צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 193

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Pour les paroles de Torah aussi, celui qui écoute est comme celui qui récite (chomea ke-oné), ainsi que l'écrivent les Tossafot (Berakhot 20b) à propos du Sinaï. Rabbi Tsadok rapporte qu'au Sinaï il y eut une parole réelle par les cinq points d'articulation de la bouche d'Israël, toute prophétie se faisant « par la voix de Moché ». Pour cela il faut crainte et tremblement, comme lorsqu'on parle soi-même. Dans le cœur tout est permis, même si « la pensée est comme la parole » (hirhour ke-dibour), et David a désiré offrir des sacrifices. Le désir de la Torah (himouda de-oraita) peut s'y déployer sans peur ; c'est seulement pour le faire sortir des lèvres qu'il faut crainte et tremblement.

Aussi : david mérita son désir par les pains de proposition au titre du pikoua'h nefech ; Ouziyahou, birour (tri) de David, et Yotam, celui de Chelomo ; dans une assemblée de Torah, penser au même sujet pour que les pensées s'élèvent avec elle.

‏[קצג] גם בד"ת שומע כעונה כמ"ש התוס' בברכות (כ:) גבי כדאשכחן בסיני [ומיהו אני שמעתי ‏דבסיני הי' דבור ממש דוידבר ה' וגו' היינו ע"י ה' מוצאות הפה דבני ישראל וזה ברור ואמת דכל ‏נבואה היינו ע"י קול הנביא עצמו כמ"ש (שם מה.) בקולו של משה ואז היו כל ישראל מדרגת נבואה ‏ששמעו דבר ה' כנודע והיינו ע"י דבורם] וצריך לזה אימה ויראה [דע"ז הוא צורך הטבילה לב"ק] כמו ‏במדבר בעצמו משא"כ במהרהר בד"ת בפ"ע הגם דקיי"ל הרהור כדבור מ"מ אין צריך אימה ויראה ‏כ"כ יעו"ש בתוס' דבעל קרי מותר. והיינו דהיראה לד"ת היינו שמא הוא מדבר מה שאינו ראוי ובלב ‏מותר הכל.

ומצינו דוד המע"ה אמר אשרי תבחר וגו' על אהרן (כמ"ש במדב"ר פ' ג) והי' חומד ‏ומתאוה להקריב קרבנות אע"פ שכבר נא' והזר הקרב וגו' [ושמעתי דזכה למילוי תשוקתו באכילת ‏לחם הפנים שאכל לפיקוח נפש ודבירורין שלו הי' עוזי' שביקש להקטיר כי המלכים מעוזי' ואילך הם ‏הבירורים של המלכים מדוד ואילך. כל א' מברר המעללים של זה מה שעשה שלא במתכוין.

ויותם ‏שהי' בירור שלמה המע"ה נא' רק לא בא וגו' שלא הי' בו שום חסרון. כי כל מעללי שלמה המע"ה ‏קודש קדשים וזה עצמו חסרון שאין לו חסרון ואכ"מ] רק מ"מ בלב רשאי לחשוק וכן כל חמידו ‏דאורייתא בהתפשטות כרצונו יכול להרהר בלב בלי שום פחד רק להוציא מן השפה ולחוץ צריך ‏באימה ויראה.

[וע"ש בגמ' דכשאדם בצבור העוסקים בתורה יש לו ג"כ להרהר בזה שלא יהיו כל ‏הצבור עוסקין והוא יושב בטל ודוקא בדבר שהצבור עסוקין כי יש למחשבותיו והרהוריו חבור עם ‏הצבור וכשמתעסק בדבר שהן עסוקין אז מתעלין מחשבותיו ופרחין לעילא בהדי תורתן של ‏הצבור]: ‏

[193] Pour les paroles de Torah aussi, celui qui écoute est comme celui qui récite (shomea ke-one), ainsi que l'ont écrit les Tossafot dans Berakhot (20b) à propos de "comme nous le trouvons au Sinaï". [Toutefois, moi, j'ai entendu dire qu'au Sinaï il y eut une parole réelle, car "et ה' parla, etc." veut dire que cela se fit par les cinq points d'articulation de la bouche (hé motsaot ha-pe) des enfants d'Israël.

Et cela est clair et vrai, car toute prophétie se fait par la voix du prophète lui-même, ainsi qu'il est dit (ibid. 45a) "par la voix de Moché" ; et alors tout Israël se tenait au degré de prophétie, puisqu'ils entendirent la parole de ה' comme on le sait, et cela se fit par leur propre parole.] Et pour cela il faut crainte et tremblement [c'est pour cela qu'il y a besoin de l'immersion pour le baal keri (celui qui a eu une émission séminale)], tout comme lorsqu'on parle soi-même.

Il n'en va pas de même pour celui qui ne fait que penser des paroles de Torah en lui-même : bien que nous tenions pour règle que "la pensée est comme la parole" (hirhour ke-dibour), il n'est néanmoins pas besoin d'une crainte et d'un tremblement à ce point ; vois là-bas dans les Tossafot que le baal keri y est autorisé. Et cela signifie que la crainte due aux paroles de Torah tient à ceci : peut-être dit-il ce qui n'est pas convenable ; mais dans le cœur, tout est permis.

Et nous trouvons que David, le roi, la paix soit sur lui, a dit "Heureux celui que Tu choisis, etc." (Psaumes 65,5) au sujet d'Aharon (ainsi qu'il est dit dans le Bamidbar Rabba, ch. 3), et il convoitait et désirait offrir des sacrifices, bien qu'il ait déjà été dit "et l'étranger qui s'approchera, etc.

[sera mis à mort]" (Nombres 1,51). [Et j'ai entendu dire qu'il mérita l'accomplissement de son désir par la consommation des pains de proposition (le'hem ha-panim) qu'il mangea au titre du sauvetage d'une vie (pikoua'h nefech) ; et que son birour (clarification, tri des étincelles) fut Ouziyahou, qui chercha à faire fumer l'encens, car les rois depuis Ouziyahou et au-delà sont les birourim des rois depuis David et au-delà.

Chacun clarifie les actes de celui-là, ce qu'il avait fait sans intention. Et de Yotam, qui était le birour de Shlomo, le roi, la paix soit sur lui, il est dit "seulement il n'entra pas, etc." (II Chroniques 27,2), car il n'y avait en lui aucun manque.

Car tous les actes de Shlomo, le roi, la paix soit sur lui, sont saint des saints, et cela même est un manque : qu'il n'ait aucun manque ; et ce n'est pas ici le lieu d'en traiter.] Seulement, quoi qu'il en soit, dans le cœur il est permis de désirer ; et de même tout le désir de la Torah (himouda de-oraita), dans son déploiement, autant qu'il le veut, il peut y penser dans son cœur sans aucune peur ; c'est seulement pour le faire sortir des lèvres vers l'extérieur qu'il faut crainte et tremblement. [Et vois là-bas dans la Guemara : lorsqu'un homme se trouve au sein d'une assemblée qui s'occupe de Torah, il doit lui aussi penser à ce sujet-là, afin que toute l'assemblée ne soit pas occupée tandis que lui reste assis oisif ; et précisément au sujet dont l'assemblée s'occupe, car ses pensées et ses réflexions ont un lien avec l'assemblée, et lorsqu'il s'occupe du sujet dont eux s'occupent, alors ses pensées s'élèvent et s'envolent en haut avec la Torah de l'assemblée.]

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