צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 211

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La Torah et la prière, l'homme a besoin des deux ensemble : « ils n'étudiaient qu'à l'endroit même où ils priaient ». Rabbi Tsadok enseigne que qui dit « je n'ai rien d'autre que la Torah » oublie qu'il a besoin de D.ieu ; la prière reconnaît le manque, et la Torah n'a été donnée qu'à ceux qui manquent. Il désire la prière des justes : Sa volonté dans la création est Sa gloire et que l'on tourne vers Lui son attente. La Torah est pour le bien, lumière et appui : sans elle on marche dans l'obscurité. La prière est « espérance prolongée » ; il faut attendre à chaque instant, comme pour la manne, des lumières renouvelées : « Fais-moi comprendre, et j'observerai Ta Torah ».

‏[ריא] תורה ותפלה צריכים שניהם ביחד לאדם ולא גרסי אלא היכי דמצלי (מגילה כט.) וכן להיפך ‏‏(ברכות ח.) וא' ביבמות (קט:) כל האומר אין לי אלא תורה כו' שעי"ז ח"ו יבוא לשכוח שצריך להש"י ‏שזהו ענין התפלה ההכרה שהוא חסר ומבקש להש"י שימלאנו. וע"י התורה יחשוב שהוא מלא ואז ‏אפי' תורה אין לו.

כי לא ניתנה תורה אלא לחסירים ומכירים חסרונם ומבקשים להש"י שיושיעם. ‏כמ"ש העניים והאביונים מבקשים מים ואין לשונם וגו' ואין מים אלא תורה (ב"ק יז.) ועיקר רצון ‏הש"י בבריאת העולם הי' רק לכבודו ולקילוסו ושיצפו לו.

וא' (יבמות סד.) הקב"ה מתאוה לתפלתן ‏של צדיקים. וע"ז א' במ"ר (נצבים) שמא תאמר לרעתכם נתתי התורה לא ניתנה אלא לטובתכם וכו' ‏ובודאי ח"ו איך יעלה על הדעת שיהי' לרעתכם רק דס"ד שזה טוב יותר שיקוה האדם בכל רגע אל ‏הש"י שיאיר עיניו מה לעשות ואיך להתנהג ולא שיהי' לו חוק קבוע כשו"ע זה הדרך לכו בו שאין ‏צריך לצפות להש"י בכל נתיבותיו.

אבל באמת הוא לטובתך שזה אור המאיר ומבהיק שיוכל להשען ‏עליו ובלא התורה הי' עומד ביראה בכל דבר שמא טועה ואין רצון אמיתי דהש"י כן. אבל התורה ‏נקרא משען כמ"ש בחגיגה (יד.) וכ"א בוי"ר (פ' כא) עמוד ברזל משנה והרי זה כמו אכילת מן שהיו ‏מצפים בכל עת להש"י שישפיע להם חיותם נא' בו ויענך וירעיבך שזה עינוי נפש ואז"ל (יומא עד:) ‏רמז לסומין כו' שגם הם לא ראו.

וכן התורה הוא אור המאיר ובלא"ה הולך בחשך אע"פ שמוצא גם ‏בחשך אין בו שביעה. ולכן אמרו (ברכות לב:) המאריך בתפלה ומעיין בה כו' ומאי תקנתי' יעסוק ‏בתורה כו' שהתפלה נקרא תוחלת ממושכה שאינו בטיחות גמור.

אבל ע"י הד"ת כשהש"י מאיר ‏שפעל מה שהתפלל זהו משען חזק ותאוה באה כאלו כבר באה אע"פ שעדיין לא באה אינו תוחלת ‏ממושכה מאחר שרואה בבירור ונכון לבו בטוח בה' שיושיעו. ואז"ל (מכילתא ר"פ בשלח) לא ניתנה ‏תורה אלא לאוכלי מן שבאמת גם בד"ת צריכים להתנהג כאוכלי מן לצפות בכל רגע להש"י שיאיר לו ‏אורות מחודשות בד"ת ולא שיסמוך על מה דכתיבא ומנחא והמפורש בד"ת.

דבאמת גם אחר ‏שניתנה תורה מ"מ הש"י מאיר בכל רגע למבקשיו זה הדרך בפרטות איך להתנהג. וע"ז ביקש דוד ‏המע"ה הבינני וגו' וכן בכ"פ נדרשים בשוח"ט שאין לו נייחא בד"ת רק מה שהש"י מאיר ומלמד לו:

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[211] La Torah et la prière, l'homme a besoin des deux ensemble, et "ils n'étudiaient qu'à l'endroit même où ils priaient" (Meguila 29a), et de même à l'inverse (Berakhot 8a). Et il est dit dans Yevamot (109b) : quiconque déclare "je n'ai rien d'autre que la Torah" etc. - car par là, à D.ieu ne plaise, il en viendra à oublier qu'il a besoin de D.ieu béni soit-Il, et c'est précisément l'affaire de la prière : reconnaître qu'il est manquant et demander à D.ieu béni soit-Il de le combler.

Or par la Torah il pensera qu'il est plein, et alors même la Torah il ne l'a pas. Car la Torah n'a été donnée qu'à ceux qui manquent, qui reconnaissent leur manque et demandent à D.ieu béni soit-Il de les secourir, ainsi qu'il est écrit : "Les pauvres et les indigents cherchent de l'eau, et il n'y en a point, leur langue est desséchée par la soif" (Isaie 41,17), et "eau" ne désigne rien d'autre que la Torah (Baba Kama 17a).

Et la volonté essentielle de D.ieu béni soit-Il dans la création du monde n'était que pour Sa gloire et Sa louange, et pour que l'on tourne vers Lui son attente. Et il est dit (Yevamot 64a) : le Saint béni soit-Il désire la prière des justes.

À ce sujet il est dit dans le Midrach Rabba (Nitsavim) : peut-être diras-tu "c'est pour votre mal que J'ai donné la Torah" - elle n'a été donnée que pour votre bien, etc. Et assurément, à D.ieu ne plaise, comment pourrait-il venir à l'esprit qu'elle soit pour votre mal ?

Seulement, on aurait pu penser qu'il vaut mieux que l'homme espère à chaque instant en D.ieu béni soit-Il pour qu'Il éclaire ses yeux sur ce qu'il faut faire et comment se conduire, plutôt que d'avoir une règle fixe comme le Choulhan Aroukh, "voici le chemin, allez-y", de sorte qu'il n'ait plus besoin de tourner son attente vers D.ieu béni soit-Il dans tous ses sentiers. Mais en vérité c'est pour ton bien, car c'est une lumière qui éclaire et qui resplendit, sur laquelle il peut s'appuyer ; et sans la Torah il se tiendrait dans la crainte à propos de chaque chose, de peur de se tromper et que la volonté véritable de D.ieu béni soit-Il ne soit pas ainsi.

Or la Torah est appelée "appui", comme il est dit dans Haguiga (14a), et de même il est dit dans le Vayikra Rabba (chap. 21) : "une colonne de fer" (Jérémie 1,18), c'est la Michna.

Et voici que cela ressemble à la consommation de la manne : ils attendaient à tout moment que D.ieu béni soit-Il fasse descendre sur eux leur subsistance, et il est dit à son sujet "Il t'a affligé et t'a fait avoir faim" (Deutéronome 8,3), car c'est là une affliction de l'âme, et nos Sages de mémoire bénie ont dit (Yoma 74b) qu'il y a là une allusion aux aveugles etc. - car eux non plus ne voyaient pas. De même la Torah est une lumière qui éclaire, et sans elle on marche dans l'obscurité ; et bien qu'on y trouve tout de même de quoi manger, dans l'obscurité il n'y a pas de rassasiement.

C'est pourquoi ils ont dit (Berakhot 32b) : celui qui prolonge sa prière et la scrute etc., et quel est son remède ? Qu'il s'occupe de Torah, etc. - car la prière est appelée "espérance prolongée" (תוחלת ממושכה, Proverbes 13,12), n'étant pas une assurance complète.

Mais par les paroles de Torah, lorsque D.ieu béni soit-Il éclaire l'homme au point qu'il a obtenu ce pour quoi il a prié, c'est là un appui solide, et "un désir réalisé" (ותאוה באה, Proverbes 13,12) comme s'il était déjà venu ; bien qu'il ne soit pas encore venu, ce n'est pas une espérance prolongée, puisqu'il voit avec clarté, et "son cœur est ferme, confiant en ה'" (Psaumes 112,7) qu'Il le sauvera. Et nos Sages de mémoire bénie ont dit (Mekhilta, début de la parachat Bechalah) : la Torah n'a été donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne - car en vérité, dans les paroles de Torah aussi il faut se conduire comme ceux qui mangeaient la manne, attendre à chaque instant que D.ieu béni soit-Il fasse briller pour soi des lumières renouvelées dans les paroles de Torah, et non s'appuyer sur ce qui est déjà écrit et déposé, et sur ce qui est explicite dans les paroles de Torah.

Car en vérité, même après que la Torah a été donnée, D.ieu béni soit-Il éclaire malgré tout à chaque instant ceux qui Le recherchent : voici, dans le détail, le chemin, comment se conduire. Et c'est ce qu'a demandé David, roi d'Israël, que la paix soit sur lui : "Fais-moi comprendre, et j'observerai Ta Torah" (Psaumes 119,34) etc.

Et de même en de nombreux passages exposés dans le Midrach Chohar Tov (Midrach Tehilim), à savoir qu'il n'a de repos dans les paroles de Torah que par ce que D.ieu béni soit-Il éclaire et lui enseigne.

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