צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 195

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La crainte (yira) est la mesure de Knesset Israël (l'assemblée d'Israël) : tout Israël a la crainte du Ciel, même le am haarets (l'ignorant en Torah) ; seul le bour (le rustre) ne craint pas le péché, car le derekh erets d'Israël est cette crainte, et le derekh erets a précédé la Torah. Rabbi Tsadok tient la Torah pour la mesure de la vérité, « vérité à Yaakov », part de tout Israël jusqu'aux âme haarets, car sans sagesse il n'y a pas de crainte. Masculin et féminin : l'un est impossible sans l'autre ; la crainte enfante les mitsvot, la sagesse ensemence, chez le am haarets en secret. Chez le talmid ''hakham, elle est incluse sous le nom du masculin.

Aussi : le talmid ''hakham n'interrompt pas l'étude pour la prière ; Rabbi passe les mains sur ses yeux à l'étude ; la bina est la techouva et le plus grand service du cœur

‏[קצה] יראה היא מדת כנס"י כנודע. והיינו כי כל ישראל בעלי יר"ש ואף עם הארץ.

רק הבור אין ירא ‏חטא שהוא אינו בדרך ארץ וד"א דישראל היינו יר"ש. ולכך ד"א קדמה לתורה כמ"ש כל שיראתו ‏קודמת לחכמתו.

ותורה היא מדת אמת ליעקב אין אמת אלא תורה. (ירושלמי ר"ה פ"ג ה' ח) וכל ‏ישראל זרע יעקב אע"ה כי יש להם חלק בתורה כמ"ש מורשה קהלת יעקב אפי' העמי הארץ.

כי ‏בלא"ה אם אין חכמה אין יראה. והם מדת זכר ונקיבה שא"א לזה בלא זה להולדת הולד.

והיראה ‏היא המולדת מעשה המצות וצריך לה החכמה עכ"פ להזרעה ביראה. אלא שהוא בחשאי ובהעלם ‏גדול אצל הע"ה.

אבל הת"ח שתורתן אומנתן אמרו חכמים (שבת יא.) שאין מפסיקין לתפלה. הגם ‏דאם אין יראה אין חכמה רק ידוע בזוהר (ח"ב לט ב) דבמקום שיש דכר ונוקבא לית שבחא אלא ‏לדכורא וגם הנוק' נקראת על שמו.

וכן אצל הת"ח היראה נכללת בהתורה וכד"ש ברבי בברכות (יג:) ‏שבעת לימודו מעביר ידיו על עיניו [כי עיקר היראה בעצימת העינים מראות ברע. ולכן מדריגת ‏יצחק הוא דמחוי הקב"ה בעיניהו כמ"ש בשבת (פט:) ומשום כי לא יראני וגו' בעיני בשר רק בעיני ‏השכל לכך מעביר כו'] עד שלא הי' ניכר קבלת עומ"ש כלל שהיתה מובלעת תוך התורה.

וכן רשב"י ‏ודאי הוה מהדר אשמעתא שיש בה קבלת עומ"ש ועבודה שבלב כעומד לפני המלך. כי באמת הכל ‏כלול בתורה כטעם אני בינה שהוא תשובה כנודע וזו עבודה שבלב היותר גדולה דבינה לבא כנודע.

‏ולי גבורה בכבישת היצר זהו ע"י יר"ש שכובשת תאות היצה"ר והכל בתורה ונקרא ע"ש הדכורא: ‏

[195] La crainte (yira) est la mesure (midda) de Knesset Israël (l'assemblée d'Israël), comme on le sait. C'est-à-dire que tous les enfants d'Israël possèdent la crainte du Ciel (yirat chamayim), et même le am haarets (l'ignorant en Torah).

Seul le bour (le rustre, dénué de toute culture) n'est pas craignant le péché, car il n'est pas dans le derekh erets (la conduite convenable), et le derekh erets d'Israël, c'est précisément la crainte du Ciel. C'est pourquoi le derekh erets a précédé la Torah, comme il est dit : quiconque dont la crainte précède la sagesse, sa sagesse subsiste (Avot 3,9).

Et la Torah est la mesure de la vérité, selon le verset : vérité à Yaacov (Michée 7,20), et il n'est de vérité que la Torah (Yerouchalmi Roch Hachana ch. 3 hal.

8). Or tout Israël est la descendance de Yaacov notre père, la paix soit sur lui, car ils ont une part dans la Torah, comme il est dit : un héritage pour l'assemblée de Yaacov (Deutéronome 33,4), et cela vaut même pour les âme haarets.

Car sans cela, s'il n'y a pas de sagesse il n'y a pas de crainte (Avot 3,17). Et ce sont là la mesure du masculin et du féminin, dont l'un est impossible sans l'autre pour engendrer l'enfant : la crainte est celle qui enfante l'accomplissement des mitsvot, et il lui faut à tout le moins la sagesse pour l'ensemencement dans la crainte.

Seulement, chez le am haarets, cela se fait en secret et dans une grande dissimulation. Mais des talmidei hakhamim (disciples des sages) dont la Torah est le métier, les Sages ont dit (Chabbat 11a) qu'ils n'interrompent pas leur étude pour la prière.

Et bien que, s'il n'y a pas de crainte il n'y a pas de sagesse, il est connu du Zohar (t. II, 39b) que là où il y a le masculin (dekhar) et le féminin (noukva), la louange ne revient qu'au masculin, et la noukva elle-même est appelée de son nom.

De même, chez le talmid 'hakham, la crainte est incluse dans la Torah, comme ce qui est dit de Rabbi dans Berakhot (13b) : au moment de son étude, il passait ses mains sur ses yeux [car l'essentiel de la crainte est dans la fermeture des yeux, pour ne pas voir le mal (Isaie 33,15) ; c'est pourquoi le degré d'Yits'hak consiste en ce qu'il montre le Saint béni soit-Il à leurs yeux, comme il est dit dans Chabbat (89b) ; et parce que l'homme ne peut Me voir et vivre (Exode 33,20), non par des yeux de chair mais seulement par les yeux de l'intellect, c'est pour cela qu'il passe ses mains sur ses yeux, etc.], au point que l'acceptation du joug du royaume des cieux (ol malkhout chamayim) n'était pas perceptible du tout chez lui, tant elle était absorbée à l'intérieur de la Torah. De même Rabbi Chimon bar Yohai revenait certainement sur un enseignement (chemaata) qui contient l'acceptation du joug du royaume des cieux et le service du cœur, comme celui qui se tient devant le roi.

Car en vérité tout est inclus dans la Torah, selon le sens de : moi, la bina (l'intelligence) (Proverbes 8,14), qui est la techouva (le retour), comme on le sait, et c'est là le plus grand service du cœur, car la bina réside dans le cœur, comme on le sait. Et à moi la guevoura (la force, ibid.), dans la maîtrise du penchant : cela se fait par la crainte du Ciel, qui dompte les désirs du yetser hara (le mauvais penchant).

Et tout cela est dans la Torah, et cela est appelé du nom du masculin (dekhoura).

💬
✉ Signaler une erreur de traduction