On annule les pensées parasites (hirhourim) de celui qui place les paroles de Torah sur son cœur ; à l'inverse on lui en donne, comme dans Avot deRabbi Nathan. Rabbi Tsadok : la Torah est appelée vérité, opposée aux imaginations de vanité, qui sont mensonge ; par elle les mohin (consciences) de gadlout (grandeur) entrent et la katnout (petitesse) se retire. Même en katnout, les pensées diffèrent selon le degré des paroles de Torah sur le cœur : le rêve de Yaakov est « et voici que Hachem se tenait sur lui ». Chez Moché elles sont dans son cœur, sans imagination ; pour les générations elles restent « sur ton cœur », et la prophétie a lieu en katnout par la faculté imaginative.
Aussi : huit sortes de pensées, de Bina à Mal'hout ; parfois se reposer des paroles de Torah, « son annulation, c'est là le fondement de la Torah » ; ce qu'ils innovent par leur sagesse est leur propre sagesse.
[רד] הנותן ד"ת על לבו מבטלין ממנו כל מיני הרהורים וכן להיפך כשאין נותן ד"ת על לבו נותנין לו כל מיני הרהורים כמ"ש באדר"נ ר"פ כ' [וע"ש חשב ח' מיני הרהורים. והם נגד ח' מדריגות מבינה עד מלכות.
דהתחלת הרהורים זרים נובעים מהלב וכמ"ש כי יצר לב וגו' וכמ"ש בברכות (סא.) דיושב על ב' מפתחי הלב וממנו נכנס למוח. אבל מצד החכמה שבמוח עצמו אין מקום לרע כטעם נשמה שנתת בי טהורה היא כמ"ש במק"א.
ואצ"ל מצד שורש הנעלם של נפשות ישראל שהוא חלק ה' ממש] כי התורה נקרא אמת היא ממש היפוך דמיונות הבל שהם שוא. ועל ידה נכנסין מוחין דגדלות בגלוי ונסתלק הקטנות.
והגם דכ"א יש זמן שהוא בקטנות וא"א להיות לעולם בגדלות ודביקות הראוי. וכמו שנבראת השינה ואמרו בב"ר (פר' ט) שהוא טוב מאוד שעי"ז נינוח וחוזר לקבל חיות חדש.
וכן צריך לינוח מעט מד"ת לפעמים וביטולה של תורה זהו יסודה (מנחות צט:). מ"מ גם באותו זמן יש חילוק בין הרהורים כפי מדרגתו בד"ת שעל לבו.
וכענין יעקב אע"ה חלומו שהוא הדמיונות שלו בעת הקטנות הוא ג"כ והנה ה' נצב עליו וכן כל א' לפי מדרגתו. והרי חלום יעקב אע"ה הי' מדרגה גדולה לאחרים וכן הרבה מדרגות.
ומה שאצל א' הוא מחשבת ד"ת הוא אצל אחר מחשבת הדמיונות כי הוא מעמיק יותר בד"ת להגיע אל האמת הברור הניכר לעין שהוא כן שזה נקרא אמת שהוא מבורר בהתגלות לבו ועיני שכלו ומה שאינו כן נקרא דמיון כנודע בזוהר (ח"ג רפ ב) על וביד הנביאים אדמה דדמיון הוא אספקלריא דלא נהרא הנקרא אמונה ומדת לילה דהיינו כשהוא בחשכות והעלם מוחין דגדלות. ומ"מ דמיונות שלו שה' נצב עליו רק שהוא באמונה בלבד ולא בעומק לבות ובזה הם כל דמיונות של נביאי קשוט.
ומזה נמשך מדרגת הנבואה שהיא פחותה מהחכמה כמ"ש בב"ב (יב.) שהוא בעת הקטנות וחכמה בגדלות. והוא נבואת משרע"ה באספקלריא דנהרא מדת אמת שהוא התורה שהיא חכמה ולא נבואה שהוא בכה דהיינו התדמות שהוא כזה ולא עצם הדבר לפי שהוא בקטנות והגדלות מלובש בו.
אבל משרע"ה שהוא מדרגת הדעת שלא הי' אצלו דמיון כלל רק כדרך זה הדבר (ספרי ריש מטות) הגדלות לבדו מגולה כי לא הי' ד"ת על לבו לבד רק בלבו דמשה מלגאו וכל פנימיותו מד"ת ואין בו דמיון וכח המדמה שחוץ לד"ת כלל. אבל לדורות נא' והיו וגו' על לבבך ולא בלבבך שזה א"א ולא קם נביא וגו' שיהי' עצם נבו ונפשו רק ד"ת שלכן נקראת התורה על שמו כי הוא ממש כולו ד"ת.
אבל זולתו הד"ת רק על הלב והלב דבר אחר ויש בהם דמיון וחכמה ומצד הדמיון הוא נבואה כנ"ל אות ר"ג. כי ידיעת דבר ה' הוא שלא מצד חכמת אדם רק מצד כח המדמה ולפי שאצלם הם חלוקים א"כ הרי החכמה מלובשת בדמיון ואין הדמיון עצמו חכמה ותורה כשל משרע"ה.
וכן החכמה חלוקה מן הדמיון ומה שמחדשים בחכמתן אינו דבר ה' רק חכמת עצמן. כי דבר ה' הוא מה שמגיע אליו בכח המדמה בלא תוספות העמקת חכמה משלו ואינו מתייחדים אצלם כאצל משרע"ה:
[204] Celui qui place les paroles de Torah sur son cœur, on annule de lui toutes sortes de pensées parasites (hirhourim), et de même à l'inverse : lorsqu'il ne place pas les paroles de Torah sur son cœur, on lui donne toutes sortes de pensées parasites, comme il est écrit dans Avot deRabbi Nathan (Adar"n), début du chapitre 20. [Et vois là-bas : il énumère huit sortes de pensées.
Elles correspondent aux huit degrés depuis Bina jusqu'à Malkhout. Car le commencement des pensées étrangères jaillit du cœur, comme il est dit : 'car le penchant du cœur de l'homme...' (Bereshit 8,21), et comme il est dit dans Berakhot (61a) qu'il siège sur les deux entrées du cœur, et de là il pénètre dans le cerveau.
Mais du côté de la 'Hokhma qui est dans le cerveau lui-même, il n'y a pas de place pour le mal, selon le sens de 'l'âme que Tu as placée en moi est pure', comme je l'ai écrit ailleurs. Et il va sans dire qu'il en est ainsi du côté de la racine cachée des âmes d'Israël, qui est littéralement une part de ה'.] Car la Torah est appelée vérité, et elle est exactement l'opposé des imaginations de vanité, qui sont mensonge.
Et par elle entrent de manière révélée les mohin (consciences) de gadlout (état de grandeur), et la katnout (état de petitesse) se retire. Et bien que chacun connaisse un temps où il est en katnout, et qu'il soit impossible d'être toujours en gadlout et dans l'attachement (devekout) qui convient - de même que le sommeil a été créé, et ils ont dit dans Bereshit Rabba (chapitre 9) qu'il est 'très bon', car par lui on se repose et on revient recevoir une vitalité nouvelle ; ainsi faut-il parfois se reposer un peu des paroles de Torah, et 'son annulation, c'est là le fondement de la Torah' (Menahot 99b) - malgré tout, même en ce temps-là, il y a une différence entre les pensées, selon son degré dans les paroles de Torah qui sont sur son cœur.
Ainsi de Yaakov, la paix soit sur lui : son rêve, qui est ses imaginations au temps de la katnout, est lui aussi 'et voici que ה' se tenait sur lui' (Bereshit 28,13) ; et ainsi chacun selon son degré. Et voici que le rêve de Yaakov, la paix soit sur lui, était un degré élevé pour d'autres, et de même il y a de nombreux degrés.
Et ce qui, chez l'un, est pensée de paroles de Torah est, chez un autre, pensée d'imaginations, car celui-ci approfondit davantage dans les paroles de Torah pour parvenir à la vérité claire, reconnaissable à l'œil qu'il en est bien ainsi ; c'est cela qui est appelé vérité, ce qui est clarifié dans le dévoilement de son cœur et des yeux de son intelligence ; et ce qui n'est pas ainsi est appelé imagination (dimyon), comme il est connu dans le Zohar (tome 3, 280b) sur le verset 'et par la main des prophètes Je serai figuré' (Hoshéa 12,11) : que l'imagination est le miroir qui n'éclaire pas (aspaklaria delo nahara), appelé émouna (foi) et mesure de la nuit, c'est-à-dire lorsqu'il est dans l'obscurité et l'occultation des mohin de gadlout. Et malgré tout, ses imaginations à lui sont que ה' se tient sur lui, sauf que cela n'est que par la foi seule et non dans la profondeur des cœurs ; et telles sont toutes les imaginations des prophètes de vérité.
Et de là découle le degré de la prophétie, qui est inférieur à la 'Hokhma, comme il est dit dans Bava Batra (12a), car elle a lieu au temps de la katnout, tandis que la 'Hokhma est en gadlout. Et telle est la prophétie de Moché notre maître, la paix sur lui, dans le miroir qui éclaire (aspaklaria denahara), la mesure de vérité, qui est la Torah, laquelle est 'Hokhma et non prophétie - celle-ci étant par 'ko' (כה, 'ainsi'), c'est-à-dire une mise en ressemblance : c'est comme ceci, et non la chose elle-même, parce qu'il est en katnout et que la gadlout y est revêtue.
Mais Moché notre maître, la paix sur lui, qui est le degré de la Daat, chez qui il n'y avait absolument aucune imagination, mais seulement selon la voie de 'ceci est la chose' (Sifri, début de Matot) - chez lui la gadlout seule est dévoilée, car les paroles de Torah n'étaient pas seulement sur son cœur, mais dans son cœur, 'le cœur de Moché par le dedans' (milgav), et toute son intériorité était paroles de Torah, et il n'y avait en lui ni imagination ni faculté imaginative en dehors des paroles de Torah, en aucune façon. Mais pour les générations il est dit : 'et elles seront... sur ton cœur' (Devarim 6,6), et non 'dans ton cœur', car cela est impossible ; 'et il ne s'est plus levé de prophète...' (Devarim 34,10) dont l'être même et l'âme ne soient que paroles de Torah.
C'est pourquoi la Torah est appelée de son nom, car il est littéralement, tout entier, paroles de Torah. Mais chez tout autre que lui, les paroles de Torah sont seulement sur le cœur, et le cœur est autre chose ; il y a en eux imagination et 'Hokhma, et du côté de l'imagination c'est la prophétie, comme ci-dessus, section 203.
Car la connaissance de la parole de ה' ne vient pas du côté de la sagesse de l'homme, mais du côté de la faculté imaginative ; et puisque chez eux ces deux-là sont séparées, la 'Hokhma se trouve donc revêtue dans l'imagination, et l'imagination elle-même n'est pas 'Hokhma et Torah comme celle de Moché notre maître, la paix sur lui. Et de même la 'Hokhma est séparée de l'imagination, et ce qu'ils innovent par leur sagesse n'est pas parole de ה' mais leur propre sagesse.
Car la parole de ה' est ce qui lui parvient par la faculté imaginative, sans ajout d'un approfondissement de sagesse qui lui soit propre, et elles ne s'unifient pas chez eux comme chez Moché notre maître, la paix sur lui.