Il y a trois degrés pour le talmid ''hakham : le maître (rav), le compagnon (haver) et le disciple. Rabbi Tsadok enseigne que les deux premiers sont au pouvoir de l'homme : « fais-toi un maître » et « acquiers-toi un compagnon » ; le disciple n'est pas en son pouvoir, et celui qui a accompli les deux mérite ensuite des disciples. « Juge tout homme du côté du mérite » vise les disciples, pour qu'ils soient nombreux, sans craindre qu'ils dévient. L'étude auprès du maître est le commencement : un seul s'occupe de Torah, la Che'hina avec lui ; la bénédiction rend la Torah sienne et l'on mérite des fils talmidei hakhamim, degré du compagnon.
Aussi : après le décès du maître les pensées se perdent et l'on cherche des compagnons ; « maintenir la leçon » est une aide du Ciel ; dix disciples font le maître et la Che'hina précède
[קפה] ג' מדרגות לת"ח רב וחבר ותלמיד כמ"ש בתענית (ז.) הרבה למדתי מרבותי ומחבירי כו' ומתלמידי כו' [והם עצמן ג' מדרגות הנז' לעיל אות קפ"ג כל א' בשעתו כמובן למשכיל] וב' ראשונות הם בידו כמ"ש בפ"א דאבות עשה כו' וקנה כו' משא"כ תלמיד ע"ש בתוי"ט. רק הסיום והוי דן כו' נראה דזהו כלפי התלמידים לא כר"ג שא' בברכות (כת.) כל תלמיד שאין תוכו כברו כו' דעל תלמיד שאינו בידו לא שייך הזהרה רק שהוא ממילא מי שעשה ב' דברים הקודמים זוכה אח"כ ג"כ לתלמידים.
וכלפי מ"ש אנכה"ג העמידו תלמידים הרבה אמר הוא בלשון אחר הוי כו' דג"כ ע"ז יהיו הרבה. ולפי שר"י בן פרחיה הי' יוצאת ברחובותיו מאותו תלמיד (ברכות יז רע"ב) והי' ס"ד שלא להרבות תלמידים לפיכך אמר בלשון זה לומר שאין לחוש לכך ואת הוי דן כו' כל שמעשיו סתומים.
ובהדי כבשא דרחמנא למ"ל. והלימוד מרב הוא ההתחלה וזה נקרא בברכות (ו.) א' שיושב ועוסק בתורה ששכינה עמו מקרא דאזכיר את שמי דהתורה נקרא שם ה' כמ"ש (שם כא.) ואזכיר היינו דהוא תורת ה' כנ"ל אות קפ"ד ונקרא ע"ש הש"י שמזכיר ומלמד.
וזהו ביחיד שיושב ועוסק וכמ"ש בנדרים (פא.) מפני מה אין ת"ח מצויים להיות בניהם כו' שלא ברכו כו' כי ברכת התורה שמברך המלמד תורה לעמו ישראל ומכיר שהקב"ה מלמד והיא תורת ה' אז נעשית תורתו לאחר ברכה כמש"ל באות קפ"ד. ואז זוכים לבנים ת"ח דהיינו להיות ב' שיושבים ועוסקים בתורה [וזהו מדרגת אז נדברו יראי וגו' מדריגת הדבור שנתבאר לעיל אות קפ"ג שהוא מקביל לזה כמשנ"ת].
ונקרא יראי ה' איש אל רעהו מדרגת חבר כי יראת שמים הוא הבחירה שבידי אדם והבחירה בעצמה באמת ג"כ מהש"י שיצר האדם בעל בחירה. רק יראת שמים דהיינו ההכרה שהבחירה ג"כ מהש"י זה נקרא יר"ש שירא לבחור ברע זהו בידי אדם.
והתחלת החשק ללמוד מרב הוא הבחירה עצמה והוא בסוד נעוץ סופן בתחלתן שזה ג"כ מהש"י באמת ולכן נקרא תורת ה'. ואחר פטירת הרב ואבדו עשתנותיו כד"ש אל תבטחו בנדיבים וגו' ביום ההוא וגו' [וקאי אעשתונות הבוטח] ומתחיל להכיר כי באמת הש"י מלמד תורה לעמו ישראל ואשרי וגו' שברו על וגו' הכרה זו נקרא יר"ש ואז נדברו וגו' ומבקש לקנות חבירים כענין שחביריך יקיימוה בידך (פ"ד דאבות) שהוא מצד יראה שמא ישכח ח"ו כדרך ראב"ע (שבת קמז:) וזהו יראת שמים.
והוא ברכת התורה תחלה שזוכה לבנים ת"ח וכמ"ש כי כן יבורך גבר ירא ה' וגו' ודבר זה נקרא לאוקמי גירסא שא' במגילה (ו:) דהוא סייעתא דשאיא. [וזהו גירסא דהיינו דבור כנ"ל אות קפ"ג] ולכן אמר אשרי וגו' שברו וגו' ולא אמר בלשון ציווי כמו שפתח אל תבטחו וגו' רק בטחו בה'.
רק דזהו סייעתא דשמיא ואינו בידי אדם ולכן אמר אז נדברו ולא דיברו רק נדברו שאירע כך. וזהו מכתבן מילייהו פי' ס' הזכרונות הם נפשותן כמו שפי' הקודמין על ספרן של צדיקים ושל רשעים דר"ה.
ומכתבן היינו שנחקק לזכרון ולאוקמי גירסא שלא יעתק מהם עוד. משא"כ ביחיד שאמרו בתענית (ז.) דמטפשן.
והגם דדבר זה סייעתא דשמיא התנא דאבות אמר בציווי וקנה שהוא בידו ודאי לקנות חבר רק שיהי' מאותם שחבירך יקיימוהו בידך זהו סייעתא דשמיא כד"ש בגמ"ח בסוכה (מט:) מה יקר וגו' והיינו משום שאמר בב"ק (טז:) הכשילם בשאין מהוגנים. ונראה דלכך סיים ריב"פ והוי דן כו' דאין לו לחוש לכך דהגם דברב נא' עשה אע"פ שאינו הגון כמ"ש הרמב"מ שם וכמ"ש בזוהר ס"פ קדושים (פה ב) דאית למילף מכל ב"נ כו' משא"כ בחבר צריך שיהי' הגון מ"מ הוי דן כו' ואל תדקדק בו יותר ובטח בה' שבודאי יהי' בעזרך.
ופ' של אל תבטחו בנדיבים וגו' מסיימת השומר אמת לעולם הקב"ה שומר הד"ת שיתקיימו בידו לעולם עושה משפט וגו'. ומזכיר כל החסירים שהש"י עוזרם וכן מאחר שמכיר בחסרונו איך אבדו עשתונותיו מעתה בודאי הש"י יעזרנו ושומר תורתו לעולם.
והתנא אמר חבר לשון יחיד וכן בכתוב איש אל רעהו חד. רק הגמ' מזכיר שם ג"כ ג' והם דוגמת ב' לענין השכינה שביניהם ע"ש.
דרק לצורך דינא ושלמא בעלמא פי' שלום בעולם. כענין ת"ח מרבים שלום בעולם והיינו תורה צריך ג' כלשון שחביריך יקיימוה לשון רבים.
אבל עשרה זהו אח"כ כשמרביץ תורה בתלמידים שהשר היותר פחות בכתוב הוא שרי עשרות ואין נקרא רב לתלמידים בפחות מי' (כמ"ש ב"ב יב:) ואז קדמה שכינה ואתיא שכבר נעשה גופו מרכבה לשכינתו ית' אף קודם שעוסק בתורה כטעם מדרגת שיחו שכל שיחתו תורה המ' לעיל אות קפ"ג:
[185] Il y a trois degrés pour le talmid 'hakham (l'érudit en Torah) : le maître (rav), le compagnon (haver) et le disciple (talmid), comme il est dit dans Taanit (7a) : "J'ai beaucoup appris de mes maîtres, et de mes compagnons plus que d'eux... et de mes disciples plus que de tous..." [et ce sont elles-mêmes les trois degrés mentionnés plus haut, section 183, chacun en son temps, comme le comprendra l'homme avisé]. Et les deux premiers sont en son pouvoir, comme il est dit au chapitre 1 des Avot : "fais-toi un maître... et acquiers-toi un compagnon...", ce qui n'est pas le cas du disciple ; vois cela dans le Tossefot Yom Tov.
Seulement, la fin de la michna, "et juge tout homme du côté du mérite...", il apparaît que cela vise les disciples, et non à la manière de Rabban Gamliel qui disait dans Berakhot (28a) : "tout disciple dont l'intérieur n'est pas comme l'extérieur n'entrera pas dans la maison d'étude..." ; car au sujet du disciple, qui n'est pas en son pouvoir, un avertissement ne s'applique pas : c'est plutôt que cela vient de soi-même, celui qui a accompli les deux choses précédentes mérite ensuite également des disciples. Et par rapport à ce qu'ont dit les Hommes de la Grande Assemblée (Anchei Knesset ha-Guedola) : "suscitez de nombreux disciples", lui s'est exprimé dans un autre langage, "et juge...", car par cela aussi ils seront nombreux.
Et parce que chez Rabbi Yehochoua ben Pérahia il y eut "une sortie dans ses rues" du fait de ce disciple-là (Berakhot 17b) (allusion au verset "point de brèche, point de sortie et point de cri dans nos places", Ps 144,14, que la Guemara applique au disciple qui dévie), on aurait pu penser (salka daatakh) qu'il ne faut pas multiplier les disciples ; c'est pourquoi il s'est exprimé en ce langage, pour dire qu'il n'y a pas lieu de le craindre, et toi, "juge..." quiconque dont les actes sont obscurs. Et "qu'as-tu à faire des choses cachées du Miséricordieux ?" (Berakhot 10a).
Et l'étude auprès du maître est le commencement, et c'est ce qui est appelé dans Berakhot (6a) "un seul qui est assis et s'occupe de Torah", dont la Chekhina est avec lui, d'après le verset "en tout lieu où Je ferai mentionner Mon Nom" (Ex 20,21) ; car la Torah est appelée le Nom de ה', comme il est dit (ibid. 21a), et "Je ferai mentionner" signifie qu'elle est la Torah de ה', comme plus haut section 184, et elle est appelée du Nom du Nom béni soit-Il (Hachem Yitbarakh) qui la mentionne et l'enseigne.
Et cela vaut pour l'individu seul qui est assis et s'occupe [de Torah], et comme il est dit dans Nedarim (81a) : "pourquoi n'est-il pas fréquent que les talmidei hakhamim aient des fils talmidei hakhamim ?... parce qu'ils n'ont pas récité d'abord la bénédiction sur la Torah..." ; car la bénédiction de la Torah, par laquelle on bénit "Celui qui enseigne la Torah a Son peuple Israël", et l'on reconnaît ainsi que le Saint béni soit-Il est Celui qui enseigne et que c'est la Torah de ה' - alors sa Torah devient sienne après la bénédiction, comme il a été dit plus haut à la section 184. Et alors on mérite des fils talmidei hakhamim, c'est-à-dire d'être "deux qui sont assis et s'occupent de Torah" [et c'est le degré de "alors se sont parlé ceux qui craignent..." (Malachie 3,16), le degré de la parole expliqué plus haut section 183, qui correspond à cela comme il a été expliqué].
Et il est dit "ceux qui craignent ה', chacun à son compagnon" : c'est le degré du compagnon (haver), car la crainte du Ciel est le libre choix qui est au pouvoir de l'homme ; et le choix lui-même, en vérité, vient lui aussi du Nom béni soit-Il, qui a formé l'homme doté de libre choix. Seulement la crainte du Ciel, c'est-à-dire la reconnaissance que le choix lui aussi vient du Nom béni soit-Il, voilà ce qui est appelé crainte du Ciel (yirat chamayim), qu'il craigne de choisir le mal : cela est au pouvoir de l'homme.
Et le commencement du désir d'étudier auprès d'un maître est le choix lui-même, et c'est selon le secret de "leur fin est fichée dans leur commencement" : cela aussi vient en vérité du Nom béni soit-Il, et c'est pourquoi elle est appelée "la Torah de ה'". Et après le décès du maître, "ses pensées se perdent", comme le dit le verset : "ne mettez pas votre confiance dans les grands..." (Ps 146,3), "en ce jour-là..." (Ps 146,4) [et cela se rapporte aux pensées de celui qui se confiait] ; et il commence à reconnaître qu'en vérité c'est le Nom béni soit-Il qui enseigne la Torah a Son peuple Israël, et "heureux... celui dont l'espoir est en..." (Ps 146,5) - cette reconnaissance est appelée crainte du Ciel, et alors "se sont parlé..." (Mal 3,16), et il cherche à acquérir des compagnons, dans le sens de "car tes compagnons l'affermiront entre tes mains" (Avot, chapitre 4), ce qui relève de la crainte, de peur qu'il n'oublie, à D.ieu ne plaise, à la manière de Rabbi Elazar ben Arakh (Chabbat 147b) : et c'est cela la crainte du Ciel.
Et c'est la bénédiction de la Torah "d'abord", par laquelle il mérite des fils talmidei hakhamim, comme il est dit : "voici, ainsi sera béni l'homme qui craint ה'..." (Ps 128,4). Et cette chose est appelée "maintenir la leçon" (le-okmei guirsa), dont il est dit dans Meguila (6b) que c'est une aide du Ciel (siyata di-chemaya) [et c'est "guirsa", c'est-à-dire la parole, comme plus haut section 183].
C'est pourquoi il a dit "heureux... celui dont l'espoir..." et ne s'est pas exprimé à l'impératif, comme il avait commencé "ne mettez pas votre confiance...", ce qui aurait donné "mettez votre confiance en ה'" ; car ceci est une aide du Ciel et n'est pas au pouvoir de l'homme, et c'est pourquoi il est dit "alors se sont parlé" (nidberou) et non "ils ont parlé" (dibberou), mais "se sont parlé", indiquant que cela est advenu ainsi. Et c'est le sens de "leurs paroles sont inscrites" (Berakhot 6a) : l'explication en est que le livre des souvenirs, ce sont leurs âmes, comme l'ont expliqué les prédécesseurs au sujet du livre des justes et du livre des méchants dont parle Roch Hachana ; et "sont inscrites" signifie que cela est gravé en souvenir et pour "maintenir la leçon", afin que cela ne se retire plus d'eux.
Ce qui n'est pas le cas de celui qui est seul, dont ils ont dit dans Taanit (7a) qu'ils "s'abêtissent". Et bien que cette chose soit une aide du Ciel, le Tana des Avot s'est exprimé à l'impératif, "et acquiers-toi", car il est certainement en son pouvoir d'acquérir un compagnon ; seulement, qu'il soit de ceux dont "tes compagnons l'affermiront entre tes mains", cela relève de l'aide du Ciel, comme il est dit au sujet des actes de bonté (guemilout hassadim) dans Souka (49b) : "combien précieuse est Ta bonté..." (Ps 36,8), et cela parce qu'il est dit dans Baba Kama (16b) : "fais-les trébucher par des gens qui ne sont pas convenables".
Et il apparaît que c'est pour cela que Rabbi Yehochoua ben Pérahia a conclu "et juge..." : qu'il n'a pas à craindre cela. Car bien qu'au sujet du maître il soit dit "fais-toi un maître" même s'il n'est pas digne, comme l'écrit le Rambam (Rabbi Moche ben Maïmon) là-bas, et comme il est dit dans le Zohar à la fin de la paracha Kedochim (85b) qu'il y a à apprendre de tout homme (bar nach)..., ce qui n'est pas le cas du compagnon, qui doit être digne - malgré tout, "juge...", et ne sois pas trop pointilleux à son sujet, et confie-toi en ה', car assurément Il sera à ton aide.
Et le psaume de "ne mettez pas votre confiance dans les grands..." s'achève par "Celui qui garde la vérité à jamais" (Ps 146,6) : le Saint béni soit-Il garde les paroles de Torah afin qu'elles s'affermissent en sa main à jamais, "qui fait justice..." (Ps 146,7) ; et il y est fait mention de tous ceux qui sont dans le manque, que le Nom béni soit-Il aide. De même, dès lors qu'il reconnaît son propre manque, comment "ses pensées se sont perdues", désormais assurément le Nom béni soit-Il l'aidera et gardera sa Torah a jamais.
Et le Tana a dit "compagnon" au singulier, et de même dans le verset "chacun à son compagnon", un seul. Seulement, la Guemara mentionne là-bas également trois, et ils sont à l'image des deux quant à la Chekhina qui est parmi eux ; vois-y - car ce n'est que pour le besoin du jugement et de "la paix dans le monde" (chelama be-alma), dont l'explication est la paix dans le monde, dans le sens de "les talmidei hakhamim multiplient la paix dans le monde" ; c'est-à-dire que la Torah requiert trois, selon le langage "tes compagnons l'affermiront", qui est au pluriel.
Mais dix, cela vient ensuite, lorsqu'il diffuse la Torah auprès de disciples, car le chef le plus petit dans l'Écriture est "chef de dizaines" (Ex 18,21), et l'on n'est pas appelé maître à l'égard de disciples à moins de dix (comme il est dit dans Baba Batra 12b) ; et alors "la Chekhina précède et vient" (Berakhot 6a), car son corps est déjà devenu un char (merkava) pour Sa Chekhina, béni soit-Il, même avant qu'il ne s'occupe de Torah, a la manière du degré de "sa conversation", dont toute la conversation est Torah, mentionné plus haut section 183.