Chacun peut atteindre la sagesse et des paroles de Torah, même sans la crainte de la faute ni l’éveil d’en bas. Rabbi Tsadok enseigne que le Saint béni soit-Il les répand sans cet éveil, comme l’œuvre du commencement, et que Yotser Or vise les nouveautés de chaque jour. L’œuvre du Char est ce qu’Il dévoile à qui s’éveille vers Lui : les Patriarches sont le char, et Il chevauche les nuées qui montent de la terre. Ye’hezkel, à la destruction, voit un char ; Yechaya, le Temple debout, Le voit sur Son trône. Aux jours de Chelomo, Israël se tient dans sa plénitude ; le Cantique des Cantiques est le Saint des Saints.
Aussi : les huit termes de « pour comprendre », allusifs aux huit vêtements du Kohen Gadol ; Yarovam contestant la sainteté du lieu, Rehavam fuyant sur un char ; l’effluve, depuis la destruction, descendant vers les forces extérieures, Israël recueillant le résidu
[רכו] כל אחד יכול להשיג חכמה וד"ת ואע"פ שאין לו יראת חטא הקודמת ואתעדל"ת שמתעורר ללימוד והשגת התורה בשביל כבוד שמו ית' ומכיר שהוא תורת ה'. מ"מ הש"י מוכן להשפיע תמיד ד"ת אף בלא אתעדל"ת וזהו המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית.
כמו מע"ב שהי' בלא אתעדל"ת שהרי עדיין לא נברא אדם כך בכל יום תמיד מחדש בטובו לבד בלא השתדלות התחתונים מקודם. וע"ז הוא ברכת יוצר אור להשיג החידושין שבכל יום תמיד וזה נקרא חכמת מע"ב.
אבל מעשה מרכבה הוא מה שהשי"ת מגלה למי שמתעורר לו כמ"ש בבר"ר פ' מ"ז האבות הן המרכבה כי מרכבת הש"י על התחתונים בהשתדלותם כמ"ש השם עבים רכובו. ה' רוכב על עב קל.
וידוע דהעבים הוא אד העולה מן הארץ נקבל שפע הגשמים להשפיע לארץ. וזהו החתערותא דלתתא של התחתונים לקבל שפעו ית' ע"ז הוא רכובו.
כי המרכבה הוא לדרך ולהליכה ממקום למקום. ולכך יחזקאל בעת החורבן ראה מרכבה משא"כ ישעי' ראה יושב על כסאו בזמן שבהמ"ק קיים כי אז שפעו ית' קבוע וקיימא.
אבל כאשר הוא במדרגת ואהיה מתהלך מאוהל לאוהל כמו בחורבן שניטלה מלכות ב"ד וקביעות הש"י מתטלטל מאוהל לאוהל כ"א בדורו כמו שהי' עד מלכות ב"ד ג"כ בשופטים מפרנס לפרנס ואינו בקביעות. רכובו הוא על העבים מי שמשתדל ומכין עצמו לכך עליו הש"י רוכב ומתהלך.
וע"ז הוא ברכה ב' שלפני ק"ש להשיג הד"ת דחכמת מעשה מרכבה שהוא מה שהש"י שופע לנו ביחוד אשר בשם וגו' בטחנו ונגילה ונשמחה בישועתך שאנו מחכים ומצפים לך ובאתעדל"ת שלנו. ובעבור אבותינו כו' שהן המרכבה באתעדל"ת שלהם תגלה בלבנו בינה להבין כו'.
ויש שם ח' דברים ושמעתי דנגדם רומזים ח' בגדי כה"ג ומפורשים במק"א. והכה"ג הוא העובד ויסוד האתדל"ת דלכן נקרא אהרן שושבינא דמטרוניתא (זח"ג כ א).
והח' בגדים היינו כשנכנס לבית הק"ק שהוא בקביעות המקום דאז יושב על כסא ולא במרכבה רק ע"י האתדל"ת החיות שבתחתונים נושאים וסובלים הכסא כבוד ואז הוא עיקר ההשגה בח' מדריגות דלהבין כו'. ואז נאמר וישב שלמה על כסא ה' שהי' דוגמת אדם היושב על הכסא כביכול.
כי עבודת הכה"ג הי' פועל שאין צריך עבודה והשתדלות ואתעדל"ת והוא מדרגת המלך שקודם לכה"ג. ושפיר מצד קדושת המקום הי' מדת שלמה המע"ה שחכמתו קודמת ליראתו.
רק ירבעם חלק גם אקדושת המקום ואז רחבעם נס במרכבה. ורז"ל (סנהדרין מח:) דרשו תיבת מרכבה אזב שכתוב בו מרכב ושמפני חולשתו אין יושב אלא דרך מרכב] וא"כ גם מרכבה דיחזקאל ודאי כביכול כן שהוא שפעו ית' שאינו דרך הלב שיהי' בו חיות גמור שהרי מחורבן עיקר השפע יורד ח"ו לחיצונים.
והלב הם ישראל והם קולטים התמצית כנודע. וז"ש בזוהר יתרו (פב א) שהוא כמאן דחמא בתר כותלא.
כי מעשה מרכבה נקרא מה שאין בו חיות גמור רק שמתוכו מבין איש הישראלי הקולטו בלבו. ונא' בו מראות משא"כ בישעי' ואראה וגו'.
וגם זה הי' בעת המסעות כדרז"ל (חגיגה יג:) ורק בימי שלמה המע"ה קיימא סיהרא באשלמותא פי' ישראל שנמשלו ללבנה והוא השיג השפע הבא ע"י אתעדל"ת ג"כ בשלימות גמור. וע"ז חבר שה"ש שהוא מלא מאתעדל"ת והשפע דלעילא ואז"ל (ידים ס"פ ג) שהוא קודש קדשים ולא הי' העולם כדאי כו':
[226] Chacun peut atteindre la sagesse et des paroles de Tora, et bien qu'il n'ait pas la crainte de la faute qui devrait la précéder, ni l'éveil d'en bas (itarouta dilettata : l'éveil venu des êtres inférieurs) par lequel on s'éveille à l'étude et à l'acquisition de la Tora pour l'honneur de Son Nom béni, en reconnaissant qu'il s'agit de la Tora de ה' - malgré tout, le Saint béni soit-Il est prêt à répandre en permanence des paroles de Tora, même sans éveil d'en bas. Et c'est là le sens de 'Celui qui renouvelle dans Sa bonté, chaque jour et continuellement, l'œuvre du commencement' : de même que l'œuvre du commencement (Maassé Bereshit) s'est faite sans éveil d'en bas, puisque l'homme n'avait pas encore été créé, de même, chaque jour et continuellement, Il renouvelle par Sa seule bonté, sans effort préalable des êtres d'en bas.
Et c'est à cela que se rapporte la bénédiction Yotser Or (Celui qui forme la lumière) : atteindre les nouveautés (hidoushin) de chaque jour, continuellement ; et cela s'appelle la sagesse de l'œuvre du commencement. Mais l'œuvre du Char (Maassé Merkava) est ce que le Saint béni soit-Il dévoile à celui qui s'éveille vers Lui, comme il est dit dans Bereshit Rabba, chapitre 47 : les Patriarches sont le Char (merkava).
Car le char du Saint béni soit-Il repose sur les êtres d'en bas selon leur effort, ainsi qu'il est écrit : 'Il fait des nuées Son char' (Psaumes 104,3), 'ה' chevauche une nuée légère' (Isaie 19,1). Et l'on sait que les nuées sont la vapeur qui monte de la terre pour recevoir l'effluve (shefa) des pluies et la répandre sur la terre.
Voilà l'éveil d'en bas des êtres inférieurs, pour recevoir Son effluve béni : c'est sur cela qu'Il chevauche. Car le char sert au chemin et au déplacement d'un lieu à un autre.
C'est pourquoi Ye'hezkel, au temps de la destruction, vit un char, alors qu'Isaie vit [le Maître] assis sur Son trône, à l'époque où le Temple était debout, car alors Son effluve était fixé et stable. Mais lorsque l'on est au degré de 'et j'allais d'une tente à une autre tente' (cf.
I Chroniques 17,5), comme lors de la destruction, quand la royauté de la maison de David fut retirée et que la fixité du Saint béni soit-Il est ballottée d'une tente à une autre, chacun dans sa génération, comme il en allait jusqu'à la royauté de la maison de David, et de même au temps des Juges, d'un dirigeant (parnass) à un autre, sans stabilité - alors Son char est sur les nuées : celui qui fait effort et se prépare à cela, c'est sur lui que le Saint béni soit-Il chevauche et se déplace. Et c'est à cela que se rapporte la deuxième bénédiction avant la lecture du Chema : atteindre les paroles de Tora de la sagesse de l'œuvre du Char, qui est ce que le Saint béni soit-Il fait couler vers nous en particulier - 'car en [Ton] Nom etc. nous avons placé notre confiance, et nous exulterons et nous nous réjouirons de Ton salut', car nous espérons et attendons vers Toi, et par notre éveil d'en bas.
Et 'pour l'amour de nos pères etc.', eux qui sont le Char par leur éveil d'en bas : 'dévoile dans notre cœur l'intelligence (bina) pour comprendre etc.'. Or il y a là huit termes, et j'ai entendu qu'ils font allusion aux huit vêtements du Kohen Gadol (grand prêtre), ce qui est expliqué ailleurs.
Et le Kohen Gadol est celui qui officie et le fondement de l'éveil d'en bas ; c'est pourquoi Aharon est appelé 'le compagnon de la Matronita (la Reine)' (Zohar III, 20a). Et les huit vêtements, c'est lorsqu'il entre dans le Saint des Saints, qui relève de la fixité du lieu, car alors Il siège sur un trône et non sur un char ; seulement, par l'éveil d'en bas, les Hayot (les Vivants) qui sont en bas portent et supportent le Trône de Gloire, et c'est alors le principal de l'atteinte, dans les huit degrés de 'pour comprendre etc.'.
Et c'est alors qu'il est dit : 'Et Shelomo s'assit sur le trône de ה'' (I Chroniques 29,23), ce qui était à l'image d'un homme assis sur le trône, si l'on peut dire (kivyakhol). Car le service du Kohen Gadol opérait qu'il n'y ait plus besoin de service, d'effort et d'éveil d'en bas ; et c'est le degré du roi, qui précède celui du Kohen Gadol.
Et à juste titre, du fait de la sainteté du lieu, telle était la mesure de Shelomo, le roi, la paix soit sur lui : sa sagesse précédait sa crainte. Seulement Yarovam contesta aussi la sainteté du lieu, et alors Rehavam s'enfuit sur un char (I Rois 12,18).
Et nos Maîtres, de mémoire bénie (Sanhédrin 48b), ont exposé le mot merkava à propos du zav (l'homme atteint d'un flux impur), au sujet duquel il est écrit merkav (monture), et qui, du fait de sa faiblesse, ne s'assied qu'à la manière d'une monture]. S'il en est ainsi, le char de Ye'hezkel lui aussi est certainement tel, si l'on peut dire : il s'agit de Son effluve béni qui ne passe pas par le cœur au point qu'il y ait en lui une vitalité (hayout) complète, car depuis la destruction l'essentiel de l'effluve descend, à D.ieu ne plaise, vers les forces extérieures (hitsonim).
Et le cœur, ce sont Israël, et ils recueillent le résidu (tamtsit), comme on le sait. Et c'est ce que dit le Zohar Yitro (82a) : c'est comme celui qui voit de derrière une cloison.
Car on appelle œuvre du Char ce en quoi il n'y a pas de vitalité complète, sinon que, de l'intérieur, l'homme d'Israël qui la recueille dans son cœur comprend. Et il y est dit 'des visions' (marot, Ye'hezkel 1,1), à la différence d'Isaie : 'et je vis etc.' (Isaie 6,1).
Et cela aussi eut lieu au temps des déplacements, comme l'ont exposé nos Maîtres de mémoire bénie (Haguiga 13b). Ce n'est qu'aux jours de Shelomo, le roi, la paix soit sur lui, que 'la lune se tenait dans sa plénitude' (kayma sihara be-ashlemouta) - c'est-à-dire Israël, qui sont comparés à la lune ; et lui atteignit, dans une perfection complète elle aussi, l'effluve qui vient par l'éveil d'en bas.
Et c'est sur cela qu'il composa le Cantique des Cantiques, qui est plein d'éveil d'en bas et de l'effluve d'en haut ; et nos Maîtres de mémoire bénie ont dit (Yadayim, fin du chapitre 3) qu'il est le Saint des Saints et que le monde entier n'en était pas digne etc.