Pour toute chose il existe des remèdes par les paroles de Torah et les mitsvot. Rabbi Tsadok enseigne que le Chabbat ramène à la permanence des paroles de Torah celui sur qui ont prévalu des pensées de vanité. Cela évoque l'esclave hébreu : « et la septième année il sortira libre », celui qui s'est asservi au yetser hara (le mauvais penchant) ; années et jours se correspondent. Michpatim porte sur celui qui juge son penchant : après la Torah donnée comme antidote, aide du Ciel, les michpatim expliquent comment le juger par l'intelligence de l'homme, « que tu placeras devant eux ».
Aussi : houkim et michpatim dans chaque mitsva ; nulle élévation d'un juif sur l'autre, la septième année centre du cercle ; « Souviens-toi » et « Garde » dites en une seule parole.
[רלז] על כל דבר יש עצות ע"י ד"ת ומצות ויש מצות המועילות למי שנפסק ממדריגתו שגברו עליו איזה ימים מחשבות הבלים וניתק מקביעות ד"ת בלב להחזירו לקביעותו. וביחוד הוא לזה מצות שבת שביום השבת יש לו לקחת ע"י קדושת מצות שבת לחזור לידבק בד"ת ולמאס הבלי עוה"ז.
וע"ז רומזת מצות עבד עברי ובשביעית יצא לחפשי ר"ל מי שנשתעבד ליצה"ר. והגם דשם בשנים יש בימים.
כמו ששמעתי דכמו שיש בא"ב אתוון רברבין וזעירין כן בזמן ימים ושנים. ופ' זו תחלת משפטים דפי' כמ"ש במגילה (טו:) על לרוח משפט זה הדן את יצרו פי' כי ניצוח היצרים נקרא מלחמה בדרז"ל והדיין השופט ביניהם צריך שלא יהי' נוגע לכאן ולכאן ועל פיו יקום דבר ושניהם צריכים לשמוע וזה מי שיצרו בידו שאונו בידו שבכחו לסלק עצמו מנגיעה ולשפוט על כל דבר אשר יעלה במחשבתו לדעת אם טוב אם רע.
וע"ז הוא הלימוד דמשפטים ובזה נאמר אשר תשים להבין הטעם. פי' דיש חוקים ומשפטים כנודע ובודאי כך כח פעולתם בלב.
אלו לחוק חוקי חיים מה שלמעלה משכל האדם והיינו בענין השגת אלהות וכן בענין ניצוח היצר מה שאלמלא הקב"ה עוזרו אין יכול לו. ואלו לתת קדושה בלב כמ"ש אשר קדשנו במצותיו וצונו מה שהוא מורגש בשכל וכן בניצוח היצר בכח אדם ברוח משפט.
ובכל מצוה עצמה יש חוקים ומשפטים פי' מה שמשכיל ממנה ומה שהוא כמו חוקה ולכך פעולתן בשתיהם. וזהו כלל מ"ת וסמך לה אלה המשפטים אחר שנתן תורה תבלין ליצר והוא הסייעתא דשמיא.
ביאר המשפטים איך לדון יצרו בשכל אדם וזהו אשר תשים להבין בשכל. והם בקנאה תאוה וכבוד ופתח בכבוד דהיינו בהתנשאות על זולתו ובגדול שבהתנשאות כאדון על עבדו ואמתו.
ידע שבאמת על נקודה ישראלית אין התנשאות כלל כנ"ל אות רל"א. וזה נקרא שביעית שהוא המרכז מהעגולה וו' שנים היינו מצד חוחים הסובבים לשושנה כידוע.
כי המדות הם ו' קצוות וכאשר נתטמטם הלב לגמרי והיינו ע"י מכירת פירות שביעית כמ"ש בקידושין (כ.). פי' כי טעם שמטה הוא הכרה כי לה' הארץ וזה נעדר ממנו הכרה זו מצד היצר המשכיח.
ובפעם הו' הוא מוכר עצמו יעו"ש הסדר. והיינו כאשר נשתלם במדרגת הרע בו' קצוות אז ו' שנים יעבוד אבל בז' שהוא סוף מעשה הדבוק במחשבה תחלה בהשורש שהוא מהש"י הוא חפשי.
כי באמת עבדיי הם כו' ובחמה שפוכה אמלוך עליכם אף שאינו מצד הכרת הלב מצד האפלת היצר. וא' (שם) הקונה עבד עברי כקונה אדון לעצמו כי הקונה הוא המתנשא עליו ודאי הוא במשפט כי זהו בהיפך מכיר באמיתות הש"י כי לו הארץ בכל הו' קצוות.
ולכך ו' שנים יעבדנו כמ"ש (ב"מ עג:) ההוא דתקיף אינשי דלא מעלי בגוהרקא דילי' שמצד יתרונו על דלא מעלי הוא עובד בו. וכל ענין הפעולה ועבודה בעניני עוה"ז הוא מצד שאין עושין רצונו של מקום כמ"ש בברכות (לה:) על ואספת וגו' ולא עוד אלא שמלאכת אחרים כו'.
אבל באמת ידע שהוא כקונה אדון לעצמו שגם התנשאות זו אין ראוי על הישראלי. והוא כטעם מתלמידי יותר מכולם שודאי ע"י זה העבדות למי שהוא מכיר באמת אמיתות הש"י פועל בעבד ג"כ כד"ש בחולין (ד:) הא לדבר אמת כל משרתיו כו' עד שמגיע באמת להיות בז' יוצא חפשי ומשתלם ועי"ז מתגדל האדון שהוא רבו שזיכהו לחלק עוה"ב ג"כ ועי"ז העבד אדון לו פי' משפיע לו והוא מקבל.
וכן הוא יום הז' נגד ו' ימי המעשה שעוסק בצרכי גוף בעוה"ז ובז' יצא חפשי למנוחה ועונג דהש"י כמ"ש תתענג על ה'. וקדושת השבת היא שפועלת.
ובדברות ראשונות נא' זכור שדי בזכירה לבד שזוכר שהיום שבת בזה מקבל הקדושה. ודברות אחרונות שאחר החטא נא' שמור שע"י השמירה מעשיית מלאכה וקיום הל"ת עי"ז הוא קבלת הקדושה.
ושניהם בדבור א' נאמרו דבאמת צריך שניהם רק החילוק מי שבולט יותר ושהוא עיקר קבלת אם ע"י סור מרע דיצ"ר או ע"י עשה טוב וקבלת קדושת הש"י:
[237] Pour toute chose il existe des remèdes par le moyen des divré Torah (paroles de Torah) et des mitsvot, et il y a des mitsvot qui sont utiles à celui qui a été retranché de son niveau, sur qui ont prévalu durant quelques jours des pensées de vanité et qui s'est détaché de la permanence des paroles de Torah dans le cœur, pour le ramener à cette permanence. Et c'est tout particulièrement pour cela qu'est faite la mitsva du Chabbat: car au jour du Chabbat il lui est donné de prendre, par la sainteté de la mitsva du Chabbat, de quoi revenir s'attacher aux paroles de Torah et mépriser les vanités de ce monde-ci.
C'est cela qu'évoque la mitsva de l'esclave hébreu, 'et la septième année il sortira libre' (Chemot 21,2), c'est-à-dire celui qui s'est asservi au yetser hara (le mauvais penchant). Et bien que là-bas il soit question d'années, cela vaut aussi pour les jours, comme je l'ai entendu: de même que dans l'alef-beit il y a des lettres grandes et des lettres petites, ainsi dans le temps il y a des jours et des années.
Et cette section-ci est le début de Michpatim, dont le sens est comme il est dit dans Meguila (15b) sur 'un esprit de jugement' (Yechayahou 28,6): c'est celui qui juge son penchant. Explication: car vaincre les penchants est appelé guerre dans les paroles de nos Sages, et le juge qui tranche entre eux ne doit être intéressé (nogéa) ni d'un côté ni de l'autre, et c'est sur sa parole que la chose sera établie, et tous deux doivent l'écouter.
Et cela, c'est celui dont le penchant est en son pouvoir, dont la force est dans sa main, qui a la capacité d'écarter de lui-même tout intérêt personnel et de juger toute chose qui monte dans sa pensée, pour savoir si elle est bonne ou mauvaise. C'est sur cela que porte l'enseignement de Michpatim, et à ce sujet il est dit 'que tu placeras devant eux' (Chemot 21,1) - pour en faire comprendre la raison.
Explication: il y a des houkim (décrets dont la raison échappe à l'intelligence) et des michpatim (lois de justice), comme on le sait, et certainement telle est la force de leur action dans le cœur: ceux-là, pour graver des décrets de vie, ce qui est au-dessus de l'intelligence de l'homme, à savoir dans la question de la saisie de la Divinité, et de même dans la question de la victoire sur le penchant, dont il est dit que si le Saint béni soit-Il ne l'aidait pas il n'en viendrait pas à bout; et ceux-ci, pour donner de la sainteté dans le cœur, comme nous disons 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné', ce qui est ressenti dans l'intelligence, et de même pour la victoire sur le penchant par la force de l'homme, par un esprit de jugement. Et dans chaque mitsva elle-même il y a des houkim et des michpatim, c'est-à-dire ce que l'on en comprend par l'intelligence et ce qui y est comme un décret, et c'est pourquoi leur action s'exerce dans les deux registres.
Et voilà le principe général du don de la Torah, auquel est accolé 'et voici les michpatim': après qu'Il eut donné la Torah comme antidote (littéralement: épice) au penchant, ce qui est l'aide du Ciel (siyata dichmaya), Il a expliqué les michpatim, comment juger son penchant par l'intelligence de l'homme, et c'est cela 'que tu placeras', pour comprendre par l'intelligence. Et ils portent sur l'envie, le désir et l'honneur, et Il a commencé par l'honneur, c'est-à-dire par l'élévation de soi au-dessus d'autrui, et par la plus grande des élévations, celle du maître sur son esclave et sur sa servante.
Qu'il sache qu'en vérité, sur le point juif (la nekouda israélite), il n'y a aucune élévation de l'un sur l'autre, comme ci-dessus, ot 231. Et cela s'appelle la septième année, qui est le centre du cercle, et les six années sont du côté des épines qui entourent la rose, comme on le sait, car les midot sont les six extrémités.
Et lorsque le cœur s'est complètement obstrué, ce qui advient par la vente des fruits de la septième année, comme il est dit dans Kidouchin (20a) - explication: car la raison de la chemita est la reconnaissance que la terre appartient à ה', et cet homme-là est privé de cette reconnaissance à cause du penchant qui fait oublier - et à la sixième fois il se vend lui-même, vois là-bas l'ordre des degrés. C'est-à-dire: lorsqu'il s'est achevé dans le degré du mal dans les six extrémités, alors 'six années il servira'; mais la septième, qui est la fin de l'acte attachée à ce qui est premier dans la pensée, dans la racine qui vient de Hachem, il est libre.
Car en vérité 'ils sont Mes serviteurs' (Vayikra 25,55) etc., et 'avec une fureur répandue Je régnerai sur vous' (Ye'hezkel 20,33), même si ce n'est pas du fait de la reconnaissance du cœur, à cause de l'obscurcissement produit par le penchant. Et il est dit (là-bas, Kidouchin 20a) que celui qui acquiert un esclave hébreu est comme celui qui acquiert un maître pour lui-même.
Car celui qui acquiert, lui qui s'élève au-dessus de l'autre, se trouve certainement dans le registre du michpat, du jugement, car lui, à l'inverse, reconnaît la vérité de Hachem, que la terre est à Lui dans les six extrémités tout entières. Et c'est pourquoi 'six années il le servira', comme il est dit (Baba Metsia 73b) au sujet de celui qui contraignait des gens indignes à porter sa litière (gouharka): c'est du fait de sa supériorité sur celui qui est indigne qu'il le fait travailler.
Et toute la question du labeur et du travail dans les affaires de ce monde-ci vient de ce que l'on n'accomplit pas la volonté de l'Omniprésent, comme il est dit dans Berakhot (35b) sur 'et tu récolteras ton grain' (Devarim 11,14): et non seulement cela, mais encore 'le travail des autres est fait par eux' etc. Mais en vérité, qu'il sache qu'il est comme celui qui acquiert un maître pour lui-même, car même cette élévation-là ne convient pas à l'égard d'un juif.
Et c'est du même ordre que 'de mes élèves j'ai appris plus que de tous les autres' (Taanit 7a): car certainement, par ce service, chez celui qui reconnaît véritablement la vérité de Hachem, cela agit aussi sur l'esclave, comme ils l'ont dit dans Houlin (4b) 'mais pour une chose de vérité, tous ses serviteurs' etc., jusqu'à ce qu'il parvienne véritablement à sortir libre la septième année et à être achevé; et par cela le maître grandit, lui qui est son maître-enseignant, puisqu'il l'a rendu digne d'une part au monde à venir également; et par cela l'esclave devient un maître pour lui, c'est-à-dire qu'il lui dispense l'influx et que l'autre reçoit. Et ainsi en est-il du septième jour face aux six jours d'œuvre, où l'homme s'occupe des besoins du corps dans ce monde-ci, et le septième il sort libre vers le repos et vers le délice de Hachem, comme il est dit: tu te déliteras en ה' (Yechayahou 58,14).
Et c'est la sainteté du Chabbat qui agit. Et dans les premières paroles du Décalogue il est dit 'Souviens-toi' (Chemot 20,8), car le souvenir seul suffit: du fait qu'il se souvient qu'aujourd'hui c'est Chabbat, il reçoit par cela la sainteté.
Et dans les dernières paroles, qui sont après la faute, il est dit 'Garde' (Devarim 5,12), car c'est par la garde, en s'abstenant d'accomplir un travail et en observant les interdits (lo taasse), que se fait par cela la réception de la sainteté. Et les deux ont été dites en une seule parole, car en vérité les deux sont nécessaires; la seule différence est de savoir laquelle ressort davantage et laquelle est l'essentiel de la réception: si c'est par 'écarte-toi du mal', qui vise le yetser hara, ou par 'fais le bien' et la réception de la sainteté de Hachem.