צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 233

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Se préserver des pensées étrangères toute la journée est impossible, sauf pour celui qui est entièrement net de tout intérêt propre (neguia), lorsqu'il a tué le yetser hara (le penchant au mal), comme David. Rabbi Tsadok dit que celui qui n'est pas net le jour n'échappe pas non plus aux pensées étrangères dans la prière : de l'iyoun tefila (attention exigée) nul homme n'est sauvé. Presque personne n'est net de l'honneur, de la convoitise et de la jalousie, racine du serpent. La pensée étrangère n'est qu'un vêtement (levouch) hors du camp d'Israël ; le tikoun est de reconnaître que la tête, racine de l'âme, en est nette.

Aussi : celui qui ne s'est pas incliné à Modim ne se relève pas à la résurrection des morts ; Hava a fait manger Adam par jalousie

‏[רלג] להנצל ממחשבות זרות והרהור שחוץ מרצון הש"י כל היום זה א"א אלא מי שנקי לגמרי ‏מנגיעה לגופו. והיינו כאשר כבר הרגו ליצ"ר כדוד המע"ה ומאן דנצח בקרבא יהבין לי' כו' צלותא ‏‏(כמ"ש תקו"ז סו' תיקון יג) כי מי שאינו נקי ממ"ז כל היום לא ימלט ג"כ ממ"ז בתפלה וכמ"ש (ב"ב ‏קסד.) דעיון תפלה אין אדם ניצול ומשמע דעל כל אדם קאמר.

ואתאן דברי הירוש' שהביאו התוס' ‏‏(ר"ה טז:) אנא מן יומא לא כוונית כפשטי' שלא הי' אפשר לו להמלט בכל התפלה כולה משום נצנוץ ‏מ"ז. ומחשבת מאן עייל קמי מלכא כו' הוא מחשבת כבוד מצד נגיעה לכבוד נכנס מחשבה זו ביומא ‏דבעי כוונות שהכין עצמו כחסידים הראשונים שוהים כו' שיכוונו כו' (ברכות ל:) פי' יישרו הלב שלא ‏יהי' בו שום נגיעה ורצון זולת רצון הש"י.

ואולי בשעה זו יעזרו הש"י לנצח בקרבא ולבטל היצר ‏מקרבו. ומחשבת מנית פרחייא ודמוסיא שהוא הרהורים דרכושו הוא מצד נגיעה דתאות ממון.

‏ומחזיקנא טיבותא לרישא כו' דמצד הקנאה בא מ"ז בעת מודים שהוא ההודי' על חסדי הש"י. ‏והמקנא הרי חסר ואינו מודה להש"י על טובותיו אדרבא מתרעם על שנותן טובה לחבירו.

וז"ש ‏בב"ק (טז.) שדרו כו' וה"מ דלא כרע במודים דרקב עצמות קנאה ושורש נחש הוא קנאה כמשז"ל ‏‏(סנהדרין נט:) ראה כו' ונתקנא. וכן האכלת חוה לאדם מטעם קנאה.

וידוע דג' אלו קנאה תאוה ‏וכבוד אין אדם כמעט שיהי' נקי לגמרי. וכמש"ל ומי יעמוד לפני קנאה.

ובתאוה אז"ל (מ"ר ר"פ ‏תזריע) אפי' חסיד שבחסידים כו' וא"צ לומר בכבוד שהוא כולל דשניהם כנודע. לכך אין אדם ניצול ‏ממ"ז.

ולפי שקנאה הוא הגרוע מהכל ושורש נחש שנגדו המצורע המשתלח חוץ למחנה ישראל ‏שהוא על קנאה שכולל כל הז' דברים שחשבו רז"ל (ערכין טז. ומ"ר ר"פ מצורע) וכאמרם ז"ל (ב"ר ‏פ' כ) דנחש הוא מצורע לכך אמר מחזיקנא כו' דהגם דודאי אין אדם נקי מעטיו של נחש שהרי סוף ‏אדם למות ע"ז.

רק מ"מ טיבותי' לרישי' הוא שורש נשמת ישראל כרע מנפשי' ועצמות החב"ד ‏שבראשו נקיים מזה. רק המ"ז הוא לבוש שאינו מעצם שורש ישראל כלל דהוא חוץ למחנה ישראל ‏כנ"ל.

ולכן לא זכר מהו אותן מ"ז דמה שהם ספרו המחשבה הוא כדי להעלותה כנ"ל אות ר"ג בענין ‏החלצת ד"ת מן המ"ז דבודאי יש רמז בזה ג"כ לסודות ד"ת הגנוז תוך המ"ז. כי הלבוש הוא כפי ‏הראוי לאותו אדם היינו לפנימיות החכמה משא"כ הלבוש דקנאה הוא להעלימו לגמרי כנ"ל אות ‏רי"ח והעלאתו הוא ע"י אמירת מחזיקנא כו' דבאמת הראש אינו כן כמו הלבוש ושאינו באמת כך ‏כלל.

וזהו התיקון למצורע שילוחו חוץ למחנה ישראל דעי"ז שיכיר שזו המדה אינה ממחנה ישראל ‏ומצד שם יהדות שעליו שזהו שורש נשמתו הוא מרוחק מזה לגמרי ע"י הכרה ברורה זו היא התיקון ‏והרפואה לקודם כשהוא מדבק עצמו בשורש קדושת שם ישראל שעליו ממילא נפרד מן הרע ונרפא ‏גם אלהבא. דז"ש בזוהר משפטים ק' א' דמאן דלא כרע במודים אינו קם בתחה"מ.

פי' דהוא משורש ‏הרע דקנאה והוא מי שהוא חוץ למחנה ישראל בשורש נפשו. ‏

[233] Se préserver des pensées étrangères et de toute réflexion qui sort de la volonté du Nom béni soit-Il pendant toute la journée, cela est impossible, sauf pour celui qui est entièrement net de tout intérêt propre (neguia, inclination intéressée) touchant son corps. C'est-à-dire lorsqu'il a déjà tué le yetser hara (le penchant au mal), comme David le roi, la paix soit sur lui ; et "celui qui l'emporte au combat, on lui donne" etc.

"la prière" (ainsi qu'il est écrit dans les Tikounei Zohar, fin du tikoun 13). Car celui qui n'est pas net de pensées étrangères toute la journée n'échappera pas non plus aux pensées étrangères dans la prière, comme il est dit (Baba Batra 164a) que de "iyoun tefila" (l'exigence d'attention dans la prière) nul homme n'est sauvé, et il en ressort qu'il parle de tout homme.

Et par là, les paroles du Yerouchalmi rapportées par les Tossafot (Roch Hachana 16b) : "de mes jours je n'ai pas eu l'intention voulue", se prennent selon leur sens littéral : il ne lui était pas possible d'échapper, dans la prière tout entière, à un scintillement de pensée étrangère. Et la pensée "qui entrera le premier devant le roi" etc. est une pensée d'honneur, du côté de l'intérêt propre pour l'honneur : cette pensée est entrée un jour qui réclamait des intentions, où il s'était préparé comme les premiers hassidim qui "attendaient" etc.

"afin de diriger leur cœur" etc. (Berakhot 30b), c'est-à-dire redresser le cœur pour qu'il n'y ait en lui aucun intérêt propre et aucune volonté hors de la volonté du Nom béni soit-Il.

Et peut-être qu'à cette heure-là le Nom béni soit-Il l'aidera à l'emporter au combat et à annuler le yetser du dedans de lui. Et la pensée "j'ai compté les oisillons" et "les assises de maçonnerie" (perahaya, demoussaya), qui sont des réflexions sur ses biens, vient du côté de l'intérêt propre de la convoitise de l'argent.

Et "je sais gré à ma tête" etc. : car c'est du côté de la jalousie que vient la pensée étrangère au moment de Modim, qui est l'action de grâces pour les bontés du Nom béni soit-Il. Or le jaloux est en manque, et il ne rend pas grâce au Nom béni soit-Il pour Ses bienfaits ; au contraire, il récrimine de ce qu'Il donne du bien à son prochain.

Et c'est ce qui est dit dans Baba Kama (16a) : "l'échine de l'homme" etc. [se change en serpent], et cela seulement s'il ne s'est pas incliné à Modim, car "la jalousie est carie des os" (Proverbes 14,30), et la racine du serpent est la jalousie, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Sanhédrin 59b) : "il vit" etc.

"et il fut jaloux". De même, le fait que Hava ait fait manger Adam procédait de la jalousie.

Et il est connu que de ces trois - la jalousie, la convoitise et l'honneur - il n'est presque personne qui en soit entièrement net. Ainsi qu'il a été dit plus haut : "et qui tiendra devant la jalousie ?" (Proverbes 27,4).

Et pour la convoitise, nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Midrach Rabba, début de la paracha Tazria) : "même le plus pieux des pieux" etc. Et il va sans dire pour l'honneur, qui englobe les deux autres, comme on le sait.

C'est pourquoi nul homme n'est sauvé des pensées étrangères. Et puisque la jalousie est la pire de toutes et la racine du serpent - à quoi s'oppose le metsora (le lépreux) que l'on renvoie hors du camp d'Israël, ce qui vise la jalousie, laquelle englobe les sept choses énumérées par nos maîtres de mémoire bénie (Arakhin 16a et Midrach Rabba, début de la paracha Metsora), et comme ils l'ont dit, de mémoire bénie (Berechit Rabba chap.

20), que le serpent est un metsora - c'est pourquoi il a dit "je sais gré" etc. Car bien qu'assurément nul homme ne soit net de l'instigation du serpent (be-etyo chel nahach), puisque la fin de l'homme est de mourir à cause de cela, néanmoins "le gré en revient à sa tête" : c'est là racine de l'âme d'Israël, "elle s'est inclinée d'elle-même", et les os du HaBaD ('Hokhma-Bina-Daat, sagesse-discernement-connaissance) qui sont dans sa tête en sont nets.

La pensée étrangère n'est qu'un vêtement (levouch) qui n'appartient nullement à l'essence de la racine d'Israël, car elle est hors du camp d'Israël comme ci-dessus. Et c'est pourquoi il n'a pas mentionné quelles étaient ces pensées étrangères : car s'ils ont rapporté la pensée, c'est afin de l'élever, comme ci-dessus, section 203, au sujet de l'extraction des paroles de Torah hors de la pensée étrangère ; car assurément il y a là aussi une allusion aux secrets des paroles de Torah enfouis à l'intérieur de la pensée étrangère.

Car le vêtement est à la mesure de ce qui convient à cet homme-là, c'est-à-dire à l'intériorité de la sagesse ; tandis que le vêtement de la jalousie, lui, est destiné à le dissimuler entièrement, comme ci-dessus, section 218, et son élévation se fait par le fait de dire "je sais gré" etc. : car en vérité la tête n'est pas telle que le vêtement, et il n'en va vraiment pas ainsi du tout. Et tel est le tikoun du metsora, son renvoi hors du camp d'Israël : car par là il reconnaîtra que cette mesure n'est pas du camp d'Israël, et que du côté du nom de judaïté qui est sur lui - qui est la racine de son âme - il en est entièrement éloigné.

Par cette reconnaissance claire se fait le tikoun, et la guérison de ce qui a précédé ; et lorsqu'il s'attache à la racine de la sainteté du nom d'Israël qui est sur lui, il se trouve de lui-même séparé du mal et guéri aussi pour l'avenir. Et c'est ce que dit le Zohar Michpatim 100a : celui qui ne s'est pas incliné à Modim ne se relève pas à la résurrection des morts.

C'est-à-dire qu'il est de la racine du mal de la jalousie, et qu'il est celui qui se trouve hors du camp d'Israël dans la racine de son âme.

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