צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 186

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« Je suis compagnon ('haver) de tous ceux qui Te craignent » (Tehilim 119,63). Pour Rabbi Tsadok, l'essentiel de l'union se fait avec ceux qui craignent le Ciel. La ''Hokhma se reçoit du maître ; la Bina, comprendre une chose à partir d'une autre, se fait par l'union, « le fer par le fer ensemble », afin que des paroles de Torah se renouvellent. Le compagnonnage demande trois, comme la corde de Yaakov ; par l'aiguisement ('hidoud), deux deviennent un. Le zimoun unit trois esprits par le manger ; de là l'on puise l'esprit saint, la Da'at qui relie. La crainte est nécessaire, car de la Bina s'éveillent les rigueurs ; ceux qui s'aiguisent lichma et avec humilité s'unissent et méritent des disciples.

Aussi : le pain et le vin des non-Juifs à cause de leurs filles ; le chofar de Roch ha-Chana, zimoun avant Souccot ; Rav 'Hisda et Rav Chechet, deux contraires unis par la crainte

‏[קפו] עיקר ההתחברות הוא ליראים כמ"ש חבר אני לכל וגו' וכמ"ש אז נדברו יראי וגו'. כי ג' ‏מדרגות חב"ד חכמה מה שמקבל מאחרים זהו מה שקיבל מרבו.

ולהבין דבר מתוך דבר זהו ע"י ‏התחברות כמ"ש (תענית ז.) ברזל בברזל יחד וגו'. וזהו עיקר החברה לחדד זה את זה שיתחדשו ‏ד"ת על ידם דלכן מצטרפין לזימון כדאי' בברכות (מז:) ולא פריך וחדוד גברא דמה שצריך ג' היינו ‏דאין חברותא בפחות מג' כד"ש בעירובין (טז:) לענין שיירא ובסוכה (יג.) לענין אגודה וחבילה ע"ש ‏בתוס' וכן במד' (בר"ר פ' סח) ע"פ יעקב חבל נחלתו אין החבל נפקע בפחות מג'.

רק ע"י החדוד ‏הוא חברותא ג"כ בב' כי החדוד מחברם וזה לשון חדוד מן חד נעשה א' ומחובר שאינו מתפרד. ‏והיינו כי ג' הוא חיבור ב' קצוות ואמצעי המחבר וז"ש בברכות (מה:) איכא דיעות דהעיקר ג' דיעות ‏הנפרדות שמתחברים יחד ע"י האכילה יחד כד"ש בחולין (ד:) אין הסתה בלא אכילה כו'.

וכן פתן ‏ויינן משום בנותיהם שעיקר התחברות ע"י אכילה ושתי'. וזהו הזימון דברכה לפניה כשרעב דוגמת ‏שבועות [ופסח בחדש האביב].

וברהמ"ז שמברך כשהוא שבע דוגמת סוכות חג האסיף שהוא זמן ‏שמחתינו [ובמ"ק (ט.) אין שמחה בלא אכילה כו'] ומשם שואבין רוה"ק כמ"ש בירוש' דהחליל דדעת ‏היינו רוה"ק כדפירש"י פ' תשא. וזהו אחר חכמה ובינה דדעת המחבר כנודע.

וכן חג הסוכות הג' ‏לרגלים. ולכך בג' אז צריך זימון דמפורש בברכות (מה.) דהיינו גדלו וגו' יחדיו שלזה צריך הכנה ‏וזימון להתכלל יחד הנפשות.

וכן בזמן שופר דר"ה שקודם סוכות הוא הזימון כמ"ש הקדמונים ‏דרומז עורו ישינים כו' והכנה לחבור ויחוד הקצוות ע"י חג הסוכות. וכן החדוד מחבר דוגמת ‏העקידה דאי' בזוהר (ח"א קיט ב) דאז נתכללו יחד אברהם ויצחק כמ"ש עתה ידעתי כי ירא וגו' ‏והיינו דמחוי ר"ח כגון אנא ור"ש כו' כמ"ש בעירובין (סז.) דהם ב' הפכים ר"ח חריף ור"ש סיני וכל ‏חד מרתע מחברי' זהו היראה וע"י החדוד נדברו יראי ה' ונתחברו ונתכללו ב' הקצוות ולכך מזמנין ‏והוא בכלל שבת הקודם בגמ' [וכמו במימרות שלפניהם שם ע"י הארון נראין כעשרה יעו"ש דבלא"ה ‏תמוה] והיינו דלכך צריך יראה וכידוע דבינה מינה דינין מתערין.

כי כל חדוש יש יראה שמא ח"ו הוא ‏שוא וכמ"ש בהקדמת הזוהר (ה א) דלכן אין לחדש דבר שלא שמע מרבו. ולכי התנו (שבת סג.) ‏במחדדין שיהי' לשמה ובענוה אז מצליחין דגם במחלוקתן אלו ואלו דברי א-להים חיים.

והוא יחוד ‏כמחלוקת שמאי והלל סופה להתקיים שאינו כזב ודבר הפוסק ככל ריב ומדנים יפריד אחים. ולכך ‏בינה ליבא ששם היראה כמ"ש ביומא (עב:) ע"פ ולב אין ועושה חדשות בעל מלחמות כנודע.

משא"כ ‏שבת הוא מנוחה דזהו כשעושין לשמה אז את והב בסופה ומתייחדין יחד ומזמנין ואז עולין לגדולה ‏כמ"ש (שבת שם) דהיינו שזוכין לתלמידים שזהו מדרגת הדעת המחבר כמו יצחק ע"י העקידה ‏נזדמנה לו רבקה להוליד יעקב המחבר [עי' זוהר שמות י"ד סע"ב דאבות הם חב"ד]. ‏

[186] L'essentiel de l'union (hit'habrout) se fait avec ceux qui craignent [le Ciel], comme il est écrit "je suis compagnon ('haver) de tous ceux qui Te craignent" (Psaumes 119,63), et comme il est écrit "alors ceux qui craignent ה' se parlèrent l'un à l'autre" (Malachie 3,16). Car il y a trois degrés, חב"ד (''Hokhma-Bina-Da'at, sagesse-compréhension-connaissance): la ''Hokhma est ce que l'on reçoit d'autrui, c'est-à-dire ce que l'on a reçu de son maître; et comprendre une chose à partir d'une autre [la Bina], cela se fait par l'union, comme il est dit (Taanit 7a) "le fer par le fer ensemble [s'aiguise]" (Proverbes 27,17).

Et c'est là l'essentiel du compagnonnage ('hevra): s'aiguiser l'un l'autre, afin que des paroles de Torah se renouvellent par eux. C'est pourquoi ils se joignent pour le zimoun (l'invitation à trois qui précède les actions de grâces du repas), comme il est rapporté dans Berakhot (47b), et [la Guemara] n'objecte pas: "et l'aiguisement de l'homme" (וחדוד גברא).

Car s'il faut trois personnes, c'est qu'il n'y a pas de compagnonnage ('havrouta) à moins de trois, comme il est dit dans Erouvin (16b) à propos de la caravane (chayara), et dans Souka (13a) à propos du faisceau (agouda) et du fagot ('havila), voir là-bas dans les Tossafot; et de même dans le Midrach (Bereshit Rabba, ch. 68) sur le verset "Yaakov est la corde ('hevel) de Son héritage" (Deutéronome 32,9): la corde ne se noue pas (אין החבל נפקע) à moins de trois [brins].

Seulement, par l'aiguisement il y a compagnonnage également à deux, car l'aiguisement les unit; et tel est le sens du mot "aiguisement" ('hidoud, חדוד), issu de חד ("aigu", et aussi "un"): il devient un (א') et joint, de sorte qu'il ne se sépare plus. Car trois, c'est la jonction des deux extrémités et de l'intermédiaire qui les relie.

Et c'est ce que dit Berakhot (45b): "il y a des avis" (איכא דיעות) - car l'essentiel, ce sont trois esprits (de'ot) séparés qui s'unissent ensemble par le fait de manger ensemble, comme il est dit dans 'Houlin (4b): "il n'y a pas d'incitation sans repas", etc. De même, [le décret sur] leur pain et leur vin [ceux des non-Juifs] fut pris à cause de leurs filles, car l'essentiel de l'union se fait par le manger et le boire.

Et c'est cela le zimoun: la bénédiction d'avant [le repas] se dit quand on a faim, à l'image de Chavouot [et de Pessa'h, au mois de l'épi (Aviv)]; et le birkat ha-mazon (ברהמ"ז, les actions de grâces après le repas), que l'on récite quand on est rassasié, à l'image de Souccot, la fête de la récolte ('hag ha-assif), qui est "le temps de notre joie" [et dans Moed Katan (9a): "il n'y a pas de joie sans manger", etc.]. Et c'est de là que l'on puise l'esprit saint (roua'h ha-kodech), comme il est dit dans le Yerouchalmi du chapitre hé-'Halil (Souka, ch.

5), car la Da'at, c'est l'esprit saint, ainsi que l'explique Rachi sur la paracha Ki Tissa. Et cela vient après la ''Hokhma et la Bina, car c'est la Da'at qui relie, comme on sait.

De même, la fête de Souccot est la troisième des fêtes de pèlerinage. C'est pourquoi, à trois, il faut alors le zimoun, comme cela est explicite dans Berakhot (45a), à savoir: "magnifiez ה' avec moi, et exaltons Son nom ensemble" (Psaumes 34,4) - car pour cela il faut une préparation et une invitation (zimoun), afin que les âmes s'incluent ensemble.

De même, le temps du chofar de Roch ha-Chana, qui précède Souccot, est le zimoun, comme l'ont écrit les anciens, qu'il fait allusion à "réveillez-vous, dormeurs", etc., et [qu'il est] une préparation à la jonction et à l'union des extrémités par la fête de Souccot. De même, l'aiguisement unit, à l'image de la ligature d'Its'hak (la Akeda), car il est rapporté dans le Zohar (t.

I, 119b) qu'alors Avraham et Its'hak se sont inclus l'un dans l'autre, comme il est dit: "maintenant je sais que tu crains D.ieu" (Genèse 22,12). Et c'est le sens de ce que montrait Rav 'Hisda: "comme moi et Rav Chechet", etc., ainsi qu'il est dit dans Erouvin (67a) - car ils sont deux contraires, Rav 'Hisda étant "aigu" ('harif, pénétrant) et Rav Chechet "Sinaï" (vaste érudit), et chacun tremblait devant son compagnon: c'est cela la crainte.

Et par l'aiguisement, "ceux qui craignent ה' se parlèrent", ils se sont unis et les deux extrémités se sont incluses l'une dans l'autre; c'est pourquoi l'on fait le zimoun. Et cela relève du Chabbat mentionné plus haut dans la Guemara [comme dans les enseignements qui les précèdent là-bas: grâce à l'Arche, ils paraissent dix - voir là-bas, car sans cela la chose est étonnante].

Et c'est pourquoi la crainte est nécessaire, car il est connu que "de la Bina s'éveillent les rigueurs" (dinim): en effet, en toute nouveauté (hidouch) il y a la crainte qu'elle ne soit, à D.ieu ne plaise, vaine, comme il est dit dans l'introduction du Zohar (5a), que c'est pourquoi l'on ne doit pas innover une chose que l'on n'a pas entendue de son maître. Et c'est pourquoi ils ont posé une condition (Chabbat 63a) au sujet de ceux qui s'aiguisent l'un l'autre: que ce soit de façon désintéressée (lichma) et avec humilité - alors ils réussissent, car même dans leur controverse, "les unes et les autres sont paroles du D.ieu vivant".

Et c'est une union, comme la controverse de Chammaï et de Hillel, dont "la fin est de subsister" (Avot 5,17), car elle n'est pas mensonge; tandis qu'une chose qui rompt, comme toute querelle et dispute, "sépare les frères" (cf. Proverbes 16,28).

C'est pourquoi la Bina est le cœur (bina liba), et c'est là que réside la crainte, comme il est dit dans Yoma (72b) sur le verset "et de cœur, point" (Proverbes 17,16); et "Il accomplit des choses nouvelles, Il est maître des guerres" (liturgie du matin), comme on sait. Il n'en va pas de même du Chabbat, qui est repos: c'est-à-dire que lorsque l'on agit de façon désintéressée, alors "Vaheb en Soufa" (Nombres 21,14, que les Sages lisent "l'amour à la fin", Kidouchin 30b), ils s'unissent ensemble et font le zimoun, et alors ils s'élèvent à la grandeur, comme il est dit (Chabbat, ibid.), c'est-à-dire qu'ils méritent des disciples - ce qui est le degré de la Da'at qui relie, comme Its'hak: par l'Akeda, Rivka lui fut destinée (nizdamna, de la même racine que zimoun), pour engendrer Yaakov qui relie [voir Zohar Chemot 14, fin de la colonne b (סע"ב), que les Patriarches sont חב"ד].

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