צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 210

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Selon les élèves de Rabbenou Yona, diriger l'intention dans la prière dépouille le corps de l'âme : « son cœur en haut », hitpachtout ha-gachmiyout (le dépouillement de la corporalité), proche de la prophétie. Rabbi Tsadok enseigne que le corps est vêtement de l'âme, que « nu » nomme ce dépouillement, niveau des prophètes atteint par la prière et le devekout (l'attachement) à Hachem. Cette chose a été retirée ; aux sages elle demeure par la Torah, Hachem, Sa sagesse et Sa volonté étant une seule chose. La prière, service du cœur, épuise ; la Torah, pain et arbre de vie, laisse attaché sans un instant de séparation. Le ministre, constamment dans la maison du roi ; le serviteur, au moment du service.

Aussi : le baal habayit (l'homme du commun) s'attache à Hachem en s'attachant à un talmid ''hakham ; le roi accomplit la volonté du serviteur, puis veille à ce que cela soit pour son bien véritable

‏[רי] כשרוצה לכוין כ' תר"י בברכות (פ' ה כה ע"ב) בשם הקדמונים שיפשוט גופו מנשמתו ע"ש פי' כן ‏לבו למעלה (יבמות קה:). ובטוש"ע סי' צ"ח נקרא זה התפשטות הגשמיות ושהוא קרוב לנבואה.

‏ובאמת זהו מדרגת הנביאים כמ"ש במ"נ וכמ"ש בשאול שהלך ומתנבא ערום (ש"א יט כד) פי' ‏שהגוף הוא לבוש לנפש כנודע והתפשטותו נקרא ערום ותרגום יונתן שם ברשן פי' משוגע שאינו ‏פונה כלל לגופו ופעולת הגוף הם כמעט בלא ידיעתו כלל וכמו משוגע. וכן קראו לנביא גבי יהוא ‏‏(מ"ב ט) קראוהו המשוגע.

ומדרגת הנבואה היו מגיעים ע"י התפלה כד"ש במגילה (כז.) אלישע ‏דעביד ברחמי והיינו ע"י הדביקות בהש"י והכרת הנוכח. ודבר זה כבר ניטלה ומ"מ אמרו בב"ב ‏‏(יב.) מן החכמים לא ניטלה כי ע"י תורה ג"כ נא' באהבתה תשגה וכמשאז"ל (עירובין נד:) על ר"א ‏ששוכח עניני הגוף והוא בהתפשטות הגשמיות ע"י דביקתו בתורה זה אפשר גם בזמה"ז.

ובאמת ‏זהו עיקר הדביקות בהש"י כמ"ש (כתובות קיא:) וכי אפשר לידבק בהש"י אלא המשיא כו' וזהו בע"ה ‏כשנדבק לת"ח. והת"ח כשדבוק בתורה הוא דבוק בהש"י כי אורייתא וקוב"ה חד כי הש"י הוא ‏וחכמתו ורצונו א' כמ"ש הרמב"מ בה' יסה"ת (פ' ב ה' י) והתורה היא חכמתו ורצונו והדבוק בה ‏דבוק בהש"י ובאותו עת הוא במדרגת נבואה רק חכם עדיף.

ובזוהר שמות ו' סע"ב הטעם דלנביא ‏הוא רק לזימנין כו' והיינו כי התפשטות הגשמיות ע"י דביקות בהש"י בהכרת הנוכח זה א"א כלל ‏להיות בתמידות כמ"ש בברכות (לא.) יכול יתפלל כל היום כולו ת"ל וזימנין וגו' שזה א"א כלל להיות ‏כל היום בתפלה לפני הש"י ואינו בכח אדם שבגוף כלל ואפי' הארת פנים למלאכים אינו אלא כמראה ‏הבזק כרגע ומיד נתעלם. ור"א בן דורדייא בע"ז (יז.) הרבה בתפלה עד שיצתה נשמתו היינו מכח ‏רבוי התפלה כי אין בכח אדם לסבול.

כי זה נקרא עבודה שבלב ומייגעת האדם. משא"כ התורה ‏נקרא לחם ומזון ועץ חיים שהיא הנותנת קיום לאדם ע"י שמחתו בחכמתו.

ולכן נאמר בה לא ימוש ‏וגו' שיכול להיות דבוק בה שלא יתבטל אפי' רגע א'. וזה טעם עבד לפני המלך ושר לפני המלך ‏בברכות (לד:) לולא פירש"י רק השר הוא תמיד בבית המלך אבל העבד רק בעת שצריך לשימושו.

‏ורחב"ד לא תמצא בכל הש"ס ממנו שום הלכה זולת ההיא דאבות כל שיראת חטאו כו' וכל שמעשיו ‏כו' ובשאר מקומות ספוריו ממופתיו בתפלותיו כי זה כל עסקו. ושורש נפשו בתורה הוא באותה ‏מימרא דכל שיראת חטאו כו' שזה הי' הבליטה מנפשו ומורה על אותו דבר שאין החכמה העיקר רק ‏היראת חטא צריך שיקדם והמעשה יהי' מרובה כי זה כל עסקו בתפלה שנקרא עבודה ויראה ‏כמשז"ל (שם ט:) ע"פ ייראוך עם שמש.

וזהו מדרגת עבד העובד עבודה. וריב"ז דבוק בתורה שהיא ‏דביקות תמידי נקרא שר ולו נפתחין כל סודות המלך ובודאי כל דעבד רחמנא לטב ומגלה לו ‏הטובה שיש כשלא יפעול בתפלתו ולכך אין משגיחין עליו.

משא"כ העבד שא"א לגלות לו רזי המלך ‏והוא מבקש טובתו ורצונו לפי דעתו המלך מוכרח למלאות לו רצונו מאחר שלפי דעתו בענין אחר ‏הוא רע לפניו. ואח"כ הוא מוכרח באמת לראות שיהי' גם זה לטוב אמיתי לו:

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[210] Lorsqu'on veut diriger son intention dans la prière : les élèves de Rabbenou Yona ont écrit sur Berakhot (chap. 5, 25b des pages du Rif), au nom des anciens (ha-kadmonim), que l'on dépouille son corps de son âme, voir là ; et tel est le sens de 'son cœur en haut' (Yevamot 105b).

Dans le Tour et le Choulhan Aroukh, siman 98, cela s'appelle hitpachtout ha-gachmiyout (le dépouillement de la corporalité), et il y est dit que c'est proche de la prophétie. Et en vérité c'est là le niveau des prophètes, comme l'écrit le Moreh Nevoukhim (le Guide des égarés), et comme il est dit de Chaoul qui alla et prophétisa nu (I Samuel 19,24) : le corps est un vêtement pour l'âme, comme on le sait, et son dépouillement est appelé 'nu' ; le Targoum Yonatan traduit là 'barchan', c'est-à-dire un fou, qui ne se tourne nullement vers son corps, dont les actes du corps se font presque entièrement à son insu, comme un fou.

De même ont-ils appelé le prophète, à propos de Yehou (II Rois 9) : 'ils l'ont appelé le fou'. Et au niveau de la prophétie ils parvenaient par la prière, comme ils ont dit dans Meguila (27a) : Elicha, qui agissait par la prière ; c'est-à-dire par le devekout (l'attachement) à Hachem et la reconnaissance de Sa présence immédiate.

Or cette chose a déjà été retirée ; et pourtant ils ont dit dans Baba Batra (12a) qu'aux sages elle n'a pas été retirée, car par la Torah aussi il est dit 'dans son amour tu t'égareras' (Proverbes 5,19), et comme nos maîtres l'ont dit (Erouvin 54b) de Rabbi Elazar, qui oubliait les affaires du corps : il est dans le dépouillement de la corporalité par son attachement à la Torah, et cela est possible même de nos jours. Et en vérité c'est là l'essentiel de l'attachement à Hachem, comme il est dit (Ketoubot 111b) : est-il donc possible de s'attacher à Hachem ?

Mais celui qui marie [sa fille à un érudit], etc. ; et cela vaut pour le baal habayit (l'homme du commun, non érudit) lorsqu'il s'attache à un talmid 'hakham (un érudit en Torah). Et le talmid 'hakham, lorsqu'il est attaché à la Torah, est attaché à Hachem, car la Torah et le Saint béni soit-Il sont un : Hachem, Sa sagesse et Sa volonté sont une seule et même chose, comme l'écrit le Rambam (Maïmonide) dans les Hilkhot Yessodei ha-Torah (chap.

2, halakha 10) ; et la Torah est Sa sagesse et Sa volonté, si bien que celui qui s'y attache est attaché à Hachem, et à cet instant il est au niveau de la prophétie, sinon qu'un sage est préférable [à un prophète]. Et dans le Zohar Chemot 6b (fin de la colonne) est donné le motif pour lequel, chez le prophète, cela n'a lieu que 'par moments', etc. : car le dépouillement de la corporalité par l'attachement à Hachem dans la reconnaissance de Sa présence ne peut aucunement être permanent, comme il est dit dans Berakhot (31a) : 'on aurait pu croire qu'il prie toute la journée entière ; l'Écriture enseigne : et par moments (וזמנין תלתא ביומא, et trois fois par jour, Daniel 6,11)', etc. ; car il est totalement impossible d'être toute la journée en prière devant Hachem, et cela n'est nullement au pouvoir d'un homme qui est dans un corps ; et même l'illumination de la Face pour les anges n'est que 'comme l'apparence de l'éclair' (Ezechiel 1,14), l'espace d'un instant, et aussitôt elle se dérobe.

Et Rabbi Elazar ben Dourdaya, dans Avoda Zara (17a), multiplia la prière jusqu'à ce que son âme sortît : c'est par la force de l'abondance de prière, car l'homme n'a pas la force de le supporter. Car cela s'appelle 'le service du cœur' (avoda che-ba-lev) et cela épuise l'homme.

Il n'en va pas de même de la Torah, qui est appelée pain, nourriture et arbre de vie : c'est elle qui donne à l'homme sa subsistance, par la joie qu'il prend à sa sagesse. C'est pourquoi il est dit d'elle 'il ne s'éloignera pas [de ta bouche]' (Josue 1,8) : il peut lui rester attaché sans en être séparé fut-ce un seul instant.

Et telle est la raison du 'serviteur devant le roi' et du 'ministre devant le roi' dans Berakhot (34b), n'était l'explication de Rachi : simplement, le ministre, lui, est constamment dans la maison du roi, tandis que le serviteur n'y est qu'au moment où l'on a besoin de son service. Et de Rabbi Hanina ben Dossa tu ne trouveras dans tout le Chas (le Talmud) aucune halakha, hormis celle des Avot : 'celui dont la crainte de la faute [précède sa sagesse]', etc., et 'celui dont les actes [dépassent sa sagesse]', etc. ; et dans les autres endroits, ce sont des récits de ses prodiges par ses prières, car c'était là toute son occupation.

Et la racine de son âme dans la Torah se trouve dans cette maxime même, 'celui dont la crainte de la faute', etc., car c'est cela qui saillait de son âme et qui enseigne cette chose même : que la sagesse n'est pas l'essentiel, mais qu'il faut que la crainte de la faute la précède et que les actes soient plus nombreux ; car toute son occupation était dans la prière, qui est appelée service et crainte, comme nos maîtres l'ont dit (ibid. 9b) sur le verset 'ils Te craindront avec le soleil' (Psaumes 72,5).

Et c'est là le niveau du serviteur qui accomplit un service. Rabban Yo'hanan ben Zakkai, lui, attaché à la Torah, ce qui est un attachement permanent, est appelé ministre, et à lui s'ouvrent tous les secrets du roi ; et certainement 'tout ce que fait le Miséricordieux est pour le bien' (כל דעביד רחמנא לטב), et Il lui dévoile le bien qu'il y a à ce que sa prière ne produise pas son effet, et c'est pourquoi on ne prête pas attention à lui.

Il n'en va pas de même du serviteur, à qui il est impossible de dévoiler les secrets du roi : il demande son propre bien et ce qu'il veut selon sa compréhension, et le roi est contraint de lui accomplir sa volonté, puisque, selon sa compréhension à lui, tout autre arrangement serait mauvais à ses yeux. Et ensuite Il est contraint, en vérité, de veiller à ce que cela aussi soit pour son bien véritable.

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