צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 182

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La Torah est appelée « chav'a » (cri, supplication). Rabbi Tsadok enseigne que par les paroles de Torah on appelle le Saint béni soit-Il : la Torah est Ses noms, les midot (attributs) et Sa volonté, l'Ein Sof (l'Infini) n'ayant aucun nom. L'étude s'appelle « keria » (appel), comme on appelle un compagnon ; la Torah étudiée en vue d'accomplir, « attache-toi à Ses midot », c'est qu'Il vienne auprès de lui. « Chav'a », de « cha'a », c'est qu'Il se tourne vers lui, résidence de la Che'hina ; sans crainte ni amour, aucune keria. « Et leur cri monta » : le labeur d'Égypte était étude de la Torah, cela monte jusqu'à ce qu'Il soit proche, et des délivrances s'accomplissent, plus que par la prière seule.

Aussi : la Torah dans le lieu de la prière est appelée chav'a ; dans la langue du Nom, la keria désigne la prière, dans celle des sages, la Torah ; elle est le moule de l'œuvre de la Création

‏[קפב] התורה נקרא שועה כמ"ש בברכות (ג:) ע"פ קדמתי בנשף ואשועה עד חצות הי' כו' כי ע"י ‏ד"ת קורין להקב"ה כמ"ש (שם כא.) ע"פ כי שם ה' אקרא ברכת התורה ע"ש. כי התורה כולה ‏שמותיו כו' כי השם הוא המדות וא"ס עצמו אין לו שם כלל כמ"ש בזוהר.

רק מדותיו ר"ל רצונו ‏המתפשט בברואים והתורה כולה היא כללות רצונו ית'. ולכן אמרו בריש בר"ר שהוא דפוס מע"ב ‏ולכך היא שמותיו ולימודיו דהיינו ידיעת זה [וכן נתקן בברכת התורה יודעי שמך ולומדי כו'] נקרא ‏קריאה.

וכמו ק"ש וכמו הקורא לחבירו בשמו כשצווח שמו נקרא שקורא שרוצה שיבוא אצלו ויפנה לו. ‏וכן תורה ע"מ לעשות היינו הדבק במדותיו כו' היינו להיות כרצונו שזהו שיבוא אצלו כענין ושכנתי ‏בתוכם שזהו ע"י ד"ת.

ולכן נקרא שועה דהוא מי' לשונות של תפלה (מ"ר ר"פ ואתחנן) ובזוהר ‏‏(שמות יט סע"ב) אין לך שועה אלא בתפלה כו' ובכתוב דמייתי נזכר תפלה ושועה. רק שועה לשון ‏שעה ר"ל שיפנה אליו ע"ד קריאה [שהוא ג"כ מלשונות של תפלה ובדרז"ל מורגל הקורא בתורה ולא ‏בתפלה כד"ש (ע"ז נח:) לשון תורה לחוד ולשון חכמים לחוד.

כי בלשון הש"י הקריאה קרוי תפלה ‏ותורה נקרא הקביעות בלב ובמעשה דהיינו העני' וזהו באמת תורת ה'. אבל לשון חכמים הקריאה ‏הוא התורה והבן זה] דהיינו השראת השכינה בלב כמו בקבלת הקרבן שהוא השראת השכינה ‏נאמר בקין שלא קיבל לשון לא שעה.

ומ"ש אין כו' אלא בתפלה היינו כנודע דאין תורה אלא במקום ‏תפלה וכמ"ש במגילה (כט.). כי תפלה נקרא יראה כמ"ש בברכות (ט:) ע"פ ייראוך עם שמש.

וד"ת ‏שמחה כמ"ש פקודי וגו' וזהו יחד כמ"ש בתדב"א רבה (ר"פ ג) אני יראתי מתוך שמחתי כו' וכמ"ש ‏באבות אם אין יראה וכו' וכמ"ש בתיקונים (תי' י') דאורייתא בלא דחילו ורחימו לא פרחת לעילא ‏וא"כ אין כאן קריאה כלל. אבל תורה שבמקום תפלה נקרא שועה.

וזהו ותעל שועתם מן העבודה ‏כמ"ש בזוהר (ח"א כז א) ע"פ בחומר דא ק"ו ובלבינים בלבון הלכתא שכל עבודתם במצרים הי' ‏לימוד תורה. והיינו כמ"ש ותחת רגליו כמעשה וגו' ואז"ל (ויק"ר פ' כג) היא וכל ארגלייא שלה שגם ‏למעלה כביכול הי' אז עסק זה וא"כ זהו ד"ת דהיינו מדותיו ורצונו של הש"י.

היינו שכל פרט ‏מעבודתם הי' מאמיתות רצון הש"י. והעבודה בחומר היא עצמה מדת הק"ו וכו' רק שאז הי' בגלות ‏ושפלות אבל היו מכירים זה ויאנחו ויזעקו להיות בהתגלות כי אני ה' שוכן בתוך בני ישראל.

וזהו ‏ותעל שועתם כו' ורק דבר זה עולה למעלה ופרחא לעילא וכמ"ש קרוב וגו' לכל אשר יקראוהו באמת ‏וא' בברכות (ה:) אין אמת אלא תורה וזה נקרא קריאה. וזה עולה מעלה מעלה עד שהוא קרוב ממש ‏ונפעל כל מיני ישועות יותר מעל ידי תפלה לבד.

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[182] La Torah est appelée "chav'a" (שועה, cri, supplication), comme il est dit dans Berakhot (3b) à propos du verset "Je me suis levé avant l'aube et j'ai crié" (Tehilim 119,147) : jusqu'à minuit il était [occupé de paroles de Torah], etc. Car c'est par les paroles de Torah que l'on appelle le Saint béni soit-Il, comme il est dit (ibid.

21a) à propos du verset "Car j'invoque le nom de ה'" (Devarim 32,3) : c'est la bénédiction de la Torah ; voir là-bas. Car la Torah tout entière est Ses noms, etc.

Car le Nom, ce sont les midot (attributs, mesures divines), tandis que l'Ein Sof (l'Infini) Lui-même n'a absolument aucun nom, comme il est dit dans le Zohar ; seules Ses midot en ont un, c'est-à-dire Sa volonté qui se déploie dans les créatures, et la Torah tout entière est l'ensemble de Sa volonté, qu'Il soit béni. C'est pourquoi ils ont dit au début de Bereshit Rabba qu'elle est le moule de l'œuvre de la Création (maasse bereshit), et c'est pourquoi elle est Ses noms ; et son étude, c'est-à-dire la connaissance de cela [et c'est ainsi qu'il a été institué dans la bénédiction de la Torah : "ceux qui connaissent Ton nom et ceux qui étudient", etc.], est appelée "keria" (appel, lecture).

Comme la keriat chema, et comme celui qui appelle son compagnon par son nom : lorsqu'il crie son nom, on dit qu'il l'appelle, car il veut qu'il vienne auprès de lui et se tourne vers lui. De même, la Torah étudiée en vue d'accomplir, c'est-à-dire "attache-toi à Ses midot", etc., c'est-à-dire être conforme à Sa volonté : c'est cela, qu'Il vienne auprès de lui, à la manière de "et Je résiderai au milieu d'eux" (Chemot 25,8), ce qui se réalise par les paroles de Torah.

C'est pourquoi elle est appelée "chav'a", qui est l'une des dix expressions de la prière (Midrach Rabba, début de la parachat Vaet'hanan), et dans le Zohar (Chemot 19, fin de la colonne b) : "il n'y a de chav'a que dans la prière", etc. ; et dans le verset qu'il rapporte sont mentionnées à la fois la prière (tefila) et la chav'a. Seulement, "chav'a" est un terme de la racine "cha'a" (שעה, se tourner vers, prendre en considération), c'est-à-dire qu'Il se tourne vers lui, à la manière de la keria [qui est elle aussi l'une des expressions de la prière ; or dans la langue de nos maîtres de mémoire bénie il est courant de dire "il lit (koreh)" pour la Torah et non pour la prière, conformément à ce qu'ils ont dit (Avoda Zara 58b) : "la langue de la Torah est une chose, la langue des sages en est une autre".

Car dans la langue du Nom béni soit-Il, la keria désigne la prière, tandis que "Torah" désigne la fixité dans le cœur et dans l'acte, c'est-à-dire la chose elle-même, et c'est cela qui est véritablement "la Torah de ה'" ; mais dans la langue des sages, la keria, c'est la Torah - comprends ceci]. C'est-à-dire la résidence de la Chekhina dans le cœur, comme pour l'agreement d'un sacrifice, qui est résidence de la Chekhina : il est dit de Cayin, dont l'offrande ne fut pas agréée, l'expression "lo cha'a", Il ne se tourna pas (Bereshit 4,5).

Et ce qui est dit "il n'y a [de chav'a] que dans la prière" signifie, comme on le sait, qu'il n'y a de Torah que dans le lieu de la prière, comme il est dit dans Meguila (29a). Car la prière est appelée crainte, comme il est dit dans Berakhot (9b) à propos du verset "ils Te craindront avec le soleil" (Tehilim 72,5), tandis que les paroles de Torah sont joie, comme il est dit "les préceptes de ה' sont droits, ils réjouissent le cœur" (Tehilim 19,9).

Et cela va ensemble, comme il est dit dans le Tana deve Eliyahou Rabba (début du chapitre 3) : "j'ai craint du sein de ma joie", etc., et comme il est dit dans les Avot : "s'il n'y a pas de crainte, il n'y a pas de sagesse", etc., et comme il est dit dans les Tikounim (Tikoune 10) : la Torah sans crainte ni amour ne s'envole pas vers le haut ; et s'il en est ainsi, il n'y a là aucune keria du tout. Mais la Torah qui se tient dans le lieu de la prière est appelée "chav'a".

Et c'est le sens de "et leur cri monta du sein du labeur" (Chemot 2,23), selon ce qui est dit dans le Zohar (tome 1, 27a) sur le verset "avec du mortier ('homer)" : c'est le kal va'homer (raisonnement à fortiori) ; "et avec des briques (levenim)" : c'est le libboun hilkheta (le blanchiment, la clarification de la halakha) ; car tout leur labeur en Égypte était étude de la Torah. Et c'est le sens de "et sous Ses pieds, comme l'ouvrage d'une brique de saphir", etc.

(Chemot 24,10), et nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Vayikra Rabba chapitre 23) : "elle et tous ses instruments (argalya)", car en haut aussi, pour ainsi dire, on était alors occupé de cette même chose. S'il en est ainsi, c'est bien là des paroles de Torah, c'est-à-dire Ses midot et la volonté du Nom béni soit-Il : chaque détail de leur labeur procédait de la vérité de la volonté du Nom béni soit-Il.

Et le travail du mortier ('homer) est lui-même la midah du kal va'homer, etc. ; seulement, c'était alors dans l'exil et l'abaissement. Mais ils le reconnaissaient, "et ils gémirent et crièrent" (Chemot 2,23) pour que cela soit révélé, car "Je suis ה' qui réside au milieu des enfants d'Israël" (Bamidbar 35,34).

Et c'est le sens de "et leur cri monta", etc. : seule cette chose-là monte vers le haut et s'envole en haut, comme il est écrit "ה' est proche de tous ceux qui L'appellent, de tous ceux qui L'appellent en vérité" (Tehilim 145,18), et il est dit dans Berakhot (5b) : "il n'y a de vérité que la Torah" ; et cela s'appelle keria. Et cela monte de plus en plus haut, jusqu'à ce qu'Il soit réellement proche, et toutes sortes de deliverances (yechouot) s'accomplissent, plus que par la prière seule.

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