צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 207

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les imaginations vaines font écran devant la connaissance de la Divinité et empêchent qu'elle entre dans le cœur. C'est pourquoi Pharaon a dit : « Je ne connais pas Hachem » (Chemot 5,2). Rabbi Tsadok enseigne que « Je suis Hachem ton D.ieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte » n'est ni raison ni preuve : Anokhi n'ordonne pas, car on ne commande pas à qui ne croit pas. Il a fait sortir Israël des imaginations et élevé ses pensées pour qu'elles s'attachent à Lui ; les mohin de gadlout (consciences d'état adulte) restent revêtus. Toutes les mitsvot rappellent cette sortie, car l'Égypte s'oppose à la Torah, qui ne procède que hors de l'imagination.

Aussi : le sourd-muet, l'aliéné et le mineur sont exempts des mitsvot ; Yaakov et Yossef firent entrer Israël avec la vérité ; le travail valut les sept midot d'Hillel, et D.ieu met le cri au cœur quand Il veut sauver.

‏[רז] דמיונות שוא הם חוצצים בפני ידיעת אלהות והכרתו מלהכנס בלב. ולכן אמר פרעה שהוא מלך ‏מצרים ובו תוקף השקיעות בדמיון לא ידעתי את ה'.

והתחלת אנכי וגו' אשר הוצאתיך וגו' ואין זה ‏טעם או מופת דא"כ היל"ל אשר בראתי שמים וארץ או בראתיך. רק כי אנכי אין מתחיל בלשון מצוה ‏כמ"ש במק"א דזה א"א לצוות ולהזהיר כי מי שאין מאמין כלל מה יועיל הציווי וכענין פרעה שאמר ‏לא ידעתי א' עליו (שמו"ר ס"פ ג) בדברים לא יוסר עבד רק שבט וגו' רק אתה אשר הוצאתיך וגו' ‏מכחות הדמיונות והעליתיך מחשבותיך להיות דבוקים בי אע"פ שניתקים לפעמים ונכנסים דמיונות ‏מ"מ מוחין דגדלות מלובש בהם וזה אין ניתק ממך לעולם הידיעה שאנכי וגו' שכבר הוצאתיך ‏מלהיות שקוע בדמיון לגמרי כארץ מצרים.

ולכך כל המצות נאמר שהם זכר ליציאת מצרים כי ‏מצרים הוא ממש היפך התורה והמצות כולם שהם כולם רק מצד היציאה מדמיון. וחש"ו דלאו בני ‏דיעה נינהו ואין להם אלא מוחין דקטנות פטורים מכל המצות.

ובזוהר (ח"א כז א) א' בחומר דא ק"ו ‏כו' שע"י עבודתם בלבינים הוציאו מדות התורה. היינו כי להנצל מהרהורים ודמיונות בלא ד"ת ודאי ‏א"א כמעט.

רק שהכניסה למצרים הי' יעקב שמדתו אמת שהוא היפך דמיוני שוא ודבר כזב. וע"י ‏יוסף שהי' בידו להחליף החכמה בדמיון כנ"ל אות ר"ג.

ונאמר ואלה שמות וגו' את יעקב שכולם באו ‏למצרים את מדה זו של יעקב שהוא מדת אמת ולא נכנס לתוכם דמיון כוזב כלל. רק שבמות יוסף ‏וכל הדור ההוא והי' אפשר ח"ו שיושקעו בדמיונות מצרים אז נגזר השעבוד והיגיעה בד"א ג"כ ג'.

‏שכחת עון. כי עיקר הדמיונות מצד הבטלה שמביאה כו'.

אבל כשעוסק בעבודה מחשבת על עבודתו ‏שתהי' כהוגן וזו מחשבה הכרחית להם שהרי הוכרחו לכך. והם ז' עבודות בכתוב נגד ז' מלכין ‏דמיתו שהם ז' כחות של דמיונות והרהורים שעולים בלב האדם כשהוא בקטנות ועל ידם ניצולו.

‏ועי"ז זכו נגדם לז' מדות שהתורה נדרשת לד' הלל (ריש תו"כ) וכן הם ז' ספרי תורה למ"ד כן ‏בשבת (קטז.) כי כל דבר חלוק לז' כנודע. והדמיון והתורה ב' הפכים ולפי שקיבלו העבודה ‏והיסורים מאהבה שידעו שהכל לטובתם שעי"ז ניצולים מטומאת מצרים.

המשפט להגיע להם ‏ואח"כ ויאנחו וגו' בעתו ובזמנו בעת שעלה ברצון הש"י להצילן ולתת להם התורה המצלת מדמיון ‏תמור העבודה במצרים. כך הוא מדתו ית' בעת שרוצה להושיע אז נותן בלב אותו אדם לצעוק לו.

‏וזה טעם (ברכות לד:) אם שגורה תפלתי בפי כו' שכאשר היא פועלת אז היא שגורה ושלוחה ‏התפלה לפיו מאת הש"י. ואז ויאנחו מן העבודה ותעל וגו' אל הא-להים שרוצים להתגלות אלהות ‏המוציא מידי דמיונות ולא לעבודה ויגיעה בדרך ארץ הגם שד"א קודם לתורה בהכרח די בדבר ‏מועט האפשרי ותכלית יסורין:

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[207] Les imaginations vaines font écran devant la connaissance de la Divinité et devant sa reconnaissance, et les empêchent d'entrer dans le cœur. C'est pourquoi Pharaon, qui est roi d'Égypte et en qui réside la force de l'enfoncement dans l'imagination, a dit : "Je ne connais pas ה'" (Chemot 5,2).

Et le commencement "Je suis ה' ton D.ieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte" (Chemot 20,2) n'est ni une raison ni une preuve, car s'il en était ainsi il aurait fallu dire (היה לו לומר) "qui ai créé le ciel et la terre" ou "qui t'ai créé". Mais plutôt : "Anokhi" (Je suis) ne commence pas par un langage de commandement, comme je l'ai écrit ailleurs, car sur ce point il est impossible d'ordonner et d'avertir : celui qui ne croit pas du tout, à quoi lui servirait le commandement ?

C'est le cas de Pharaon qui dit "je ne connais pas le Nom", et au sujet duquel il est dit (Chemot Rabba, fin du chapitre 3) : "Par des paroles un serviteur ne se corrige pas" (Michlei 29,19), mais seulement le bâton, etc. Mais toi, "que J'ai fait sortir" etc., hors des forces des imaginations, et J'ai élevé tes pensées pour qu'elles soient attachées à Moi ; et bien qu'elles s'en détachent parfois et que des imaginations y pénètrent, malgré tout les mohin de gadlout (consciences d'état adulte) y sont revêtus, et cela ne se détache jamais de toi : la connaissance que "Je suis" etc., puisque Je t'ai déjà fait sortir de l'immersion totale dans l'imagination, telle qu'est le pays d'Égypte.

C'est pourquoi il est dit de toutes les mitsvot qu'elles sont un rappel de la sortie d'Égypte, car l'Égypte est exactement l'opposé de la Torah et des mitsvot, lesquelles ne procèdent toutes que du côté de la sortie hors de l'imagination. Et le sourd-muet, l'aliéné et le mineur (חרש שוטה וקטן), qui ne sont pas doués de discernement et n'ont que des mohin de katnout (consciences d'état d'enfance), sont exempts de toutes les mitsvot.

Et dans le Zohar (I, 27a) il est dit : "'dans le mortier' (בחומר) - c'est le kal va'homer (raisonnement à fortiori)", etc., car par leur travail dans les briques ils ont fait sortir les midot (règles d'interprétation) de la Torah. C'est-à-dire : échapper aux pensées parasites et aux imaginations sans paroles de Torah (דברי תורה) est assurément presque impossible.

Seulement, celui qui fit l'entrée en Égypte fut Yaakov, dont l'attribut est la vérité, laquelle est l'opposé des imaginations vaines et de la parole de mensonge ; et ce fut aussi par Yossef, qui avait le pouvoir de convertir la sagesse en imagination, comme ci-dessus, paragraphe 203. Et il est dit : "Et voici les noms des fils d'Israël venus en Égypte, avec Yaakov" (Chemot 1,1) : tous vinrent en Égypte avec cet attribut de Yaakov, qui est l'attribut de vérité, et aucune imagination mensongère n'entra en eux.

Seulement, à la mort de Yossef et de toute cette génération, comme il devenait possible, à D.ieu ne plaise, qu'ils s'enfoncent dans les imaginations d'Égypte, alors furent décrétés l'asservissement et la peine dans le derekh erets (l'occupation terrestre), qui elle aussi engendre "l'oubli de la faute" (cf. Avot 2,2 : la peine des deux fait oublier la faute).

Car l'essentiel des imaginations vient du côté de l'oisiveté, qui mène à l'égarement, etc. (Ketoubot 59b).

Mais lorsqu'on est occupé à un travail, on pense à son travail, pour qu'il soit fait comme il faut ; et cette pensée leur était imposée par nécessité, puisqu'ils y étaient contraints. Et ce sont sept travaux mentionnés dans le verset, face aux sept rois qui moururent (ז' מלכין דמיתו, les sept rois d'Edom, allusion aux mondes brisés), lesquels sont les sept forces des imaginations et des pensées qui montent au cœur de l'homme lorsqu'il est en katnout ; et c'est par eux qu'ils furent sauvés.

Et par là ils méritèrent, face à elles, les sept midot par lesquelles la Torah s'interprète selon Hillel (début du Torat Kohanim) ; de même y a-t-il sept livres de la Torah, selon l'avis qui le soutient, dans Chabbat (116a), car toute chose se divise en sept, comme on le sait. Or l'imagination et la Torah sont deux contraires ; et parce qu'ils ont accepté le travail et les souffrances avec amour, sachant que tout était pour leur bien, puisque par là ils sont sauvés de l'impureté d'Égypte, il était de droit que cela leur parvienne.

Et ensuite "ils gémirent" etc. (Chemot 2,23), en son temps et à son heure, au moment où il monta dans la volonté du Nom béni soit-Il de les sauver et de leur donner la Torah, qui sauve de l'imagination, en échange du travail d'Égypte.

Telle est Sa conduite, béni soit-Il : lorsqu'Il veut sauver, Il met alors dans le cœur de cet homme de crier vers Lui. Et c'est là le sens de (Berakhot 34b) "si ma prière est fluide dans ma bouche" etc. : car lorsqu'elle agit, alors elle est fluide, la prière étant envoyée à sa bouche de la part du Nom béni soit-Il.

Et alors "ils gémirent à cause du travail... et leur cri monta vers D.ieu" (Chemot 2,23) : ils voulaient la révélation de la Divinité, qui fait sortir de l'emprise des imaginations, et non le travail et la peine du derekh erets ; car bien que le derekh erets précède nécessairement la Torah, le peu qui est possible suffit, et c'est là la finalité des souffrances.

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