צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 203

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les imaginations et les pensées de futilité sont comme un rêve, œuvre de la faculté imaginative (koah hamedameh). Rabbi Tsadok enseigne que le sommeil est un soixantième de la mort : six extrémités de dix font soixante, et la futilité commence au dernier degré de Da'at. Pourtant le rêve est un soixantième de la prophétie. Chez les enfants d'Israël, le HaBaD occulte est à Hachem notre D.ieu (Devarim 29,28) par l'héritage des Pères ; même s'il a fauté par l'acte, il reste Israël en sa racine. Leurs imaginations, revêtues de paroles de futilité, ont une interprétation véritable, et celui qui n'est pas plongé dans le désir en tire une parole de Torah, forme de prophétie.

Aussi : Joseph et Daniel interprètes de rêves par netteté du désir ; l'élévation des pensées étrangères à la prière ; le libre choix cesse au dernier des six degrés, comme l'écrit le Ya'avets de la goutte.

‏[רג] הדמיונות והרהורים של בטלה ושל מה בכך שבמוח ולב כל אחד הוא ממש כחולם חלום שאינו ‏אלא בכח המדמה. ולכן אמרו יושב בטל כישן דמי שהוא א' מס' במיתה (ברכות נז:) באותו עת ‏דמיתה היינו מעשה רשע כמ"ש (שם יח:) רשעים בחייהם כו'.

וידוע כי בכל דבר יש ו' קצוות דהיינו ‏ו' מדרגות וכחות לכל דבר עד שיצא לגמר המעשה. וכל א' קומה שלימה כלול מי' הרי ס' והגם דיש ‏מדרגה ז' שהוא גמר המעשה מ"מ גם במדרגה אחרונה מן הששית אין הבחירה עוד בידו שלא ‏לצאת עוד לפועל במעשה כל שכבר נשלמו ו' המדרגות בכללותן.

ד"מ כשטיפת הזרע בפי היסוד ‏א"א שלא יצא אבל באמצע עדיין אפשר להחזיר בכח המושך כמ"ש ריעב"ץ. והתחלתן הוא הבטלה ‏הנמשך ממדרגה אחרונה דדעת דהיינו קישור כל מיני הרהורים מחשבות ורצונות של בטלה ‏‏[ובהיפך לטובה של טוב] ונמצא הוא א' מס'.

ומ"מ אמרו חלום א' מס' בנבואה כי בבני ישראל זרע ‏אברהם יצחק ויעקב הנסתרות שהם חב"ד בהעלמן לא מצד גלויין לפועל הם לה' א-להינו ע"י מורשה ‏מהאבות שזיככום ב' כחות אלו. כי הבנים נמשכים ממוח האב כנודע ולכן אע"פ שחטא במעשה ‏ישראל הוא בשורשו בחב"ד שבמוחו.

ולכך הדמיינות בטילים דישראל מאחר שנובעים מחב"ד שבו ‏הרי יש להם פתרון ממשיי ואמיתיי על המקום שהן נובעים אלא שנתלבשו בדברי בטלה. וזהו פרקי ‏דשטותא הנזכר בזוהר (ח"ג מז ב) שמהם יכולים לעמוד על דברי חכמה.

והיינו כענין פתרון לחלום ‏כי גם כח המדמה הוא א' מכחות שיסד הש"י במוח. וכל עיקרה של נבואה ממנו כמו ששמעתי וכ"ה ‏במ"נ כי הנבואה חלוק מהחכמה וכדאי' בב"ב (יב.) והוא ע"י המדמה ויש בו ג"כ ו' מדרגות כנ"ל ‏וכמ"ש בזוהר ובכללותן ס'.

ונראה כי המדריגות הוא בידיעת בירור שמחשבה זו הנופלת בדמיונו ‏הוא מאמיתות מחשבתו של הש"י ודבר ה' הוא שעולה בדמיונו. ולא ככל דמיונות של תוהו ושל הבל ‏העולים לכל א'.

ודבר זה הוא כפי נקיון הרהוריו מכל דבר שהוא נוגע בו שבזה הם כל הרהורי ‏האדם מדבר שנפשו של אדם מתאוה להן. וידע שלא הכניס הוא ההרהור בלבו והם ו' שהם ס' ‏מדרגות בנקיון כידוע שו' קצוות יש במדות.

תאוה וכעס וגיאות וניצוח כו' וכפי נקיון הרהוריו מכל א' ‏מנגיעות אלו כך עולה במעלות מדריגת נבואותו. והחלום שבעת השינה שאינו בידו ובחירתו לנקות ‏הרהוריו וכן הרהורי ודמיונות כל א' מישראל בכל זמן שהם דוגמת חלום הם א' מס' מאמיתות ‏המדמה שהיא נבואה.

כי גם בהם מלובש פתרון האמיתי ומרומז חכמת אמת הנמשכות מחב"ד ‏שבמוחו אלא שמעורבב בבטלה הרבה כענין אין חלום בלא דברים בטילים. ובלק"ת פ' וישב ביאר ‏ענין החלום מוחין דגדלות שבתוך מוחין דקטנות ע"ש.

וכן הדמיונות של הבל הם מוחין דקטנותו ‏ואצל בני ישראל שכל א' יש לו שורש בתורה דכתוב בה אמת ואינה דמיון הרי המוחין דגדלות גנוז ‏תוך מוחין דקטנות. רק מ"מ מפני הקטנות המסבבו א"א בלא דבר בטל אבל יש בו גם בר.

והמבין ‏ע"ז לדעת התוכיות שבכל הדמיונות הוא מי שנקי מתאות כיוסף בתאות נשים ודניאל בתאות ‏אכילה הם היו פותרי חלומות דשורש כל הרהורי בטלה הם בתאות שבזה הלב חושק להרהר. ומי ‏שהוא שקוע בדמיון אין יכול להחליף ולהוציא הדבר אמת המלובש תוך הדמיונות.

רק מי שאינו ‏שקוע הוא יוכל לברר הטוב מן הרע. וזה סוד העלאת מחשבות זרות שבתפלה הידוע בספרים ‏שאמור לגדולים היינו לשאין שקועים בתאוה הם יכולים לעמוד על הד"ת ומוחין דגדלות הגנוזים ‏בתוך מחשבות הבל שלו.

ועי"ז מעלה אותה המחשבה זרה ג"כ מאחר שעל ידה עמד. ע"כ שזה ‏מעין נבואה דהיינו דבר שאינו יכול לעמוד עליו מכח החכמה שהוא בכח השכל שבמוח רק ע"י כח ‏המדמה שבו עומד על ד"ת זה כנ"ל:

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[203] Les imaginations et les pensées (hirhourim) de futilité et de choses sans importance qui sont dans le cerveau et le cœur de chacun sont exactement comme celui qui rêve un rêve, lequel n'est rien d'autre que l'œuvre de la faculté imaginative (koah hamedameh). C'est pourquoi ils ont dit : celui qui reste oisif est comparable à celui qui dort, et le sommeil est un soixantième de la mort (Berakhot 57b) ; à ce moment-là, celui de la mort, c'est-à-dire l'acte du racha (le méchant), comme il est dit (ibid.

18b) : les méchants, de leur vivant, sont appelés morts. Et il est connu qu'en toute chose il y a six extrémités (ketsavot), c'est-à-dire six degrés et six forces en toute chose, jusqu'à ce qu'elle sorte à l'achèvement de l'acte.

Et chacune de ces six est une stature complète (koma) composée de dix, ce qui fait soixante. Et bien qu'il y ait un septième degré, qui est l'achèvement de l'acte, néanmoins, déjà au dernier degré du sixième, le libre choix n'est plus en sa main pour empêcher que la chose ne sorte à l'acte, dès lors que les six degrés se sont achevés dans leur ensemble.

Ainsi par exemple, lorsque la goutte de semence se trouve à l'orifice du yessod, il est impossible qu'elle ne sorte pas ; mais à mi-chemin il est encore possible de la faire revenir par la force de retenue, comme l'a écrit le Ya'avets (Rabbi Yaakov Emden). Et leur commencement, c'est la futilité (batala), qui découle du dernier degré de Da'at, c'est-à-dire le lien de toutes sortes de pensées, de réflexions et de volontés de futilité - et à l'inverse, du côté du bien, de bien - et il se trouve donc que c'est un soixantième.

Et pourtant ils ont dit que le rêve est un soixantième de la prophétie. Car chez les enfants d'Israël, semence d'Abraham, d'Its'hak et de Yaakov, les choses cachées, qui sont HaBaD ('Hokhma, Bina, Da'at) dans leur occultation et non du côté de leur révélation en acte, sont à ה' notre Dieu (Deutéronome 29,28), par l'héritage reçu des Pères, qui ont purifié ces deux forces.

Car les fils découlent du cerveau du père, comme on le sait ; et c'est pourquoi, même s'il a fauté par l'acte, il reste Israël en sa racine, dans le HaBaD qui est dans son cerveau. Aussi les imaginations futiles d'un juif, dès lors qu'elles jaillissent du HaBaD qui est en lui, ont bel et bien une interprétation (pitaron) réelle et véritable quant à l'endroit d'où elles jaillissent, sauf qu'elles se sont revêtues de paroles de futilité.

Et ce sont là les chapitres de sottise (pirkei de-chetouta) mentionnés dans le Zohar (t. III, 47b), dont on peut tirer des paroles de sagesse.

Et cela est comparable à l'interprétation d'un rêve, car la faculté imaginative elle aussi est l'une des forces que le Saint béni soit-Il a établies dans le cerveau. Et tout le fond de la prophétie vient d'elle, comme je l'ai entendu, et ainsi est-il dans le Moreh Nevoukhim (Guide des égarés) : la prophétie est distincte de la sagesse, comme il est rapporté dans Baba Batra (12a), et elle se fait par la faculté imaginative ; et il y a en elle également six degrés comme ci-dessus, et comme il est écrit dans le Zohar, et dans leur ensemble soixante.

Et il semble que ces degrés consistent dans la connaissance discernée (birour) que cette pensée qui tombe dans son imagination provient de la vérité de la pensée du Saint béni soit-Il, et que c'est là parole de ה' qui monte en son imagination, et non comme toutes les imaginations de vide (tohou) et de vanité qui montent chez chacun. Et cela est à la mesure de la propreté de ses pensées à l'égard de toute chose où il est partie intéressée (noguea), car c'est de là que viennent toutes les pensées de l'homme : de ce que son âme désire.

Et qu'il sache qu'il n'a pas lui-même fait entrer cette pensée dans son cœur. Et ce sont six degrés, qui sont soixante degrés de propreté, comme il est connu qu'il y a six extrémités dans les midot : le désir, la colère, l'orgueil, l'esprit de contradiction (nitsahon), etc.

Et selon la propreté de ses pensées à l'égard de chacun de ces intérêts personnels (neguiot), ainsi monte-t-il dans les degrés du niveau de sa prophétie. Et le rêve qui a lieu pendant le sommeil, où il n'est ni en son pouvoir ni en son choix de nettoyer ses pensées, et de même les pensées et les imaginations de chaque juif à tout moment, qui sont à l'image du rêve : ils sont un soixantième de la vérité de la faculté imaginative, laquelle est prophétie.

Car en eux aussi est revêtue l'interprétation véritable, et y est laissée entendre la sagesse de vérité qui découle du HaBaD qui est dans son cerveau, sauf que cela est fortement mêlé de futilité, selon la parole : il n'y a pas de rêve sans paroles futiles (Berakhot 55a). Et dans le Likoutei Torah, parachat Vayechev, il a expliqué l'affaire du rêve : des mohin de gadlout (intellects de grandeur) à l'intérieur de mohin de katnout (intellects de petitesse), voir là-bas.

De même les imaginations de vanité sont ses mohin de katnout ; et chez les enfants d'Israël, dont chacun a une racine dans la Torah, dont il est écrit qu'elle est vérité et qu'elle n'est pas imagination, les mohin de gadlout sont bel et bien celés à l'intérieur des mohin de katnout. Seulement, malgré tout, à cause de la katnout qui l'entoure, il est impossible qu'il n'y ait pas de chose futile ; mais il y a aussi du grain (bar).

Et celui qui comprend cela au point de connaître l'intériorité qui se trouve dans toutes les imaginations, c'est celui qui est net de désirs, comme Joseph pour le désir des femmes et Daniel pour le désir de la nourriture : ce sont eux qui furent interprètes de rêves. Car la racine de toutes les pensées de futilité est dans les désirs, puisque c'est par là que le cœur brûle d'y penser.

Et celui qui est plongé dans l'imagination ne peut ni échanger ni faire sortir la chose vraie revêtue à l'intérieur des imaginations ; seul celui qui n'y est pas plongé peut discerner (birour) le bien d'avec le mal. Et c'est là le secret de l'élévation des pensées étrangères pendant la prière, connu dans les livres, dont il est dit qu'il vaut pour les grands, c'est-à-dire pour ceux qui ne sont pas plongés dans le désir : ceux-là peuvent parvenir aux paroles de Torah (divrei Torah) et aux mohin de gadlout celés à l'intérieur de ses pensées de vanité.

Et par cela il élève aussi cette pensée étrangère elle-même, puisque c'est par elle qu'il est parvenu à cela. Il faut donc dire que c'est une forme de prophétie : à savoir une chose à laquelle il ne peut parvenir par la force de la sagesse, qui est la force de l'intellect dans le cerveau, mais c'est uniquement par la faculté imaginative qui est en lui qu'il parvient à cette parole de Torah, comme ci-dessus.

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