צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 197

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« De tout ton cœur », « de toute ton âme » et « de tout ton meod » (Devarim 6,5) sont trois degrés dans l'amour de D.ieu. Pour Rabbi Tsadok, le cœur ce sont tous les désirs, « avec tes deux penchants », rien pour soi-même ; l'âme, l'être collé à cet amour jusqu'à l'extinction, la deveikout (attachement adhérent), sens des tefilin. Ces deux degrés sont au pouvoir du service de l'homme ; seuls eux sont dits dans « Vehaya im chamoa ». Le meod relève de l'aide du Ciel : l'amour fixé dans l'avoir même, vivants et inanimés, prolongement de l'homme rempli de cet amour. C'est la midda (attribut) de Yaakov, pour les individus d'exception ; pour la multitude, dans les temps à venir.

Aussi : l'âne de Rabbi Pin'has ben Yair ; le repos des instruments le Chabbat ; le mont Sinaï qui bondit vers Moché comme l'aiguille vers l'aimant

‏[קצז] ג' מדרגות באהבת הש"י בכל לבבך היינו כל התשוקות וחמדות שבלב ואז"ל (ברכות נד.) בב' ‏יצריך פי' בין בצרכי הגוף בין לעניני עוה"ב הכל לא יהיה לאהבת עצמו רק לאהבת הש"י וזהו בכלל ‏התשוקות שלו. ואח"כ בכל נפשך היינו בדברים שנפשו מקושרת בהם ממש.

וכענין נפשי יצאה ‏בדברו מפני גודל קישור התשוקה המגיע עד כלות הנפש ממש. וכד"ש (מד"ת ויקרא ה) ע"פ ונפש ‏כי תקריב דעני נפשו הוא מקריב שנפשו מקושרת באותו דבר מועט.

וכן נקרא תפלת העני נפש ‏וכמ"ש בחנה ואשפוך את נפשי שתשוקתה לבן הי' כל נפשה קשורה בחשוקה זו. וצריך שיהי' כל ‏נפשו מקושר בתשוקת אהבת הש"י כענין במעמד הר סיני מדבור א' יצתה נשמתם (שבת פח:).

‏וזהו נקרא דביקות כאשר ממש מצוי נפשו קשור ודבוק בזה. וזהו תפילין שפי' דבקות ונקרא חיותו ‏בברכות (כד.) ע"פ והיו חייך תלואים.

כי הדביקות היינו שממש כל חיותו תלוי בזה. וב' אלו עדיין ‏הוא ביד עבודת האדם והשתדלותו להשיג לזה ולכך בפ' והי' א"ש שאמר ולעבדו נזכר רק ב' אלה ‏משא"כ בכל מאדך אינו ביד עבודת האדם רק מסייעתא דשמיא דפי' שבכל רכושו וקנינו יהי' קבוע ‏אהבת הש"י ולא קאי אתשוקתו וחמדתו לרכוש שזה בכלל בכל לבבך.

רק שבכל הרכוש עצמו כידוע ‏כי הרכוש שייך לאדם וכ"כ יהי' האדם כולו ממולא מאהבת הש"י בכל מעמקיו עד שממילא גם בכל ‏קניניו שהם ההתפשטות שלו יהי' ג"כ ממולאים מאהבתו ית' כענין חמורו של ר' פנחס בן יאיר ‏דמחמרא אנפשה לאכול איסור (כמ"ש ב"ר פ' ס). וזו בבע"ח ומסתמא ה"ה בדוממים כענין אבן ‏מקיר תזעק לעת"ל כשירצה לעשות איסור כמשאז"ל (שוח"ט תהלים מז' עג).

וזה ענין שביתת כליו ‏ביום השבת שאז כולו לה' גם כל קניניו. וכענין צאן יעקב אע"ה שאז"ל (ב"ר סו"פ עג) שהי' לו ס' ‏רבוא עדרים דמן השתוות המספר מבואר דהן עצמן ס' רבוא נפשות ישראל.

וא"כ בודאי אהבת ‏הש"י קבוע גם בהם. ואמרו בזוהר (ח"א קסב סע"א) דכוונת יעקב במקלות הוא ענין התפילין דהיינו ‏התקשרות ודביקות מצוי נפשו להש"י כנ"ל.

ומדת יעקב הוא נגד בכל מאודך לקשר כ"כ כל מצוי ‏ונפשו עד שגם הקנינים השייכים לו כולן יהיו בכלל ההתקשרות זה ולכך לא נאמר זה בפ' והיה אם ‏שמוע שהיא בלשון רבים דדבר זה אינו אלא ליחידים שזכו בה אבל א"א מדריגה זו לרבים אלא ‏לעתיד כשישפוך רוחו על כל בשר כענין משה רבינו ע"ה שלא שלטו שונאים במעשה ידיו כי קניניו ‏ופעולותיו השייכים לו אפי' בדוממים קבועה בהם קדושה דקביע וקיימא שא"א לינתק כלל ור"י אמר ‏בסנהדרין (צח:) איתיב בטולא דכופיתא דחמרי'. וכן אמרו בריש בכורות דמוציא מקדושתו כשמוכר ‏החמור לעכו"ם ע"ש פרש"י ותוס' לחד פי' בזולת המלאכה דשבת.

וליחיד הזוכה גם בדוממים כל ‏קניניו הם כמו תשמישי מצוה וקדשי שמים ואהבת הש"י קבוע בהם שהם אוהבים לפרסם כבוד ‏שמים. וכיוצא בו עד"ש (זר"ב כא א) דהר סיני דליג למשה כמחטא לאבן השואבת:

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[197] Il y a trois degrés dans l'amour de ה' (béni soit-Il). "De tout ton cœur" (Devarim 6,5), c'est-à-dire tous les désirs et toutes les convoitises qui sont dans le cœur ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 54a) : "avec tes deux penchants" - explication : aussi bien dans les besoins du corps que dans les affaires du monde à venir, rien ne sera pour l'amour de soi-même mais uniquement pour l'amour de ה' ; et cela comprend l'ensemble de ses désirs.

Ensuite, "de toute ton âme", c'est-à-dire dans les choses auxquelles son âme est réellement attachée. C'est le sens de "mon âme est sortie lorsqu'Il a parlé" (Chir haChirim 5,6), en raison de la grandeur de l'attachement du désir, qui va jusqu'à l'extinction même de l'âme.

Et de même que l'ont enseigné nos Sages (Midrach Tan'houma, Vayikra 5) sur le verset "et une âme qui apporte une offrande" (Vayikra 2,1) : le pauvre, c'est son âme qu'il offre, car son âme est attachée à cette maigre chose. De même la prière du pauvre est-elle appelée "âme" (nefech), comme il est dit de 'Hanna : "et j'ai répandu mon âme" (I Chemouel 1,15), car dans son désir d'un fils toute son âme était liée à ce désir.

Et il faut que toute son âme soit liée au désir de l'amour de ה', à la manière de ce qui advint lors de la station au mont Sinaï, où, à la première parole, leur âme sortit d'eux (Chabbat 88b). Voilà ce qu'on appelle deveikout (attachement adhérent) : lorsque, réellement, l'être même de son âme est lié et collé à cela.

Et c'est cela les tefilin, dont le sens est deveikout, et qui sont appelés "sa vie" dans Berakhot (24a), d'après le verset "et ta vie sera suspendue devant toi" (Devarim 28,66) ; car la deveikout, c'est que réellement toute sa vie dépend de cela. Or ces deux degrés-là sont encore au pouvoir du service de l'homme et de son effort pour y parvenir ; c'est pourquoi, dans la section "Vehaya im chamoa" (Devarim 11,13-21), où il est dit "et de Le servir", seuls ces deux-là sont mentionnés.

Il n'en va pas de même de "de tout ton meod (bekhol meodekha, de tout ton bien)", qui n'est pas au pouvoir du service de l'homme mais relève seulement de l'aide du Ciel (siyata dichmaya) : son sens est que dans tout son avoir et dans toute sa propriété soit fixé l'amour de ה' ; et cela ne se rapporte pas à son désir et à sa convoitise pour la richesse, car cela relève déjà de "de tout ton cœur", mais bien de l'avoir lui-même. Car il est connu que l'avoir appartient à l'homme, et l'homme sera à ce point tout entier rempli de l'amour de ה' dans toutes ses profondeurs, qu'automatiquement tous ses biens aussi, qui sont son prolongement, seront eux aussi remplis de Son amour, béni soit-Il - à la manière de l'âne de Rabbi Pin'has ben Yair, qui s'imposait à lui-même la rigueur de ne pas manger d'interdit (comme il est écrit dans Berechit Rabba, chap.

60). Et cela pour les êtres vivants ; et vraisemblablement il en va de même pour les choses inanimées, à la manière de "la pierre criera du mur" (Habakouk 2,11) dans les temps à venir, lorsqu'il voudra commettre un interdit, ainsi que l'ont dit nos Sages (Cho'her Tov [Midrach Tehilim], psaume 73).

Et c'est là le sens du repos de ses instruments (chevitat kelav) au jour du Chabbat : car alors il est tout entier à ה', y compris tous ses biens. Il en va de même du bétail de Yaakov, notre père, la paix soit sur lui, dont nos Sages ont dit (Berechit Rabba, fin du chap.

73) qu'il possédait soixante myriades (600 000) de troupeaux : de l'égalité du nombre il ressort qu'ils sont eux-mêmes les 600 000 âmes d'Israël. S'il en est ainsi, l'amour de ה' est certainement fixé en eux aussi.

Et il est dit dans le Zohar (t. I, 162a, fin de la première colonne) que l'intention de Yaakov dans les baguettes (maklot) est l'affaire des tefilin, c'est-à-dire l'attachement et la deveikout de l'être de son âme à ה', comme ci-dessus.

Et la midda (attribut) de Yaakov correspond à "de tout ton meod" : lier à ce point tout son être et toute son âme, jusqu'à ce que même les biens qui lui appartiennent soient tous compris dans cet attachement. C'est pourquoi cela n'a pas été dit dans la section "Vehaya im chamoa", qui est au pluriel : car cette chose n'est que pour les individus d'exception qui y ont mérité, tandis que ce degré est impossible pour la multitude, sinon dans les temps à venir, lorsqu'Il répandra Son esprit sur toute chair (Yoël 3,1) - à la manière de Moche notre maître, la paix soit sur lui, sur l'œuvre des mains duquel les ennemis n'eurent aucune emprise ; car dans ses biens et dans ses actions qui lui appartiennent, même dans les choses inanimées, est fixée une sainteté établie et permanente, qu'il est absolument impossible de détacher.

Et Rabbi Yo'hanan a dit dans Sanhédrin (98b) : "Que je puisse m'asseoir à l'ombre de la fiente de son âne" (celui du Machia'h). De même ont-ils dit au début de Bekhorot que l'on fait sortir [l'âne] de sa sainteté lorsqu'on le vend à un non-juif - vois-y Rachi et les Tossafot, selon une explication, abstraction faite du travail du Chabbat.

Et pour l'individu d'exception qui y mérite, même dans les choses inanimées, tous ses biens sont comme des objets de service d'une mitsva (tachmichei mitsva) et des choses consacrées au Ciel, et l'amour de ה' est fixé en eux, car ils aiment à publier la gloire du Ciel. Et de même, selon ce qui est dit (זר"ב 21à), que le mont Sinaï bondit vers Moche comme l'aiguille vers la pierre d'aimant.

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