Le commencement des paroles de Torah, c'est le désir ardent (hèchèk) : « dans la Torah de Hachem est son désir », et elle s'appelle « la Torah de Hachem ». Ensuite la compréhension (hassaga) : « et dans sa Torah il médite ». Rabbi Tsadok : le désir est plus grand au commencement et dans la jeunesse ; « de mes maîtres » est ce désir, et après la disparition du maître, appelée « sa Torah », on apprend davantage. D.ieu donne la sagesse ; la crainte du Ciel, éveil d'en bas par le désir, est entre les mains de l'homme. D.ieu fait de « la Torah de Hachem » « sa Torah » à lui, qui innove les nouveautés de la Torah : les Noms du Saint béni soit-Il et les noms d'Israël.
Aussi : l'ouverture de Chemot par les noms des enfants d'Israël ; Adam HaRichon qui nomme les créatures, les anges sans nom faute de libre arbitre ; la terre à Hachem avant la bénédiction, donnée à l'homme après
[קפד] ההתחלה לד"ת הוא החשק כמ"ש בתורת ה' חפצו ואז נקרא תורת ה' כמ"ש בע"ז (יט.) ואח"כ ההשגה שנקרא ובתורתו יהגה וגו' והחשק גדול יותר כמו ששמעתי ע"פ טוב שם משמן טוב ועל מרז"ל גדולה שמושה כו' (ברכות ז:). ומ"מ זהו בהתחלה ובילדות שאז החשק גובר וע"ז א' שילהי שבת (קנב.) ינקותא כלילא דורדא כו' ע"ש שבח הילדות וגנות הזקנה שאז החשק כבה.
ומ"מ אז"ל זקני ת"ת כו' וכי בכ"מ נשתבחו זקינים וכמ"ש בשמו"ר (פ' ה) ובוי"ר (סו"פ יא) דבאמת אמרו (תענית ז.) הרבה למדתי מרבותי כו' ומתלמידי יותר כו' ומרבותי היינו ההתחלה והחשק. ואחר פטירת הרב ונקרא תורתו שיגע מעצמו ללמד לאחרים אז למד יותר ומוסיפים חכמה רק שההשגה הוא מהש"י כי ה' יתן חכמה והכל בידי שמים חוץ מיראת שמים שהוא מדת הנוקבא והאתערותא דלתתא בחשק ורצון כנודע זהו בידי אדם לכך זהו טוב וגדול.
מ"מ הש"י עושה מתורת ה' תורתו ואומר שגם זה שלו והוא המחדש החדושין דאורייתא והוא מדרגה גדולה כענין עתידים צדיקים שיקראו בשמו של הקב"ה (ב"ב עה:) כי התורה כולה שמותיו של הקב"ה וזהו מצד תורת ה'. וגם שמותן של ישראל כנודע דיש ס' רבוא אותיות לתורה וזהו מצד תורתו.
ולכך פתיחת ס' שמות שהוא ס' מתן תורה בואלה שמות בני ישראל. וכמו ששמעתי כי פתיחת כל ספר ופרשה הוא צורתא דשמעתא של אותו ספר ופרשה וכך קריאת שם הס' שמות ע"ש שמות בני ישראל שזהו כללות התורה כי השם הוא יסוד הדבר.
ולכך אדה"ר קרא שמות והמלאכים לא ידעו כמשאז"ל (בר"ר פ' יז) דמלאכים אין להם שם דלפי שליחותו נקרא (כמש"ש פ' עח). והוא ע"ד שכתבו הקדמונים כי מנהג מצרים ג"כ וארץ הקדם שהאדונים יקראו לעבדיהם שמות כרצונם להורות כי אינו רשות ובעל בחירה בפני עצמו כלל.
וכפי השגת המלאכים שאין להם בחירה כך תפיסתם בכל הנבראים ומי שאמר לשמן וידלק יאמר לחומץ וידלק א"כ אין לשום דבר שם מיוחד. רק האדם שנברא בבחירה הוא משיג הנבראים מצד כח בחירתו כח טבעם המוטבע כאלו הוא דבר נפרד ונבדל ועומד בפני עצמו בטבעו לכך יש לו שם.
וההתחלה לד"ת הוא מצד הבחירה זה נקרא שמות בני ישראל והסיום שמות הקב"ה. אבל הקב"ה אומר להיפך בתחלה תורת ה' כו'.
וכיוצא בו בברכות (לה.) לה' הארץ ומלואה קודם ברכה שכשסבור שזה נבדל מצד מדת הבחירה אז לה' הארץ ואחר הברכה שמכיר שהכל שלו אז הארץ נתן לבנ"א. וכן כאן אז נקרא תורתו.
וצדיקים נקראו בשמותיו של הקב"ה כי שמות בני ישראל הם עצמם שמות הקב"ה כנ"ל ולכך הזקנה משובחת. רק מצד הכלילא והכתר שהוא מצד בחירת האדם הינקות טוב וגדול כנ"ל:
[184] Le commencement des paroles de Torah, c'est le désir ardent (hèchèk), comme il est dit : "dans la Torah de ה' est son désir" (Psaumes 1,2) ; et alors elle est appelée "la Torah de ה'", comme il est dit dans Avoda Zara (19a). Et ensuite vient la compréhension (hassaga), qui est appelée "et dans sa Torah il médite" etc.
Et le désir est plus grand, comme je l'ai entendu au sujet du verset "un bon nom vaut mieux qu'une bonne huile" (Ecclésiaste 7,1), et au sujet de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (רז"ל, Raboténou Zikhronam Livrakha) : "plus grande est la sollicitude auprès des sages que son étude" etc. (Berakhot 7b).
Néanmoins, cela vaut au commencement et dans la jeunesse, lorsque le désir domine. C'est à ce propos qu'il est dit à la fin du traité Chabbat (152a) : "la jeunesse est une couronne de roses (ינקותא כלילא דורדא)" etc. ; vois là l'éloge de la jeunesse et le blâme de la vieillesse, où le désir s'est éteint.
Et pourtant nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "les anciens des maîtres de Torah (זקני ת"ת)" etc., et de fait en de nombreux endroits les anciens ont été loués, comme il est écrit dans Chemot Rabba (chap. 5) et dans Vayikra Rabba (fin du chap.
11). Car en vérité ils ont dit (Taanit 7a) : "j'ai beaucoup appris de mes maîtres... et de mes élèves plus que de tous" etc. ; et "de mes maîtres", c'est le commencement et le désir.
Et après la disparition du maître - et cela est appelé "sa Torah", car il peine par lui-même pour enseigner à d'autres - alors il apprend davantage et l'on ajoute à sa sagesse. Seulement, la compréhension vient de Hachem Yitbarakh (le Nom, béni soit-Il), car "ה' donne la sagesse" (Proverbes 2,6), et "tout est entre les mains du Ciel hormis la crainte du Ciel" (Berakhot 33b) - laquelle est l'attribut de la Noukva et l'éveil d'en bas (itarouta diltata), par le désir et la volonté, comme on le sait : cela est entre les mains de l'homme, et c'est pourquoi c'est bon et grand.
Néanmoins, Hachem Yitbarakh fait de "la Torah de ה'" "sa Torah" a lui, et dit que cela aussi lui appartient, et que c'est lui qui innove les nouveautés de la Torah (hidouchin deorayta) ; et c'est un grand niveau, à la manière de : "les justes sont destinés à être appelés par le Nom du Saint béni soit-Il" (Baba Batra 75b). Car la Torah tout entière est les Noms du Saint béni soit-Il, et cela relève de "la Torah de ה'".
Et elle est aussi les noms d'Israël, comme on le sait, car il y a six cent mille lettres à la Torah, et cela relève de "sa Torah". C'est pourquoi l'ouverture du livre de Chemot, qui est le livre du don de la Torah, se fait par "Et voici les noms des enfants d'Israël" (Exode 1,1).
Et comme je l'ai entendu : l'ouverture de chaque livre et de chaque paracha est la tsourta dichmaata (la figure essentielle de l'enseignement) de ce livre et de cette paracha ; et ainsi le nom du livre Chemot ("Noms") lui vient des noms des enfants d'Israël, car c'est là la Torah dans sa globalité, puisque le nom est le fondement de la chose. Et c'est pourquoi Adam HaRichon (le premier homme) donna les noms, tandis que les anges ne les connaissaient pas, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Berechit Rabba chap.
17) : les anges n'ont pas de nom, car chacun est appelé selon sa mission (comme il est dit là-bas, chap. 78).
Et cela va dans le sens de ce qu'ont écrit les anciens : que la coutume de l'Égypte également, et des pays d'Orient, était que les maîtres donnent à leurs esclaves des noms à leur gré, pour indiquer que l'esclave n'est nullement une entité autonome (rechout) ni un être doté de libre arbitre par lui-même. Et selon la perception des anges, qui n'ont pas de libre arbitre, telle est leur saisie de toutes les créatures : "Celui qui a dit à l'huile de brûler dira au vinaigre de brûler" (Taanit 25a) ; des lors, aucune chose n'a de nom qui lui soit propre.
Seul l'homme, qui a été créé avec le libre arbitre, saisit les créatures - du fait de la force de son libre arbitre - comme ayant la force de leur nature imprimée en elles, comme s'il s'agissait d'une chose séparée, distincte, subsistant par elle-même dans sa nature ; c'est pourquoi elle a un nom. Et le commencement des paroles de Torah relève du libre arbitre : cela s'appelle "les noms des enfants d'Israël" ; et l'aboutissement, les Noms du Saint béni soit-Il.
Mais le Saint béni soit-Il dit l'inverse : au commencement "la Torah de ה'" etc. Et de même dans Berakhot (35a) : "À ה' appartiennent la terre et ce qui la remplit" (Psaumes 24,1) avant la bénédiction - car lorsque l'on pense que cela est séparé, du côté de l'attribut du libre arbitre, alors "à ה' appartient la terre" ; et après la bénédiction, lorsque l'on reconnaît que tout est à Lui, alors "la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme" (Psaumes 115,16).
Et de même ici : alors elle est appelée "sa Torah". Et les justes sont appelés par les Noms du Saint béni soit-Il, car les noms des enfants d'Israël sont eux-mêmes les Noms du Saint béni soit-Il, comme dit plus haut ; et c'est pourquoi la vieillesse est louée.
Seulement, du côté de la kelila (la couronne, le diadème) et du keter, qui relève du libre arbitre de l'homme, la jeunesse est bonne et grande, comme dit plus haut.