Les paroles de Torah sont à l'image d'une épée à deux tranchants, comme le Chema dans Berakhot. Selon Rabbi Tsadok, elles tuent de près les pensées étrangères : le désir (taava) à droite, la jalousie (kina) à gauche. Si le vaurien a déjà atteint, on le traîne à la maison d'étude et il éclate ; la Torah brûle les airs mauvais. À la synagogue, si le mal a déjà enveloppé, on éloigne d'abord les pensées étrangères, puis la prière tue de loin, langue à l'image de la flèche. Le Targoum traduit l'épée et l'arc par la prière et la supplication : d'abord les louanges, ensuite la demande, pour nettoyer la profondeur du cœur.
Aussi : les quatre coudées de la halakha, air de la Terre d'Israël qui rend sage ; Yaakov à Chekhem contre l'Emori et le hivya, ses fils contre la débauche (zenout) ; Rabbi Yehochoua ben Levi parmi les atteints du raatan
[רכג] הד"ת היא דוגמת חרב כמ"ש בברכות (ה.) בק"ש כאלו אוחז חרב של ב' פיות. שהחרב הורגת מקרוב ואפי' מסובב ומסובך תוך מחשבות זרות והרהורים מכל צד אם עונה לד"ת הוא הורגן ומבטלן מכל צד בב' פיות החרב דרומז על ההריגה מימין בהרהורי תאוה ומשמאל בהרהורי קנאה וכמ"ש (סוכה נב:) אם פגע בך מנוול כו' שאפי' כבר פגע ונגע בך משכהו לבהמ"ד ומתפוצץ.
וכמ"ש (כתובות עז:) ריב"ל מיכרך בבעלי ראתן ועסיק בתורה אמר כו' פי' כל מוכי שחין היינו מצד תוקף התאוה דלכן התשמיש קשה להן ובעלי ראתן ביותר. ולכן צריך להרחיק ממבואה כי האויר מכניס הרהורים וחשקות כנ"ל אות ר"ה.
והכלל בכל חולי הטבע נמשך אחר הרוחניות של חולי וכשהחולי מתפשט באויר היינו שרוחניות ההיזק וכח הרע המביא אותה המחלה הוא ג"כ מתפשט ע"י האויר. וריב"ל מיכרך כו' אפי' בתוך אויר הרע ממש ומוכרך בו התורה מצלת ושורפת ומכלה כל אוירים רעים שסביבותי'.
וכמו ששמעתי דד' אמות של הלכה קדוש בקדושת א"י שאויר ארץ העמים נפלט מתוכו לגמרי מכל צד ע"י החרב דב' פיות ונכנס אויר קדוש דד"ח שזהו אויר א"י דלכן מחכים כמדת התורה מחכימת פתי. אבל בהכנ"ס ותפלה אין מועיל כלום כשכבר פגע ומוכרך בהרהורים ומ"ז כי גם כל תפלתו תהי' כן מליאה מ"ז.
רק צריך לכוין את לבו להתרחק ממ"ז ואז ע"י תפלה יוכל לפעול להכניס בעומק הלב מחשבות קדושות ולהרוג הרע ממרחק כענין חץ שחוט לשונם שהלשון דוגמת החץ להרוג מרחוק וזהו ע"י התפלה וכמ"ש בתיקונים (סו' תי' יג וש"מ) דזריק בי' גירא בתר גירא. ותרגום אשר לקחתי מיד האמורי בחרבי ובקשתי בצלותי ובעותי.
פי' תפלה היינו סדור שבחיו של הקב"ה ובקשה הוא בקשת צרכיו כמפורש בברכות (לא.) רנה זו תפלה כו'. וגם ד"ת נקרא רינה כמ"ש (שמו"ר פר' מז) ע"פ קומי רוני וגו' אין רנה של תורה כו' כי הוא סדור שבחיו וכמ"ש שלהי הוריות פ' מי ימלל גבורות ה' מי שיכול להשמיע כל תהלתו על ד"ת.
ולכן גם ק"ש נקרא צלותא כמ"ש תוס' שבת (יא. ד"ה כגון).
כי סדור שבחיו היינו תורה וזהו חרב כנ"ל. משא"כ בעותא שהוא בקשה הוא קשת.
ולהיות הכנעני אז בארץ שהוא הגרוע מכל האומות כמשאז"ל (תו"כ אחרי פרשה ט). ושכם גרוע מכל א"י כמ"ש בפ' חלק (סנהדרין קב.) דהוא מקום מוכן לפורעניות.
ובודאי לא בחנם מוכן לכך רק שאוירו גורם גם אחר שנתקדש אוירא דא"י בקדושת א"י כמ"ש מקודם. ולכן יעקב נתחזק נגד אותו מקום ביחוד.
ושם משכן החוי חויא שורש הנחש. וא' מיד האמורי ולא החוי הוא כמ"ש בס' מעשה ה' כי אמונתם היתה אמונת האמורי יעו"ש.
ויציבא מילתא מלשון רז"ל בכ"מ דרכי האמורי על חוקי ע"ז שלהם. ומלחמתם הגופנית הי' ע"י בניו והם נצחו החויא במעשה בהגדרת הזנות.
אבל יעקב אע"ה נתחזק נגד האמורי שהוא תוקף כח אלהותם המתגבר באוירם להכניס הרהורים ומחשבות בלב שע"ז טיהר בני ביתו אח"כ. והניצוח הזה הוא בצלותי מקודם בחרב להרוג סביבותיו דלעולם יסדר שבחו של מקום ואח"כ יתפלל (כמ"ש ברכות לב.) דלולי כן א"א ליכנס לחפלה דבקשה כלל כנ"ל.
ואח"כ בעותי ההורג מרחוק שזה א"א ע"י החרב שאינו הורג אלא מקרוב אבל לנקות עומקא דלבא מקום שאין יד האדם שולטת כלל כענין ולבי חלל בקרבי. וקרא זה אמר דוד המע"ה שהוא דרגא דתפלה כטעם ואני תפלה שלזה א"א אלא ע"י רבוי התפלות והבקשות לסייעתא דשמיא כמ"ש (סוכה נב.) אלמלא הקב"ה עוזרו כו'.
וכל תפלה ותפלה הוא יריית חץ נגדו ואותם שבכוונה היינו שכיוון אל המטרה שהוא נקודת החויא שבעומק הלב שהוא מרכז הגוף כמו שעושין יורי החצים מטרה באמצע עגול א' לכוין חציהם אליהם. וזהו כוונת הלב שבתפלה שצריך אחר ד"ת וק"ש וספור שבחיו של מקום:
[223] Les paroles de Torah sont à l'image d'une épée, comme il est dit dans Berakhot (5a) au sujet du Chema : c'est comme s'il tenait une épée à deux tranchants (littéralement : à deux bouches). Car l'épée tue de près : même si l'homme est entouré et enchevêtré dans des pensées étrangères et des réflexions impures de tous côtés, s'il répond par des paroles de Torah, il les tue et les annule de tous côtés par les deux tranchants de l'épée, ce qui fait allusion à la mise à mort du côté droit dans les réflexions de désir (taava) et du côté gauche dans les réflexions de jalousie (kina).
Et comme il est dit (Souka 52b) : "si ce vaurien t'a atteint, etc." - car même s'il t'a déjà atteint et touché, traîne-le vers la maison d'étude et il éclate. Et comme il est dit (Ketoubot 77b) : Rabbi Yehochoua ben Levi s'enveloppait parmi les atteints du raatan (une maladie de peau grave) et s'occupait de Torah, et il disait, etc.
Explication : tous ceux qui sont frappés de plaies (chehin) le sont du fait de la puissance du désir, c'est pourquoi le rapport conjugal leur est nuisible, et aux atteints du raatan plus encore. C'est pourquoi il faut s'éloigner de leur abord, car l'air introduit des réflexions et des convoitises, comme ci-dessus à la section 205.
Et la règle est que toute maladie naturelle découle de la spiritualité de la maladie ; et lorsque la maladie se propage par l'air, cela signifie que la spiritualité du dommage et la force du mal qui amène cette maladie se propagent elles aussi par l'air. Et Rabbi Yehochoua ben Levi s'enveloppait, etc., c'est-à-dire même à l'intérieur de l'air mauvais lui-même, enveloppé en lui : la Torah sauve, brûle et consume tous les airs mauvais qui l'entourent.
Et comme je l'ai entendu : les quatre coudées de la halakha sont saintes de la sainteté de la Terre d'Israël, car l'air de la terre des nations en est entièrement expulsé de tous côtés par l'épée à deux tranchants, et il y entre l'air saint des paroles des Sages (ד"ח), qui est l'air de la Terre d'Israël - et c'est pourquoi il rend sage, à la mesure de la Torah qui "rend sage le simple" (Psaumes 19,8). Mais à la synagogue et dans la prière, rien n'est d'aucun secours lorsque le mal l'a déjà atteint et qu'il est enveloppé de réflexions impures et de pensées étrangères (מ"ז, mahchavot zarot), car toute sa prière elle aussi en sera pleine.
Il doit seulement diriger son cœur à s'éloigner des pensées étrangères, et alors, par la prière, il pourra parvenir à faire entrer des pensées saintes dans la profondeur du cœur et à tuer le mal de loin, à la manière de "leur langue est une flèche meurtrière" (Jérémie 9,7) - car la langue est à l'image de la flèche, qui tue de loin, et cela se fait par la prière. Et comme il est écrit dans les Tikounim (fin du tikoun 13 et en d'autres endroits) : qu'il lance contre lui flèche après flèche.
Et le Targoum de "que j'ai pris de la main de l'Emori par mon épée et par mon arc" (Genèse 48,22) traduit : "par ma prière (bi-tslouti) et par ma supplication (ou-veouti)". Explication : la prière (tefila), c'est l'ordonnancement des louanges du Saint béni soit-Il, et la demande (bakacha), c'est la requête de ses besoins, comme cela est explicite dans Berakhot (31a) : "rina", c'est la prière, etc.
Et les paroles de Torah aussi sont appelées "rina", comme il est dit (Chemot Rabba, chapitre 47) sur le verset "Lève-toi, chante (roni) dans la nuit" (Eikha 2,19) : il n'est de rina que celle de la Torah, etc., car elle est l'ordonnancement de Ses louanges. Et comme il est dit à la fin de Horayot sur le verset "Qui dira les hauts faits de ה', qui fera entendre toute Sa louange" (Psaumes 106,2) : cela est dit à propos des paroles de Torah.
C'est pourquoi le Chema lui aussi est appelé "tselouta" (prière), comme l'écrivent les Tossafot dans Chabbat (11a, s.v. "kegon"), car l'ordonnancement de Ses louanges, c'est la Torah, et c'est cela l'épée, comme ci-dessus ; tandis que la "veouta", qui est la demande, c'est l'arc.
Et parce que "le Cananéen était alors dans le pays" (Genèse 12,6), lui qui est le pire de toutes les nations, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Torat Kohanim, Aharei, parachta 9) ; et Chekhem est le pire de toute la Terre d'Israël, comme il est dit au chapitre Helek (Sanhédrin 102a) : c'est un lieu prédisposé aux malheurs. Et assurément ce n'est pas en vain qu'il y est prédisposé : c'est son air qui le cause, même après que l'air de la Terre d'Israël eut été sanctifié de la sainteté de la Terre d'Israël, comme dit plus haut.
C'est pourquoi Yaakov s'est renforcé contre ce lieu en particulier. Et là se trouve la demeure du Hivi - hivya (le serpent, en araméen), la racine du serpent.
Et s'il est dit "de la main de l'Emori" et non "du Hivi", c'est comme l'écrit le livre Maassé ה' : que leur croyance était la croyance de l'Emori, voir là-bas. Et la chose est établie, d'après le langage de nos maîtres de mémoire bénie en de nombreux endroits, qui appellent "les voies de l'Emori" (darkhei ha-Emori) les règles de leur idolâtrie.
Et leur guerre corporelle fut menée par ses fils, et ce sont eux qui ont vaincu le hivya par l'acte, en dressant une barrière contre la débauche (zenout). Mais Yaakov notre père, la paix soit sur lui, s'est renforcé contre l'Emori, qui est la puissance de la force de leur divinité, laquelle prend le dessus dans leur air pour introduire des réflexions et des pensées dans le cœur - et c'est de cela qu'il a purifié les gens de sa maison par la suite.
Et cette victoire se fait "par ma prière" (bi-tslouti) d'abord, par l'épée, pour tuer ce qui l'entoure, car toujours l'on doit ordonner la louange de l'Omniprésent puis prier (comme il est dit dans Berakhot 32a), car sans cela il est absolument impossible d'entrer dans la prière de demande, comme ci-dessus. Et ensuite "par ma supplication" (veouti), qui tue de loin, ce qui est impossible par l'épée, laquelle ne tue que de près ; mais pour nettoyer la profondeur du cœur (oumka de-liba), lieu où la main de l'homme n'a aucune prise, à la manière de "et mon cœur est transpercé au-dedans de moi" (Psaumes 109,22).
Et c'est David, roi d'Israël, la paix soit sur lui, qui a dit ce verset, lui qui est le degré de la prière, selon le sens de "et moi, prière" (Psaumes 109,4) ; car cela n'est possible que par la multiplication des prières et des demandes appelant l'aide du Ciel (siyata di-chmaya), comme il est dit (Souka 52a) : si le Saint béni soit-Il ne l'aidait pas, etc. Et chaque prière est un tir de flèche contre lui ; et celles qui sont faites avec kavana (intention dirigée) sont celles qui ont visé la cible, à savoir le point du hivya qui est dans la profondeur du cœur, lequel est le centre du corps, comme font les archers qui placent une cible au milieu d'un cercle pour y diriger leurs flèches.
Et c'est cela l'intention du cœur dans la prière, qui doit venir après les paroles de Torah, le Chema et le récit des louanges de l'Omniprésent.