Chaque jour il y a des nouveautés de Torah, car D.ieu renouvelle constamment l'œuvre de la Création, faite par la Torah, et ce renouvellement aussi se fait par ces nouveautés. Rabbi Tsadok enseigne qu'après « Yotsèr haméorot » on a institué une bénédiction semblable à celle de la Torah, pour connaître les nouveautés de Torah. Heureux qui les atteint dans le Chema, parole de Torah : par la parole dans les paroles de Torah, il atteint les nouveautés de chaque jour. Les Sages ont institué la prière pour recevoir l'abondance renouvelée. Les jours ouvrables sont l'étude approfondie et l'iyoun tefila ; le Chabbat est repos, avant-goût du monde à venir.
Aussi : le Nom a fait un livre, le monde, et un commentaire, la Torah ; les trois repas de Chabbat : hakal tapouhin (Noukva), Atika Kadicha et Zeir Anpin ; la subsistance des érudits à l'image de la manne
[רטז] בכל יום יש חידושי תורה שהש"י מחדש בכל יום תמיד מעשה בראשית. ומעשה בראשית הוא ע"י התורה כמ"ש בריש בר"ר ומסתמא גם החידוש הוא ע"י חידושי תורה.
ולכך אחר ברכת יוצר המאורות שהוא ההכרה בחידוש מע"ב בכל יום תיקנו ברכה שני' שהוא כמו ברכת התורה כמ"ש בברכות (יא:) שמבקש לידע החידושי תורה שהוא ע"י חידושי מע"ב [וכמו ששמעתי כי הש"י עשה ספר והוא העולם ופי' על אותו ספר והוא התורה כי התורה כמו מפרש קניני הש"י בנבראים] ואשרי מי שזוכה להשיג זה אח"כ בק"ש שהוא הלימוד תורה הקבוע בכל יום וכמ"ש (מנחות צט:) דבק"ש שחרית וערבית קיים לא ימוש. וק"ש דבר תורה תפלה אינו ד"ת (כמ"ש ברכות כא.) כי רצון הש"י שישיגו בק"ש שהוא מצות לדבר בם וגו' ע"י הדבור בד"ת ישיג החידושין של כל יום.
וכן רשב"י וחביריו שתורתן אומנתן אין מפסיקין לתפלה (שבת יא.) כי היו יודעים בכל יום חידושי תורה שמתחדש בכל יום תמיד כפי החידושין שבמע"ב. אבל חכמים שהם ידעו שלא כל א' זוכה לכך תקנו התפלה לבקש מהש"י שיחננו לזכות ולקבל השפע המחודש שבכל יום.
ולכן א' (תקו"ז תי' כב) לבושין דלבש בצפרא כו' שאינו דומה תפלה לחברתה. והיינו כמו שאינו דומה המלוי והמבוקש לחברתה כך הבקשה והתשוקה שמקבלת כפי המבוקש.
כי באמת גם התפלה מהש"י וכמו שאומרים מקודם אדני שפתי תפתח וכפי החידושין דאותו יום כך הוא פתיחת פיו בתפלתו ותשוקתו. ובכל ימי המעשה הוא זמן העבודה בעיון ויגיעה בד"ת ועיון תפלה.
ובא שבת בא מנוחה כמ"ש בשבת (קיט רע"ב) במטותא מינייכו לא תחללוני גם ע"י לימוד תורה ביגיעה נקרא חלול כי אז הוא מנוחה ומעין עוה"ב שנהנין מזיו מה שהש"י בעצמו משפיע להם. בלילה הוא חקל תפוחין פי' החשק שהוא מדת נוקבא כנודע וביום עתיקא קדישא הוא מדת אין פי' העדר החשק וכמ"ש בזוהר בשלח (נב ב) על מה תצעק אלי בעתיקא תליא שהוא השפעה בשורש נפש האדם שלמעלה מהשגות המורגשות בחכמה שבמוח וחשק שבלב.
ובסעודה ג' שהוא עם היציאה אז ז"א שהוא מדת קוב"ה הממלא להחשק והוא אז השפע היורד לצורך כל ימי השבוע ג"כ. ותיקנו ע"ז ג' סעודות כי המאכל קיום החיים וע"י האכילות כרצון הש"י הם נכנסים בלב מאחר שהש"י יסד המאכל לקיום חיי האדם בודאי יש בו כח חיות המחי' לו.
וגם במאכל דחול יש שייכות כד"ש בב"ק (עא סע"ב) האי דלא אמרי לך מאורתא משום דלא אכלי בשרא דתורא. ואמרו (מכילתא ר"פ בשלח) לא ניתנה תורה אלא לאוכלי מן פי' שהוא לחם שמה"ש אוכלין ויש בו חיות רוחני עצום מאוד ועל ידו זוכה לד"ת הרבה.
ומסתמא כל ת"ח העוסקים בתורה שניתנה תורה להם הם אוכלי מן כמ"ש כל המקבל עול תורה מעבירין עו"מ ועול ד"א ופרנסתו הוא דוגמת מן ויש בו ודאי אותו קדושה להכניס בלב חיות מאמיתות הש"י שעי"ז משיג ד"ת מאמיתות חכמתו ית' [וממ"ש במן ביום הו' לחם יומים נראה כי גם לענין השפעת בד"ת הוא בעש"ק שפע כפול והוא טעימה מהשפעת יום השבת וכמ"ש ג"כ לטעום המאכלות דשבת בע"ש. ושוב מצאתי כן בזוהר בשלח ס"א ב' ע"ש]:
[216] Chaque jour il y a des nouveautés de Torah (hidoushei Torah), car le Nom, béni soit-Il, renouvelle chaque jour, constamment, l'œuvre de la Création. Et l'œuvre de la Création se fait par le moyen de la Torah, comme il est écrit au début de Bereshit Rabba, et vraisemblablement ce renouvellement aussi se fait par le moyen des nouveautés de Torah.
C'est pourquoi, après la bénédiction 'Yotsèr haméorot' (Celui qui forme les luminaires), qui est la reconnaissance du renouvellement quotidien de l'œuvre de la Création, ils ont institué une deuxième bénédiction qui est comme la bénédiction de la Torah, comme il est dit dans Berakhot (11b), où l'on demande de connaître les nouveautés de Torah, lesquelles adviennent par les renouvellements de l'œuvre de la Création [et comme je l'ai entendu dire : le Nom, béni soit-Il, a fait un livre, et c'est le monde, et un commentaire sur ce livre, et c'est la Torah, car la Torah est comme l'explication des acquisitions du Nom, béni soit-Il, dans les créatures]. Et heureux celui qui mérite d'atteindre cela ensuite dans le Chema, qui est l'étude de la Torah fixée de chaque jour, comme il est dit (Menahot 99b) que par le Chema du matin et du soir on accomplit 'il ne s'écartera point' (Josue 1,8).
Et le Chema est parole de Torah, tandis que la prière n'est pas parole de Torah (comme il est dit dans Berakhot 21a), car la volonté du Nom, béni soit-Il, est que l'on atteigne cela par le Chema, qui est le commandement 'et tu parleras d'elles' etc. (Deutéronome 6,7) : par la parole dans les paroles de Torah, il atteint les nouveautés de chaque jour.
De même Rabbi Chimon bar Yohai et ses compagnons, dont la Torah était le métier, n'interrompaient pas pour la prière (Chabat 11a), car ils connaissaient chaque jour les nouveautés de Torah qui se renouvellent chaque jour, constamment, selon les renouvellements qui sont dans l'œuvre de la Création. Mais les Sages, qui savaient que tout un chacun ne mérite pas cela, ont institué la prière pour demander au Nom, béni soit-Il, de lui faire grâce de mériter et de recevoir l'abondance (chefa) renouvelée de chaque jour.
C'est pourquoi il est dit (Tikounéi Zohar, tikoun 22) 'les vêtements qu'Il revêt le matin' etc., qu'une prière ne ressemble pas à une autre. C'est-à-dire : de même que le remplissage et l'objet de la demande ne ressemblent pas à ceux d'une autre, ainsi en est-il de la demande et du désir qui reçoit selon ce qui est demandé.
Car en vérité la prière aussi vient du Nom, béni soit-Il, comme on dit auparavant 'Seigneur, ouvre mes lèvres' (Psaumes 51,17) : et selon les nouveautés de ce jour-là, telle est l'ouverture de sa bouche dans sa prière et dans son désir. Et durant tous les jours ouvrables, c'est le temps du service par l'étude approfondie et le labeur dans les paroles de Torah, et par la concentration dans la prière (iyoun tefila).
Et vient Chabat, vient le repos, comme il est dit dans Chabat (119b) : 'de grâce, ne me profanez pas' - même par l'étude de la Torah dans le labeur cela s'appelle profanation, car alors c'est le repos et un avant-goût du monde à venir, où l'on jouit de l'éclat (ziv) de ce que le Nom, béni soit-Il, Lui-même déverse sur eux. La nuit, c'est 'hakal tapouhin' (le champ des pommiers, aspect du repas du soir de Chabat), c'est-à-dire le désir, qui est la mesure de Noukva, comme on sait ; et le jour, c'est Atika Kadisha (l'Ancien saint), qui est la mesure de Ayin (le Néant), c'est-à-dire l'absence de désir, comme il est écrit dans le Zohar Béchalah (52b) sur 'pourquoi cries-tu vers Moi' (Exode 14,15) : cela est suspendu à Atika - car c'est une effusion à la racine de l'âme de l'homme, au-dessus des perceptions ressenties dans la sagesse qui est dans le cerveau et dans le désir qui est dans le cœur.
Et au troisième repas, qui accompagne la sortie de Chabat, c'est alors Zeir Anpin, qui est la mesure du Saint béni soit-Il, lequel remplit le désir, et c'est alors l'abondance qui descend pour le besoin de tous les jours de la semaine également. Et ils ont institué pour cela trois repas, car la nourriture est le maintien de la vie, et par les repas pris selon la volonté du Nom, béni soit-Il, ils entrent dans le cœur : puisque le Nom, béni soit-Il, a établi la nourriture pour le maintien de la vie de l'homme, il y a certainement en elle une force vitale qui le fait vivre.
Et dans la nourriture des jours ordinaires aussi il y a un rapport, comme ils ont dit dans Baba Kama (71b) : 'si je ne te l'ai pas dit hier soir, c'est parce que je n'avais pas mangé de viande de bœuf'. Et ils ont dit (Mekhilta, début de la parachat Béchalah) : la Torah n'a été donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne - c'est-à-dire que c'est le pain que mangent les anges du service, et il y a en lui une vitalité spirituelle extrêmement puissante, et par lui on mérite beaucoup de paroles de Torah.
Et vraisemblablement tous les érudits en Torah qui s'occupent de la Torah, eux à qui la Torah a été donnée, sont de ceux qui mangent la manne, comme il est dit (Avot 3,5) : quiconque accepte le joug de la Torah, on écarte de lui le joug de la royauté et le joug des occupations du monde ; et sa subsistance est à l'image de la manne, et il y a certainement en elle cette sainteté qui fait entrer dans le cœur une vitalité issue de la vérité du Nom, béni soit-Il, par quoi il atteint des paroles de Torah issues de la vérité de Sa sagesse, qu'Il soit béni. [Et de ce qui est dit au sujet de la manne, 'le sixième jour, du pain pour deux jours' (Exode 16,29), il apparaît que, pour ce qui est de l'effusion dans les paroles de Torah aussi, la veille de Chabat il y a une abondance double, et c'est un avant-goût de l'effusion du jour de Chabat, comme il est dit également de goûter les mets de Chabat la veille de Chabat.
Et j'ai ensuite trouvé ainsi dans le Zohar Béchalah 61b, vois-y.]