צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 213

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Celui qui est en manque et demande d'être comblé, il est impossible que le Saint béni soit-Il ne lui réponde pas : « Hachem est proche des cœurs brisés » (Tehilim 34,19). Rabbi Tsadok rapporte que « pauvre » ne se dit que du pauvre en daat (connaissance, discernement) : même sans savoir prier, il répand sa plainte (sih'o) en paroles du monde, depuis le brisement du cœur, et celle-là est agréée davantage. Tout homme d'Israël qui demande, même démesurément, obtiendrait à coup sûr, mais se satisfait ensuite de n'importe quoi. Il faut du daat pour rester en manque jusqu'à la délivrance entière. Yaabets n'accepta aucun apaisement tant que Hachem n'avait pas tout accordé, et Hachem le lui accorda aussitôt.

Aussi : la prière du pauvre dite minh'a, don et nayh'a (apaisement) reçu aussitôt ; le sih'o d'Its'hak, conversation de Torah ; « Rah'amana » : de Ta miséricorde, réponds-nous comme à celui-là, hors du jugement de la Torah

‏[ריג] מי שהוא חסר ומבקש השלמה א"א שהקב"ה לא יענהו וכמ"ש קרוב ה' לנשברי לב ואת דכאי ‏וגו' וכמ"ש בזוהר (ח"ג קצה א) דתפלה דעני כלל כל צלותין ובקעי רקיעין. ואין עני אלא בדעת ‏‏(נדרים מא.) אפי' אין יודע איך להתפלל ולרצות לקונו ולכ"א בו ולפני ה' ישפוך שיחו ושיחה פי' מילי ‏דעלמא ולא ד"ת [וביצחק נא' ג"כ לשוח בשדה כידוע דהוא עמוד התורה ושיחו אלו בעלי תורה שכל ‏שיחתן תורה (עירובין נד:) שייך שפיר שיחו] היינו שמדבר בלא דעת וישפוך ולא במתון ובסדר רק ‏שמתוך שבירות לבו שופך נפשו לה' ודברים בלתי מסודרים ושלא בדעת וזו מקובלת יותר.

ותפלה ‏במקום קרבנות ודעני נקרא מנחה שחשוב לפני הש"י מתנה ומנחה וגם הוא לשון נייחא כי הוא ‏מקבל תיכף הנייחא. וכמו ששמעתי דכל אחד מישראל שחסר לאיזה דבר ומבקש גם בהפלגה ‏‏[כד"ש (ברכות נ.) דבשאלה הרחב פיך ואמלאהו] הי' פועל בודאי רק שהוא מרוצה אח"כ בכל שהוא.

‏וצריך לזה דעת שלא להתרצות ולחשוב עצמו שאינו חסר רק בישועה שלימה. וזה עצת יעבץ שאמר ‏אם ברך וגו' וא' בתמורה (טז.) שאמר אם כו' ואם לאו הריני הולך כו' פי' שאמר שאינו מקבל שום ‏נייחא כלל כ"ז שלא יענהו הש"י ככל אשר שאל ובאם לאו הרי הולך ח"ו לשאול וחסר לגמרי.

והש"י ‏מוכן לעזור לנשברי לב ומיד ויבא אשר שאל ומלשון הגמ' מיד מבואר דפועל תיכף. ואנו מבקשים ‏רחמנא דעני לתבירא לבא ולמכיכי רוחא ענינא.

דבאמת לזה גופה צריך סייעתא דשמיא להיות לב ‏נשבר ושלא להתרצות בשום דבר רק בישועה גמורה. וע"ז מבקשים רחמנא כו' כד"ש לעיל אות ‏רי"ב מקציבת העץ.

שהרי ענית לפלוני בדבר זה והושיע גם לנו אע"פ שאין אנו כמוהו מאי נ"מ לך ‏כענין אם צדקת מה תתן לו וגו' כי לאמיתות רצון הש"י מנ"מ בין צדיק לרשע וכ"ש בזה. רק זהו מצד ‏הנהגת התורה מצידה ראוי לענות לצדיק יותר וכן לנשבר לב יותר.

אבל בקשת רחמים הוא גם ‏שאינו משורת משפט התורה. וזהו רחמנא מצד מדת רחמנותך כמו שאנו רואים שאתה עונה לזה ‏כך ענה גם לנו:

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[213] Celui qui est en manque et qui demande d'être comblé, il est impossible que le Saint béni soit-Il ne lui réponde pas, comme il est écrit : "ה' est proche des cœurs brisés, et Il sauve les esprits abattus" etc. (Tehilim 34,19), et comme il est dit dans le Zohar (III, 195a) que la prière du pauvre englobe toutes les prières et fend les cieux.

Or "pauvre" ne se dit que du pauvre en daat (connaissance, discernement) (Nedarim 41a) : même s'il ne sait pas comment prier ni comment se rendre agréable à son Créateur. C'est pourquoi il est dit à son sujet : "et devant ה' il répand sa plainte (sih'o)" (Tehilim 102,1) ; et sih'a désigne les paroles ordinaires du monde, et non des paroles de Torah.

[Et pour Its'hak aussi il est dit "lassoua'h ba-sadeh", sortir s'épancher dans le champ (Bereshit 24,63) : comme on le sait, il est le pilier de la Torah, et "sih'o" vise alors les maîtres de Torah dont toute la conversation est Torah (Erouvin 54b) ; le terme sih'o lui convient donc parfaitement.] C'est-à-dire qu'il parle sans daat ; et "il répand" : non pas posément et dans l'ordre, mais c'est depuis le brisement de son cœur qu'il répand son âme devant ה', en des paroles désordonnées et sans discernement - et celle-là est agréée davantage. Et la prière tient lieu des sacrifices, et celle du pauvre est appelée minh'a (l'offrande végétale), car elle est tenue devant Hachem pour un don et un présent ; et c'est aussi un terme de nayh'a (apaisement, repos), car il reçoit aussitôt l'apaisement.

Et comme je l'ai entendu : tout homme d'Israël à qui manque quelque chose et qui demande, même démesurément [selon ce qui est dit (Berakhot 50a) qu'en matière de demande "élargis ta bouche et je la remplirai" (Tehilim 81,11)], obtiendrait à coup sur ; seulement, il se satisfait ensuite de n'importe quoi. Or il faut pour cela du daat : ne pas se laisser satisfaire et ne pas se tenir pour n'étant plus en manque tant que la délivrance n'est pas entière.

Tel est le conseil de Yaabets, qui dit : "Si Tu me bénis" etc. (Divrei Hayamim I 4,10) ; et il est dit dans Temoura (16a) qu'il déclara : "si" etc., "et sinon, me voici allant" etc. - c'est-à-dire qu'il déclara ne recevoir aucun apaisement, absolument aucun, tant que Hachem ne lui répondrait pas selon tout ce qu'il avait demandé, et que sinon, le voici allant, à D.ieu ne plaise, au Cheol, et privé de tout.

Et Hachem est prêt à secourir ceux qui ont le cœur brisé, et aussitôt "D.ieu lui accorda ce qu'il avait demandé" (Divrei Hayamim I 4,10) ; et du terme de la Guemara "aussitôt" il ressort clairement qu'il obtient sur-le-champ. Et nous demandons : "Rah'amana de-âne le-tvirei liba ou-le-makikhei rouh'a, anina" (Miséricordieux qui réponds aux cœurs brisés et aux esprits humbles, réponds-nous).

Car en vérité, pour cela même il faut une siyata di-chemaya (une aide du Ciel) : avoir le cœur brisé et ne se satisfaire de rien sinon d'une délivrance complète. Et c'est sur cela que nous demandons "Rah'amana" etc., selon ce qui a été dit plus haut, article 212, à partir de la coupe du bois (ketsivat ha-ets) : car Tu as bien répondu à untel en cette matière - sauve-nous donc aussi, bien que nous ne soyons pas comme lui ; quelle différence cela fait-il pour Toi ?

À la manière de "si tu es juste, que Lui donnes-tu ?" etc. (Iyov 35,7) - car pour ce qui est de la vérité de la volonté de Hachem, quelle différence y a-t-il entre un juste et un rasha (un mécréant), et à plus forte raison ici.

Seulement, cela relève de la conduite de la Torah : de son côté, il convient de répondre davantage au juste, et de même davantage à celui qui a le cœur brisé. Mais la demande de miséricorde porte aussi sur ce qui n'est pas selon la ligne du jugement de la Torah.

Et tel est le sens de "Rah'amana" : du côté de Ta mesure de miséricorde - de même que nous voyons que Tu réponds à celui-là, réponds-nous aussi.

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