Celui qui aime la Torah, elle l'aime et lui dévoile ses secrets, « J'aime ceux qui m'aiment ». Selon Rabbi Tsadok, celui qui aime Israël est aimé d'eux ; au cœur d'Aharon, qui porte leurs noms, racine de l'âme dans l'Atsilout, mystères des âmes et espaces du monde se révèlent pour connaître la volonté de D.ieu. La Torah est générale ; le détail en son temps est Issakhar, bina du cœur et amour des créatures ; la ''hokhma est Lévi. Yehouda, où l'amour de D.ieu est fixé, reçoit Ses décrets, sans que ce soit la halakha pour la conduite du monde : « elle n'est pas dans les cieux ». L'amour est l'attachement à la chose jusqu'à « et ils deviendront une seule chair ».
Aussi : les lettres tet et tsadi pour attirer l'influx dans la descendance ; « celui qui hait Hachem » pour qui hait Yehouda, et Israël nommé Yehoudim ; Salomon a cherché à juger sans témoins ni avertissement.
[קצח] מי שאוהב את התורה התורה אוהבתו ג"כ כמ"ש בפר' הלא חכמה תקרא. אני אוהבי אהב וגו' ומגלת לו כל סתריה ורזי התורה כמו החשוק לחשוקו.
וכן האוהב ישראל הן אוהבין אותו כמ"ש באהרן באבות אוהב את הבריות ולכן נאמר בו ויבכו אותו כל ב"י כדרז"ל (אדר"נ פ' יב הובא ברש"י) וכמ"ש כמים הפנים וגו' ומגלין לו כל רזין הגנוזין בנפשות ישראל. וזה טעם ונשא אהרן את שמות בנ"י וגו' כי השם הוא שורש כח חיות נפשו במקורה ומקום אצילותה למעלה מעלה.
וללב אהרן האוהב ישראל גלויים סודות כל הנפשות בשרשן. ועי"ז מתגלין לו כל חללי עלמא שהיו שואלין באורים ותומים והאותיות בולטין פי' שיש בליטה בלב להאוהב ישראל ע"י שמות בני ישראל לדעת רצון הש"י בהנהגת העולם דבר בעתו בכל דור ודור.
שע"ז מורין נפשות ישראל שבכל דור [הכלולין במקורן שמות האבות ושבטים החקוקים בצירוף תיבות שבטי ישורון (כמ"ש יומא עג:) שהם אותיות ההמשכה להמשיך כחן בזרען שעיקר ההמשכה ע"י אות הט' כטעם אמרו צדיק כי טוב שלא נמצא בכולן. וכן אות הצד"י לא נמצא אלא באבות שהם התחלת ההמשכה ואכ"מ] והתורה היא לימוד דרך כלל אבל בפרט בעתו באותו זמן ונפש ומקום זהו בבני יששכר יודעי בינה לעתים שנמשך מן הבינה שבלב ששם הוא הרחמנות והאהבה לבריות.
משא"כ החכמה הוא אהבת התורה זהו בלוי ביחוד שיצא ממנו משרע"ה ובכלל הכהנים והלוים הם השופטים כמ"ש ובאת וגו' ובכ"מ. וא' ביומא (כו.) צורבא מרבנן דמורי מלוי או מיששכר וכ"א (בר"ר פ' עב) ראשיהם מאתים ראשי סנהדראות כי אין ממנין בסנהדרין זקן וסריס וכו' (כמ"ש סנהדרין לו:) דצריך ג"כ אהבת הבריות כדי לידע הדבר בעתו וזה זכה יששכר ע"י דמרציא ארצויי כדאי' בעירובין (ק:) שזהו תוקף האהבה לבריות ובכח זה נולד.
משא"כ יהודה שנקרא ע"ש של הקב"ה כמ"ש בסוטה (י:) כי אהבת הש"י קבוע בו [וכמו ששמעתי כי מי ששונא הנבחר משבט יהודה נק' שונא ה' וכן נקראו שונאי דוד המע"ה משא"כ בשאר שבטים כל א' כפי מעלתו משבט יוסף השונאו נקרא שונא צדיק ומגד שונא תם ומלוי שונא ישראל כך שמעתי] ולכן נקראו ישראל על שמו (כמ"ש בר"ר פ' צח). וא' במגילה (יג.) כל הכופר בע"ז נקרא יהודי לכן אמרו שם ביומא דגם בו נא' יהודה מחוקקי רק דלא מסיק כו' דודאי המשפט מדה כנגד מדה הש"י מגלה לו סתריו אלא דזה אינו אליבא דהלכתא פי' לשון הלכה היינו מלשון הכתוב זה הדרך לכו בו.
ולענין הנהגת העולם אמרו בב"מ (נט:) לא בשמים הוא ואין משגיחין בב"ק (ושם פו.) נחלקו במתיבתא דרקיע הקב"ה אומר כו' כי תושב"כ מן השמים נקרא חקה חקקתי גזירה גזרתי כו'. וכן הבריאה דהוא מעשה הקב"ה נקרא חוקות שמים וארץ וכן יהודה מחוקקי נתגלו לו חוקות הקב"ה וכד"ש בתוספתא הובא בתוס' חגיגה (ב:) על דוד ושלמה המע"ה אין למידין מתקוע.
שהוא עשה שלא כהלכה בלא שום טעם רק מפני שרצה בכך וסמך על מה שהוא רוצה כך הוא אמיתות רצון הש"י ואין בו עבירה. ואע"פ שאין בו שום טעם כי אין טעם לרצון וכמ"ש כל אשר שאלו עיני לא אצלתי וגו' אף להפר תורה הגם שלא ידע טעם שיש בו עת לעשות לה' רק חוקה וכהלכתא הלכה למשה מסיני בלא טעמא זה אינו מסקנא והלכתא להנהגת העולם ולכן אמרו (ר"ה כא סע"ב) בקש שלמה המע"ה לדון בלא עדים והתראה.
וכטעם וישב על כסא ה' והרי על כסא ה' יושב הקב"ה. רק האהבה הוא הדביקות באותו דבר.
ומי שאוהב התורה וישראל דבוק בהם ומי שאוהב הקב"ה שע"ז יסד שלמה המע"ה כל ספר שה"ש הרי דבוק בו עד כביכול והיו לבשר אחד:
[198] Celui qui aime la Torah, la Torah l'aime elle aussi, comme il est écrit dans le chapitre "La sagesse n'appelle-t-elle pas ?" (Proverbes 8,1) : "J'aime ceux qui m'aiment" etc. (Proverbes 8,17) ; et elle lui dévoile tous ses secrets et les mystères de la Torah, comme le bien-aimé à celui qu'il aime.
De même, celui qui aime Israël, eux aussi l'aiment, comme il est dit d'Aharon dans les Avot : "il aimait les créatures" (Avot 1,12) ; et c'est pourquoi il est dit de lui "et toute la maison d'Israël le pleura" (Nombres 20,29), selon ce qu'ont enseigné nos maîtres de mémoire bénie (Avot deRabbi Nathan chap. 12, cité par Rachi), et comme il est écrit "comme dans l'eau le visage répond au visage" etc.
(Proverbes 27,19) ; et on lui dévoile tous les mystères enfouis dans les âmes d'Israël. Et telle est la raison de "Aharon portera les noms des enfants d'Israël" etc.
(Exode 28,29), car le nom est la racine de la force vitale de son âme dans sa source et dans le lieu de son émanation (Atsilout), tout en haut. Et au cœur d'Aharon, qui aime Israël, sont révélés les secrets de toutes les âmes dans leur racine.
Et par cela lui sont révélés tous les espaces du monde ('halalei alma, les cavités de l'univers), car on interrogeait par les Ourim veToumim et les lettres saillaient : c'est-à-dire qu'il y a une saillie dans le cœur de celui qui aime Israël, par les noms des enfants d'Israël, pour connaître la volonté de D.ieu dans la conduite du monde, chaque chose en son temps, en chaque génération. Car c'est cela qu'indiquent les âmes d'Israël de chaque génération [qui sont incluses dans leur source, les noms des Patriarches et des tribus gravés, avec l'adjonction des mots "les tribus de Yechouroun" (comme il est dit dans Yoma 73b), qui sont les lettres de l'attirance (hamchakha, l'acheminement de l'influx), pour attirer leur force dans leur descendance ; car l'essentiel de cette attirance se fait par la lettre tet (ט), selon le sens de "dites du juste (tsadik) qu'il est bon (tov)" (Isaie 3,10), lettre qui ne se trouve pas dans tous [les noms des tribus].
De même, la lettre tsadi (צ) ne se trouve que dans les noms des Patriarches, qui sont le commencement de cette attirance ; et ce n'est pas ici le lieu d'en traiter]. Et la Torah est un enseignement d'ordre général ; mais le détail, chaque chose en son temps, en ce moment-là, pour cette âme-là et ce lieu-là, cela relève des fils d'Issakhar, "qui savaient discerner les temps" (I Chroniques 12,33), ce qui découle de la bina (compréhension) qui est dans le cœur, la où se trouvent la compassion et l'amour des créatures.
Alors que la ''hokhma (sagesse), qui est l'amour de la Torah, cela relève de Levi en particulier, dont est issu Moche notre maître, la paix soit sur lui ; et de façon générale les Cohanim et les Leviim sont les juges, comme il est écrit "et tu viendras [vers les prêtres, les Leviim]" etc. (Deutéronome 17,9), et en de nombreux endroits.
Et il est dit dans Yoma (26a) : un jeune érudit (tsourba merabanan) qui rend des décisions vient de Levi ou d'Issakhar ; et de même il est dit (Berechit Rabba chap. 72) : "leurs chefs, deux cents" (I Chroniques 12,33), ce sont les chefs des sanhédrins.
Car on ne nomme au Sanhédrin ni un vieillard ni un eunuque, etc. (comme il est dit dans Sanhédrin 36b), puisqu'il faut aussi l'amour des créatures pour connaître la chose en son temps.
Et Issakhar a mérité cela du fait qu'elle [Léa] le sollicita par la persuasion (demartsia artsouyei), comme il est rapporté dans Erouvin (100b), ce qui est la force même de l'amour des créatures, et c'est par cette force qu'il fut engendré. Alors que Yehouda, lui, est appelé du Nom du Saint béni soit-Il, comme il est dit dans Sota (10b), car l'amour de D.ieu est fixé en lui [et comme je l'ai entendu : celui qui hait l'élu de la tribu de Yehouda est appelé "celui qui hait ה'", et c'est ainsi que furent nommés ceux qui haïssaient David, roi d'Israël, la paix soit sur lui ; ce qui n'est pas le cas des autres tribus, où chacun est nommé selon son niveau : celui qui hait un homme de la tribu de Yossef est appelé "celui qui hait le juste (tsadik)", de Gad "celui qui hait l'homme intègre (tam)", et de Levi "celui qui hait Israël" ; ainsi l'ai-je entendu].
Et c'est pourquoi Israël est appelé de son nom [Yehoudim] (comme il est dit dans Berechit Rabba chap. 98).
Et il est dit dans Meguila (13a) : quiconque renie l'idolâtrie est appelé "Yehoudi". C'est pourquoi ils ont dit là-bas, dans Yoma, que de lui aussi il est dit "Yehouda est mon législateur (me'hokeki)" (Psaumes 60,9), seulement qu'il ne parvient pas [à la conclusion] etc.
Car assurément, par le jugement mesure pour mesure, D.ieu lui dévoile Ses secrets ; seulement cela n'est pas conforme à la halakha, c'est-à-dire que le mot halakha vient de l'expression du verset "voici le chemin, marchez-y" (Isaie 30,21). Et quant à la conduite du monde, ils ont dit dans Baba Metsia (59b) : "elle n'est pas dans les cieux" (Deutéronome 30,12), et l'on ne tient pas compte d'une voix céleste (bat kol) ; et là-bas (86a) : ils étaient en désaccord dans l'académie céleste (metivta dirkia), le Saint béni soit-Il dit ... etc.
Car la Torah écrite (Torah chebikhtav), qui vient des cieux, est appelée "un décret ('houka) que J'ai décrété, un édit que J'ai édicté" etc. De même la création, qui est l'œuvre du Saint béni soit-Il, est appelée "les lois ('houkot) des cieux et de la terre" (Jérémie 33,25).
Et de même "Yehouda est mon législateur (me'hokeki)" : les décrets du Saint béni soit-Il lui ont été révélés. Et comme il est dit dans la Tossefta, citée dans les Tossefot de 'Haguiga (2b) au sujet de David et de Salomon, rois d'Israël, la paix soit sur eux : on ne tire pas d'enseignement de Tekoa.
Car il a agi non conformément à la halakha, sans aucune raison, uniquement parce qu'il le voulait ainsi, et il s'est appuyé sur ceci : que ce qu'il veut, c'est cela la vérité de la volonté de D.ieu, et qu'il n'y a là aucune transgression. Et bien qu'il n'y ait là aucune raison, car la volonté n'a pas de raison, comme il est écrit "tout ce que mes yeux demandaient, je ne le leur ai pas refusé" etc.
(Ecclésiaste 2,10) : et même jusqu'à annuler la Torah, quoiqu'il n'en connaisse pas la raison, du fait qu'il y a là un "temps d'agir pour le Nom : ils ont annulé Ta Torah" (Psaumes 119,126), rien qu'un décret et comme une halakha transmise à Moche au Sinaï, sans raison. Cela n'est pas la conclusion ni la halakha pour la conduite du monde.
Et c'est pourquoi ils ont dit (Roch Hachana 21b, fin) : Salomon, roi d'Israël, la paix soit sur lui, chercha à juger sans témoins ni avertissement préalable ; selon le sens de "il s'assit sur le trône de ה'" (I Chroniques 29,23), or c'est sur le trône de ה' que siège le Saint béni soit-Il. Seulement, l'amour est l'attachement (devekout) à la chose même.
Celui qui aime la Torah et Israël leur est attaché ; et celui qui aime le Saint béni soit-Il, ce sur quoi Salomon, roi d'Israël, la paix soit sur lui, a fondé tout le livre du Cantique des Cantiques, celui-là lui est attaché jusqu'à, pour ainsi dire, "et ils deviendront une seule chair" (Genèse 2,24).