צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 196

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Il y a trois amours : l'amour du Saint béni soit-Il, l'amour de la Torah et l'amour d'Israël, tous trois un. Rabbi Tsadok tient l'amour de D.ieu pour racine : sans Lui, aimer Israël n'est que camaraderie, génération de la dispersion, et aimer la Torah n'est que sagesse, génération du déluge. Les enfants d'Israël portent dès le ventre cet amour, midda (attribut) de Keter, qui ne se déplace jamais. La première destruction advint pour avoir abandonné la Torah, la seconde par l'absence de l'amour d'Israël. Du côté des hommes, l'amour de la Torah vient d'abord ; du côté de D.ieu et à la perfection, l'amour d'Israël passe en premier, car ils sont la racine de la Torah.

Aussi : boaz institua de saluer par le Nom pour n'aimer la compagnie que pour l'honneur du Ciel ; même le désir des paroles de Torah requiert le yetser hara ; les âmes d'Israël contiennent toute la Torah, qui en est le commentaire

‏[קצו] ג' אהבות יש אהבת הקב"ה והתורה וישראל וכולם חד כידוע בזוהר דהא בלא הא לא סגי. ‏ואהבת הש"י הוא השורש כי אהבת ישראל לבד בלא הש"י הוא אוהב צוותא וחברותא והוא דור ‏הפלגה שג"כ אהבו חברותא.

[ושמעתי דע"ז תיקן בועז שאילת שלום בשם שהוא אהב צוותא מאד ‏ופחד שמא הוא אהבת צוותא בזולת הש"י ולכך הי' פתיחת צוותא שלו ושאילת שלום שלו בשם ‏לומר שרוצה רק צוותא לכבוד שמים]. ואהבת תורה בלא הש"י היינו אהבת החכמה בלבד זהו דור ‏המבול שא' בזוהר (ח"ג רטז ב) שהי' ראוי אז מתן תורה דהמה אהבו תורה וחכמה מאד [וזה טעם ‏בני הא-להים אל בנות האדם דידוע נוקבא הוא החשק ודכורא המילוי.

ומלאכים יש להם חכמה ‏והשגה רק שאין להם יצה"ר ותשוקה כמ"ש במדה"נ (זח"א קלח א) דגם חשק לד"ת צריך יצ"ר. ‏ואדם יש לו חשק רק שאין לו השגה ואז נתחברו ואכ"מ] רק בזולת הש"י מזה נמשך זנות.

ובני ‏ישראל זרע אברהם אוהבי כבר מלידה מבטן קבוע בהם אהבת הש"י שהוא השורש נגד מדת הכתר ‏שאינו בתפיסת אדם. וחכמה ובינה הם אהבת התורה וישראל דבינה לבא ושם עיקר אהבת חבירים ‏כמ"ש כן לב האדם לאדם [וכל מדה קומה שלימה ואלו הם הג' ראשונות שבמדת החסד ואח"כ ז' ‏תחתונות הם התפשטותם בכחות].

והם כחות נפש רוח נשמה כי חבור ישראל זה לזה הוא מצד ‏הנפש. וחבורו לתורה מצד הרוח.

ולהש"י מצד הנשמה שמתחת כסה"כ ולכן אמרו נשמה שנתת בי ‏טהורה דשם אין שייך קלקול כי הוא חלק אלוה. ואהבת הש"י אין ניזזת כלל ולכן אמרו (מ"ר איכה ‏ריש פתי') הלואי אותי עזבו ואת תורתי כו' דאותו כביכול א"א לבנ"י לעזוב כענין בחמה שפוכה ‏אמלוך עליכם.

כי גם אם מגדיל עבירות להכעיס אין שורש אהבת הש"י שהוא נגד מדת הכתר ‏שהוא שורש הנעלם דמחשבה שם לא ניתק כלל דאע"פ שחטא ישראל הוא. (כמ"ש סנהדרין מד.) ‏וחורבן א' הי' על עזבם תורתי אבל ע"י אהבת התורה המאיר שבה כו' מביא לאהבת הש"י הנעלמת ‏שתבוא לידי גלוי.

וחורבן ב' הי' ע"י שנאת חנם דהיינו העדר אהבת ישראל. ובתדב"א רבה (פ' יד) ‏דרכן של בנ"א לומר אהבת תורה קודמת כו' ואני אומר כו'.

והוא עד"ש (מכות כב:) כמה טפשאי ‏אינשי דקיימי מקמי ס"ת ולא מקמי גברא רבא דאצל בנ"א ס"ת חשובה כי כך הוא מצד בנ"א אהבת ‏התורה צריך להקדים להכניס בלב. וכן הי' מתן תורה ואח"כ כניסה לארץ.

וכן העזיבה כזה הסדר. ‏אך מצד הש"י ראשית תבואתה היינו הפרי והתבואה שרצה להכניס בזריעת העולם הם נפשות ‏דישראל והם כוללים כל התורה כולה.

רק שאצלם הוא סתום והתורה הוא פירוש ע"ז. וכן מי שהגיע ‏לשלימות.

אהבת ישראל קודמת שהם העיקר ושורש התורה. ואח"כ הוא התורה לפרש ולהבין ‏המעמקים הגנוזים בכל נפש פרטי מישראל:

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[196] Il y a trois amours : l'amour du Saint béni soit-Il, l'amour de la Torah et l'amour d'Israël, et tous trois sont un, comme on le sait du Zohar, car l'un sans l'autre ne suffit pas. Et l'amour de ה' est la racine, car l'amour d'Israël seul, sans ה', n'est qu'amour de la compagnie et de la camaraderie : c'est la génération de la dispersion (dor haflaga), qui elle aussi aimait la camaraderie.

[Et j'ai entendu que c'est pour cela que Boaz institua de saluer par le Nom : il aimait beaucoup la compagnie et craignait que ce ne fut un amour de la compagnie en dehors de ה' ; c'est pourquoi son entrée en compagnie et sa salutation se faisaient par le Nom, pour dire qu'il ne voulait la compagnie que pour l'honneur du Ciel.] Et l'amour de la Torah sans ה', c'est l'amour de la sagesse seule : c'est la génération du déluge, dont le Zohar dit (III, 216b) que le don de la Torah eût été convenable alors, car ils aimaient beaucoup la Torah et la sagesse. [Et telle est la raison de "les fils d'Elokim vers les filles de l'homme" (Berechit 6,2) : on sait que la Noukva (le féminin) est le désir, et le Zakhar (le masculin) le remplissage.

Les anges, eux, ont la sagesse et la compréhension, mais n'ont ni mauvais penchant (yetser hara) ni désir, comme il est écrit dans le Midrach HaNe'elam (Zohar I, 138a) : même le désir des paroles de Torah requiert le yetser hara. L'homme, lui, a le désir mais non la compréhension ; et alors ils se sont unis - et ce n'est pas ici le lieu d'en traiter.] Seulement, en dehors de ה', il en découle la débauche.

Mais les enfants d'Israël, "semence d'Abraham qui M'aime" (Yechayahou 41,8), portent depuis la naissance, depuis le ventre, l'amour de ה' fixé en eux, qui est la racine, correspondant à la midda (attribut) de Keter, laquelle échappe à la saisie de l'homme. Et 'Hokhma et Bina sont l'amour de la Torah et l'amour d'Israël, car Bina est le cœur, et c'est là que réside l'essentiel de l'amour des compagnons, comme il est écrit "ainsi le cœur de l'homme envers l'homme" (Michlé 27,19).

[Et chaque midda est une stature complète : celles-ci sont les trois premières sefirot à l'intérieur de la midda de 'Hessed, et ensuite les sept inférieures sont leur déploiement dans les forces.] Et ce sont les forces de nefech, roua'h et nechama : car l'union des enfants d'Israël les uns aux autres se fait du côté de la nefech ; leur union à la Torah, du côté du roua'h ; et à ה', du côté de la nechama, qui est sous le Trône de gloire (kissé hakavod). C'est pourquoi ils ont dit : "la nechama que Tu as placée en moi est pure", car là aucune corruption n'a prise, puisqu'elle est une part de D.ieu.

Et l'amour de ה' ne se déplace jamais en rien. C'est pourquoi ils ont dit (Midrach Rabba sur Eikha, début des petihot) : "Si seulement ils M'avaient abandonné, Moi, et avaient garde Ma Torah, etc.", car Lui, pour ainsi dire, il est impossible aux enfants d'Israël de L'abandonner, à la manière de "avec une fureur répandue Je régnerai sur vous" (Ye'hezkel 20,33).

Car même si l'on multiplie les transgressions par provocation, la racine de l'amour de ה', qui correspond à la midda de Keter, racine cachée de la pensée, ne s'y détache en rien, car "bien qu'il ait fauté, il reste Israël" (comme il est dit dans Sanhédrin 44a). Et la première destruction advint pour "avoir abandonné Ma Torah" (Yirmiyahou 9,12) ; mais par l'amour de la Torah, la lumière qui est en elle, etc., amène l'amour caché de ה' à venir au dévoilement.

Et la seconde destruction advint par la haine gratuite, c'est-à-dire par l'absence de l'amour d'Israël. Et dans le Tana devei Eliyahou Rabba (chap.

14) : "L'usage des gens est de dire que l'amour de la Torah passe en premier, etc., et moi je dis, etc." Et c'est dans l'esprit de ce qui est dit (Makot 22b) : "Comme les gens sont sots, qui se lèvent devant un rouleau de la Torah et non devant un grand homme", car aux yeux des gens c'est le rouleau de la Torah qui est important ; car ainsi en est-il du côté des hommes : l'amour de la Torah doit venir en premier pour être introduit dans le cœur. Et de même y eut-il le don de la Torah, puis l'entrée en Terre [d'Israël].

Et l'abandon aussi suivit cet ordre. Mais du côté de ה', "les prémices de Sa récolte" (Yirmiyahou 2,3) - c'est-à-dire le fruit et la récolte qu'Il voulut faire venir par l'ensemencement du monde - ce sont les âmes (nefachot) d'Israël, et elles contiennent toute la Torah entière ; seulement, chez elles cela est scellé, et la Torah en est le commentaire.

Et de même pour celui qui est parvenu à la perfection : l'amour d'Israël passe en premier, car ils sont l'essentiel et la racine de la Torah ; et ensuite vient la Torah, pour expliquer et comprendre les profondeurs enfouies en chaque âme particulière d'Israël.

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