צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 240

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La Torah est un condiment pour le yetser. Rabbi Tsadok enseigne qu'un cœur non entièrement pur, rempli de paroles de Torah autant qu'il le faut, voit le yetser assaisonné et convenable. C'est pourquoi un talmid ''hakham peut manger de la viande, non un am haarets. Il rapporte au nom de l'Ari Z"L que l'âme enfoncée dans l'acte animal transmigre dans la bête, privée de ''hokhma. Il a entendu que l'acte sans intention forme un animal pur pour le bien, impur pour le mal ; en le mangeant, le talmid ''hakham dégage par la Torah cette nefech et change la force animale en force d'homme. À l'am haarets n'est permis que le végétal.

Aussi : le guilgoul dès la naissance chez la bête, sans ibour faute d'effort ; l'écart des forces animales, parfois sensible dans le goût ; les végétaux réparés par les mitsvot pratiques.

‏[רמ] התורה תבלין ליצר כמשז"ל ואפי' מי שאין לבו נקי לגמרי בהריגת היצר מכל וכל. אם הוא ‏ממולא בד"ת כל צרכו הרי היצר מתתבל להיות דבר הראוי.

ולכן אמרו (פסחים מט:) ת"ח מותר ‏לאכול בשר ולא ע"ה וידוע מטעם האריז"ל מצד הנפשות המגולגלות. והיינו כי ענין הגלגול בבע"ח ‏שיש נפש שנשתקעה כ"כ במעשה בהמה בחיי' עד שמלובשת בנפש הבהמית שלה אחר המות ‏בהלבשה גמורה בלי שום יתרון לאדם על הבהמה שהוא מצד הדעת והחכמה וזה נעדר מחכמה ‏לגמרי.

הגם דבכל א' מישראל יש חכמת ה' וד"ת ג"כ. הוא בהעלם עצום אצלן והם מתגלגלות ‏בבהמות פי' שנכנס בקרבן ממש כמו שהיו זוממות והולכות מקודם באויר העולם כך יוכל להתמסך ‏ולהתערב ממש עם נפש הבהמית דבהמה.

ובאדם יש גלגול ועיבור פי' שורש הנפש מתולדתו שיוכל ‏להיות שהוא כח שכבר הי' בעולם כנודע. וכח נוסף ע"י מעשיו איזה דבר טוב.

וזה לא שייך בבהמה ‏שאין לה השתדלות ומי שמתחבר בקרבה אין לו טעם מה שיכנס עכשיו ולא מקודם ומיד בעת ‏הלידה ולכן נקרא גלגול ואין בה סוד העיבור. ובודאי יש חלוקות בכחות הבהמית פי' בכח נפש ‏בהמיותן ובוראן יודען כי א"א לאדם להשיג הבדלן מאחר שאין להם דעת שהוא המבדיל כמשז"ל ‏‏(ירושלמי פ"ה דברכות סו' ה' ב) אם אין דיעה הבדלה מנין.

אבל מ"מ באמת ודאי יש איזה הבדל ‏מועט וכמו שניכר פעמים הפרש ג"כ בטעם הבשר. וכן חלוקת נפש הבהמית דבני אדם ולכן נכנסת ‏בבהמה ששייך לה כפי השתוות שקוע כחה במעשה בהמה.

ושמעתי כי מכל מעללי אדם פי' ‏פעולותיו שלא במתכוין אם לטובה נוצר בעל חי טהור ולרע בע"ח טמא והיינו כי האדם כולל ‏הבריאה והכל מכחו וכל כח הבע"ח הם מכחו ומאחר דאתו מכח גברא ודאי כל א' הוא כח נפרד. ‏וכפי אותם הכחות של האדם שנוצרו מחמתו כך הוא גלגול הנפש ששקוע באותו כח ברע.

ובבע"ח ‏טהורים מאחר שיצירתם מצד הטוב דאתי ממילא לאדם שלא במתכוין ומסתמא הם נזדמנים ‏לאכילה לאותו אדם עצמו או לבן גילו שיש לו ג"כ אותו כח הטוב. ממילא אותו כח עצמו יוכל להחליץ ‏הנשמה ההיא השקועה באותו כח ברע.

והיינו כי כל אכילה מוליד מחשבות זרות והרהורים ג"כ ‏כד"ש (ברכות לב.) מלי כריסיה זני בישי. והוא מצד כח הרע שנתגלגל בו וכאשר הוא מחליץ הטוב ‏הוא מתקנו.

וע"ה אסור כי יוכל להיות נשקע ולהיות מוצא מין את מינו וניעור. אבל ת"ח אע"פ שאינו ‏מנוקה בחדרי לבו מ"מ כבר יש לו יתרון על הבהמה מצד חכמתו.

ולכן ע"י מחשבתו בד"ת הוא ‏מוציא כח אותה נפש מהתלבשותה בנפש בהמיית וכח בהמה. וכן בפועל הרי מתהפך בשר הבהמה ‏להזין גופו ולהיות נעשה בשר אדם כך בכח מתהפך כח בהמי לכח אדם.

וזה טעם מ"ש בזוהר ‏בחכמה אתברירו והת"ח יכול לברר ולתקן נפשות אע"פ שהוא אין מנוקה לגמרי מחותן דברים. רק ‏אם נפשו משוקעת בד"ת ע"י הד"ת הוא מעלה ומתקן כל מיני מחשבות זרות.

אבל ע"ה מותר רק ‏בצומח כי הבע"ת יש לו יצ"ר כמ"ש בברכות (סא.) משא"כ צומח הנפשות המתלבשות בהם הם ‏שאין מתלבשים במחשבות ורצונות דרע שלהם רק בלבוש החיצון דמעשים רעים שהמעשה ‏הגופנית נעשה ג"כ לבוש דנפש רעה להלביש ניצוץ נפש הקדושה ואינון מזיקי עלמא כנודע ואכ"מ. ‏והן הם המתלבשים בצומחים ג"כ ע"י האויר ואין בכחם לפעול באדם הרהורים בלב ומוח רק בכחות ‏הפעולה ובזה ריקנין שבישראל ג"כ מליאות מצות כרימון (כמש"ש נז.) במעשה.

וע"י מצות מעשיות ‏שעושה בכח האכילה ההוא אח"כ הם נתקנים: ‏

[240] La Torah est un condiment (tavline) pour le yetser (le penchant au mal), comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie. Et même celui dont le cœur n'est pas entièrement pur, en ce qui concerne la mise à mort complète et totale du yetser : s'il est rempli de paroles de Torah autant qu'il le faut, voici que le yetser se trouve assaisonné et devient une chose convenable.

C'est pourquoi ils ont dit (Pessahim 49b) qu'un talmid 'hakham (disciple des sages) a le droit de manger de la viande, mais non un am haarets (ignorant de la Torah) ; et la raison en est connue au nom du Arizal (Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie), du côté des âmes en transmigration (guilgoul). Voici ce dont il s'agit : le sujet du guilgoul dans les animaux, c'est qu'il y a une âme (nefech) qui s'est enfoncée à ce point dans l'acte animal durant sa vie, jusqu'à ce qu'après la mort elle soit revêtue de sa nefech animale d'un revêtement complet, sans aucune supériorité de l'homme sur la bête, laquelle vient du côté du daat (la connaissance) et de la 'hokhma (la sagesse), et celle-ci est totalement privée de 'hokhma.

Bien qu'en chacun d'Israël il y ait la sagesse de ה' et des paroles de Torah aussi, cela est chez elles dans une occultation immense, et elles transmigrent dans les bêtes, c'est-à-dire qu'elle entre réellement en elles : de même qu'elles machinaient et allaient auparavant dans l'air du monde, ainsi elle peut se mélanger et se mêler réellement avec la nefech animale de la bête. Et dans l'homme il y a guilgoul (transmigration) et ibour (imprégnation d'une âme supplémentaire), c'est-à-dire : la racine de la nefech depuis sa naissance, qui peut être une force ayant déjà été dans le monde, comme on le sait ; et une force ajoutée par ses actes, quelque chose de bon.

Et cela ne s'applique pas à la bête, qui n'a pas d'effort (hichtadlout) ; et celui qui se joint à l'intérieur d'elle n'a aucune raison d'entrer maintenant plutôt qu'avant, mais aussitôt au moment de la naissance ; c'est pourquoi cela s'appelle guilgoul, et il n'y a pas en elle le secret du ibour. Et certainement il y a des divisions dans les forces animales, c'est-à-dire dans la force de leur nefech animale, et leur Créateur les connaît, car il est impossible à l'homme de saisir leur distinction, puisqu'elles n'ont pas de daat, qui est ce qui distingue, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Yerouchalmi Berakhot chapitre 5, fin de la halakha 2) : s'il n'y a pas de connaissance (dea), d'où viendrait la havdala (la séparation) ?

Mais malgré tout, en vérité, il y a certainement une petite différence, comme on perçoit parfois un écart aussi dans le goût de la viande. Et de même la division de la nefech animale des êtres humains ; c'est pourquoi elle entre dans la bête qui lui correspond, selon l'équivalence de l'enfoncement de sa force dans l'acte animal.

Et j'ai entendu que de tous les agissements de l'homme, c'est-à-dire de ses actions faites sans intention : si c'est pour le bien, il se forme un animal pur (cachere), et pour le mal, un animal impur. Voici ce dont il s'agit : l'homme comprend en lui toute la création, et tout vient de sa force, et toute la force des animaux vient de sa force ; et puisqu'ils viennent de la force d'un homme, certainement chacun est une force distincte.

Et selon ces forces de l'homme qui ont été formées à cause de lui, ainsi est le guilgoul de l'âme qui est enfoncée dans cette force-là dans le mal. Et dans les animaux purs, puisque leur formation est du côté du bien, lequel vient de lui-même à l'homme sans intention, il est vraisemblable qu'ils se trouvent présentés à la consommation de cet homme lui-même, ou de son ben guilo (celui qui partage sa nature et son mazal), qui a lui aussi cette même force du bien.

Dès lors, cette force elle-même peut dégager cette nechama enfoncée dans cette force-là dans le mal. Voici ce dont il s'agit : toute consommation engendre des pensées étrangères et des rumination aussi, comme il est dit (Berakhot 32a) : il a rempli sa panse - des espèces mauvaises (méli krisseih zani bichi).

Et cela vient du côté de la force du mal qui a transmigré en elle ; et lorsqu'il en dégage le bien, il la répare (tikoun). Et à l'am haarets c'est interdit, car il pourrait être englouti, l'espèce retrouvant son espèce et se réveillant (min et mino veniour).

Mais le talmid 'hakham, bien qu'il ne soit pas net dans les chambres de son cœur, a malgré tout déjà une supériorité sur la bête du côté de sa sagesse. C'est pourquoi, par sa pensée dans les paroles de Torah, il fait sortir la force de cette nefech de son revêtement dans la nefech animale et dans la force de la bête.

Et de même qu'en acte la chair de la bête se transforme pour nourrir son corps et devenir chair d'homme, ainsi en force la force animale se transforme en force d'homme. Et telle est la raison de ce qui est dit dans le Zohar : c'est par la 'hokhma qu'ils sont clarifiés (be-'hokhma itbereirou) ; et le talmid 'hakham peut clarifier et réparer des âmes, bien qu'il ne soit pas totalement net de ces choses-là.

Seulement, si sa nefech est immergée dans les paroles de Torah, c'est par les paroles de Torah qu'il élève et répare toutes sortes de pensées étrangères. Mais à l'am haarets n'est permis que le végétal, car l'animal, lui, a un yetser hara (penchant au mal), comme il est dit dans Berakhot (61a) ; ce qui n'est pas le cas du végétal : les âmes qui s'y revêtent sont celles qui ne se revêtent pas dans leurs pensées et leurs volontés du mal, mais seulement dans le revêtement extérieur des mauvaises actions, car l'acte corporel devient lui aussi un vêtement de la nefech mauvaise, pour revêtir l'étincelle de la nefech sainte ; et ce sont eux les destructeurs du monde (mazikei alma), comme on le sait, et ce n'est pas ici le lieu d'en parler.

Et ce sont eux qui se revêtent aussi dans les végétaux, par l'intermédiaire de l'air ; et ils n'ont pas la force de produire chez l'homme des ruminations dans le cœur et le cerveau, mais seulement dans les forces de l'action. Et par cela, les vides d'Israël sont eux aussi pleins de mitsvot comme une grenade (comme il est dit là-bas, 57a) - en acte.

Et par les mitsvot pratiques qu'il accomplit avec la force de cette consommation, ils sont ensuite réparés (tikoun) :

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