צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 220

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les remèdes aux pensées étrangères et aux hirhourim (pensées intrusives) sont les tsitsit et les tefilin. Rabbi Tsadok enseigne qu'Avraham ne voulait rien de ce monde sinon ce que le Nom béni lui donnerait, et ses fils ont mérité le fil de tékhélet et la retsoua des tefilin. Les tsitsit rappellent le joug du Ciel pour rabrouer le yetser et repousser la pensée, sans la déraciner : or makif (lumière enveloppante), degré de Keter. Les tefilin sont cette lumière par une devekout (attachement) complète et méritent le Daat, mida de Moché. À la prière, qu'il s'attache au Nom béni et mette les tefilin ; le jour, les tsitsit pour se souvenir de repousser ces pensées.

Aussi : la propreté du corps annule les pensées étrangères ; on s'écarte des excréments d'un petit enfant parce que ses pensées sont mauvaises ; se soulager et se laver les mains font partie de l'acceptation du joug du Ciel

‏[רכ] העצות למחשבות זרות והרהורים הוא מצות ציצית ותפילין וכמ"ש (סוטה יז.) בשכר אם מחוט ‏ועד שרוך נעל זכו בניו לחוט של תכלת ורצועה של תפילין. כי שורש כל הדמיונות ומחשבות זרות ‏הוא רק בלב חומד לעניני עוה"ז אבל הנקי מזה לגמרי כאברהם אע"ה שמדתו זיכוך האהבות ‏והתאות בלתי לה' לבדו ונתברר אז כמ"ש אם וגו' ולא תאמר אני העשרתי וגו' כי לא רצה בשום ‏דבר מעניני עולם הזה רק מה שהש"י יתן לו בשביל כן זכו בניו לב' מצות אלו השומרות אותם גם כן ‏מזה.

בציצית מפורש וראיתם אותו וגו' ולא תתורו וגו'. ולשון ולא תתורו משמע לא שיעקר ההרהור ‏מלב לגמרי רק שיהיה בכחו לדחותו.

כי כל זמן שהאדם נזכר בעול מלכות שמים ועול תורה ועול ‏מצות שעליו יכול בקל לגעור ביצר ולדחות כל מחשבת חוץ מזה. רק פעולת היצר להשכיחו מזה ‏וכמו שאמרו (נדרים לב:) דבשעת יצר רע לית דמדכר ליצר טוב שנאמר ואדם לא זכר וגו' ‏שהמחשבת הטובות של יחוד הבורא יתברך נשכחות מן הלב אז ואין נזכר מהם ועל זה הוא מצות ‏ציצית להזכירו כמ"ש בזוהר סוף פר' שלח שהוא הרצועה לאלקאה בישיא ומעוררת היראה על ‏האדם וע"י זה מתבטלים כל חמדות עולם הזה כשנזכר גם מיראת העונש ע"י חוט תכלת ואין צריך ‏לומר מיראת הרוממות ע"י חוט לבן.

וזה שאמרו (מנחות מג:) וזכור מצוה אחרת התלויה בה ואיזו ‏זו ק"ש כי על ידי היראה הוא מקבל עליו עול מלכות שמים וזוכה לאהבה דואהבת ואח"כ לוקשרתם ‏דתפילין. כי ציצית אינו אלא לבוש שמתעטף בו רוב גופו דהשורש לא נתנקה עדיין רק שמעוטף ‏בלבוש של יראת שמים המזכירו בכל עת לבלתי לתור אחר הרהורים זרים.

והוא כמו אור מקיף ‏מהש"י שמקיפו ומעוררו לזכור בהש"י ובתורתו ולא תתורו כו'. וידוע דאור מקיף הוא מדרגת הכתר ‏פי' שורש הנעלם של מקור הולדת המחשבות איך הם נולדים מאמתות רצון הש"י.

ואם הוא דבוק ‏שם בהש"י אז אורו מקיפו וכל מחשבותיו ורצונותיו הנמשכים מזה הוא בלתי לה' לבדו. וזהו ‏התפילין שהוא גם כן לבוש ואור מקיף רק שהוא בקשירה ודביקות לגמרי.

וידוע דבחיצונות הכתר ‏הוא משלים מנין הי' ספירות ובפנימיות הדעת יורש חלקו. ומי שזוכה לאור מקיף המקושר ודבוק ‏עם מחשבות המות ע"י תפילין של ראש ורצונות הלב ע"י תפילין של יד נגד הלב אז זוכה לדעת ‏שהוא מדת משה רבינו ע"ה שהי' נקי לגמרי מכל דמיונות ומחשבות זרות כנ"ל אות ר"ד.

וזהו ‏תפילין צריכין גוף נקי שיהי' נקי לגמרי מכל תשוקות של עניני עוה"ז [וגם כפשטי' הנקיות בגוף ‏מבטל מחשבות זרות וכמ"ש בירושלמי ברכות (פ' ג ה' ה) דלכך מרחיקין מצואת קטן לפי ‏שמחשבותיו רעות. ועיקר מה שנקרא מחניך קדוש בהרחקת הצואה הוא מפני המחשבות זרות ‏ורעות שבאות משם שהקדושה הפוכו.

ולכן אמרו (ברכות טו.) יפנה ויטול כו' זהו קבלת עול מלכות ‏שמים שלימה גם יפנה מכלל הקבלת עול מלכות שמים]. ולכך הוא מרופה בידינו כי דבר זה רחוק ‏לזכות לכך ולא קם כמשה.

ועכ"פ בעת תפלה יראה שיגיע לכך להיות דבוק בהש"י לגמרי בכל ‏לבבך ובכל נפשך ובכל מאודך ודי בהנחת תפילין אז. ובכל היום יסתפק בעטיפת הציצית להיות ‏נזכר עכ"פ לדחות כל מחשבות זרות שתפגענו:

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[220] Les remèdes aux pensées étrangères et aux hirhourim (pensées intrusives), ce sont les mitsvot des tsitsit et des tefilin, comme il est dit (Sota 17a) : en récompense de 'ni un fil ni une lanière de sandale' (Bereshit 14,23), ses fils ont mérité le fil de tékhélet (le fil teint de bleu-pourpre des tsitsit) et la retsoua (lanière) des tefilin. Car la racine de toutes les imaginations et des pensées étrangères n'est que dans un cœur qui convoite les affaires de ce monde-ci ; mais celui qui en est totalement pur, comme Avraham notre père, la paix sur lui, dont la mida (mesure, attribut) est l'épuration des amours et des désirs pour qu'ils ne soient à nul autre qu'à ה' seul - et cela fut alors clarifié, comme il est écrit 'si... ' et 'afin que tu ne dises pas : c'est moi qui ai enrichi Avram' (Bereshit 14,23), car il ne voulait rien des affaires de ce monde, sinon ce que le Nom béni lui donnerait - c'est pour cela que ses fils ont mérité ces deux mitsvot, qui les gardent elles aussi de cela.

Pour les tsitsit, c'est explicite : 'et vous le verrez... et vous n'explorerez pas après votre cœur et après vos yeux' (Bamidbar 15,39). Et l'expression 'vous n'explorerez pas' implique non pas que la pensée soit déracinée du cœur entièrement, mais seulement qu'il soit en son pouvoir de la repousser.

Car aussi longtemps que l'homme se souvient du joug du royaume des cieux, du joug de la Torah et du joug des mitsvot qui repose sur lui, il peut aisément rabrouer le yetser (penchant) et repousser toute pensée étrangère à cela. Seulement, l'œuvre du yetser est de le lui faire oublier, comme ils ont dit (Nedarim 32b) qu'à l'heure du mauvais penchant nul ne se souvient du bon penchant, ainsi qu'il est dit 'et nul ne se souvint de cet homme pauvre' (Kohelet 9,15) : les bonnes pensées de l'unité du Créateur béni sont alors oubliées du cœur, et l'on ne s'en souvient plus.

C'est pour cela qu'est la mitsva des tsitsit, pour le lui rappeler, comme il est écrit dans le Zohar à la fin de la paracha Shelah, qu'ils sont la lanière qui frappe les mauvais, et qu'ils éveillent la crainte sur l'homme ; et par cela s'annulent toutes les convoitises de ce monde, lorsqu'il se souvient - fut-ce par la crainte du châtiment, au moyen du fil de tékhélet, et à plus forte raison par la crainte de l'exaltation (yirat haromémout), au moyen du fil blanc. Et c'est ce qu'ils ont dit (Menahot 43b) : 'et souviens-toi d'une autre mitsva qui dépend d'elle ; et laquelle est-ce ?

C'est le Chema.' Car par la crainte il accepte sur lui le joug du royaume des cieux, et il mérite l'amour de 'et tu aimeras', et ensuite le 'et tu les attacheras' des tefilin. Car les tsitsit ne sont qu'un vêtement dont il enveloppe la plus grande part de son corps : la racine, elle, n'a pas encore été purifiée, seulement il est enveloppé d'un vêtement de crainte du Ciel qui lui rappelle à tout instant de ne pas partir explorer après des pensées étrangères.

Et c'est comme une or makif (lumière enveloppante) venue du Nom béni, qui l'entoure et l'éveille à se souvenir du Nom béni et de sa Torah, 'et vous n'explorerez pas' etc. Et il est connu que la lumière enveloppante est le degré de Keter (la séfira suprême, la couronne), c'est-à-dire la racine cachée de la source où naissent les pensées, comment elles naissent de la vérité de la volonté du Nom béni.

Et s'il est attaché là au Nom béni, alors sa lumière l'entoure, et toutes ses pensées et toutes ses volontés qui en découlent ne sont à nul autre qu'à ה' seul. Et ce sont là les tefilin, qui sont eux aussi un vêtement et une lumière enveloppante, seulement qu'ils le sont par un lien et un attachement (devekout) complets.

Et il est connu que, dans l'extériorité (hitsoniout), Keter complète le compte des dix séfirot, tandis que dans l'intériorité (pénimiout) c'est Daat qui hérite de sa part. Et celui qui mérite la lumière enveloppante liée et attachée aux pensées du cerveau (moah) par les tefilin de la tête, et aux volontés du cœur par les tefilin du bras placés face au cœur, celui-là mérite le Daat, qui est la mida de Moché notre maître, la paix sur lui, lequel était totalement pur de toutes imaginations et pensées étrangères, comme ci-dessus section 204.

Et c'est le sens de : 'les tefilin requièrent un corps pur' - qu'il soit totalement pur de tous les désirs pour les affaires de ce monde-ci. [Et aussi selon le sens simple : la propreté du corps annule les pensées étrangères, comme il est écrit dans le Yéroushalmi Berakhot (chapitre 3, halakha 5), que c'est pour cela que l'on s'écarte des excréments d'un petit enfant, parce que ses pensées sont mauvaises.

Et l'essentiel de ce qui est appelé 'que ton camp soit saint' (Devarim 23,15) dans l'éloignement des excréments, c'est à cause des pensées étrangères et mauvaises qui en proviennent, car la sainteté en est l'opposé. Et c'est pourquoi ils ont dit (Berakhot 15a) : 'qu'il se soulage, qu'il se lave les mains...' - voilà l'acceptation parfaite du joug du royaume des cieux ; le 'qu'il se soulage' fait lui aussi partie de l'acceptation du joug du royaume des cieux.] Et c'est pourquoi cette mitsva est faible entre nos mains, car il est loin d'y parvenir, et 'il ne s'est plus levé en Israël de prophète comme Moché' (Devarim 34,10).

En tout cas, à l'heure de la prière, qu'il veille à y parvenir, à être attaché au Nom béni entièrement, 'de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir' (Devarim 6,5), et il suffit alors de mettre les tefilin à ce moment-là. Et tout le long du jour, qu'il se contente de s'envelopper des tsitsit, pour se souvenir à tout le moins de repousser toutes les pensées étrangères qui viendraient à sa rencontre.

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