צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 201

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Le don de soi (messirat nefech) par amour de D.ieu engage aussi la nechama (âme supérieure) : le Zohar lit « de toute ton âme » comme nefech, roua'h et nechama, car « tout » implique au moins trois. Rabbi Tsadok y joint « de tout ton cœur », jalousie, désir et honneur, et « de tout ton meod » (tes moyens), car le cœur dépend de la bourse et la convoitise de l'argent se divise comme ces penchants. De même Moché dit « efface-moi donc de Ton livre » par amour d'Israël. Celui dont le cœur est entier dans les trois degrés de l'amour mérite comme Rabbi Akiva, qui entra et sortit en paix.

Aussi : le roi David demanda à servir l'idolâtrie par amour du Saint béni soit-Il ; le mekochech, ses filles savantes et l'héritage des forces du père ; A'her, Ben Azai et Ben Zoma selon le manque dans l'amour

‏[רא] מסירת נפש בשביל אהבת ה' אינו הנפש לבד כפשטי' אלא גם הנשמה וכמ"ש בזוהר תרומה ‏קס"ג רע"א דבכל נפשך היינו נפש רוח נשמה [דלשון כל משמע לפחות על ג' דברים כמ"ש תוס' ‏כתובות (ח.). וכן בכל לבבך הם ג' כתות שבלב קנאה ותאוה וכבוד דהיינו ב' החללים שבלב ימין ‏ושמאל וחבורם יחד.

ובכל מאודך אי' בזוהר שם דכמה זינין אינון בממון פי' כמ"ש (ירושלמי תרומות ‏סו"פ ח) לבא בכיסא תליא. וכפי התחלקות יצרי הלב כך התחלקות חמדת הממון.

יש שממונו ‏בשביל קנאה וניצוח ויש למילוי תאוה ויש להשיג כבוד על ידו] וכדרך שא' משרע"ה מחני נא מספרך ‏בשביל אהבת ישראל. ודוד המע"ה בקש לעבוד ע"ז כמ"ש בסנהדרין (קז.) כדי שלא יתחלל כו' ‏דהיינו בשביל אהבת הש"י.

ומקושש לש"ש נתכוין היינו בשביל אהבת התורה שיתגלה הלכה זו ‏בעולם של חיוב מיתה למחלל שבת (כמ"ש תוס' ב"ב קיט: בשם מדרש) הגם דהוא יענש וזכה ג"כ ‏לבנות שנתלין בו (כמ"ש נדה לא סע"א) חכמניות דרשניות ונתגלה ג"כ על ידם פ' מחודשת מד"ת ‏בנחלות.

כמו ששמעתי ענין הירושה עקרו ירושת הכחות של האב לבן. וידוע נוק' הוא החשק וחסרון ‏ודכורא המילוי ולכך הירושה לדכורא אך כשאין לו בן זהו שלא הי' לו מילוי רק תוקף החשק לבד ‏שזהו מסט' דנוקבא אז זה החלק גם הבנות יורשות.

ומקושש שהי' לו החשק לתורה כ"כ הגם שלא ‏נתגלה ההלכה אלא במיתתו נמצא לא זכה להמילוי והי' לו רק החשק לכך לא הי' לו כ"א בנות ‏ונתגלה על ידם פ' זו שהם יורשים כחותיו במותו שאז הי' מילוי חשקו וכחותיו הוא החשק. וכן ‏המטיילים בפרדס יש להם מס"נ בשביל אהבת התורה שהרי יכולים לטעות כאלישע אחר.

ומי שלבו ‏שלם בכל ג' מדרגות האהבה הרי זה זוכה כרע"ק שנכנס ויצא בשלום. ואחר לא הי' שלם בכל לבבך ‏כמ"ש (חגיגה טו:

רש"י ד"ה נושרין) טינא היתה בלבו שזה נגד אהבת הש"י כנ"ל אות קצ"ט יצא ‏לתרבות רעה. ובן עזאי נפשו חשקה בתורה זהו נגד בכל נפשך ואהבת התורה רק שלא הי' נאה ‏מקיים כמ"ש ביבמות (סג:) וע"ז אמרו (שם קט.) כל האומר אין לו אלא תורה אף תורה אין לו שזה ‏חסרון באהבת התורה כשאינו מקיים והוא חסרון באהבה דכל נפשך לכן עונשו בנפש ובמיתה.

‏ומצינו בברכות (י.) בחזקי' ג"כ מות תמות על שלא קיים פ"ו. ובזוהר פקודי רנ"ד ב' דהוא אידבק ‏בעפר.

וידוע דרע שביסוד העפר הוא העצלות בקיום המצות. ואחר אדבק באש שממנו הכעס נקרא ‏בלשון הכתוב אש וכן התאוה בדרז"ל (קידושין פא.) חזי דאת נורא.

ובן זומא ברוח שממנו בא ‏ליצנות והתפארות. והגם דאצלו הי' הכל ק"ק כד"ש בברכות (נח.) וברא כל אלו לשמשני והוא ‏לשיטתו (שם ו:) כל העולם כולו לצוות לזה וכך הוא האמת לאמיתו.

רק לפי שעדיין לא נסמך הי' זה ‏לקצת חסרון. וכמו ששמעתי על מאז"ל בחגיגה (יד:) שאלו את בן זומא מהו לסרוסי כלבא שהוא אם ‏לא נתלוצץ מברי' היותר פחותה שבבריות ואכ"מ.

ולכ"א עליו פן תשבענו וגו' שקיבל יותר מהראוי ‏ובאמת חכמתו מופלגת מכל העולם כולו שמצד זה נמשך התפארות נגד הכל כד"ש בזכרי' ראה ‏עצמו למעלה כו' (קה"ר פ' י) וכמ"ש בברכות (נז:) בן זומא יצפה לחכמה ולכך עונשו נפגע שהוא ‏העדר החכמה. ולפי שהפגם באהבת ישראל הנפגע ויוצא מדעת הוא מובדל מאהבת ריעים.

וא' ‏‏(ב"ק פז.) חש"ו פגיעתן רעה כו' אבל רע"ק שנכנס בהיכל אהבה יעו"ש בזוהר שהי' שלם בכל חלקי ‏האהבה יצא בשלום: ‏

[201] Le don de soi (messirat nefech) par amour de ה' n'engage pas la seule nefech (l'âme vitale) selon le sens simple, mais aussi la nechama (l'âme supérieure), comme il est écrit dans le Zohar Terouma 163a : 'de toute ton âme (nafchekha)', ce sont nefech, roua'h et nechama. [Car le mot 'tout' (kol) implique au moins trois choses, comme l'écrivent les Tossefot Ketoubot 8a.

De même 'de tout ton cœur' : ce sont les trois groupes qui sont dans le cœur, la jalousie, le désir et la recherche d'honneur, c'est-à-dire les deux cavités du cœur, la droite et la gauche, et leur union ensemble. Et 'de tout ton meod (tes moyens)' : il est dit dans le Zohar au même endroit qu'il y a plusieurs espèces (zinin) dans l'argent, ce qui veut dire, comme il est enseigné (Talmud de Jérusalem Teroumot, fin du chapitre 8), que le cœur dépend de la bourse.

Et selon la manière dont se divisent les penchants du cœur, ainsi se divise la convoitise de l'argent : il y a celui dont l'argent sert la jalousie et l'esprit de victoire, il y a celui qui s'en sert pour assouvir le désir, et il y a celui qui s'en sert pour obtenir de l'honneur.] Et c'est de la même manière que Moche notre maître, sur lui la paix, a dit : 'efface-moi donc de Ton livre' (Chemot 32,32), par amour d'Israël. Et David, le roi, sur lui la paix, demanda à servir l'idolâtrie, comme il est dit dans Sanhédrin 107a, afin qu'il n'y ait pas profanation etc., c'est-à-dire par amour du Saint béni soit-Il.

Et celui qui ramassait du bois le chabbat (le mekochech, Bamidbar 15,32) avait une intention tournée vers le Ciel : c'était par amour de la Torah, pour que se révèle dans le monde cette halakha, l'obligation de mort pour celui qui profane le chabbat (comme l'écrivent les Tossefot Baba Batra 119b au nom d'un midrach), bien que lui-même dût être puni. Et il mérita aussi les filles qui lui sont rattachées (comme il est dit Nidda 31a, fin de la première face), savantes et interprètes de la Torah, et par elles fut révélée en outre une section nouvelle de paroles de Torah, celle des héritages.

Comme je l'ai entendu : le fond de la question de l'héritage, c'est l'héritage des forces du père au fils. Et il est connu que la Noukva (le principe féminin) est le désir ardent (h'echek) et le manque, et que le masculin (dekhoura) est le remplissage (miloui) ; c'est pourquoi l'héritage revient au masculin.

Mais lorsqu'un homme n'a pas de fils, c'est qu'il n'a pas eu de remplissage, mais seulement la force du désir seul, ce qui relève du côté (sitra) de la Noukva ; alors cette part-là, les filles aussi en héritent. Et le mekochech, qui avait un tel désir de la Torah, bien que la halakha ne se soit révélée qu'à sa mort, il se trouve qu'il n'a pas mérité le remplissage et n'avait que le désir ; c'est pourquoi il n'eut que des filles, et c'est par elles que fut révélée cette section, car elles héritent de ses forces à sa mort, moment où s'accomplit le remplissage de son désir, et ses forces, c'est le désir.

De même, ceux qui se promènent dans le Pardes ont un don de soi par amour de la Torah, puisqu'ils peuvent se tromper comme Elicha, dit A'her. Et celui dont le cœur est entier dans les trois degrés de l'amour, celui-là mérite comme Rabbi Akiva, qui entra et sortit en paix.

Et A'her n'était pas entier dans 'de tout ton cœur', comme il est dit (H'aguiga 15b, Rachi s.v. 'nochrin') qu'une souillure était dans son cœur, ce qui va contre l'amour du Saint béni soit-Il, comme ci-dessus section 199 ; il sortit vers une mauvaise voie. Et Ben Azai, dont l'âme désirait ardemment la Torah, cela correspond à 'de toute ton âme' et à l'amour de la Torah ; seulement, il n'accomplissait pas joliment ce qu'il enseignait, comme il est dit dans Yevamot 63b.

Et c'est à ce propos qu'ils ont dit (ibid. 109a) : quiconque dit qu'il n'a que la Torah, même la Torah il ne l'a pas ; car c'est un manque dans l'amour de la Torah lorsqu'on n'accomplit pas, et c'est un manque dans l'amour de 'toute ton âme', c'est pourquoi son châtiment fut dans la nefech, par la mort.

Et nous trouvons dans Berakhot 10a, au sujet de H'izkiya également, 'tu mourras' pour n'avoir pas accompli le commandement de la procréation (pirya verivya). Et dans le Zohar Pekoudei 254b, qu'il s'est attaché à la terre (afar).

Et il est connu que le mal qui est dans l'élément terre, c'est la paresse dans l'accomplissement des mitsvot. Et A'her s'est attaché au feu, d'où vient la colère, que le langage de l'Écriture appelle feu, et de même le désir, dans le langage de nos maîtres de mémoire bénie (Kidouchin 81a) : 'vois que tu es du feu'.

Et Ben Zoma [s'est attaché] au vent (roua'h), d'où viennent la moquerie et la vantardise. Et bien que chez lui tout était saint des saints, comme il disait dans Berakhot 58a : 'et Il a créé tout cela pour me servir', et cela est conforme à sa position (ibid.

6b) : le monde entier n'a été créé que pour tenir compagnie à celui-ci, et telle est la vérité dans sa vérité même. Seulement, parce qu'il n'avait pas encore reçu l'ordination (semikha), cela lui fut compté comme un léger manque.

Et comme je l'ai entendu au sujet de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie dans H'aguiga 14b : on demanda à Ben Zoma 'qu'en est-il de castrer un chien ?', c'est-à-dire [pour éprouver] s'il ne s'était pas moqué de la plus vile des créatures ; et ce n'est pas ici le lieu d'en parler. Et c'est pourquoi il a été dit sur lui : 'de peur que tu n'en sois rassasié' etc.

(Michlei 25,16), parce qu'il avait reçu plus que ce qui lui convenait. Et en vérité sa sagesse dépassait de loin celle du monde entier, et de ce côté-là découlait une vantardise à l'égard de tous, comme ils ont dit au sujet de Zekharia : il se vit au-dessus etc.

(Kohelet Rabba chapitre 10). Et comme il est dit dans Berakhot 57b : celui qui voit Ben Zoma [en rêve] qu'il espère la sagesse ; c'est pourquoi son châtiment fut d'être frappé (nifga), ce qui est l'absence de sagesse.

Et puisque le défaut portait sur l'amour d'Israël, celui qui est frappé et sort de sa raison est mis à l'écart de l'amour des compagnons. Et il est dit (Baba Kama 87a) : le sourd-muet, l'insensé et le mineur, leur atteinte est mauvaise etc.

Mais Rabbi Akiva, qui entra dans le palais de l'amour, vois cela là-bas dans le Zohar, qui était entier dans toutes les parties de l'amour, sortit en paix.

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