צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 232

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Toutes les affaires du monde rappellent à l'homme qu'il y a un Créateur, pour qu'il le sache par leur intermédiaire. Rabbi Tsadok a entendu sur « la terre est pleine de Tes acquisitions » (Tehilim 104,24) : T'acquérir par elles. Hachem dispose chaque jour des situations, peut-être viendra-t-il au souvenir du Créateur ; être sauvé de l'oubli n'est pas au pouvoir de l'homme, et « Je suis Hachem ton D.ieu » n'a pas été dit sous forme d'ordre. L'aide du Ciel vient par « Tu n'auras pas » : reconnaître que Hachem donne les forces ; telle est la raison de la bénédiction avant toute jouissance. L'oubli est l'annulation de « Anokhi » ; l'âme qui sait que Hachem l'éveille fixe « Anokhi » dans le cœur.

‏[רלב] כל עניני העולם וכל הנבראים מזכירים לאדם שיש בורא וכמ"ש (ברכות ו:) כל העולם כולו לא ‏נברא אלא בשביל זה פי' שידע זה על ידה ויכיר שיש בורא עולם וכמו ששמעתי על מלאה הארץ ‏קניניך פי' לקנות על ידם אותך והש"י מזמין לאדם בכל יום דברים וענינים שונים אולי על ידם יבוא ‏לזכירה בבורא. כי באמת ההצלה משכחה זה אינו ביד האדם דלכן לא נא' אנכי וגו' בלשון ציווי ‏שא"א לצוות על הידיעה דאנכי שלא ישכח.

שציוי הוא רק מה שביד האדם לקיימו. וכששוכח הרי ‏הוא שכח מזה ושכח גם מהמצוה.

רק צריך לסייעתא דשמיא והסייעתא דשמיא הוא ע"י לא יהי' וגו'. ‏פי' א-להים כח ויכולת בכ"מ והיינו בכל שימושו בכחותיו באיזה כח מכחות הגוף ראי' או שמיעה או ‏מעשה או הילוך וכיוצא יכיר שהש"י הוא הנותן לו כח זה.

וזה טעם הברכה לפני כל הנאה ובלא ‏ברכה מעל (כמ"ש ברכות לה.). שהרי באמת קדשי שמים הוא וכחות הש"י ולא הותר אלא ע"י ‏ההכרה שהוא מהש"י ושהוא הנותן.

וזה שא' (שם מ:) לא עברתי ממצותיך בברכה ולא שכחתי ‏בהזכרת השם דב' אלה אנכי ולא יהי' שורש התורה במצות ועבירות. וסתם שכחה הוא שכחה ‏מהש"י וזהו בבטול אנכי.

וסתם עבירה שבכל התורה כולה היינו שלוקח הנאותו וצרכיו ומשתמש ‏בכחותיו בלעדי רצון הש"י דהיינו השבת מקודם לו ית' שנתן לו הנאה זו וכת זה. וזהו כל ענין ‏עבירה ורמיזות של כל השס"ה ל"ת.

ודבר זה ביד האדם להיות בשב ואל תעשה. וכאשר מתעורר ‏לפעולה ושימוש שהוא התעוררות גופני אז יתעורר בנשמתו ג"כ לדעת שהש"י מעוררו בכח זה ‏ועי"ז יבוא להיות אנכי קבוע בלב וקיימא תמיד לא יזוז רגע א'.

וזהו תקנת רז"ל בברכות על כל ‏דברי הנאת הגוף במזון ובראיי' ובשמיעה כקול תרנגול ובשורות טובות ולהיפך ובמלבושיו וכיוצא. ‏וזהו התחלת הש"ס שהוא שורש כל התורה כולה.

כפתיחת התושב"כ באנכי ולא יהי' שזהו כהת"כ ‏ואידך פירושא זיל גמור עצות שונות בכל זמן ובכל מקום איך לבוא לזכירה זו. אבל המכוון בכולם ‏הוא ידיעת האלהות שלא יזוז מן הלב ולא ישלוט בו השכחה ח"ו.

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[232] Toutes les affaires du monde et toutes les créatures rappellent à l'homme qu'il y a un Créateur, comme il est dit (Berakhot 6b) : 'le monde entier n'a été créé que pour cela' - c'est-à-dire qu'il sache cela par leur intermédiaire et qu'il reconnaisse qu'il y a un Créateur du monde ; et comme je l'ai entendu au sujet de 'la terre est pleine de Tes acquisitions' (Psaumes 104,24) : le sens est de T'acquérir par leur intermédiaire. Et ה' (Hachem yitbarakh, le Nom béni soit-Il) dispose chaque jour pour l'homme des choses et des situations diverses, peut-être viendra-t-il par elles au souvenir du Créateur.

Car en vérité, être sauvé de l'oubli n'est pas au pouvoir de l'homme ; c'est pourquoi 'Je suis ה' ton D.ieu' n'a pas été dit sous forme d'ordre, car il est impossible d'ordonner la connaissance de 'Anokhi' ('Je suis', le premier des dix commandements) de telle sorte qu'il ne l'oublie pas ; car le commandement ne porte que sur ce qu'il est au pouvoir de l'homme d'accomplir. Et lorsqu'il oublie, voici qu'il a oublié cela et qu'il a oublié aussi le commandement.

Il faut seulement une siyata dichmaya (aide du Ciel), et cette aide du Ciel vient par 'Tu n'auras pas [d'autres dieux]' etc. Le sens de 'Elokim' (אֱ-לֹהִים) est force et pouvoir en tout lieu ; c'est-à-dire que dans tout usage qu'il fait de ses forces, par quelque force que ce soit parmi les forces du corps - la vue, ou l'ouïe, ou l'action, ou la marche, et ce qui leur ressemble - il reconnaisse que ה' est Celui qui lui donne cette force.

Et telle est la raison de la bénédiction avant toute jouissance, et sans bénédiction il commet une me'ila (détournement d'un bien consacré) (comme il est dit dans Berakhot 35a) : car en vérité ce sont des biens sacrés du Ciel et les forces de ה', et cela n'est permis que par la reconnaissance que cela vient de ה' et que c'est Lui qui donne. Et c'est ce qui est dit (ibid.

40b) sur 'je n'ai pas transgressé Tes commandements' - par la bénédiction ; 'et je n'ai pas oublié' - en mentionnant le Nom (Deutéronome 26,13) ; car ces deux-là, 'Anokhi' et 'Tu n'auras pas', sont la racine de la Torah quant aux commandements et aux transgressions. Et l'oubli, sans autre précision, c'est l'oubli de ה', et cela consiste dans l'annulation de 'Anokhi'.

Et la transgression, sans autre précision, dans toute la Torah entière, c'est qu'il prend ses jouissances et ses besoins et se sert de ses forces sans la volonté de ה', c'est-à-dire sans restituer d'abord à Lui, béni soit-Il, qui lui a donné cette jouissance et cette force. Et c'est là toute la matière de la transgression et les allusions de l'ensemble des trois cent soixante-cinq commandements négatifs (lo taasse).

Et cette chose-là est au pouvoir de l'homme, en 'reste assis et n'agis pas' (chev veal taasse, l'abstention). Et lorsqu'il s'éveille à un acte et à un usage, ce qui est un éveil corporel, alors qu'il s'éveille aussi dans son âme à savoir que ה' l'éveille par cette force ; et par cela il en viendra à ce que 'Anokhi' soit fixé dans le cœur et se tienne là en permanence, sans bouger un seul instant.

Et telle est l'institution de nos maîtres, de mémoire bénie, des bénédictions sur toutes les choses de la jouissance du corps : sur la nourriture, sur ce que l'on voit, sur ce que l'on entend comme le chant du coq, sur les bonnes nouvelles et sur leur contraire, sur ses vêtements et ce qui leur ressemble. Et c'est là le commencement du Chas (le Talmud), qui est la racine de toute la Torah entière, à l'image de l'ouverture de la Torah écrite par 'Anokhi' et 'Tu n'auras pas', car cela est 'toute la Torah entière', 'et le reste est son commentaire, va et apprends' : des conseils divers, en tout temps et en tout lieu, sur la manière de parvenir à ce souvenir.

Mais ce qui est visé dans tous ces conseils, c'est la connaissance de la Divinité, qu'elle ne bouge pas du cœur et que l'oubli ne le domine pas, à D.ieu ne plaise.

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