L'essentiel du combat contre le yetser se joue dans les imaginations et pensées du cœur et du cerveau. Rabbi Tsadok rapporte les Tikounim : « celui qui l'emporte au combat, on lui donne la fille du roi », et c'est la prière. Sortir de l'imagination accole la délivrance à la prière, car la délivrance d'Égypte est cette sortie. Tehila léDavid est la foi selon l'ordre de la création ; sortir de l'imagination est la vérité, union du Saint béni soit-Il et de Sa Che'hina, et l'on est fils du monde à venir au présent, par évidence. À arvit, si le cœur reste à son poste dans l'obscurité, la victoire dure comme celle de David : « et moi, je suis prière ».
Aussi : les cent cinquante psaumes comme cent cinquante purifications des portes d'impureté ; les Tehilim comme Negaim et Ohalot pour vaincre le yetser par la Torah, surtout la jalousie et l'honneur ; Doeg et A'hitofel à l'étude de ces traités.
[רח] עיקר מלחמת האדם עם יצרו הוא בדמיונות והרהורים שבלב ומוח וע"ז אמרו בתיקונים (סוף תי' יג וריש תי' כא) מאן דנצח בקרבא יהבין לי' ברתא דמלכא דא צלותא. שהתפלה הוא הכרת הנוכח וכעומד לפני המלך כמ"ש בעירובין (סד.) והיינו עמידת הלב והמוח.
דהש"י יראה ללבב ואם ח"ו יארע לו איזה מחשבה זרה והרהור חיצוני הרי אינו עומד באותו רגע לפניו ית'. והמנצח ליצרו לצאת מן הדמיון ומחשבת חוץ יהבין לי' כו' שיהי' הש"י נוכח עיניו בעת התפלה וזהו סמיכת גאולה לתפלה דגאולת מצרים היינו יציאה מדמיון כצ"ל.
ואמרו (ברכות ד:) איזהו בן עוה"ב כו' ובתהלה לדוד מובטח לו שהוא בן עוה"ב. כי תהלה לדוד היינו מכיר שבחי הש"י שמכין מזון לכל חי.
ובסדר א"ב שהוא סדר הבריאה כולה שהכל מסודר מאת הש"י וזה נקרא מדת אמונה והרי זה מכלל הכנס"י ונכון יהי' לבו בטוח שהוא בן עוה"ב. אבל מי שיצא מדמיון זהו מדת אמת ומסמיך גאולה לתפלה שזוכה עי"כ להכרת הנוכח ע"י תפלה שהוא יחוד אמת ואמונה קב"ה ושכינתי'.
זהו בן עוה"ב בהוה והכרה גמורה ולא בבטיחות כי אמונה פי' בטוחות שמאמין בחי עולמים. אבל אמת הוא שמבורר לעין ואין צריך בטוחות ומי שזוכה לזה לא שייך לומר מובטח אלא שהוא זה בן עוה"ב נרמז באצבע וניכר לעין.
ואמרו גאולה של ערבית לתפלה של ערבית היינו כי ביום כשהשכל ברור ודאי אפשר שיזדמן לשעה שיוכל לזכך מחשבותיו ולכוין בתפלה כראוי שלא יבטלו מחשבות זרות. אבל ערבית היינו זמן החשכות כאשר הוא ביסורין או בשאר דברים המונעין להשתדלותו רק שממילא מוחו ולבו עומדים על עמדם שלא יתערבבו בדמיונות זרות זהו המבורר לעין לבן עוה"ב בחייו כי לא יכשל עוד.
כי ניצוח אינו קרוי ניצוח לשעה רק כענין דוד המע"ה שאמר ולבי חלל בקרבי שכבר הרגו ליצ"ר (ע"ז ד סע"ב) שגם חצות לילה פי' בתכלית החשכות והעדר הישוב והיגיעה לכוין הלב כינורו מנגן מאליו לקום להודות כו' כי אין לו מחשבה ורצון אחר כלל. הוא זכה לברתא דמלכא כטעם ואני תפלה שהוא דרגא דתפלה כנודע.
ושמעתי דק"נ מקוה טהרה דים של שלמה הם נגד ק"נ מזמורי תהלים ונראה דק"נ מיני טהרות במחשבה יש. והיינו דידוע דיש נ' שערי טומאה היינו שערים בדמיון שהיו משוקעים במצרים במ"ט מהם כנודע וכל אחד כלול מג' קנאה תאוה וכבוד כמש"ל אות ר"ו הרי ק"נ מיני טהרות וניצוח בקרבא.
ועל כל ניצוח יסד מזמור אחד ובודאי בכח אותו מזמור לזמר עריצים היינו מחשבות ודמיונות מאותו שער. וא' בשוח"ט מזמור א' דבקש שיהיו כנגעים ואהלות פי' דעיקר ניצוח היצר ע"י ד"ת כמ"ש (סוכה נב:) משכהו לבהמ"ד ונגעים ואהלות הם היקרים מד"ת כמ"ש בפסחים (נ.) ע"פ יקרות וקיפאון שיקרים בעוה"ז.
והיינו כי טומאת צרעת וטומאת מת הם נגד קנאה וכבוד ודברים אלו קשים מאוד הלימודים איך לינצל. וע"ז א' (ב"מ נט.) בדואג ואחיתופל ולא עוד אלא כשהיו עוסקים בנגעים ואהלות אמרו דוד כו' פי' שאז הי' להם להבין כי רק מפני הקנאה ובקשת הכבוד אמרו כן.
ובקש דוד שגם אמירת תהלים יועיל להציל מדמיוני היצר. ועיקר בקנאה וכבוד שבהם הי' עיקר עסק דוד נגד אויביו ובהם עיקר ניצוחו בקרבא עד דיהבין כו':
[208] L'essentiel du combat de l'homme contre son yetser (penchant mauvais) se joue dans les imaginations et les pensées qui montent au cœur et au cerveau. C'est à ce propos qu'il est dit dans les Tikounim (Tikouney Zohar, fin du tikoun 13 et début du tikoun 21) : מאן דנצח בקרבא יהבין ליה ברתא דמלכא דא צלותא - 'celui qui l'emporte au combat, on lui donne la fille du roi', et c'est la prière.
Car la prière est la reconnaissance de Celui qui est présent, comme celui qui se tient devant le roi, ainsi qu'il est dit dans Erouvin (64a) ; et c'est là la station du cœur et du cerveau, car le Nom, béni soit-Il, voit jusqu'au cœur. Et si, à D.ieu ne plaise, il lui survient quelque pensée étrangère et quelque rêverie extérieure, voici qu'à cet instant même il ne se tient pas devant Lui, qu'Il soit béni.
Et celui qui l'emporte sur son yetser pour sortir de l'imagination et de la pensée du dehors, 'on lui donne etc.', c'est-à-dire que le Nom se tienne présent devant ses yeux au moment de la prière. Et c'est là le fait d'accoler la délivrance (gueoula) à la prière, car la délivrance d'Égypte signifie la sortie hors de l'imagination - ainsi faut-il lire.
Et ils ont dit (Berakhot 4b) : 'quel est celui qui a part au monde à venir, etc.', et : celui qui dit Tehila léDavid, il lui est garanti qu'il est fils du monde à venir. Car Tehila léDavid signifie qu'il reconnaît les louanges du Nom, qui prépare la nourriture à tout vivant ; et cela selon l'ordre de l'alphabet, qui est l'ordre de toute la création, tout étant ordonné par le Nom, béni soit-Il : voilà ce qu'on appelle la mesure de la foi (emouna).
Et par là il fait partie de l'ensemble de Knesset Israël, et son cœur sera ferme et confiant qu'il est fils du monde à venir. Mais celui qui est sorti de l'imagination, c'est là la mesure de la vérité (émet), et il accole la délivrance à la prière, méritant par là la reconnaissance de Celui qui est présent, par le moyen de la prière, laquelle est l'union de la vérité et de la foi, du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina.
Celui-là est fils du monde à venir au présent, dans une reconnaissance complète et non dans une simple assurance ; car emouna veut dire assurances : il croit en Celui qui est la vie des mondes. Mais la vérité, c'est ce qui est établi avec évidence pour l'œil et qui n'a pas besoin d'assurances ; et pour celui qui mérite cela, il n'y a pas lieu de dire 'il lui est garanti', mais qu'il est, lui, ce fils du monde à venir - qu'on désigne du doigt et que l'œil reconnaît.
Et ils ont dit : la délivrance du soir (arvit) à la prière du soir. C'est-à-dire : le jour, quand l'intelligence est claire, il est certes possible qu'il se trouve une heure où il puisse purifier ses pensées et diriger son intention dans la prière comme il convient, sans que des pensées étrangères viennent l'annuler.
Mais arvit désigne le temps de l'obscurité, lorsqu'il est dans les souffrances ou dans les autres choses qui font obstacle à son effort, et que malgré tout son cerveau et son cœur demeurent à leur poste et ne se mêlent pas d'imaginations étrangères : voilà ce qui est établi avec évidence pour l'œil, qu'il est fils du monde à venir de son vivant même, car il ne trébuchera plus. Car une victoire n'est pas appelée victoire lorsqu'elle ne dure qu'une heure, mais seulement à la manière de David, que la paix soit sur lui, qui a dit : 'et mon cœur est transpercé au-dedans de moi' (Tehillim 109,22), car il avait déjà tué le yetser hara (Avoda Zara 4b, fin de la page).
Car même 'à minuit' - c'est-à-dire au comble de l'obscurité, de l'absence de calme et de l'effort qu'il faut pour diriger le cœur - sa harpe jouait d'elle-même pour qu'il se lève rendre grâce, etc., car il n'avait absolument aucune autre pensée ni aucun autre désir. Celui-là a mérité 'la fille du roi', au sens de 'et moi, je suis prière' (Tehillim 109,4), qui est le degré de la prière, comme on le sait.
Et j'ai entendu dire que les cent cinquante mikvaot de pureté que contenait la Mer de Chelomo (le grand bassin du Temple) correspondent aux cent cinquante psaumes des Tehillim ; et il apparaît qu'il y a cent cinquante sortes de purifications dans la pensée. À savoir : on sait qu'il y a cinquante portes d'impureté, c'est-à-dire des portes dans l'imagination, dans quarante-neuf desquelles ils étaient enfoncés en Égypte, comme on le sait ; et chacune est composée de trois : la jalousie, le désir et la recherche de l'honneur, comme il a été écrit plus haut, paragraphe 206 - voilà donc cent cinquante sortes de purifications et de victoires au combat.
Et pour chaque victoire il a fondé un psaume ; et assurément c'est par la force de ce psaume-là de 'tailler les tyrans' (lezamer aritsim), c'est-à-dire les pensées et les imaginations issues de cette porte-là. Et il est dit dans le Cho'her Tov (Midrach Tehillim), au psaume 1, que David demanda que les psaumes soient comme les traités Negaim et Ohalot.
Cela signifie que l'essentiel de la victoire sur le yetser passe par les paroles de Torah, ainsi qu'il est dit (Souka 52b) : 'traîne-le à la maison d'étude' ; et Negaim et Ohalot sont ce qu'il y a de plus précieux dans les paroles de Torah, ainsi qu'il est dit dans Pessa'him (50a) sur le verset 'yekarot vekipaon' (Zé'harya 14,6) : elles sont précieuses en ce monde-ci. Et cela parce que l'impureté de la tsaraat et l'impureté du mort correspondent à la jalousie et à la recherche de l'honneur, et ces matières-là - l'étude de la manière d'en réchapper - sont extrêmement ardues.
Et c'est à ce propos qu'il est dit (Baba Metsia 59a) au sujet de Doeg et A'hitofel : 'et non seulement cela, mais lorsqu'ils étudiaient Negaim et Ohalot, ils disaient : David, etc.' Cela signifie qu'ils auraient dû comprendre alors que c'est uniquement à cause de la jalousie et de la recherche de l'honneur qu'ils parlaient ainsi. Et David demanda que la récitation des Tehillim elle aussi serve à sauver des imaginations du yetser.
Et surtout de la jalousie et de la recherche de l'honneur, en lesquelles résidait l'essentiel de l'occupation de David face à ses ennemis, et en lesquelles résidait l'essentiel de sa victoire au combat, jusqu'à ce qu'on lui donne, etc.