צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 225

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les paroles de Torah qui passent par le cœur, ressenties et remuées, s'appellent « arbre de vie » et « remède de vie ». Selon Rabbi Tsadok, le cœur est la source de la vitalité : remué par ces paroles, il engendre la vie dans l'homme. Cela se fait lorsque la crainte de la faute précède la sagesse, car la crainte est dans le cœur ; les ordonnances de Hachem réjouissent alors le cœur et le désir y absorbe les paroles. Sans cette crainte, la sagesse du cerveau reste extérieure, ne se maintient pas, et peut devenir un « poison de mort ». Le désir du cœur, dans une vitalité complète, attache à la source de la vie, le « Vivant des mondes ».

Aussi : Doeg oublie tout car le Miséricordieux veut le cœur ; Aher n'était pas net du fait de sa mère ; les ossements de Yossef sont la crainte avant la sagesse, Yerovam s'en réclame contre Chelomo, et Rehavam devient zav.

‏[רכה] ד"ת שעוברים דרך הלב פי' שהלב מרגיש ומתפעל בהם הוא נקרא עץ חיים וסמא דחיי. כי ‏הלב מקור החיות כמ"ש כי ממנו תוצאות חיים וכאשר הוא מתפעל הרי שרש חיותו מתפעל ע"י ‏הד"ת ומולידה חיות באדם.

וזהו ע"י שיראת חטאו קודמת לחכמתו כי היראה בלב כמשז"ל (יומא ‏עב:) ע"פ ולב אין ויראה נוק' ותורת אמת דכר להשלים ולשמח הלב כמ"ש פקודי וגו' אחר היראה ‏המולדת לב נשבר ועצבות. ואז הד"ת נבלע בלב ומתקיימת כי בלב מקום רתיחת הדם וע"י תוקף ‏החשק וכיסופין למתיקות הד"ת מתגבר כח האש שבו וכד"ש (תענית ד.) אוריי' דקא מרתחא לי'.

‏וידוע כח הבישול להבליע והבלוע אינו יוצא עוד. משא"כ בצונן וקרירות דהיינו שאינו עובר דרך הלב ‏שהגם שמבין חכמה במוחו ומשיג עניני אלהות וד"ת אין הלב מתפעל עי"ז כלל כי הוא כלמד חכמה ‏חיצונית שאין לו שייכות לזה לפי שלא קדם יראת חטא שיתבונן על חסרונו וצורך הד"ת להשלימו ‏אז אין חכמתו מתקיימת כד"ש בדואג בסנהדרין (קו:) דשכח הכל משום דרחמנא לבא בעי שיהי' ‏הד"ת נרגש בלב זהו העיקר שאז יש בו חיות והוא נבלע בו.

ובלא"ה א' בשבת (לא.) מוטב שלא ‏העלית היינו כי ח"ו יוכל להיות סמא דמותא כמ"ש ביומא (עב:) כי בת"ח היצר מתגבר כמ"ש בסוכה ‏‏(נב.) וגם זה נקרא ת"ח וכמו דואג ואתיתופל שנקראו ת"ת בכ"מ. וכשאין לו יראת חטא להגביר על ‏היצר אז יוכל להיות ח"ו כענין אחר שאז"ל (חגיגה טו:) ספרי טועין כו' וזמר יוני כו' פי' שכל חכמתו ‏הי' דוגמת לימוד חכמה חיצונית בתורת חכמה לבד ולא להשלמת החסרון שזהו עיקר שם תורה.

‏ומשום דלא הי' נקי אגב אימי' כידוע דאבא ואמא הם מוח ולב והוא חכמת מוחו מרובה רק דלב אין ‏דהיינו אימא. וכן בפשטי' מסתמא זוכין זה כ"א מאב ואם הגשמיים כמ"ש (עדיות סו"פ ב) האב זוכה ‏לבנו בחכמה ואב מזריע לובן שממנו מוח ואשה אודם שממנו בשר ודם (כמ"ש נדה לא.

לגי' ‏שאלתות) והלב בכלל. ומזה בא טומאת זיבה כי תורה נמשל לאשה ביבמות (סג:) והת"ח הוא האיש ‏המשפיע בה.

וקרי יוצא מאבר חי וזיבה מאבר מת. והיינו שלא ע"י התפעלות החשק שבלב כלל ‏כנודע.

וזה שאז"ל (סנהדרין מח.) זב מרחבעם שנא' בו התאמץ לעלות במרכבה. וכמו ששמעתי על ‏ויקח משה עצמות יוסף שהעצמות של יוסף הוא יראת חטאו קודמת לחכמתו.

וזה צריך ליקח בעת ‏שרואה שינוי בהתנהגות שאינו מבין כהך דולא נחם א-להים דרך ארץ וגו'. ולכך ירבעם מרד בשלמה ‏המע"ה שטען עליו שחכמתו קודמת ליר"ח והוא מזרעא דיוסף.

ולכן כשנצח למלוך ולמרוד ברחבעם ‏נאמר ברחבעם התאמץ וגו' ונעשה זב שנתברר שהדין עמו ושהוא באמת יש עליו טענה לומר שהוא ‏כן. וטהרת הזב הוא במים חיים פי' ע"י חשק שבלב בחיות גמור לד"ת.

כי החכמה תעוז לחכם וא"א ‏כ"כ לבוא למדרגת היראה כמו לאהבה וחשק עצום לד"ת בלב גם זה מזכך החכמה להיות נבלע ‏בלב ולהיות עץ חיים ע"י תוקף החשק שבלב בחיות גמור היינו בדביקות במקור החיים ית"ש ‏שנקרא חי העולמים שהוא מקור החיות: ‏

[225] Les paroles de Torah (divré Torah) qui passent par le cœur - c'est-à-dire que le cœur les ressent et en est remué - cela s'appelle 'arbre de vie' et 'remède de vie' (sama de-hayé, potion de vie). Car le cœur est la source de la vitalité, comme il est écrit : 'car de lui sortent les issues de la vie' (Proverbes 4,23) ; et lorsqu'il est remué, voici que la racine de sa vitalité est remuée par les paroles de Torah, et cela engendre la vie dans l'homme.

Et cela se fait lorsque la crainte de la faute précède sa sagesse, car la crainte est dans le cœur, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Yoma 72b) sur le verset 'et de cœur, point' (Proverbes 17,16) ; et la crainte est féminine (noukva) tandis que la Torah de vérité est masculine (dakhar), pour compléter et réjouir le cœur, comme il est dit : 'les ordonnances de ה' sont droites, elles réjouissent le cœur' (Psaumes 19,9) - après la crainte, qui engendre un cœur brisé et la tristesse. Et alors les paroles de Torah sont absorbées dans le cœur et s'y maintiennent, car le cœur est le lieu du bouillonnement du sang, et par la force du désir et de l'aspiration ardente vers la douceur des paroles de Torah, la puissance du feu qui est en lui se renforce, selon ce qu'ils ont dit (Taanit 4a) : 'c'est la Torah qui me fait bouillonner'.

Et l'on connaît la vertu de la cuisson pour faire absorber, et ce qui a été absorbé ne ressort plus. Il n'en va pas de même dans le froid et la froideur, c'est-à-dire lorsque cela ne passe pas par le cœur : car bien qu'il comprenne la sagesse dans son cerveau et qu'il saisisse les sujets de la divinité et les paroles de Torah, le cœur n'en est nullement remué, car il en va pour lui comme de celui qui apprend une sagesse extérieure qui ne le concerne en rien, puisque la crainte de la faute n'a pas précédé - qu'il considère son manque et le besoin qu'il a des paroles de Torah pour le compléter.

Alors sa sagesse ne se maintient pas, comme ils ont dit au sujet de Doeg dans Sanhédrin (106b), qu'il oublia tout, parce que 'le Miséricordieux veut le cœur' : que les paroles de Torah soient ressenties dans le cœur, voilà l'essentiel, car alors il y a en elles de la vie et elle est absorbée en lui. Et de toute façon, il est dit dans Chabbat (31a) : 'mieux eût valu que tu n'eusses pas fait monter' - c'est-à-dire que, à D.ieu ne plaise, cela peut devenir un 'poison de mort' (sama de-mota), comme il est dit dans Yoma (72b) ; car chez le talmid 'hakham (disciple des sages) le penchant se renforce, comme il est dit dans Souka (52a).

Et celui-là aussi est appelé talmid 'hakham, comme Doeg et Ahitofel, qui sont appelés disciples des sages en de nombreux endroits. Et lorsqu'il n'a pas la crainte de la faute pour l'emporter sur le penchant, alors il peut advenir, à D.ieu ne plaise, ce qu'il en fut de Aher (Élicha ben Abouya), dont nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Haguiga 15b) : 'des livres d'égarés [tombaient de son giron]', etc., 'et un chant grec [ne cessait de sa bouche]', etc.

C'est-à-dire que toute sa sagesse était à l'image de l'étude d'une sagesse extérieure, prise comme sagesse seulement et non pour combler le manque - ce qui est pourtant l'essentiel du nom de 'Torah'. Et cela, parce qu'il n'était pas 'net du fait de sa mère' (Haguiga 15b), comme on sait qu'Abba et Imma (le Père et la Mère, les séfirot 'Hokhma et Bina) sont le cerveau et le cœur : chez lui la sagesse de son cerveau était abondante, mais 'de cœur, point', c'est-à-dire Imma.

Et de même au sens simple, sans doute cela s'obtient-il du père et de la mère matériels, comme il est enseigné (Édouyot, fin du chapitre 2) : 'le père transmet à son fils le mérite en sagesse' ; et le père ensemence le blanc, dont proviennent le cerveau, et la femme le rouge, dont proviennent la chair et le sang (comme il est dit dans Nidda 31a, selon la version des Cheiltot), et le cœur en fait partie. Et de là vient l'impureté de la ziva (l'écoulement du zav), car la Torah est comparée à une femme dans Yevamot (63b), et le talmid 'hakham est l'homme qui l'influence.

Or la pollution séminale (keri) sort d'un organe vivant, tandis que la ziva sort d'un organe mort ; c'est-à-dire sans aucune émotion du désir qui est dans le cœur, comme on sait. Et c'est ce que nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Sanhédrin 48a) : le zav se déduit de Rehavam (Roboam), dont il est dit : 'il se hâta de monter sur son char' (I Rois 12,18).

Et comme je l'ai entendu au sujet de 'Moche prit les ossements de Yossef' (Exode 13,19) : que les 'ossements' de Yossef, c'est que la crainte de sa faute précède sa sagesse. Et c'est cela qu'il faut prendre avec soi au moment où l'on voit dans la conduite [divine] un changement que l'on ne comprend pas, comme dans ce verset : 'et Elokim ne les conduisit pas par le chemin du pays [des Pelichtim]', etc.

(Exode 13,17). Et c'est pourquoi Yerovam (Jéroboam) se révolta contre Chelomo (Salomon), que la paix soit sur lui : il prétendait contre lui que sa sagesse précédait la crainte de la faute - et lui, Yerovam, était de la descendance de Yossef.

Et c'est pourquoi, lorsqu'il l'emporta pour régner et pour se révolter contre Rehavam, il est dit de Rehavam 'il se hâta', etc., et il devint zav : car il fut établi que le droit était avec Yerovam, et qu'en vérité il y avait matière à soutenir contre Rehavam qu'il en était bien ainsi. Et la purification du zav se fait dans des eaux vives : c'est-à-dire par le désir qui est dans le cœur, dans une vitalité complète, pour les paroles de Torah.

Car 'la sagesse rend le sage plus fort' (Ecclésiaste 7,19), et il n'est pas aussi possible de parvenir au degré de la crainte qu'à celui de l'amour et d'un désir immense pour les paroles de Torah dans le cœur ; cela aussi purifie la sagesse, en sorte qu'elle soit absorbée dans le cœur et devienne un arbre de vie, par la force du désir qui est dans le cœur avec une vitalité complète, c'est-à-dire par l'attachement (devekout) à la source de la vie, qu'Il soit béni, appelée 'Vivant des mondes' (Haï ha-olamim), qui est la source de la vitalité.

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