צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 183

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La conversation (si'ha) désigne les propos du monde ; la parole (dibour), les paroles de Torah, y compris la girsa (récitation courante) sans savoir ce que l'on dit. Rabbi Tsadok enseigne qu'au commencement il faut peiner pour que les paroles sortent du cœur ; ensuite on mérite le dibour et la girsa, le « babil de la Torah » (patetia de-oraita), parole de Torah pleine. D'abord « la Torah de Hachem », ensuite « sa Torah » : à l'exemple d'Avraham, même la parole du bout des lèvres est parole de Torah. Trois degrés : maîtres de l'Écriture (« la Torah de Hachem »), de la Michna (« sa Torah »), du Talmud (toute si'ha parole de Torah).

Aussi : Doeg, Torah des lèvres faute de ce commencement et par le lachon hara ; Moché, baala de-matronita (époux de la Matronita), « je ne suis pas un homme de paroles » ; Michne Torah de sa bouche, sans le daat de la Che'hina

‏[קפג] שיחה נקרא מילי דעלמא כמ"ש בסוכה (כא:) משיחתו של ר"ג כו' ובעירובין (נד:) ע"פ על דרך ‏שיחו אלו כו' אבל דבור הוא ד"ת כמ"ש בתענית (י:) ע"פ הלוך ודבר ע"ש. רק ר"ל שלא בכונה ‏גמורה וכמ"ש בברכות (יג:) ע"פ לדבר בם כי היכי דליגרסו.

וגירסא היינו הגם דלא ידע מאי קאמר ‏כמ"ש בע"ז (יט.) ע"פ גרסה נפשי. אבל הידיעה הגמורה נקרא לימוד ועסק בד"ת שע"ז מברכין ‏לעסוק בד"ת וממ"ש שם אגמירו כו' כי היכי דליגרסו נראה דבהתחלה צריך לייגע שיהי' דברים ‏היוצאים מן הלב אבל אח"כ זוכה לדבור וגירסא הגם דלא ידע מאי קאמר שזה נקרא פטטיא ‏דאורייתא ג"כ הוא ד"ת גמור.

והוא מ"ש בע"ז (שם) בתחלה תורת ה' ואח"כ תורתו וכשזוכה דהוא ‏תורתו דוגמת אברהם אע"ה נעשו ב' כליותיו כו' (בר"ר פ' סא) גם דבור שהוא מהשפה ולחוץ הוא ‏ד"ת. ומ"ש בדואג בסנהדרין (קו:) שכל תורתו כו' משפה ולחוץ היינו בלא הי' לו ההתחלה.

וגם כי ‏ע"י לה"ר נתקלקל הדבור שמהשפה ולחוץ. וזה שפתח בדב"ר בפסוק מרפא לשון וגו' ע"ש כמ"ש ‏‏(זח"ג רסא א) משנה תורה משה מפי עצמו אמרן.

כי מפי הגבורה היינו שכינה מדברת מתוך גרונו ‏שזה נקרא דברים היוצאים מן הלב כמ"ש בשהש"ר ע"פ ולבי ער שהקב"ה לבן של ישראל. אבל לשון ‏דברים אשר דבר וגו' משמע משפה ולחוץ דלא ידע כו' פי' מדרגת הדעת שהוא מדרגת משה שכינה ‏מדברת כו' לא הי' אז רק מפי עצמו.

ומשרע"ה אמר לא איש דברים כי הוא מדרגת בעלה ‏דמטרוניתא שכל דבריו נקרא תורת ה' ומלתו לבד על לשונו. וזה נקרא עץ חיים כאשר יוצא מן הלב ‏שממנו תוצאות חיים.

וזהו מרפא לשון שיכול לדבר אח"כ דברים בלשון לבד. והם ג' מדרגות בעלי ‏מקרא זהו תורת ה' ובעלי משנה זהו תורתו ובעלי תלמוד הוא שאח"כ זוכה למדרגת השיחה כמ"ש ‏שיחו אלו בעלי תלמוד שכל שיחתן כו':

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[183] La conversation (si'ha) désigne les propos du monde, ainsi qu'il est dit dans Souka (21b) : 'de la conversation de Rabban Gamliel, etc.', et dans Erouvin (54b) sur le verset 'vous qui allez sur le chemin, racontez (si'hou)' (Juges 5,10) : 'ceux-là, etc.'. Mais la parole (dibour) désigne les paroles de Torah, ainsi qu'il est dit dans Taanit (10b) sur le verset 'ils allaient, marchant et parlant' (II Rois 2,11) - vois là-bas.

Seulement, cela veut dire sans intention complète, comme il est dit dans Berakhot (13b) sur 'pour en parler' (Devarim 11,19) : 'afin qu'ils récitent couramment'. Et la girsa (récitation courante, apprise par cœur) c'est même lorsqu'il ne sait pas ce qu'il dit, ainsi qu'il est dit dans Avoda Zara (19a) sur le verset 'mon âme est consumée (garsa)' (Tehilim 119,20).

Mais la connaissance complète s'appelle étude (limoud) et occupation (essek) dans les paroles de Torah, et c'est sur cela que l'on récite la bénédiction 'de nous occuper des paroles de Torah'. Et de ce qui est dit là-bas, 'enseignez [à vos fils] etc. afin qu'ils récitent couramment', il apparaît qu'au commencement il faut peiner pour que ce soient des paroles qui sortent du cœur, mais qu'ensuite on mérite la parole (dibour) et la girsa même sans savoir ce que l'on dit - et cela s'appelle patetia de-oraita (le babil de la Torah), et c'est aussi de la parole de Torah pleine et entière.

Et c'est ce qui est dit dans Avoda Zara (ibid.) : d'abord 'la Torah de ה'' et ensuite 'sa Torah' (Tehilim 1,2) ; et lorsqu'il mérite que ce soit 'sa Torah', a l'exemple d'Abraham notre père, que la paix soit sur lui, dont les deux reins devinrent [comme deux cruches d'eau faisant couler la Torah] etc. (Bereshit Rabba, chap.

61), alors même la parole qui n'est que du bout des lèvres est parole de Torah. Et ce qui est dit de Doeg dans Sanhédrin (106b), que toute sa Torah était, etc., du bout des lèvres, cela vise le cas où il n'a pas eu ce commencement ; et aussi parce que, par la médisance (lachon hara), la parole du bout des lèvres s'est corrompue.

Et c'est pourquoi [le Midrach] ouvre le Devarim Rabba par le verset 'la guérison de la langue est un arbre de vie' (Michlé 15,4), etc. - vois là-bas -, conformément à ce qui est dit (Zohar III, 261a) que le Michne Torah (le Deutéronome), Moché l'a dit de sa propre bouche. Car 'de la bouche de la Gevoura' signifie que la Chekhina parle du dedans de sa gorge, et cela s'appelle des paroles qui sortent du cœur, ainsi qu'il est dit dans Chir haChirim Rabba sur le verset 'mais mon cœur veille' (Chir haChirim 5,2), que le Saint béni soit-Il est le cœur d'Israël.

Mais l'expression 'Voici les paroles que Moché adressa, etc.' (Devarim 1,1) indique du bout des lèvres, 'sans qu'il sache, etc.' : c'est-à-dire que le degré du daat (la connaissance), qui est le degré de Moché où 'la Chekhina parle, etc.', ne se trouvait pas là alors, mais seulement 'de sa propre bouche'. Et Moché notre maître, que la paix soit sur lui, a dit 'je ne suis pas un homme de paroles' (Chemot 4,10), car il est au degré de baala de-matronita (l'époux de la Matronita, la Chekhina), de sorte que toutes ses paroles s'appellent 'la Torah de ה'' et que Sa parole seule est sur sa langue ('Sa parole est sur ma langue', II Chemouel 23,2).

Et c'est cela qui s'appelle un arbre de vie, lorsque cela sort du cœur, 'car de lui procèdent les sources de la vie' (Michlé 4,23). Et voilà 'la guérison de la langue' : qu'il puisse ensuite dire des paroles avec la langue seule.

Et ce sont trois degrés : les maîtres de l'Écriture (baalei mikra), c'est 'la Torah de ה'' ; les maîtres de la Michna, c'est 'sa Torah' ; et les maîtres du Talmud, c'est celui qui mérite ensuite le degré de la conversation (si'ha), ainsi qu'il est dit : 'racontez (si'hou) - ce sont les maîtres du Talmud, dont toute la conversation [est parole de Torah]', etc.

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