צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 188

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Quatre degrés parmi les compagnons d'étude : mehadedim, nohin, makchivin et madguilim, le plus bas. Rabbi Tsadok dit que les madguilim n'ont que le rassemblement : le Saint béni soit-Il les aime, ils n'ont pas de maître et connaissent la forme de la sougya. Les makchivin se transmettent sans hidouchim (nouveautés), pour que la Torah ne soit pas oubliée : Il écoute toujours leur voix, degré de « Ma fille ». Nohin et mehadedim innovent et sont « ceux qui craignent Hachem » : Il reçoit ce qu'ils décrètent, c'est « Ma sœur ». À Babylone le pilpoul diffuse la Torah ; « pour la cause de la vérité et de l'humble justice », ils méritent la droite de la Torah.

Aussi : ces quatre degrés se trouvent chez tout disciple, de l'absence de maître jusqu'à la grandeur ; les voix de la Torah et de la prière ne se perdent jamais ; l'aiguisement conduit à la grossièreté d'esprit

‏[קפח] ד' מדרגות בחברים כמ"ש (שבת סג.) מחדדים ונוחים ומקשיבין ומדגילין והיא הפחותה ‏כדמסיים עלה והוא דידעי והוא דלית להו כו' ולכך נקרא מדגילים לפירש"י שאין בידם אלא האסיפה ‏לבד וכענין אגרא דפרקא ריהטא ודכלה דוחקא שפירש"י בברכות (ו:) לפי שאין מבינים ע"ש. וכן ‏בכלה מפני רבוי העם אין עומדים על בורי' ולא קשה קו' תוס' דע"ז (כב:) ע"ש דרק בשביל האסיפה ‏לבד ג"כ הקב"ה אוהבן הואיל ולית להו רב ויודעים עכ"פ צורתא דשמעתא פי' צורה הוא החשיבות ‏כמו אנשים הללו בעלי צורה במ"ק (ט.).

והיינו ע"י ידיעת שורש הדבר כפירש"י שזהו כמו צורה ‏לחומר שהוא הידיעה בפרטות. ובאלו לא אמר אם אין עושין כן כו' שיענשו ח"ו.

מאחר שאין יודעין ‏כ"כ רק אסיפתן הוא נדיבות יותר מן הראוי וזה מוליד אהבה [כמים הפנים וגו']. ומקשיבין היינו שכל ‏א' יודע חכמה וחבירו מקבל ממנו מה שהוא יודע דהקשבה פי' קבלה משא"כ שמיעה.

אבל אין ‏חדושין דהיינו בינה נולד ביניהם רק ע"ד שאמר ר"ח בב"מ (פה:) עבידנא דלא תשתכח כו' שכ"א ‏יגמר לחבירו סדרו וזהו הקב"ה שומע כו' שמתקיים בידיהם שזה פי' שמיעת הקב"ה לקולן. כי אצל ‏הש"י לא שייך זמן לומר שאז שמע ואח"כ נסתלקה השמיעה רק שהוא שומע לעולם.

והיינו כי קולן ‏קבוע וקיימא כמ"ש בזוהר (ח"ג קסח ב) דקלין דאורייתא וצלותא לא אתאבידו לעלמין והיינו דלא ‏תשתכח. ובאלו אם אין עושין כו' שמחוייבין בכך מאחר שבידן לקיים השכינה דהיינו שלא תשתכח ‏אותו קול שהקב"ה שומעו תמיד וח"ו להיפך גורם כו'.

וכל זה עדיין מדרגת בתי שאין חדושין ‏ביניהם וא"צ ליראה רק לאהבה וכן הקב"ה אוהבן ושומען. וב' האחרים הם כשמחדשין ד"ת ואז ‏נקרא יראי ה' והם ב' מדרגות דנועם וחובלין הנדרש בסנהדרין (כד.) על ת"ח דא"י ובבל.

והנוחין זה ‏נועם ואלו שניהם נקראו יראי ה' שאינם ב' הפכים והקב"ה מקשיב פי' מקבל מה שהם גוזרים דזה ‏נקרא אחותי שחידושים שלהם מקובלים ומוסכמים למעלה ובתנאי שיהיו שניהם יראי ה'. ועיקר ‏הרבצת תורה היתה בבבל כדאי' בכתובות (קו.) כי רבוי התלמידים הוא ע"י הפלפול והחדוד שהוא ‏ע"י המחלוקת וההפכין וזהו המחדדין עי"ז עולין לגדולה דהיינו העמדת תלמידים.

כי ב' הפכים ע"כ ‏צריכין לאמצעי ודעת המחבר וזה נקרא והדרך וכד"ש (שבת קמה:) שת"ח שבבבל עושין ציצין ‏ופרחים לתורה. ובזוהר נקרא פלפול התלמוד קשוטי כלה שזהו ההדר באמת ולכך ת"ח שבבבל ‏מצויינין כדאי' (שם) ופי' שאינן בני מקומן שהחדוד מוציאו ממקומו.

כי נוחין בישוב הדעת הר"ז ‏עד"ש (מגילה יב:) שאנן מואב וגו' ובגולה וגז' דיתבי בדוכתייהו אבל החדוד מרחיב הדרוש ומרחיקו ‏ממקומו ועי"ז מצויינין וזה גורם לגסות הרוח ולשלא לשמה דהיינו ע"מ שיקראנו רבי כדאי' בנדרים ‏‏(סב.) ולכן א' בקדושין (מט:) דגסות לבבל נחית לכן התנו בזה על דבר אמת וענוה צדק. ואז זוכין ‏לימין התורה שזהו מדרגה אחרונה ותכלית התורה עד שעולה לגדולה.

וכל אלו ד' מדרגות הם בכל ‏תלמיד מן עת דלית לי' רבה במתא שנפטר הרב ומתחבר לחבירים עד שעולה לגדולה: ‏

[188] Il y a quatre degrés parmi les compagnons d'étude, comme il est dit (Chabbat 63a) : ceux qui s'aiguisent l'un l'autre (mehadedim), ceux qui sont agréables l'un envers l'autre (nohin), ceux qui prêtent l'oreille (makchivin) et ceux qui se rassemblent (madguilim) ; et ce dernier est le plus bas, ainsi que la Guemara le conclut à son sujet : "et cela lorsqu'ils savent", "et cela lorsqu'ils n'ont pas [de maître dans la ville]", etc. C'est pourquoi ils sont appelés madguilim selon l'explication de Rachi, car ils n'ont en main que le rassemblement seul ; et c'est du même ordre que "le salaire de la deracha (prédication publique) tient à la course, et celui de la kalla (assemblée d'étude) à la bousculade", que Rachi explique dans Berakhot (6b) parce qu'ils ne comprennent pas, voir là-bas.

De même, lors de la kalla, en raison de la multitude du peuple, ils ne saisissent pas la chose dans sa clarté. Et la question des Tossafot dans Avoda Zara (22b) ne fait pas difficulté, voir là-bas : car c'est pour le rassemblement seul, lui aussi, que le Saint béni soit-Il les aime, puisqu'ils n'ont pas de maître et qu'ils connaissent du moins la forme de la sougya (tsourta di-chmaata) - le mot "forme" (tsoura) signifiant ici l'importance, comme dans "ces hommes sont des hommes de forme" (baalei tsoura, des notables) dans Moed Katan (9a).

Et cela se fait par la connaissance de la racine de la chose, selon l'explication de Rachi, ce qui est comme la forme par rapport à la matière, laquelle est la connaissance dans le détail. Et à leur propos il n'a pas été dit "et s'ils n'agissent pas ainsi", etc., qu'ils seraient punis, à D.ieu ne plaise : puisqu'ils ne savent pas tant que cela, leur seul rassemblement est une générosité qui va au-delà de ce qui leur incombe, et cela engendre l'amour [comme "de même que l'eau reflète le visage", etc.

(Proverbes 27,19)]. Et "ceux qui prêtent l'oreille" (makchivin), cela veut dire que chacun connaît une sagesse et que son compagnon reçoit de lui ce qu'il sait, car "prêter l'oreille" (hakchava) signifie recevoir, à la différence de "entendre" (chemia).

Mais il ne naît pas entre eux de hidouchim (nouveautés de Torah), c'est-à-dire de bina (intelligence qui déduit une chose d'une autre) ; seulement à la manière de ce qu'a dit Rabbi Hiya dans Bava Metsia (85b) : "j'agis pour que la Torah ne soit pas oubliée", etc., chacun enseignant à son compagnon l'ordre qu'il a appris. Et c'est là le sens de "le Saint béni soit-Il écoute", etc. : que cela se maintient entre leurs mains - voilà le sens de l'écoute du Saint béni soit-Il à leur voix.

Car auprès du Nom béni le temps ne s'applique pas, pour dire qu'alors Il a entendu et qu'ensuite l'écoute s'est retirée ; mais Il écoute pour toujours. Et cela parce que leur voix est fixée et subsistante, comme il est écrit dans le Zohar (t.

III, 168b) que les voix de la Torah et de la prière ne se perdent jamais - et c'est cela "qu'elle ne soit pas oubliée". Et à leur propos il est dit "et s'ils n'agissent pas ainsi", etc., car ils y sont obligés, puisqu'il est en leur pouvoir de maintenir la Chekhina, c'est-à-dire que ne soit pas oubliée cette voix que le Saint béni soit-Il entend toujours ; et, à D.ieu ne plaise, l'inverse cause etc.

Et tout cela relève encore du degré de "Ma fille" (בתי), où il n'y a pas de hidouchim entre eux, et où il n'est pas besoin de crainte mais seulement d'amour ; et de même le Saint béni soit-Il les aime et les entend. Les deux autres degrés sont ceux où l'on innove des paroles de Torah, et alors on est appelé "ceux qui craignent ה'" (Malachie 3,16).

Ce sont les deux degrés de "Douceur" (נעם) et de "Liens" (חבלים) exposés dans Sanhédrin (24a) au sujet des maîtres de la Terre d'Israël et de Babylone. Et "ceux qui sont agréables" (nohin), c'est "Douceur" ; et ces deux-là sont appelés tous deux "ceux qui craignent ה'", de sorte qu'ils ne sont pas deux contraires.

Et le Saint béni soit-Il "prête l'oreille", c'est-à-dire qu'Il reçoit ce qu'ils décrètent, et cela est appelé "Ma sœur" (אחותי), car leurs hidouchim sont reçus et agréés en haut - à la condition que tous deux craignent ה'. Et l'essentiel de la diffusion de la Torah s'est fait à Babylone, comme il est rapporté dans Ketoubot (106a), car la multitude des disciples vient par le pilpoul et l'aiguisement, lesquels viennent par la controverse et les contraires : ce sont là les mehadedim, et c'est par cela qu'ils s'élèvent à la grandeur, c'est-à-dire l'établissement de disciples.

Car deux contraires requièrent nécessairement un intermédiaire et un savoir qui les relie, et cela est appelé "et Ta splendeur" (והדרך), et comme ils ont dit (Chabbat 145b) que les maîtres de Babylone font des fleurons et des fleurs (tsitsin ouferahim, des ornements) à la Torah. Et dans le Zohar le pilpoul du Talmud est appelé "les parures de la fiancée" (kichoutéi kalla), ce qui est véritablement la splendeur (hadar).

C'est pourquoi les maîtres de Babylone sont distingués (metsouyanin), comme il est rapporté (ibid.), et l'explication "parce qu'ils ne sont pas des gens de leur lieu" signifie que l'aiguisement le fait sortir de son lieu. Car "ceux qui sont agréables" le sont dans la sérénité de l'esprit, et c'est du même ordre que ce qui est dit (Meguila 12b) sur "Moab a été tranquille depuis sa jeunesse", etc., "et il n'est pas allé en exil", etc.

(Jérémie 48,11), à savoir qu'ils siègent en leur lieu ; mais l'aiguisement élargit l'exposition et l'éloigne de son lieu, et par cela ils sont distingués. Or cela conduit à la grossièreté d'esprit (l'orgueil) et à l'étude qui n'est pas pour elle-même, c'est-à-dire afin qu'on l'appelle "Rabbi", comme il est rapporté dans Nedarim (62a).

Et c'est pourquoi il est dit dans Kidouchin (49b) que la grossièreté d'esprit est descendue à Babylone ; aussi a-t-on posé ici la condition "pour la cause de la vérité et de l'humble justice" (Psaumes 45,5). Et alors ils méritent la droite de la Torah, qui est le dernier degré et la finalité de la Torah, jusqu'à ce qu'il s'élève à la grandeur.

Et ces quatre degrés se trouvent chez tout disciple, depuis le moment où "il n'a pas de maître dans la ville", quand son maître est décédé et qu'il s'attache à des compagnons, jusqu'à ce qu'il s'élève à la grandeur.

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