צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 191

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les nations sont scrupuleuses dans le derekh eretz (conduite droite), car honorer père et mère en relève. Rabbi Tsadok pose que l'essentiel est la reconnaissance que tout vient du Saint béni soit-Il, comme le Birkat haMazon (bénédictions). Sans « à Hachem est la terre et ce qui la remplit », le derekh eretz des nations idolâtres n'en relève pas. Pour le arov (mélange de bêtes), correspondant à Honore, « Je distinguerai » : dans la conduite de la terre, « Moi, Hachem, Je suis au sein de la terre ». Le dever correspond à Tu ne tueras pas : le Saint béni soit-Il sépare le scrupule pour l'honneur du Ciel du scrupule par amour du monde, sans reconnaître qu'Il a créé la terre.

Aussi : Essav soignait le service du père plus que Rabban Chimon ben Gamliel ; le bour, champ en friche, s'oppose au champ que Hachem a béni, hakal tapouhin kadichin de Knesset Israël ; le chehin correspond à Tu ne commettras pas d'adultère

‏[קצא] דרך ארץ גם הגוים זהורים ויותר מישראל כי כבוד אב ואם זהו ממדת ד"א וכמ"ש (קידושין ‏לא.) כיון ששמעו כבד הודו או"ה לדברות. ואז"ל (בר"ר פ' סה) דעשו נזהר בו הרבה וארשב"ג אני ‏כו' ולא הגעתי כו'.

רק באמת אין זה דרך ארץ כלל כי עיקר הד"א היינו ההכרה בכל עניני הארץ ‏שהכל מהש"י וכמ"ש בברכות (כב.) על ברהמ"ז עשאן ר"י כהלכות ד"א וברהמ"ז היינו ההכרה ‏שהש"י מכין מזון לכל חי ובור הוא שאינו בד"א היינו כמו שדה בורה ולא שדה אשר ברכו ה' דהיינו ‏חקל תפוחין קדישין דהוא מדת כנס"י שיש בה זריעת הש"י שאפי' ריקנין שבה מלאים מצות והכרה ‏בדרך ארץ וישוב העולם באמונה שלימה שהכל מהש"י וזה נקרא עם הארץ שהוא מכלל הארץ ‏הידועה ועוסק בד"א. אבל ד"א דאומות עכו"ם שאינו מצד ההכרה דלה' הארץ ומלואה אין זה ד"א ‏כלל.

ונראה דלכן במכות ערוב נא' והפליתי וכן בדבר והפלה ובשאר מכות לא נזכר כלל ובברד נא' ‏סתם שבגושן לא הי' בלא והפלה. די"ל ערוב נגד כבד בדברות שהוא מדת ד"א והש"י מפלה ומברר ‏שאומות עכו"ם אינן בד"א כלל כמו ישראל.

ואמרו בשבת (קנא:) אין חי' רעה כו' נדמה כבהמה. ומי ‏שהוא בד"א יש לו צורת אדם משא"כ בור אינו מן הישוב ונדמה כבהמה ע"ז בא מכת ערוב.

ולכן נא' ‏בו כי אני ה' בקרב הארץ שזהו אמיתות מדת ד"א שבהנהגת הארץ אני ה' כנ"ל [וי"ל בקרב כי ‏בקרבים הוא הנהגת ד"א ועוד דע"י מאכלות אסורות נדמה לבהמה כמ"ש בזוהר (ח"ב קכה ב) על ‏נבוכדנצר. ודניאל שלא נתגאל בפת בג וגו' ניצול מאריות] ודבר נגד לא תרצח מדה כנגד מדה ‏‏[ושחין נגד לא תנאף לפי שהיו מיפין עצמן וכד"ש ושפח וגו'] וידוע דלא תרצח ולא תנאף ב' הפכים ‏ומצרים שטופי זמה אבל הם בכלל ישוב העולם וזהורים מלא תרצח והי' גם בזה טענה לכן א' ‏והפלה וגו' וזהו פלא כששניהם שוים בזה ואינו ניכר לעין אדם רק הש"י הוא המבדיל מצד הנסתרות ‏שזה נזהר בשביל כבוד שמים לבד אבל זה מצד אהבתו העולם וחפץ בישוב הארץ ואינו מכיר ‏שהש"י ברא הארץ אין זה קרוי בד"א כלל:

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[191] Derekh eretz (litt. la voie de la terre : la conduite droite, les bonnes manières et l'ordre du monde habité) - les nations aussi y sont scrupuleuses, et plus qu'Israël, car honorer son père et sa mère relève de la mesure du derekh eretz, comme il est dit (Kidouchin 31a) : des qu'elles entendirent Honore [ton père et ta mère], les nations du monde reconnurent la valeur des Dix Paroles. Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Bereshit Rabba ch.

65) qu'Essav y prenait grand soin, et Rabban Chimon ben Gamliel a dit : moi, etc. [j'ai servi mon père], et je n'ai pas atteint, etc.

[le centième du service qu'Essav rendait à son père]. Mais en vérité ce n'est pas du tout du derekh eretz, car l'essentiel du derekh eretz, c'est la reconnaissance, dans toutes les affaires de la terre, que tout vient du Saint béni soit-Il, comme il est dit dans Berakhot (22a) au sujet du Birkat haMazon (les bénédictions après le repas) : Rabbi Yehouda en a fait comme des règles de derekh eretz ; or le Birkat haMazon, c'est la reconnaissance que le Saint béni soit-Il prépare la nourriture à tout vivant.

Et le bour (l'homme fruste, l'inculte) est celui qui n'est pas dans le derekh eretz, c'est-à-dire qu'il est comme un champ en friche (sadeh boura), et non comme le champ que ה' a béni (Bereshit 27,27), qui est le hakal tapouhin kadichin (le champ des pommiers saints, image du Zohar), lequel est la mesure de Knesset Israël, dans laquelle il y a l'ensemencement du Saint béni soit-Il, si bien que même les vides qui s'y trouvent sont pleins de mitsvot, de reconnaissance dans le derekh eretz et d'établissement du monde, avec une foi entière que tout vient du Saint béni soit-Il. Et c'est cela qui est appelé am ha'arets (litt. homme de la terre) : il fait partie de cette terre-là, la terre connue, et il s'occupe de derekh eretz.

Mais le derekh eretz des nations idolâtres, qui ne procède pas de la reconnaissance qu'à ה' est la terre et ce qui la remplit (Tehilim 24,1), n'est pas du tout du derekh eretz. Et il semble que c'est pour cela que, parmi les plaies, il est dit pour le arov (le mélange de bêtes sauvages) : et Je distinguerai (Chemot 8,18), et de même pour le dever (la peste) : et ה' fera une distinction (Chemot 9,4), tandis que dans les autres plaies cela n'est pas mentionné du tout ; et pour la grêle il est dit simplement qu'à Gochen il n'y en eut pas, sans le terme vehifla (Il fera une distinction).

Car on peut dire que le arov correspond à Honore dans les Dix Paroles, qui est la mesure du derekh eretz, et le Saint béni soit-Il distingue et met au clair que les nations idolâtres ne sont pas du tout dans le derekh eretz comme l'est Israël. Et ils ont dit dans Chabbat (151b) : la bête sauvage n'a de pouvoir sur l'homme, etc., que lorsque celui-ci lui apparaît comme un animal.

Or celui qui est dans le derekh eretz a une forme d'homme, ce qui n'est pas le cas du bour, qui n'est pas du monde habité et apparaît comme un animal ; c'est contre cela qu'est venue la plaie du arov. Et c'est pourquoi il est dit à son sujet : afin que tu saches que Moi, ה', Je suis au sein de la terre (Chemot 8,18), car telle est la vérité de la mesure du derekh eretz : que dans la conduite de la terre, c'est Moi, ה', comme ci-dessus.

[Et l'on peut dire : au sein (bekerev), parce que c'est dans les entrailles (kerabim) que se joue la conduite du derekh eretz ; et de plus, parce que par les aliments interdits l'homme devient semblable à un animal, comme il est dit dans le Zohar (t. II, 125b) au sujet de Nabuchodonosor ; et Daniel, qui ne s'est pas souillé par les mets du roi (Daniel 1,8), fut sauvé des lions.] Et le dever correspond à Tu ne tueras pas, mesure pour mesure.

[Et le chehin (les ulcères) correspond à Tu ne commettras pas d'adultère, parce qu'ils s'embellissaient, et comme il est écrit : ה' rendra galeuse (vesipah) le sommet de la tête des filles de Tsion, etc. (Yechayahou 3,17).] Et il est connu que Tu ne tueras pas et Tu ne commettras pas d'adultère sont deux contraires : les Égyptiens étaient plongés dans la débauche, mais ils font partie de l'établissement du monde et sont scrupuleux quant à Tu ne tueras pas, et il y avait là aussi un argument en leur faveur ; c'est pourquoi il est dit : et ה' fera une distinction, etc.

Et c'est cela la merveille (pelé) : lorsque les deux sont égaux en cela et que la différence n'est pas perceptible à l'œil de l'homme, seul le Saint béni soit-Il est Celui qui sépare, du côté des choses cachées, car celui-ci est scrupuleux uniquement pour l'honneur du Ciel, tandis que celui-là l'est par amour du monde et par désir de l'établissement de la terre, et il ne reconnaît pas que le Saint béni soit-Il a créé la terre : cela ne s'appelle pas du tout du derekh eretz.

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