צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 242

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La techouva est semblable à l'annulation d'un vœu par un sage (hatarat ''hakham) : elle déracine rétroactivement (lemafrea) le mauvais ange de la transgression. Selon Rabbi Tsadok, la techouva par amour, par laquelle les fautes deviennent comme des mérites, signifie qu'il s'est retourné en bien. Ce sont deux degrés : « se retourner » (le'it'hapkha) et « être soumis » (le'itakhpia). La crainte met le cœur en barrière face au mal ; l'amour retourne l'amer, le yetser et le désir, en doux, vers le beit hamidrach, et le yetser hara est « très bon ». La Torah est le condiment du yetser, pour l'avenir et le passé, lorsqu'on se renforce dans l'amour de D.ieu et reconnaît que tout vient de Lui pour notre bien.

Aussi : techouva d'amour générale, techouva de crainte pour chaque faute d'après le Roke'ah ; émission de semence en vain : étincelle sainte extraite par l'amour ; Chabbat, kelipat nogah (écorce lueur) englobée, ona des talmidei 'hakhamim

‏[רמב] התשובה הוא כמו התרת חכם שעוקר הדבר למפרע ונתבטל המלאך רע הנעשה מהעבירה ‏לגמרי. ומאהבה שנעשין כזכיות היינו שלא נתבטל רק שנתהפך לטוב זהו ב' דרגין דלאתהפכא ‏ולאכפיי'.

פי' היראה הוא ההגדרה בלב מהרע ואהבה הוא שמהפך המר שהוא היצר והחשק ‏שבאדם למתוק שמושכו לבהמ"ד ולד"ת שבזה היצ"ר טוב מאוד כמ"ש במדה"נ (זח"א קלח א) ‏דחמידו דאורייתא על ידו. וזהו התורה תבלין ליצר לתבלו להיות טוב.

וזה בלהבא וכן בעבר כאשר ‏מתגבר באהבת הש"י וכן הש"י לעומתו. מכיר כי גם כל מעשינו פעלת הכל לטובתינו וממך הכל כי ‏לעולם לא זזה אהבתך מעמנו וגם כי אלך וגו' כי אתה עמדי גם בעת עשיית הרע וא"כ בודאי אינו ‏אלא טוב ובגדר עת לעשות לה' הפרו וכמ"ש בשבת (פט:) שאם הם כשנים הסדורות מששת ימי ‏בראשית פי' בסדר שסידר הבורא ית' בתחילת היצירה בחכמתו שיהי' כך ממילא כשלג ילבינו ‏שיהיו כזכיות מאחר שכך הי' אמיתות רצון הש"י שזכיות היינו רק עשיית רצון הש"י האמיתי.

וזה ‏טענת דוד המע"ה למען תצדק בדברך וגו' והרי החטא כך רצונך שכך אמרת שלא אעמוד בנסיון. ‏ותשובה זו דאהבה היא כללית על כל העבירות שהגדיל משא"כ דיראה צריך תשובה על כל א' ‏בפרט וכפי סדרו של בעל הרוקח בגדרים ומשקל וזה לא שייך כלל במאהבה כנ"ל.

וז"ש בזוהר ‏‏(ח"ב ריד ב) דלא מהני תשובה בהוצאת ז"ל אלא תשובה דחזיא לחפיא על כל עובדוי פי' מאהבה ‏שהיא כללית על כל מעשים רעים שעשה. והיינו לאתהפכא ולהוציא הנפשות ההם מעמקי רע ‏ונעשים כזכיות פי' הוספות כחות קדושות.

אבל ביראה והגדרה א"א לאכפיי' ולבטל לגמרי כי הלא ‏הוז"ל הוא כח נפשי ממש שהרי הי' נולד ממנו נפש אדם שיש בו חיות וא"כ בודאי יש בו מחיותו. ‏וחיות הישראל יש בו קדושה גמורה מחלק הש"י מורשה מהאבות שהוא מורישה לבניו ויש ממנה ‏ג"כ באותה טיפה רק שהיא מלובשת במחשבה וחשק התאוה דיצ"ר הגוברת עליו בעת ההוצאת ז"ל ‏ובלבוש דעשיי' של גמר המעשה.

אבל מ"מ יש בו ניצוץ קדוש גמור שא"א לבטלו ולהיות כלא הי' רק ‏ע"כ צריך להוציאו משם לתוך הקדושה דהיינו לעשותו כזכיות והיינו ע"י מאהבה דמחפיי' על כל ‏עובדוי שהיא כוללת לכל מה שעשה ע"י הכרה זו הברורה באהבת הש"י שאינה ניתקת והכל ממנו ‏ולטובתינו גם היצ"ר לטובתינו בגדר טוב מאוד וממתיק היצר בכלל. והגם דעצמות הרע דג' קליפות ‏הטמאות ואסור לגמרי א"א להיות טוב עד כי יבולע המות לנצח כנודע וע"כ צריך להיות בגדר ‏הביטול.

מ"מ החשק והמחשבה לרע שאין מצטרפת למעשה הישראל ואין בו מעשה דאיסור הוא ‏מקליפת נוגה שנכללת פעמים בקדושה ומזה נעשה זכיות ומחשבה טובה דמצטרפת. והם הנכללים ‏עם ניצוץ הנפשיי לחזור לטוב.

ולכן זמן לתשובה הטוב לזה הוא ביום השבת ביחוד שאז הקליפת ‏נוגה נכללת בקדושה כנודע. והיינו שכל עינוגים דהיתר ורשות כל שאינו איסור יש בו מצוה וקדושה.

‏ולכן אז עונת ת"ח ועי"ז הוא גמר הכנסת אותן ניצוצי הנפשות למקומן: ‏

[242] La techouva est semblable à l'annulation d'un vœu par un sage (hatarat ''hakham), qui déracine la chose rétroactivement (lemafrea) : le mauvais ange formé par la transgression est alors totalement annulé. Et [la techouva] par amour, par laquelle [les fautes] deviennent comme des mérites, signifie qu'il n'a pas été annulé mais qu'il s'est retourné en bien.

Ce sont là les deux degrés : "se retourner" (le'it'hapkha) et "être soumis" (le'itakhpia). Explication : la crainte, c'est la mise en barrière du cœur à l'égard du mal ; et l'amour, c'est qu'il retourne l'amer - à savoir le penchant (yetser) et le désir qui sont dans l'homme - en doux, en l'attirant vers la maison d'étude (beit hamidrach) et vers les paroles de Torah (divrei Torah).

Par cela, le yetser hara (le mauvais penchant) est "très bon" (tov meod, Bereshit 1,31), comme il est écrit dans le Midrach haNé'elam (Zohar I, 138a) : que le désir de la Torah ('hemda deOraita) vient par son intermédiaire. Et c'est là le sens de : la Torah est le condiment (tavlin) du yetser (Kidouchin 30b), pour l'assaisonner afin qu'il devienne bon.

Et cela vaut pour l'avenir, et de même pour le passé, lorsqu'il se renforce dans l'amour de ה' béni soit-Il, et que ה' béni soit-Il fait de même face à lui. Il reconnaît que même tous nos actes, c'est Toi qui les as accomplis pour notre bien, et que tout vient de Toi, car jamais Ton amour ne s'est écarté de nous ; et aussi : "même si je marche [dans la vallée de l'ombre de la mort]" etc., "car Tu es avec moi" (Psaumes 23,4) - même à l'heure où l'on commet le mal.

S'il en est ainsi, assurément ce n'est que du bien, et cela relève de "il est temps d'agir pour ה' : on a annulé Ta Torah" (Psaumes 119,126). Et comme il est dit dans Chabbat (89b) : si elles sont "comme les années ordonnées depuis les six jours de la Création" (lecture de כשנים, "comme l'écarlate" / "comme les années", Isaie 1,18) - c'est-à-dire selon l'ordre que le Créateur béni soit-Il a disposé au commencement de la formation, dans Sa sagesse, pour qu'il en soit ainsi - alors d'elles-mêmes "elles blanchiront comme la neige", c'est-à-dire qu'elles deviendront comme des mérites, puisque telle était la vérité de la volonté de ה' béni soit-Il ; car les mérites ne sont rien d'autre que l'accomplissement de la volonté véritable de ה' béni soit-Il.

Et telle est l'argumentation de David, le roi, la paix sur lui : "afin que Tu sois juste dans Ta parole" etc. (Psaumes 51,6) - car voici, la faute elle-même est Ta volonté, puisque Tu as dit ainsi, que je ne tiendrais pas dans l'épreuve.

Et cette techouva par amour est générale, portant sur toutes les transgressions qu'il a aggravées, ce qui n'est pas le cas de celle qui procède de la crainte, laquelle exige une techouva pour chacune en particulier, selon l'ordre établi par l'auteur du Roke'ah (Rabbi Éléazar de Worms) en fait de barrières (guedarim) et de mesure [de la pénitence] ; et cela ne s'applique nullement à [la techouva] par amour, comme ci-dessus. Et c'est ce que dit le Zohar (II, 214b) : que la techouva ne sert de rien pour l'émission de semence en vain (hotsaat zera levatala), si ce n'est une techouva "apte à couvrir tous ses actes" (de'hazya le'hafya al kol ovadoi) - c'est-à-dire celle qui procède de l'amour, qui est générale et porte sur tous les mauvais actes qu'il a commis.

Et c'est cela le "se retourner" (le'it'hapkha) : faire sortir ces âmes-là des profondeurs du mal, et elles deviennent comme des mérites, c'est-à-dire des adjonctions de forces saintes. Mais par la crainte et la mise en barrière, il est impossible de soumettre et d'annuler entièrement, car l'émission de semence en vain est véritablement une force d'âme : d'elle serait née une âme humaine dotée de vitalité, et donc assurément il y a en elle quelque chose de sa vitalité.

Or la vitalité d'Israël comporte une sainteté complète, provenant de la part de ה' béni soit-Il, héritage (moracha) des Pères, que [le père] transmet à ses enfants, et il y en a aussi dans cette goutte-là ; seulement qu'elle y est revêtue dans la pensée et dans le désir de la convoitise du yetser hara qui le domine au moment de l'émission de semence en vain, et dans le vêtement de l'action (Assiya) de l'achèvement de l'acte. Mais malgré tout il y a en elle une étincelle (nitsots) entièrement sainte, qu'il est impossible d'annuler et de rendre comme si elle n'avait jamais été ; c'est pourquoi il faut l'en faire sortir pour la faire entrer dans la sainteté, c'est-à-dire en faire comme des mérites.

Et cela par [la techouva] d'amour, qui "couvre tous ses actes", laquelle englobe tout ce qu'il a fait, par cette reconnaissance claire de l'amour de ה' béni soit-Il, amour qui ne se rompt pas, et [de ce] que tout vient de Lui et pour notre bien - le yetser hara lui aussi pour notre bien, au titre de "très bon" - et il adoucit le yetser dans son ensemble. Et bien que l'essence même du mal, celle des trois kelipot (écorces, forces d'impureté) impures et de ce qui est entièrement interdit, ne puisse devenir bien jusqu'à ce que "la mort soit engloutie à jamais" (Isaie 25,8), comme on le sait - c'est pourquoi cela doit relever de l'annulation - néanmoins le désir et la pensée tournés vers le mal, qui ne se joignent pas à l'acte chez Israël et où il n'y a pas d'acte interdit, relèvent de la kelipat nogah (l'écorce "lueur", intermédiaire), laquelle est parfois englobée dans la sainteté ; et de cela se font des mérites, et une bonne pensée qui, elle, se joint [à l'acte].

Et ce sont eux qui sont englobés avec l'étincelle de l'âme pour revenir au bien. C'est pourquoi le temps propice à cette techouva est tout particulièrement le jour du Chabbat, car alors la kelipat nogah est englobée dans la sainteté, comme on le sait ; et c'est le sens de ceci, que tous les plaisirs permis et facultatifs (rechout), tout ce qui n'est pas interdit, comportent alors une mitsva et une sainteté.

Et c'est pourquoi c'est alors le temps conjugal (ona) des talmidei 'hakhamim (les sages, Ketoubot 62b), et par ce moyen s'achève l'introduction de ces étincelles d'âmes en leur place.

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