צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 187

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les paroles de Torah sont une force pour l'homme : par elles il l'emporte sur son penchant, et l'aide du Saint béni soit-Il se fait par elles. Rabbi Tsadok dit que l'on demande ''hokhma, bina et daat « de Ta part », sans le secours des hommes, et que la Torah a été donnée à Israël pour être maître et compagnon. Les livres sont maîtres, puis compagnons lorsqu'on y produit des 'hidouchim (nouveautés de Torah). L'éveil d'en bas les fait appeler « ma fille », l'éveil d'en haut « ma sœur », et la reconnaissance que tout vient de D.ieu, lichma (pour elle-même), « ma mère » : alors D.ieu déclare que tout est à l'homme, même l'éveil d'en haut, « donnez la force à Elokim ».

‏[קפז] הד"ת הם עוז לאדם כמ"ש והחכמה תעוז וגו' ואיזה גבור הכובש כו' שעי"ז מתגבר על יצרו ‏כמ"ש (קידושין ל:) משכהו לבהמ"ד וכמ"ש בראתי יצה"ר בראתי תורה כו' שזהו אלמלא הקב"ה ‏עוזרו כו' והעזר והסייעתא הוא ע"י ד"ת שמאיר לו. והסייעתא לד"ת הוא רב וחבירים ותלמידים ואנו ‏מבקשים וחננו מאתך חכמה בינה ודעת שהם ג' הנז' כנ"ל אות קפ"ו יהי' מאתך בלא סיוע בנ"א ‏וכד"ש (בר"ר פ' סא) באאע"ה רב לא הי' לו כו' וכמ"ש כי ה' יתן חכמה מפיו וגו'.

וע"ז ניתנה תורה ‏לישראל שהיא תהי' הרב והחבר וכמו שפירש"י אבות על קנה לך חבר י"א ספרים. ובאמת הספרים ‏הם רבותיו וכמ"ש בשבו"י ח"ב מהאי טעמא להיות כמורה בפני רבו כשיכול להסתכל בספר.

רק זהו ‏בהתחלה ואח"כ כשמחדש חדושין על ידם נעשו מדריגת חבר. וז"ש בשהש"ר (סו"פ ג) לא זז ‏מחבבה עד שקראה בתי כו' אחותי כו' אמי כו' ואמי היינו מדרגת תלמיד והיינו דלבסוף נעשית ‏תורתו וכאלו הוא המוליד הד"ת עצמה שניתן למשה מסיני כי ממש פנים חדשות באו לכאן.

כמו ד"מ ‏ע"י פי' רז"ל בכתובים ודאי הם נקראים בוניה של תורה וזהו ע"י ספרים שחברו הם ללמד חדשות ‏לאחרים ואורייתא וקוב"ה חד לכך לא זז מחבבה עד שקראה אמי שהם הולידו שורש התורה ‏והחכמה בעולם. והיינו באתערותא דלתתא בחשק עצום הקודם שזהו בתחלה כנ"ל אות קפ"ד נקרא ‏בתי.

ואח"כ שבא אתערותא דלעילא לסיוע ונתחדש לו חדושין ונולד היראה כנ"ל אז נקרא אחותי ‏ואז הם מתייחדים וכמ"ש בזוהר ע"פ אמנם אחותי וגו' ותהי לי לאשה. והיינו ע"י ההכרה שהחדושין ‏הם מהש"י שזהו ענוה ולשמה שמכיר שאין לו מגרמי' כלום אז מצליחין ועולה לגדולה להיות נקרא ‏אמי כמשפט אחר הברכה וההכרה שהכל מהש"י אז הש"י אומר שהכל שלו גם האתערותא דלעילא ‏הוא משלו כטעם תנו עוז [היינו ד"ת כנ"ל] לא-להים כי ע"י אתערותא דלתתא שלו הוא שנולד זה:

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[187] Les paroles de Torah (divréi Torah) sont une force pour l'homme, comme il est écrit : "et la sagesse rend fort [le sage]..." (Kohelet 7,19), et : "Qui est fort ? Celui qui maîtrise [son penchant]" (Avot 4,1) ; car par elles il l'emporte sur son penchant, comme il est dit (Kidouchin 30b) : "tire-le vers la maison d'étude", et comme il est dit : "J'ai créé le mauvais penchant, J'ai créé la Torah [comme remède] contre lui".

Et c'est là le sens de : "si le Saint béni soit-Il ne l'aidait pas, il n'en viendrait pas à bout" ; et l'aide, l'assistance (siyata, secours d'en haut), se fait par les paroles de Torah qui l'éclairent. Et l'assistance pour les paroles de Torah, ce sont un maître, des compagnons et des élèves.

Et nous demandons : "gratifie-nous de Ta part de sagesse ('hokhma), de discernement (bina) et de connaissance (daat)" - ce sont les trois mentionnés plus haut, section 186 - que ce soit de Ta part, sans le secours des hommes ; et comme ils ont dit (Bereshit Rabba, chapitre 61) au sujet d'Avraham notre père : "il n'avait pas de maître...", et comme il est écrit : "car ה' donne la sagesse, de Sa bouche viennent la connaissance et le discernement" (Michléi 2,6). Et c'est pour cela que la Torah a été donnée à Israël : pour qu'elle soit le maître et le compagnon, comme Rachi l'explique sur les Avot à propos de "acquiers-toi un compagnon" : certains disent, ce sont les livres.

Et en vérité les livres sont ses maîtres, comme il est écrit dans le Chevout Yaakov, deuxième partie : c'est pour cette raison qu'il y a là un cas de "trancher une décision en présence de son maître" lorsqu'on peut consulter un livre. Mais cela n'est vrai qu'au commencement ; ensuite, lorsqu'il produit par leur intermédiaire des nouveautés (hidouchin, innovations de Torah), ils prennent le niveau de compagnon.

Et c'est ce que dit le Chir HaChirim Rabba (fin du chapitre 3) : "Il n'a cessé de la chérir jusqu'à l'appeler ma fille... ma sœur... ma mère...". Et "ma mère", c'est le niveau d'élève ; c'est-à-dire qu'à la fin elle devient sa Torah a lui, et c'est comme s'il engendrait lui-même les paroles de Torah qui ont été données à Moche au Sinaï, car réellement "un visage nouveau est venu ici" (panim hadachot, une réalité entièrement neuve).

Ainsi, par exemple, par les explications de nos Sages, de mémoire bénie, sur les Écrits, ils sont certainement appelés "les bâtisseurs (bonéha) de la Torah" ; et cela se fait par les livres qu'ils ont composés pour enseigner du nouveau aux autres. Et la Torah et le Saint béni soit-Il sont un ; c'est pourquoi "Il n'a cessé de la chérir jusqu'à l'appeler ma mère", car ce sont eux qui ont engendré la racine de la Torah et de la sagesse dans le monde.

Et cela se déroule ainsi : par l'éveil d'en bas (itarouta dilé-tata) dans le désir intense qui précède - ce qui est le commencement, comme plus haut, section 184 - il est appelé "ma fille". Puis, lorsque vient l'éveil d'en haut (itarouta dilé-eila) en guise d'assistance, que des nouveautés lui sont révélées et que la crainte naît, comme plus haut, alors il est appelé "ma sœur", et alors ils s'unissent, comme il est écrit dans le Zohar sur le verset : "en vérité elle est ma sœur... et elle devint ma femme" (Bereshit 20,12).

Et cela par la reconnaissance que les nouveautés viennent de ה' - c'est cela l'humilité et le lichma (l'étude pour elle-même) - lorsqu'il reconnaît qu'il n'a rien de lui-même (miguarméh) ; alors elles réussissent, et il monte à la grandeur au point d'être appelé "ma mère", selon la règle, après la bénédiction et la reconnaissance que tout vient de ה'. Alors ה' déclare que tout est à lui [à l'homme] : même l'éveil d'en haut vient de lui, dans le sens de "donnez la force [c'est-à-dire les paroles de Torah, comme plus haut] à Elokim" (Tehilim 68,35) - car c'est par son éveil d'en bas à lui que cela est né.

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