Quatre degrés dans la crainte du Ciel (yirat chamayim) figurent dans Berakhot à propos de l'immersion pour keri (émission séminale) : ema (effroi), yira (crainte), retet (tremblement) et zea (sueur). Selon Rabbi Tsadok, l'effroi et la crainte sont dans le cœur : au début il crie à voix haute, c'est l'acceptation du joug de la royauté céleste du Chema ; ensuite la prière se dit à voix basse, comme celui qui se tient devant le roi, et la crainte s'intensifie jusqu'à ce qu'il ne puisse presque plus parler. Le tremblement et la sueur sont dans les membres : lorsqu'il transpire de crainte, le fleuve de feu de sa crainte du Ciel brûle la racine des mauvais désirs du cœur.
Aussi : l'Ari Z"L dit que la sueur des mitsvot est un tikoun (réparation) pour le keri ; la sueur venue par la matsa, inverse du levain, devient un fleuve de feu qui consume du cœur le désir mauvais
[קצד] ד' מדרגות ביר"ש כנז' בברכות (כב.) לענין טבילת קרי. אימה ויראה ורתת וזיעה.
ב' הראשונות בלב אימה בהתחלה כד"ש עונים באימה ואומרים ביראה. עני' בכל מקום בקול ואמירה בלחישה (כמ"ש זח"ג פח ב).
כי בהתחלת הגעת פחד לאדם הוא צועק בקול ענות וזה קבלת עול מלכות שמים דק"ש. ואח"כ התפלה בלחישה שהוא כעומד לפני המלך.
ושניהם נקרא יראה כנ"ל אות קצ"ב. והתפלה ביותר כדפירש"י בברכות כ"ה רע"א.
והיינו אחר שמתבונן בפחד ה' שבא לו אז מתגברת היראה עד שכמעט אין יכול לדבר מרוב הפחד. וב' אחרונות באיברי המעשה ההתחלה רתת שאיברים רועדים.
ואח"כ כשמתבונן יותר אז זיע שהוא מזיע מרוב הפחד וכד"ש (חגיגה יג סע"ב) מזיעתן של חיות נהר דינור יוצא על ראש רשעים בגיהנם ע"ש. כי כשמגיע למדריגה זו דיראה עד שמזיע אז נהר של אש דיר"ש שלו שורף כל שורש התאות רעות שבלבו שזה נקרא ראש רשעים בגיהנם דעיקרו בתאות כדאי' בעירובין (יט.) שהכל יורדין על עסקי הנס וכו'.
ולכן אמר האריז"ל כי הזיעה שע"י עסקי המצות הוא תיקון לקרי. והיינו כי המזיקים הן הם כחות התאוה שבחלל השמאלי שבלב והן נשרפין ע"י זיעה זו היוצאה מחיות הקדושה שבאדם.
וכשהזיעה בא לאדם ע"י יר"ש ודאי אין למעלה הימנה והוא היפך ממש לקרי כדאי' בגמ' שם. רק שזה יקר וקשה ועכ"פ קל הוא ע"י פעולת אדם במעשה המצות באיבריו.
וכל פעולת מעשה המצות הרי זה קבלת עול מצות ועול מלכות שמים ויר"ש. וביותר במצות מצה שהוא היפך השאור שבעיסה והתאוה.
וכל מצוה נותנת קדושה באדם כפי ענינה כמו שמברכין אשר קדשנו במצותיו וצונו. ומצה קדושה לסילוק השאור שבעיסה מהלב דלכן נקרא בזוהר (ח"ב קפג ב) מיכלא דאסוותא כמשז"ל (ירוש' שבת פ' י"ד ה"ג) כל חולי זה יצה"ר.
לכך הזיעה שבאה על ידה מועלת ביותר להיות נעשה נהר דינור לשרוף ולכלות כל שורש התאות רעה ורשע מן הלב:
[194] Quatre degrés dans la crainte du Ciel (yirat chamayim), comme il est mentionné dans Berakhot (22a) à propos de l'immersion pour keri (émission séminale) : ema (effroi), yira (crainte), retet (tremblement) et zea (sueur). Les deux premières sont dans le cœur : l'effroi au commencement, comme il est dit : ils répondent avec effroi (ema) et disent avec crainte (yira).
Or 'répondre' (aniya) se fait partout à voix haute, et 'dire' (amira) à voix basse (comme l'écrit le Zohar, tome 3, 88b). Car au début de l'arrivée de la peur chez l'homme, il crie à voix haute - une voix de clameur (kol anot) -, et c'est là l'acceptation du joug de la royauté céleste du Chema.
Et ensuite la prière se dit à voix basse, car il est comme celui qui se tient devant le roi. Et les deux sont appelés yira, comme ci-dessus, section 192, et la prière plus encore, comme l'a expliqué Rachi dans Berakhot 25a (début de la colonne a).
C'est-à-dire qu'après avoir médité sur la peur de ה' qui lui vient, alors la crainte s'intensifie au point qu'il ne peut presque plus parler tant la peur est grande. Et les deux dernières sont dans les membres de l'action : le commencement est retet, où les membres tremblent ; et ensuite, lorsqu'il médite davantage, alors c'est zea, car il transpire tant la peur est grande.
Et comme il est dit ('Haguiga 13b, fin de la colonne b) : de la sueur des 'hayot (créatures célestes du Char divin) sort le fleuve de feu (nehar dinour) sur la tête des impies dans la géhenne - voir là-bas. Car lorsqu'il parvient à ce degré de crainte au point de transpirer, alors le fleuve de feu de sa crainte du Ciel brûle toute la racine des mauvais désirs qui sont dans son cœur - et c'est cela qui est appelé 'la tête des impies dans la géhenne', dont l'essentiel réside dans les désirs, comme il est rapporté dans Erouvin (19a) que tous y descendent à cause des affaires de הנס, etc.
Et c'est pourquoi le Ari za'l (Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie) a dit que la sueur qui vient par l'occupation aux mitsvot est un tikoun (réparation) pour le keri. C'est-à-dire que les forces nuisibles (mazikim) sont précisément les forces du désir qui se trouvent dans la cavité gauche du cœur, et elles sont brûlées par cette sueur qui sort de la 'hayout (vitalité) sainte qui est dans l'homme.
Et lorsque la sueur vient à l'homme par la crainte du Ciel, il n'y a certainement rien au-dessus d'elle, et elle est exactement l'inverse du keri, comme il est rapporté dans la guemara là-bas. Seulement que cela est rare et difficile ; en tout cas, c'est plus aisé par l'action de l'homme dans l'accomplissement des mitsvot avec ses membres.
Et toute action d'accomplissement des mitsvot, voilà l'acceptation du joug des mitsvot, du joug de la royauté céleste et de la crainte du Ciel. Et plus encore par la mitsva de la matsa, qui est l'inverse du levain qui est dans la pâte (se'or che-ba'issa) et du désir.
Car chaque mitsva dépose une sainteté dans l'homme selon son objet, comme on le dit dans la bénédiction : qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné. Et la matsa est une sainteté qui écarte du cœur le levain qui est dans la pâte ; c'est pourquoi elle est appelée dans le Zohar (tome 2, 183b) mikhla de-assouta (la nourriture de guérison), selon ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Talmud de Jérusalem, Chabbat chap.
14, halakha 3) : 'toute maladie' (kol 'holi), c'est le mauvais penchant (yetser hara). C'est pourquoi la sueur qui vient par elle est la plus efficace pour devenir un fleuve de feu (nehar dinour) qui brûle et consume du cœur toute racine du désir mauvais et de la méchanceté.