צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 221

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

L'oubli est le commencement du mal : les pensées étrangères (ma'hchavot zarot) font oublier au cerveau et au cœur Sa divinité, Sa Torah, Son amour et Sa crainte. « Si tu venais à oublier Hachem, aussitôt tu marcheras à la suite d'autres dieux » (Devarim 8,19) : cela vient de l'oubli dans la pensée. Rabbi Tsadok enseigne que le keter du mal est impossible en Israël ; le commencement vient de la ''hokhma du cerveau, où s'épanche depuis le cœur la force du mal pour faire oublier. La voix de Hachem, ce sont les voix du don de la Torah, encore présentes pour qui y prête l'oreille, et la crainte du Ciel (yirat chamayim) révèle la volonté de ce jour-là.

Aussi : la voix, Torah écrite et général, la parole, Torah orale et particulier ; la bat kol du mont 'Horev, écho de ceux qui écoutent ; « vehaya », terme de joie, car au tikoun l'oubli sera clarifié.

‏[רכא] השכחה הוא התחלת הרע שהדמיונות ומ"ז משכיחים מן המוח ולב מחשבות אלהותו ית' ‏ותורתו ואהבתו ויראתו וכמ"ש (פ' עקב) והי' אם שכוח תשכח את ה' תיכף והלכת אחרי וגו'. פי' ‏בתאוה ורצון אחר כחות זרים ואח"כ ועבדתם במעשה כי כולם נמשכים אחר ההתחלה שהוא ‏השכחה מהש"י שבמחשבתו.

כי כל דבר כלול מעשר כנודע וכתר דרע דהיינו שורש הנעלם זה א"א ‏בישראל כלל שלעולם שורשם דבוק בהש"י וחלק ה' עמו וא"א לינתק כלל. רק ההתחלה מחכמה ‏שבמוח והוא ע"י העלאת מחשבות זרות בו עד שנשכח.

כי במוח אין רע דהתחלת הרע בלב ששם ‏משכן הרע. רק לשם כחו שופע מן הלב להשכיח עכ"פ ודבר זה הוא ג"כ רע כמ"ש בשבת (קמט:) ‏אין לא טוב אלא רע.

וזהו התחלת הרע ההשכחה מן הטוב. ומסיים עקב לא תשמעון בקול וגו' וקול ‏ה' היינו קולות דמ"ת וכמ"ש בזוהר (ח"א נ ב וש"מ) דקול דא תושב"כ כי קולות הש"י הם חיים ‏וקיימים לעד ולעולמי עולמים.

ואותם קולות גם היום מצויים למי שרוצה להאזין. והן הם המחשבות ‏העולים בלב כל אחד בכל פעם לשוב להש"י ולדעת כי אנכי וגו' ולא יהי' וגו'.

וקול הוא כלל ודבור ‏פרט כמ"ש בזוהר ריש שמות. ולכן תושב"כ נקרא קול ותושבע"פ דבור וכן ההשמעה ללב הוא רק ‏בדרך כלל לדעת אלהותו ית' ולחפש אחריו אם וגו' תתפשנה אז תבין וגו' בבינה שבלב האדם ‏בפרטי פרטות כפי הצריך לו.

וכן המלאכים משמיעים ביראה יחד בקול דברי א-להים חיים וגו'. והוא ‏בודאי נשמע לכל איש ישראלי אשר מכין אזני לבבו לכך ביראה אז שומע דא"ת והיינו ד"ת שנקרא כן ‏בלשון רז"ל כמ"ש (עירובין יג:) אלו ואלו דא"ח.

ובקול היינו בדרך כלל רצון הש"י באותו יום כי ‏המלאכים אין יודעים יותר. דתושבע"פ הוא למטה בידי חכמי ישראל והפרטים הם נתבררים ע"י ‏בנ"א באותו יום.

ולפי שהש"י נקרא א-להים בעל הכחות כולם נקרא אצלו דברי שהוא דבור בפרטות. ‏וכמו ששמעתי על מבין ולא בבינה ידיעא שהמלאכים אין להם בינה דהיינו הרגשה בלב שזהו רק ‏לבנ"א שהם חסירים וצריכים לזה.

והש"י מבין כמו הבנ"א הוא מרגיש אבל לא בבינה שהרי אינו ‏חסר. ולכך המלאכים אין יודעים הדבור שהוא הרגשת הלב של כ"א בפרט.

רק הקול בכלל זה אין ‏נשמע לבנ"א וכמו ששמעתי על חכים ולא בחכמה ידיעא דמלאכים יש להם חכמה (ופי' כח השמיעה ‏לקול דא"ח) משא"כ בנ"א. והש"י חכים אבל לא בחכמה כמלאכים.

והם משמיעים בכלל שהוא חכמה ‏מה שקיבל מאחרים. ואח"כ ע"י בינה והרגשה שבלב הוא עומד על הפרטים שבדברי א-להים חיים ‏כ"א לפי מדריגתו ואלו ואלו דא"ח אע"פ שחלוקים בפרטים בתושבע"פ.

ודבר זה צריך ליראה כי פי' ‏מלאכים כל מיני כחות שבעולם בהיותם מופשטים מלבוש החומרי שבעולם העשיי' רק בהיותם ‏במדריגת בריאה ויצירה דהיינו רוחניות אותו כח מבלי הרכבה שיהי' בו כח הבחירה וכל מיני כחות ‏כלולים באדם. וכאשר מעורר כחותיו שבלב להש"י וזהו ע"י היר"ש כי הכל בידי שמים חוץ מיר"ש ‏‏(ברכות לג:) בזה הוא כח התעוררות האדם.

אז מתגלה אצלו בכלל רצון הש"י באותו יום בלא עיונו ‏ואח"כ בעיונו ובינתו מברר דבר זה בחדרי לבבו. אבל מ"מ הוא מתעורר לזה מצד הכחות הכלולים ‏בו המתעוררים ע"י היר"ש.

אבל קולות דמ"ת שהם קולות הש"י עצמו זה נשמעים רק בהכנה ‏להאזין לבד [ומאותן קולות הוא הב"ק שיוצא בכל יום מהר חורב אוי לבריות מעלבונה של תורה ‏כמ"ש במק"א דב"ק הוא אחוריים של קול וקלא דהדרא דמתוך שאותן קולות דקבלת התורה נשמעין ‏להשומעים הקלא דהדרא מאותן השומעים הוא אוי כו' לשאין שומעין וזה נשמע לכל א' המקורב ‏לת"ח כמ"ש אוזן וגו' בקרב וגו'] וזה קל לכן א' עקב לא וגו'. ופתח בלשון יחיד וסיים בלשון רבים כי ‏העדר שמיעת הרבים גורם שכחה ליחיד השומע כנ"ל אות רי"ט.

ושמעתי דאמר גם על השכחה והי' ‏שהוא לשון שמחה כמשאז"ל (ב"ר פ' מב) כי הגם דבעוה"ז הוא מושך חטאים ונענשים ע"ז מ"מ ‏באמת לאמיתו מזה נמשך שמחה גדולה לעתיד כשיתוקן הכל אז יבורר זה: ‏

[221] L'oubli est le commencement du mal, car les imaginations et les pensées étrangères (mahchavot zarot) font oublier au cerveau et au cœur les pensées de Sa divinité, béni soit-Il, de Sa Torah, de Son amour et de Sa crainte. Ainsi qu'il est écrit (parachat Ékev) : "Et il adviendra, si tu venais à oublier Hachem, aussitôt tu marcheras à la suite d'autres dieux..." (Devarim 8,19) - c'est-à-dire par le désir et la volonté tournés vers des forces étrangères ; et ensuite "et que vous les serviez", par l'acte ; car tout cela découle du commencement, qui est l'oubli du Saint béni soit-Il dans sa pensée.

Car toute chose est composée de dix [séfirot], comme on le sait ; et le keter du mal, c'est-à-dire la racine cachée, cela est absolument impossible en Israël, car leur racine est à jamais attachée au Saint béni soit-Il, et "la part de Hachem, c'est Son peuple" (Devarim 32,9), et il est impossible de l'en détacher en quoi que ce soit. Seul le commencement vient de la 'hokhma qui est dans le cerveau, et cela par la montée de pensées étrangères en elle, jusqu'à ce qu'il y ait oubli.

Car dans le cerveau il n'y a pas de mal, puisque le commencement du mal est dans le cœur, où se trouve la demeure du mal ; seulement, la force du mal s'épanche jusque là depuis le cœur pour faire oublier, à tout le moins, et cette chose-là est elle aussi un mal, comme il est dit dans Chabbat (149b) : "'pas bon' ne désigne rien d'autre que le mal". Et voilà le commencement du mal : l'oubli du bien.

Et il conclut : "parce que (ékev) vous n'écouterez pas la voix de..." (Devarim 8,20) ; et la voix de Hachem, ce sont les voix du don de la Torah (matan Torah), comme il est dit dans le Zohar (tome I, 50b, et en d'autres endroits) que "la voix, c'est la Torah écrite" (Torah chebikhtav). Car les voix du Saint béni soit-Il sont vivantes et subsistent à jamais et pour les siècles des siècles.

Et ces voix-là se trouvent encore aujourd'hui pour qui veut y prêter l'oreille. Et ce sont elles, les pensées qui montent au cœur de chacun à chaque fois, de revenir vers le Saint béni soit-Il et de savoir "Je suis..." (Chemot 20,2) et "tu n'auras pas..." (Chemot 20,3).

Et la voix (kol) est le général, et la parole (dibour) le particulier, comme il est dit dans le Zohar au début de Chemot. C'est pourquoi la Torah écrite est appelée voix, et la Torah orale (Torah chebe'al pe) parole.

De même, ce qui est fait entendre au cœur ne l'est que de manière générale : connaître Sa divinité, béni soit-Il, et Le rechercher - "si... tu la recherches, alors tu comprendras..." (Michlei 2,4-5) - par la bina qui est dans le cœur de l'homme, dans le détail des détails, selon ce dont il a besoin. De même les anges "font entendre avec crainte, ensemble, à haute voix, les paroles du D.ieu vivant..." (liturgie de Yotsèr Or).

Et cela est certainement entendu par tout homme d'Israël qui prépare à cela les oreilles de son cœur avec crainte : il entend alors des paroles du D.ieu vivant (divrei Elokim 'hayim), c'est-à-dire des paroles de Torah, ainsi nommées dans le langage de nos Sages, de mémoire bénie, comme il est dit (Erouvin 13b) : "celles-ci et celles-là sont paroles du D.ieu vivant". Et "à haute voix (bekol)", c'est de manière générale la volonté du Saint béni soit-Il en ce jour-là, car les anges n'en savent pas davantage.

Car la Torah orale est en bas, entre les mains des sages d'Israël, et les détails sont clarifiés par les hommes en ce jour-là. Et puisque le Saint béni soit-Il est appelé Elokim, maître de toutes les forces, on emploie à Son sujet le mot "divrei" (les paroles de), qui est la parole dans le détail.

Et comme je l'ai entendu au sujet de "Il comprend, mais non par une bina connue" : que les anges n'ont pas de bina, c'est-à-dire le ressenti dans le cœur, car cela n'appartient qu'aux hommes, qui sont manquants et en ont besoin. Et le Saint béni soit-Il comprend comme l'homme, Il ressent, mais non par la bina, puisqu'Il n'est pas manquant.

C'est pourquoi les anges ne connaissent pas la parole (dibour), qui est le ressenti du cœur de chacun en particulier ; ils ne connaissent que la voix, en général, et cela n'est pas entendu par les hommes. Et comme je l'ai entendu au sujet de "Il est sage, mais non par une 'hokhma connue" : que les anges, eux, possèdent la 'hokhma (et son sens est la faculté d'entendre la voix des paroles du D.ieu vivant), ce qui n'est pas le cas des hommes.

Et le Saint béni soit-Il est sage, mais non par la 'hokhma comme les anges. Et eux font entendre de manière générale, ce qui est la 'hokhma, c'est-à-dire ce que l'on a reçu d'autrui.

Et ensuite, par la bina et le ressenti du cœur, l'homme saisit les détails qui sont dans les paroles du D.ieu vivant, chacun selon son niveau, et "celles-ci et celles-là sont paroles du D.ieu vivant" bien qu'elles diffèrent dans les détails, dans la Torah orale. Et cette chose requiert la crainte.

Car le sens de "anges", ce sont toutes les sortes de forces qui sont dans le monde, lorsqu'elles sont dépouillées du vêtement matériel du monde de Assiya et qu'elles se tiennent seulement au degré de Beria et de Yetsira, c'est-à-dire la spiritualité de cette force-là, sans la composition qui lui donnerait la faculté du libre choix ; et toutes les sortes de forces sont incluses dans l'homme. Et lorsqu'il éveille les forces de son cœur vers le Saint béni soit-Il - et cela se fait par la crainte du Ciel (yirat chamayim), car "tout est entre les mains du Ciel hormis la crainte du Ciel" (Berakhot 33b), et c'est en cela que réside la force d'éveil de l'homme - alors se révèle à lui, de manière générale, la volonté du Saint béni soit-Il en ce jour-là, sans son étude ; et ensuite, par son étude et par sa bina, il clarifie cette chose dans les chambres de son cœur.

Mais quoi qu'il en soit, il s'éveille à cela du côté des forces incluses en lui, qui s'éveillent par la crainte du Ciel. Mais les voix du don de la Torah, qui sont les voix du Saint béni soit-Il Lui-même, celles-là ne s'entendent que par la seule préparation à y prêter l'oreille.

[Et de ces voix-là provient la bat kol (voix céleste) qui sort chaque jour du mont Horev : "Malheur aux créatures, à cause de l'outrage fait à la Torah" (Avot 6,2), comme je l'ai écrit ailleurs : la bat kol est le revers de la voix, un écho qui revient (kala dehadra) ; car du fait que ces voix du don de la Torah sont entendues par ceux qui écoutent, l'écho qui revient de ces auditeurs est "Malheur..." à l'adresse de ceux qui n'écoutent pas. Et cela est entendu par tout homme proche des sages, comme il est écrit : "L'oreille... au milieu des sages..." (Michlei 15,31).] Et cela est facile ; c'est pourquoi il est dit "parce que (ékev) vous n'écouterez pas...".

Et il a commencé au singulier et conclu au pluriel, car l'absence d'écoute de la multitude cause l'oubli à l'individu qui, lui, écoute, comme ci-dessus, section 219. Et j'ai entendu qu'il a dit également, au sujet de l'oubli, que "vehaya" (et il adviendra) est un terme de joie, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Bereshit Rabba, ch.

42) ; car bien qu'en ce monde-ci cela entraîne des fautes et que l'on en soit puni, en toute vérité il en découle cependant une grande joie pour l'avenir : lorsque tout sera réparé (tikoun), alors cela sera clarifié.

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