, véritablement, pour l'éternité des éternités.
Ce qui n'est pas le cas pour cette émission nocturne : à la fin il recrachera de sa bouche ce qu'il a englouti, et ce n'est que pour un temps ; c'est donc ce qui s'appelle un rachat de mensonge. Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berakhot 5a) au sujet du Chema que l'on dit sur son lit : un glaive à deux tranchants (Tehilim 149,6) pour tuer les démons nuisibles.
Et en vérité le verset s'achève : pour exercer la vengeance parmi les nations... (Tehilim 149,7) ; mais tout cela est un, car par la mise à mort des démons nuisibles, c'est-à-dire des pensées étrangères et des mauvaises pensées, au moyen de l'acceptation du joug du royaume des cieux, son rachat s'accomplit de lui-même par les nations du monde et par pour exercer [la vengeance]..., et non par la remise d'une partie de l'âme aux démons nuisibles, à D.ieu ne plaise.