צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 212

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La Torah et la prière ne sont que pour celui qui est en manque et demande d'être complété. Rabbi Tsadok dit que toutes deux commencent par la crainte, reconnaissance du manque, appelée noukva (le féminin). Par la Torah le comblement est immédiat et réjouit le cœur ; la joie est l'inverse de la crainte. Par la prière, lorsque Hachem désire cette chose et la retient pour la prière des justes, le comblement arrive aussitôt. Le service de la prière se fait dans la crainte, sauf si elle est coulante comme chez Rabbi Hanina ben Dossa ; « Servez Hachem dans la joie » seulement dans le Mizmor le-toda, où l'action de grâces s'accole à la prière.

Aussi : ne pas scruter sa prière, seulement « Espère en Hachem » ; trois louanges, douze demandes, trois dernières comme un salaire ; se confier au Nom au-dessus de la nature et s'appuyer sur « son D.ieu »

‏[ריב] התורה והתפלה שניהם רק למי שהוא חסר ומבקש השלמה ע"י התפלה או ע"י התורה שהיא ‏תבלין ליצ"ר וליישר החסרון שבלב. וכמ"ש בשבת (פט.) כלום יצה"ר יש ביניכם ולמה לכם אורה.

‏ולכן תחילת שניהם היראה כמו ששמעתי כי עיקר יראה פי' הכרת החסרון שמפני זה הוא מתיירא. ‏וכידוע דיראה נקרא נוקבא פי' שהיא חסירה ומבקשת השלמה.

וע"י תורה מיד הוא השלמת החסרון ‏כמ"ש פקודי וגו' משמחי לב ושמחה הוא היפוך היראה. אבל ע"י תפלה אם הוא כד"ש (תענית כה ‏סע"ב) אמר משיב הרוח ונשיב זיקא כו' עז"א ושמחתים בבית תפלתי שמיד מגיע המלוי ואז"ל ‏‏(ברכות ז.) תפלתם לא נאמר כו' כי גם הקב"ה מתפלל פי' מתאוה ורוצה לאותו דבר רק שמנעו ‏בשביל שמתאוה לתפלתן של צדיקים והוא מוכן לענות ומתאוה שיתפללו ויענו ותאותו של הש"י ‏היינו תפלתו ואז ושמחתים.

וע"ז א' אם שגורה כו' פי' במרוצה כי א"א להתפלל על דבר אא"כ הוא ‏חסר לה. ובודאי רחב"ד שהתפלל על חולים כ"כ עוררו רחמיו על אותו חולה עד שהי' חסר מאד ‏ומצפה לישועה.

ואם הי' פועל אז תיכף הי' מגיע השמחה ומלוי החסרון בלבו והי' יכול לרוץ ‏בתפלתו מתיבה לתיבה כדי להחיש הישועה. ואם לאו הי' עדיין עומד בחסרון ובציפוי ולא הי' אפשר ‏לו ללכת כלל מכל תיבה מן התפלה ולהרחיק ממנה מאחר שעדיין אין לו מלוי לחסרונו.

ואז"ל ‏‏(ברכות לב:) כל המעיין בתפלתו כו' שאין לאדם לבטוח כ"כ בבירור על התפלה רק קוה וגו' חזק וגו' ‏וקוה וגו'. ולכן נאמר עבדו וגו' ביראה שהעבודה דתפלה היא ביראה ולא בשמחה כי אינו בטוח כ"כ ‏אא"כ כרחב"ד כששגורה תפלתו.

וגילו ברעדה שאפי' כשבא לו שמחה א"א לבטוח כ"כ וצריך להיות ‏ג"כ ברעדה. רק במזמור לתודה נא' עבדו את ה' בשמחה כי בכל תפלה צריך להיות הודי' על העבר ‏וצעקה לעת"ל.

וזה טעם סמיכת גאולה לתפלה כמו ששמעתי על קציבת עץ דאלישע שצריך ‏להראות דבר שהש"י עושה כה"ג שהעץ צף ועי"כ יכול לבקש בחוזק שגם הברזל יציף כי מאי נ"מ ‏להש"י בין עץ לברזל. וכן צריך להזכיר הודי' על העבר שגאלתנו ומה שפעלת ישועות ועי"ז נבקש ‏גם עכשיו הושיענו מאי נ"מ לך בין אז לעכשיו.

ולכך בעת התודה והודאת העבר שבזה כבר הי' ‏המילוי שפיר נאמר בשמחה. ומכח זה יוכל להמשיך ג"כ שמחה על התפלה שודאי יענה מכח טענה ‏הנ"ל.

וזהו סמיכת גאולה לתפלה שיהי' תכופה לה ומחובר ומיוחדת לה. אז גם בתפלה יענה והוא ‏בן עוה"ב כי ברתא דמלכא דא צלותא היא מדת ארץ העליונה שנק' עוה"ב כמ"ש בר"פ חלק על ‏עוה"ב מקרא דלעולם ירשו ארץ.

ולכן תקנו ג' ראשונות בשבח הש"י לטעם הנ"ל מאחר שאתה יכול ‏על הכל ע"י זה מבקשים י"ב אמצעיות ואח"כ ג' אחרונות כעבד הנוטל פרס שבטוח על המילוי. ‏ובאמת יש לבטוח בה' שיענהו ויקבל תפלתו רק שלא יעיין בה וכד"ש יבטח בשם ה' וגו'.

ותחלתו מי ‏בכם ירא ה' וגו' פי' החסר ומבקש השלמה ע"י תפלה כמ"ש בברכות (ו:) ע"ז דרגיל לבוא לבהכנ"ס. ‏והיינו דשומע בקול עבדו הוא הש"ץ כנ"ל אות ר"י כעבד לפני המלך.

והלך חשכים ופי' שם לדבר ‏הרשות ובאמת חושך נקרא דבר עבירה רק נוגה הוא דבר הרשות כידוע מסוד הד' קליפות. רק ‏כונת הכתוב שבאמת אין לו נוגה ואפי' לדברי הרשות הוא חשכים כיון שעי"ז מונע ממצוה.

ואמר ‏יבטח וגו' פי' שם ה' הוא מה שלמעלה מהטבע כנודע בזה יבטח שיוכל להושיע למעלה משכלו. ‏ומ"מ זהו רק בטחון אבל ישען משען הוא יותר ומה שהוא בידו ונשען עליו זהו בא-להיו כידוע דשם ‏זה מורה על כחות המוטבעים בברואים וא-להיו ר"ל כחותיו שיש לו שנתן לו הש"י לכלכל עצמו ע"י ‏בכל צרכיו בעצות מד"ת וחכמה ועבודה בזה הוא עיקר השעינה.

ומ"מ יבטח בישועה שלמעלה ‏מכחו ג"כ כי אין מעצור לה' והן לא קצרה ידו מהושיע: ‏

[212] La Torah et la prière, toutes deux ne sont que pour celui qui est en manque et qui demande d'être complété, soit par la prière, soit par la Torah, laquelle est l'antidote (tavlin, littéralement l'assaisonnement) contre le yetser hara (le penchant au mal) et redresse le manque qui est dans le cœur. Comme il est dit dans Chabbat (89a) : 'Y a-t-il donc parmi vous un penchant au mal ?

Et pourquoi vous faudrait-il la lumière ?' C'est pourquoi le commencement de l'une et de l'autre est la crainte (yira), comme je l'ai entendu : car l'essentiel de la crainte signifie la reconnaissance du manque, et c'est à cause de cela même qu'il craint. Et comme on le sait, la crainte est appelée noukva (le féminin, dans le langage des sefirot), c'est-à-dire qu'elle est en manque et demande d'être complétée.

Or, par la Torah, le comblement du manque est immédiat, comme il est dit : 'Les ordonnances de ה' sont droites, elles réjouissent le cœur' (Psaumes 19,9) ; et la joie est l'inverse de la crainte. Mais par la prière : s'il en est comme il est dit (Taanit 25b, fin de la seconde colonne) : 'il dit "Il fait souffler le vent" et le vent souffla', etc., c'est de cela qu'il est dit 'Je les réjouirai dans Ma maison de prière' (Isaie 56,7), car aussitôt arrive le comblement.

Et nos maîtres ont dit (Berakhot 7a) : 'il n'est pas dit "leur prière" [mais "Ma prière"]', etc., car le Saint béni soit-Il aussi prie, c'est-à-dire qu'Il désire et veut cette chose même, sinon qu'Il l'a retenue parce qu'Il désire la prière des justes ; Il est prêt à répondre et désire qu'ils prient afin qu'on leur réponde. Et le désir de Hachem, c'est cela Sa prière ; et alors 'Je les réjouirai'.

Et c'est à ce propos qu'il a été dit : 'si elle est coulante [dans ma bouche]', etc., c'est-à-dire au pas de course ; car il est impossible de prier pour une chose à moins qu'elle ne lui fasse défaut. Et certainement Rabbi Hanina ben Dossa, qui priait pour les malades, voyait sa miséricorde s'éveiller à tel point pour ce malade qu'il en était lui-même en grand manque et dans l'attente du salut.

Et si [sa prière] agissait, alors aussitôt lui venaient la joie et le comblement du manque dans son cœur, et il pouvait courir dans sa prière d'un mot à l'autre afin de hâter le salut. Et sinon, il demeurait encore dans le manque et dans l'attente, et il ne lui était aucunement possible de quitter le moindre mot de la prière ni de s'en éloigner, puisqu'il n'avait pas encore de comblement à son manque.

Et nos maîtres ont dit (Berakhot 32b) : 'quiconque scrute sa prière', etc. : c'est que l'homme ne doit pas se fier avec une telle certitude à la prière, mais seulement 'Espère en ה'', etc., 'fortifie-toi', etc., 'et espère en ה'', etc. (Psaumes 27,14).

C'est pourquoi il est dit 'Servez [ה']', etc., 'avec crainte' (Psaumes 2,11) : car le service qu'est la prière se fait dans la crainte et non dans la joie, puisqu'il n'est pas assuré à ce point, à moins d'être comme Rabbi Hanina ben Dossa lorsque sa prière lui était coulante. Et 'réjouissez-vous en tremblant' : même lorsque la joie lui vient, il ne peut se fier à ce point, et il lui faut être aussi dans le tremblement.

Ce n'est que dans le Mizmor le-toda (le Psaume de reconnaissance, Psaumes 100) qu'il est dit 'Servez ה' dans la joie', car dans toute prière il doit y avoir action de grâces sur le passé et cri pour l'avenir. Et telle est la raison de la semikhat gueoula li-tfila (l'accolement de la bénédiction de la délivrance à la prière), comme je l'ai entendu au sujet du bois coupé par Elicha (II Rois 6,6) : il faut montrer une chose que Hachem fait de cette manière-là, à savoir que le bois flotte, et par là on peut demander avec force que le fer aussi flotte, car quelle différence y a-t-il pour Hachem entre le bois et le fer ?

De même faut-il mentionner l'action de grâces sur le passé, que Tu nous as délivrés et les saluts que Tu as opérés, et par là nous demandons aussi maintenant : sauve-nous ! Quelle différence y a-t-il pour Toi entre alors et maintenant ?

Et c'est pourquoi, au moment de la reconnaissance et de l'action de grâces sur le passé, où le comblement a déjà eu lieu, il est justement dit 'dans la joie'. Et par cette force il peut faire descendre la joie également sur la prière, [assuré] qu'il sera certainement exaucé, en vertu de l'argument ci-dessus.

Et c'est cela l'accolement de la délivrance à la prière : qu'elle lui soit immédiatement contiguë, liée à elle et unie à elle. Alors, dans la prière aussi, Il répondra, et il est fils du monde à venir (ben olam haba) ; car 'la fille du roi, c'est la prière' (barta de-malka da tselota), et c'est la mesure de la terre supérieure, qui est appelée le monde à venir, comme il est dit au début du chapitre Helek (Sanhédrin 90a) au sujet du monde à venir, d'après le verset 'à jamais ils hériteront la terre' (Isaie 60,21).

Et c'est pourquoi l'on a institué les trois premières [bénédictions de la Amida] en louange de Hachem, pour la raison ci-dessus : puisque Tu peux tout, on demande par ce moyen les douze [bénédictions] intermédiaires, et ensuite les trois dernières, comme le serviteur qui reçoit son salaire (pras), assuré de son comblement. Et en vérité il faut se fier à ה' qu'Il lui répondra et acceptera sa prière, seulement qu'il ne la scrute pas ; et comme il est dit : 'qu'il se confie dans le nom de ה'', etc.

(Isaie 50,10). Et le début [du verset] est : 'Qui parmi vous craint ה'', etc., c'est-à-dire celui qui est en manque et demande d'être complété par la prière, comme il est dit dans Berakhot (6b) à ce sujet : celui qui a coutume de venir à la maison de prière.

Et c'est le sens de 'qui écoute la voix de Son serviteur' : c'est le chelia'h tsibbour (l'officiant), comme ci-dessus au paragraphe 210, tel le serviteur devant le roi. 'Et qui marche dans les ténèbres' : il est expliqué là qu'il s'agit d'une affaire permise (devar ha-rechout, ce qui n'est ni prescrit ni interdit). Or en vérité l'obscurité désigne une affaire de transgression, tandis que noga (la 'lueur') est l'affaire permise, comme on le sait du secret des quatre kelipot (les 'écorces', forces d'impureté).

Seulement, l'intention du verset est qu'en vérité il n'a même pas de noga, et que même pour des affaires permises il est dans les ténèbres, puisque par là il s'empêche d'accomplir une mitsva. Et il dit 'qu'il se confie', etc. : le nom de ה' désigne ce qui est au-dessus de la nature, comme on le sait ; en cela qu'il se confie, [sachant] qu'Il peut le sauver au-dessus de son propre entendement.

Et néanmoins ceci n'est que confiance (bitahon) ; mais 'qu'il s'appuie' : l'appui est davantage, et ce qui est dans sa main et sur quoi il s'appuie, cela relève de 'son D.ieu' (be-Elokav), comme on le sait, car ce Nom-là indique les forces implantées dans les créatures. Et 'son D.ieu' veut dire ses forces à lui, celles que Hachem lui a données pour subvenir par elles à tous ses besoins, par les conseils tirés des paroles de Torah, par la sagesse et par le service : c'est en cela qu'est l'essentiel de l'appui.

Et néanmoins qu'il se confie aussi dans un salut qui est au-dessus de sa propre force, car 'rien n'arrête ה'' (I Samuel 14,6), et 'certes, Sa main n'est pas trop courte pour sauver' (Isaie 59,1).

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