צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 219

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« Qui ajoute de la connaissance ajoute de la douleur » : selon la supériorité de la connaissance (daat) et de la sagesse, les imaginations se renforcent dans le cerveau et le cœur. Rabbi Tsadok reprend « la sagesse est entrée, la ruse est entrée » : plus on est grand, plus le mauvais penchant (yetser hara) est grand. Celui qui le maîtrise entièrement voit cette force se répandre dans les gens de sa maison ; le roi extrait le bien d'avec le mal de tous les penchants d'Israël, et ils sont réparés (tikoun). Les commandements sont six cent treize conseils contre le penchant du cœur ; la sagesse du commandement en fait de la Torah, fixée dans le cœur pour toujours.

Aussi : les commandements supplémentaires des kohanim face au penchant d'Aharon, saint des saints ; le séfer Torah sur le cœur du roi, comme les tefilin ; les kémiot qui font entrer en soi le verset de guérison

‏[ריט] כפי יתרון הדעת והחכמה שבאדם כך מתגברים לעומתן הדמיונות במוחו ולבו כענין יוסיף ‏דעת וגו'. וכן עץ הדעת טוב ורע ע"י שנכנס בו דעת טוב נכנס ג"כ ההיפך וכמ"ש (סוטה כא:) נכנסה ‏חכמה נכנסה ערמומיות שנא' אני וגו' ערמה.

ואמרו בסנהדרין (ע:) אין התינוק יודע לקרות או"א עד ‏שטועם דגן ונמצא אז נכנס בו דעת וחכמה ואז מרחיקין מצואתו (סוכה מב:) ומפורש בירושלמי ‏ברכות (פ' ג ה' ה) הטעם שמחשבותיו רעות. וכן שמעתי כי בי"ג שנה שנכנס יצ"ט שאז היצ"ר ‏מתגבר וכן אמרו (סוכה נב.) כל הגדול מחבירו כו'.

ומי שמתגבר וכובש יצרו לגמרי ע"ז נא' אויבי ‏איש אנשי ביתו. שהיצ"ר נקרא שונא כמ"ש (שם) [וכן במד' (בר"ר פר' נד) נדרש מקרא זה איצר] ומי ‏שכאיש גבורתו להתגבר נגדו אז כח היצר שלו מתפשט באנשי ביתו ומקורביו שמכח היצר הרועש ‏בקרבם נכנסים לו ג"כ דמיונות תוהו וכפי גדלו כך מתרבים אנשי ביתו שרי עשרות וחמשים ומאות ‏ואלפים.

ומלך שכל ישראל עבדיו וכל מיני יצרים שבכל א' מישראל הם מולידים דמיונות בו והוא ‏צריך לחלצם הטוב מהרע ועי"ז נתקנים ממילא אותם האנשים ג"כ. וע"ז ביקש דוד המע"ה מאויבי ‏תחכמני מצותיך וגו' כי לעמוד על חכמת המצות א"א רק ע"י התחבולות איך לינצל מיצר מחשבות ‏לבו.

שהתרי"ג מצות הם תרי"ג עיטין לזה (זח"ב פב ב) ולכן א' למלה"ש יצ"ר יש ביניכם כו' (שבת ‏פט.) ורק ע"י היצר המתגבר אז סומך על חכמת ועצות המצות איך הם מצילות אותו מזה. וכהנים ‏רבה בהן הכתוב מצות יתירות לפי שנבדל אהרן להקדישו קודש קדשים לעומתו ג"כ היצר מובדל ‏מיצר מחשבות אחרים.

וצריך עצות יתירות להשמר ממנו. ומצות המלך הם להנצל מיצר הכללי ‏דכללות ישראל ולכן צריך הס"ת על לבו (כמ"ש סנהדרין כא:

וע' כ"מ רפ"ג מה' מלכים) פי' ע"ד ‏תפילין ומזוזות שהנחת אותו כתב מועיל להכניס בביתו ובחדרי מוחו ולבבו באמת אותם דברים ‏הכתובים. ומזה הם סגולות הקמיעות שכותבים אותם פסוקים שנא' שם רפואת וישועת אותו דבר ‏שצריך לו ונושאה עליו ומועיל להכניסה באמת בקרבו [ועי' לעיל אות צ"ח.

ושמעתי כי כל פעולתן ‏ענינם ע"ד קציבת העץ הנ"ל אות רי"ב. ומה שמשנים סדר צירוף האותיות בפשוט הטעם משום ‏דאסור להתרפאות בד"ת.

וגם כדי להעלים כי דרך הנס לבוא בחשאי] ועד"ז א' בב"ק (יז.) הנחת ‏ס"ת לומר קיים זה כו' ובחיים מועיל להכניס באמת בלב קיום כל מה שכתוב בזה והיינו כל התורה ‏כולה שהוא תבלין לכללות היצר כולו של כל העולם כולו. וסיים כי לעולם הוא לי לפי שא' בסוטה ‏‏(כא.

לרב יוסף) דרק בעידנא דעסיק במצוה מצלי. רק כשעומד על החכמה שיש במצוה אז נעשה מן ‏המצוה ג"כ תורה כי עיקר התורה ע"מ לעשות היינו הלימוד להבין חכמת המצות וכשמוציא לפועל ‏במעשה אז הוא שלימות התורה ונקבע בלב גם בעידנא דלא עסיק.

וז"ש שתחכמני לדעת כי לעולם ‏היא לי ולא רק בעידנא דעסיק: ‏

[219] Selon la supériorité de la connaissance (daat) et de la sagesse qui se trouvent dans l'homme, ainsi se renforcent en face d'elles les imaginations dans son cerveau et dans son cœur, comme dans le propos "qui ajoute de la connaissance [ajoute de la douleur]" (Ecclésiaste 1,18). De même l'arbre de la connaissance du bien et du mal : du fait qu'y est entrée la connaissance du bien, y est entré aussi son contraire, et comme il est dit (Sota 21b) : "la sagesse est entrée, la ruse est entrée", car il est dit "moi, la sagesse, j'habite avec la ruse" (Proverbes 8,12).

Et ils ont dit dans Sanhédrin (70b) que l'enfant en bas âge ne sait pas appeler son père et sa mère avant d'avoir goûté du grain ; il se trouve donc qu'alors entrent en lui la connaissance et la sagesse, et c'est alors que l'on s'écarte de ses excréments (Souka 42b) ; et la raison en est explicitée dans le Talmud de Jérusalem, Berakhot (chapitre 3, halakha 5) : parce que ses pensées sont mauvaises. Et de même j'ai entendu qu'à treize ans, ou entre le bon penchant (yetser tov), c'est alors que le mauvais penchant (yetser hara) se renforce ; et de même ils ont dit (Souka 52a) : "quiconque est plus grand que son compagnon, son penchant est plus grand que lui", etc.

Et celui qui prend le dessus et maîtrise entièrement son penchant, c'est à son sujet qu'il est dit : "les ennemis de l'homme sont les gens de sa maison" (Michée 7,6) ; car le mauvais penchant est appelé "ennemi", comme il est dit là-bas [et de même dans le Midrach (Bereshit Rabba, section 54) ce verset est interprété comme portant sur le penchant (yetser)]. Et celui qui, "tel l'homme, telle sa force" (Juges 8,21), a la vaillance de l'emporter contre lui, alors la force de son penchant se répand dans les gens de sa maison et dans ses proches, de sorte que, par la force du penchant qui gronde en eux, entrent en lui aussi des imaginations de vide (tohou) ; et selon sa grandeur, ainsi se multiplient les gens de sa maison : chefs de dizaines, de cinquantaines, de centaines et de milliers (Exode 18,21).

Et un roi, dont tout Israël est le serviteur : toutes les sortes de penchants qui sont en chacun d'Israël engendrent en lui des imaginations, et il lui faut en extraire le bien d'avec le mal, et par cela ces hommes-là se trouvent eux aussi réparés (tikoun) d'eux-mêmes. Et c'est à ce sujet que David, le roi, la paix sur lui, a demandé : "de mes ennemis Tes commandements me rendent sage", etc.

(Psaumes 119,98) ; car parvenir à la sagesse des commandements est impossible autrement que par les stratagèmes permettant d'échapper au penchant des pensées de son cœur (Genèse 6,5), car les six cent treize commandements (taryag mitsvot) sont six cent treize conseils (taryag itin) pour cela (Zohar II, 82b). Et c'est pourquoi il fut dit aux anges de service : "y a-t-il parmi vous un mauvais penchant ?", etc.

(Chabbat 89a) ; et ce n'est que par le penchant qui se renforce qu'il s'appuie alors sur la sagesse et sur les conseils des commandements, sur la manière dont ils le sauvent de cela. Et pour les kohanim, l'Écriture a multiplié à leur égard des commandements supplémentaires : parce qu'Aharon a été mis à part pour être consacré saint des saints (I Chroniques 23,13), en face de cela son penchant lui aussi est distinct du penchant des pensées des autres, et il lui faut des conseils supplémentaires pour s'en garder.

Et les commandements du roi sont pour échapper au penchant général de l'ensemble d'Israël, et c'est pourquoi il lui faut le rouleau de la Torah (séfer Torah) sur son cœur (comme il est dit dans Sanhédrin 21b, et voir le Kessef Michne au début du chapitre 3 des Lois des rois) : c'est-à-dire à la manière des tefilin et des mézouzot, où le fait de poser cet écrit sert à faire entrer dans sa maison et dans les chambres de son cerveau et de son cœur, en vérité, ces choses mêmes qui y sont écrites. Et de là viennent les vertus (ségoulot) des amulettes (kémiot), où l'on écrit les versets dans lesquels est mentionnée la guérison et la délivrance de la chose même dont il a besoin, et il la porte sur lui, et cela sert à la faire entrer véritablement en lui [et voir plus haut, alinéa 98.

Et j'ai entendu que toute leur action est de la nature de la coupe du bois mentionnée plus haut, alinéa 212 (voir II Rois 6,6). Et quant au fait que l'on modifie l'ordre de la combinaison des lettres, la raison en est simplement qu'il est interdit de se soigner par des paroles de Torah ; et aussi afin de dissimuler, car la voie du miracle est de venir en secret].

Et dans le même sens il est dit dans Baba Kama (17a) : on pose le rouleau de la Torah [sur le cercueil du mort] pour dire : "celui-ci a accompli ce qui est écrit dans celui-là", etc. ; et du vivant de l'homme cela sert à faire entrer véritablement dans le cœur l'accomplissement de tout ce qui est écrit dans ce rouleau, c'est-à-dire la Torah tout entière, qui est le remède (tavlin, "l'épice") pour l'ensemble du penchant tout entier du monde tout entier. Et il a conclu : "car elle est à moi pour toujours", parce qu'il est dit dans Sota (21a, au nom de Rav Yossef) que ce n'est qu'au moment où l'on est occupé au commandement qu'il protège ; ce n'est que lorsque l'on parvient à la sagesse qui se trouve dans le commandement que du commandement se fait aussi de la Torah, car l'essentiel de la Torah est "afin de faire", c'est-à-dire l'étude visant à comprendre la sagesse des commandements ; et lorsqu'il la met en œuvre dans l'acte, c'est alors la perfection de la Torah, et elle se fixe dans le cœur même au moment où l'on n'est pas occupé [au commandement].

Et c'est ce que dit le verset : "Tu me rends sage" - pour savoir que "elle est à moi pour toujours", et non pas seulement au moment où l'on y est occupé.

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