צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 192

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Par le désir, la crainte se retire, la Torah devant être reçue avec effroi. Rabbi Tsadok enseigne que le tikoun est l'immersion, allusion au ''hessed et à l'amour : le désir d'Israël est le Saint, béni soit-Il. Désir et crainte ne s'unissent que dans Son service, et l'acte dans l'eau renforce l'intention tout en dressant une barrière devant les désirs. Les Sages l'ont instituée pour le Chema et la prière. Qui agit de lui-même entre dans quarante séa ; à qui cela advient malgré lui suffisent neuf kabin d'en haut. L'ordonnance est annulée : les paroles de Torah brûlent les désirs mauvais.

Aussi : faute d'eau, le désir retenu s'unit à la crainte ; contrainte seulement pour le am haarets, selon Rava ; les tentes comparées aux torrents, image de l'immersion

‏[קצב] ע"י התאוה מסתלק היראה וכמ"ש בטבילת ב"ק בברכות (כב.) משום דד"ת צריך באימה ‏ביראה כו' והתיקון לזה טבילה במים שרומזים למדת החסד ואהבת הש"י שבאמת מהו תאותן של ‏ישראל הקב"ה כי התאוה והאהבה הם היפוך היראה כי הם ב' הפכים רק בעבודת הש"י הם ‏מתייחדים. וע"ז רומז בטבילה כי כל כונה שבלב שיוצאת לפועל במעשה היא מתחזקת והמעשה ‏במים שמקנחים באמת הלכלוך ג"כ ושומר מצות חכמים לטבול וכמ"ש (שם) גדר גדול כו' ריקה כו' ‏שזה גידר בפני התאות שעוצר תאותו כשאין לו מים לטבול ונמצא תאותו רק כרצון הש"י ואז הוא א' ‏עם היראה.

וחז"ל סדרו דיני טבילת קרי לענין ק"ש ותפלה ביחוד שבהם עיקרי היראה כמ"ש ‏בברכות (ט:) ע"פ ייראוך עם שמש. ובמרגיל שהתאוה ממנו צריך טבילה דהיינו ג"כ התעוררות ‏ממנו שהוא נכנס לתוך המים וממשיך ומשעבד כחותיו למעלה.

ולכך צריך מ' סאה מים שכל גופו ‏עולה כי התאוה שבלב מעורר כל הגוף עד שכלי המעשה גומרין. אבל לאונסו שנראה שמלמעלה ‏הכניסו התאוה בלבו בשינה שלא מדעתו די ג"כ בנפילה ט' קבין שהמים נופלים עליו דהיינו ‏באתערותא דלעילא לבד שעולה בלבבו איזה אתערותא לאהבת הש"י עד שנשפכת ע"פ כל חלל ‏הלב אע"פ שאינו מעמיק בה להיות כל גופו עולה [ויעו"ש חילוק בין חולה לבריא דהיינו בין ת"ח ‏לע"ה ומשם בארה דאין לאונסו אלא בע"ה ולא בת"ח למסקנא דרבא].

ובטלוה לריב"ב דאמר הלא ‏כה דברי כאש כו' פי' שד"ת שורפין כל תאות רעות. וגם א' בברכות (טז רע"א) מקיש אהלים ‏לנחלים כו' והם עצמן דוגמת טבילה:

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[192] Par le désir (ta'ava), la crainte (yir'a) se retire, comme il est dit au sujet de l'immersion du baal keri (celui qui a eu une émission séminale) dans Berakhot (22a) : parce que les paroles de Torah doivent être reçues avec effroi et avec crainte, etc. Et le tikoun (réparation) de cela est l'immersion dans l'eau, laquelle fait allusion à la midda (attribut) de 'hessed et à l'amour du Nom béni soit-Il ; car en vérité, quel est le désir d'Israël ?

Le Saint béni soit-Il. Car le désir et l'amour sont l'inverse de la crainte : ce sont deux contraires, et ce n'est que dans le service du Nom béni soit-Il qu'ils s'unissent.

C'est à cela que fait allusion l'immersion, car toute intention du cœur qui passe à l'acte s'en trouve renforcée ; et l'acte se fait dans l'eau, qui de surcroît nettoie réellement la saleté ; et il observe l'ordonnance des Sages d'aller s'immerger, comme il est dit (ibid.) 'une grande barrière' etc., 'homme vide' etc. - car cela dresse une barrière devant les désirs, puisqu'il retient son désir lorsqu'il n'a pas d'eau pour s'immerger ; il se trouve alors que son désir n'est plus que selon la volonté du Nom béni soit-Il, et alors il ne fait qu'un avec la crainte. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont institué les lois de l'immersion du baal keri spécialement pour la lecture du Chema et pour la prière, dans lesquelles se trouvent les fondements de la crainte, comme il est dit dans Berakhot (9b) sur le verset 'ils Te craindront avec le soleil' (Tehilim 72,5).

Et pour celui qui a agi de lui-même (marguil), chez qui le désir est venu de lui, il faut une immersion, c'est-à-dire également un éveil venant de lui : c'est lui qui entre dans l'eau, qui attire et qui assujettit ses forces vers le haut. Et c'est pourquoi il faut quarante seah d'eau, dans lesquelles tout son corps est submergé, car le désir qui est dans le cœur éveille le corps tout entier, jusqu'à ce que les organes de l'acte l'achèvent.

Mais pour celui à qui cela est arrivé contre son gré, ou il apparaît que c'est d'en haut qu'on a introduit le désir dans son cœur, pendant le sommeil et à son insu, il suffit également du versement de neuf kabin, l'eau tombant sur lui : c'est-à-dire par un éveil d'en haut (itarouta dilela) seulement, en ce qu'il monte dans son cœur quelque éveil vers l'amour du Nom béni soit-Il, jusqu'à se répandre sur toute la cavité du cœur, même s'il ne s'y approfondit pas au point que tout son corps soit submergé. [Et vois là-bas la distinction entre le malade et le bien portant, c'est-à-dire entre le talmid 'hakham (érudit en Torah) et le am haarets (homme du peuple, ignorant) ; et de là on tire qu'il n'y a de cas de contrainte que pour le am haarets et non pour le talmid 'hakham, selon la conclusion de Rava.] Et ils ont annulé [cette ordonnance], suivant Rabbi Yehouda ben Betera, qui a dit : 'Ma parole n'est-elle pas comme le feu' (Yirmiyahou 23,29) etc. - ce qui signifie que les paroles de Torah brûlent tous les désirs mauvais.

Et il est dit aussi dans Berakhot (16a, en haut de la colonne) que l'Écriture compare les tentes aux torrents, etc. - et elles-mêmes, [les paroles de Torah], sont à l'image de l'immersion.

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