צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 206

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Jalousie, désir et honneur sont trois racines des imaginations et des mauvaises midot (traits de caractère) ; leur racine est l'orgueil. Rabbi Tsadok rattache le mal au Tohou et au bris des kelim (récipients), par la pensée « moi, je régnerai » : de cela naît le yetser dans le cœur. Rachi, à Ki Tissa, dit que le Daat est le roua'h ha-kodech, du côté du medameh (faculté imaginative). Le tikoun est l'humilité du nom MaH, « et nous, que sommes-nous ? » (Chemot 16,7) : Moché, le plus humble, devient « roi en Yechouroun » (Devarim 33,5). L'orgueil brise le keli ; par le bris naît MaH, et celui qui commence le service de D.ieu crie « Hochia na » et voit un monde nouveau.

Aussi : huit ruminations d'Avot de-Rabbi Natan, depuis le Daat ; les ahoraim (faces arrière) de Abba et Ima tombés ; Netsa'h et Hod, deux moitiés d'un seul corps

‏[רו] כלל הדמיונות וההרהורים שבאדם הם קבועים בג' שרשים דקנאה תאוה וכבוד שהם שרשי ‏המדות רעות. ושורש השרשים הוא הגיאות כנודע דשורש הרע הוא מעולם התוהו ושבירת הכלים ‏הבא ע"י מחשבת אנא אמלוך כידוע ומזה נולד יצ"ר דפי' יצר מחשבה והרהור בלב דשם הוא ‏התחלת הרע בלב כמ"ש (ברכות סא.) יושב על ב' מפתחי הלב.

ולכן נזכר באדר"נ ח' מיני הרהורים ‏כנ"ל אות ר"ד כידוע דשבירת הכלים התחלתן מדעת והם ח' [ומה שהם ז' מלכים דנצח והוד תרי ‏פלגי גופא וכן שם באדר"נ יש ב' הדומים ע"ש]. כי רש"י פ' תשא פי' דעת היינו רוה"ק והיינו שלא ‏מצד חכמה רק מצד המדמה.

אך במדמה שם גובר הדמיון כי הוא מקום התחברות המוח עם הלב ‏וכפי התשוקות וחמדות שבלב כך הוא מדמה [וגורם ג"כ קצת קלקול בחכמתו כנודע דגם אחוריים ‏דאו"א נפלו פי' שאמיתות החכמה דגדלות ודאי שם אין הדמיון שליט רק האחוריים דהיינו ההעלם ‏כי מצד הזה יש לו התחברות עם הדמיון]. והתיקון לזה הוא ענוה על ידה נתקנים כל מחשבות של ‏תוהו כי עי"ז אינו רוצה לחשב רק מה שרוצה הש"י.

וכידוע דעולם התיקון נבנה ע"י שם מ"ה החדש. ‏פי' מה כמו ונחנו מה מורה ענוה וכן משרע"ה שהי' ענו מכל האדם הוא בסוד הדעת דקדושה שהוא ‏תיקון כל הדמיונות כנז"ל אות ר"ד.

ונעשה באמת מלך בישורון כי אחר התיקון נתרחבו כל הכלים ‏כנודע. והיינו דהגיאות הוא שרוצה לקבל דבר שאין יכול ליכנס בכלי שלו שאינו כלי קיבול כ"כ טובה ‏ושפע ועי"ז נשבר ח"ו.

וע"י השבירה מכיר שפלותו אתר שכבר טעם מן האור ונעלם ממנו עי"ז בא ‏לענוה גדולה ונולד שם מ"ה החדש המתקן הכלים ומרחיבן לקבל באמת כ"כ. וזהו לפני שבר גאון ‏ולפני כבוד ענוה.

ומאחר שסדר הבריאה כך הי' כך הוא מסתמא סדר הכללי שיסד הש"י בעולמו ‏לכל הנבראים בהתחלה כשמתחיל לכנוס בעבודת ה' שאז הוא ע"ד ראתה שפחה על הים מה כו' ‏כנודע נכנס בו גיאות ועי"ז נכנס בו דמיונות של תוהו והבלים ונפסק מדביקתו הראוי לאט לאט. ‏ואח"כ מתעורר ומכיר שפלותו וצועק הושיעה נא מעומקא ותבירו דלבא אז הוא זוכה לעולם התיקון ‏ורואה עולם חדש:

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[206] L'ensemble des imaginations et des pensées qui sont dans l'homme sont fixées dans trois racines : la jalousie, le désir et l'honneur, qui sont les racines des mauvaises midot (traits de caractère). Et la racine des racines est l'orgueil, comme on le sait, car la racine du mal provient du monde du Tohou (le monde du chaos qui précéda le monde du tikoun) et du bris des kelim (récipients), lequel advint par la pensée 'moi, je régnerai' (ana emlokh), comme on le sait.

Et de cela naquit le yetser (ha-ra, le mauvais penchant), car le sens de yetser est pensée et rumination dans le cœur, car c'est là qu'est le commencement du mal dans le cœur, comme il est dit (Berakhot 61a) : il siège aux deux entrées du cœur. Et c'est pourquoi il est mentionné dans Avot de-Rabbi Natan huit sortes de ruminations, comme ci-dessus, section 204, car on sait que le bris des kelim commence à partir du Daat et qu'ils sont huit [et quant au fait qu'ils sont sept rois, c'est parce que Netsa'h et Hod sont deux moitiés d'un seul corps, et de même là, dans Avot de-Rabbi Natan, il y en a deux qui se ressemblent, voir là-bas].

Car Rachi, parachat Ki Tissa, a expliqué que le Daat, c'est le roua'h ha-kodech (l'esprit saint) ; c'est-à-dire non pas du côté de la 'Hokhma, mais du côté du medameh (la faculté imaginative). Mais dans le medameh, l'imagination y domine, car c'est le lieu de la jonction du cerveau avec le cœur, et selon les désirs et les convoitises qui sont dans le cœur, ainsi imagine-t-il [et cela cause aussi un certain dommage dans sa 'Hokhma, comme on le sait que même les ahoraim (les faces arrière) de Abba et Ima sont tombés ; le sens est que dans la vérité de la 'Hokhma de la gadlout (l'état d'expansion), assurément, l'imagination n'y domine pas, seulement les ahoraim, c'est-à-dire l'occultation, car de ce côté-là elle a une jonction avec l'imagination].

Et le tikoun de cela est l'humilité : par elle sont rectifiées toutes les pensées du Tohou, car par cela il ne veut penser que ce que veut le Nom béni soit-Il. Et l'on sait que le monde du tikoun est bâti par le nom MaH (מ"ה) nouveau.

Le sens de mah est comme dans 'et nous, que sommes-nous ?' (Exode 16,7), ce qui indique l'humilité ; et de même Moche notre maître, sur lui la paix, qui était le plus humble de tous les hommes (Nombres 12,3), il est dans le secret du Daat de sainteté, qui est le tikoun de toutes les imaginations, comme mentionné ci-dessus, section 204. Et il devint véritablement 'roi en Yechouroun' (Deutéronome 33,5), car après le tikoun tous les kelim se sont élargis, comme on le sait.

C'est-à-dire que l'orgueil consiste en ce qu'il veut recevoir une chose qui ne peut pas entrer dans son keli, lequel n'est pas un récipient capable de contenir tant de bien et de chefa (flux d'abondance), et par cela il se brise, à D.ieu ne plaise. Et par le bris il reconnaît sa bassesse, après avoir déjà goûté de la lumière et qu'elle se soit cachée de lui ; par cela il parvient à une grande humilité, et il naît le nom MaH nouveau, qui rectifie les kelim et les élargit pour qu'ils reçoivent véritablement une telle mesure.

Et c'est le sens de 'avant le bris, l'orgueil' (Proverbes 16,18) et 'avant l'honneur, l'humilité' (Proverbes 15,33). Et puisque tel fut l'ordre de la création, tel est vraisemblablement l'ordre général que le Nom béni soit-Il a institué dans Son monde pour toutes les créatures : au commencement, lorsque l'on commence à entrer dans le service de ה' -- car alors c'est à la manière de 'une servante a vu sur la mer ce que...' etc., comme on le sait -- l'orgueil entre en lui, et par cela entrent en lui des imaginations de Tohou et des vanités, et il se détache peu à peu de la devekout (attachement) qui lui convient.

Et ensuite il s'éveille et reconnaît sa bassesse, et il crie 'Hochia na' (sauve donc !) depuis la profondeur et le brisement du cœur ; alors il mérite le monde du tikoun et voit un monde nouveau.

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