צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 180

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Ce passage poursuit l'enseignement sur les meroudim (pauvres errants) de Baba Batra : celui qui mérite n'en a pas besoin ; s'il n'a pas mérité, ils portent une grande expiation. Rabbi Tsadok rapporte du Zohar que le bouc émissaire est le secret de l'offrande que Yaakov envoya à Essav, et que tout don aux nations idolâtres vient de ce présent des Pères. Nulle expiation n'égale celle de ce bouc, qui expie toutes les transgressions de la Torah ; on prépare donc des meroudim, car l'âme s'afflige de donner l'argent où il n'y a aucune mitsva. Heureux celui qui a mérité et n'a besoin d'aucune expiation.

Aussi : Yaakov claudiquant pour avoir donné de l'argent à un non-Juif, l'argent étant « ha-yekoum » ; famine après les lentilles données à un non-Juif ; « Yaakov arriva entier », le présent restitué, entier dans son argent et dans son corps

‏[קפ] אע"פ שאז"ל בב"ב (ט.) לא זכה מרודים היינו משום דכשזוכה אין צריך לכך אבל אם לא זכה ‏כפרה גדולה הוא במרודים כידוע מהזוהר דשעיר המשתלח הוא סוד המנחה ששלח יעקב לעשו. ‏וידוע דכל מה שנותנים לאומות העכו"ם הכל הוא ממעשה אבות באותו דורן סימן לבנים.

והרי אין ‏לך בכל הקרבנות כפרה גדולה כמו שעיר המשתלח שהוא מכפר על כל עבירות שבתורה. ולכך ‏כשלא זכה וצריך כפרה מזמינים לו מרודים שזה מכפר [לפי שנפשו דואב לו על נתינת המעות ‏למקום שאין שום מצוה משא"כ לעניים שמח שעושה מצוה על ידם] אבל אשרי למי שזכה וא"צ ‏לכפרה כלל.

וכן יעקב אע"ה נענש ע"ז תיכף בצלעתו ברגליו ע"י נתינת מעות לנכרי שזה נקרא ‏היקום שמעמידו על רגליו כמשאז"ל (פסחים קיט.). וכן כשהאכיל לו עדשים אע"פ שהי' בשביל ‏קניית הבכורה מ"מ נאמר תיכף אח"כ ויהי רעב בארץ ע"י שהאכיל לנכרי בא רעבון לצדיקים אע"פ ‏שהוא לצורך.

ואח"כ ויבוא יעקב שלם ואז"ל (שבת לג:) שלם בגופו כו' והיינו לפי שהי' שלם בממונו ‏שנשתלם לו אותו דורן שכבר נתקן ממילא שלם בגופו בצלעתו ג"כ: ‏

[180] Bien que nos Maîtres, de mémoire bénie (אז״ל, amerou zikhronam livrakha - nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit), aient enseigné dans Baba Batra (9a) : 's'il n'a pas mérité - meroudim' (מרודים, les pauvres errants, d'après Isaie 58,7 : 'et les pauvres errants, fais-les entrer chez toi'), cela signifie que celui qui mérite n'a pas besoin de cela ; mais s'il n'a pas mérité, il y a dans les meroudim une grande expiation, comme on le sait du Zohar : le bouc émissaire (שעיר המשתלח, le bouc envoyé au désert) est le secret de l'offrande (מנחה, min'ha) que Yaakov envoya à Essav. Et il est connu que tout ce que l'on donne aux nations idolâtres (עכו״ם, ovdei kokhavim oumazalot - adorateurs des astres et des constellations) provient entièrement de l'acte des Pères par ce présent-là (דורן, doron - cadeau), car les actes des Pères sont un signe pour les fils.

Or tu n'as, dans tous les sacrifices, aucune expiation aussi grande que le bouc émissaire, qui expie toutes les transgressions de la Torah. C'est pourquoi, lorsqu'il n'a pas mérité et qu'il a besoin d'expiation, on lui prépare des meroudim, car cela expie [parce que son âme s'afflige de donner l'argent à un endroit où il n'y a aucune mitsva, à la différence des pauvres, pour lesquels il se réjouit d'accomplir une mitsva par leur intermédiaire] ; mais heureux celui qui a mérité et qui n'a besoin d'aucune expiation.

De même Yaakov, notre père, que la paix soit sur lui (אע״ה, avinou alav hashalom), en fut puni aussitôt par sa claudication, dans ses jambes, du fait d'avoir donné de l'argent à un non-Juif : car l'argent est appelé 'ha-yekoum' (היקום, ce qui subsiste), ce qui met l'homme debout sur ses jambes, comme l'ont dit nos Maîtres (Pessahim 119a). De même, lorsqu'il lui donna à manger des lentilles - bien que ce fut en vue de l'acquisition du droit d'aînesse - il est néanmoins dit aussitôt après : 'et il y eut une famine dans le pays' (Bereshit 26,1) : parce qu'il a nourri un non-Juif, la famine est venue sur les justes, bien que ce fut par nécessité.

Et ensuite : 'et Yaakov arriva entier (shalem)' (Bereshit 33,18), et nos Maîtres ont dit (Chabbat 33b) : 'entier dans son corps, etc.' ; et cela parce qu'il était entier dans son argent, ce présent (doron) lui ayant été intégralement restitué et se trouvant déjà réparé - de ce fait il était aussi entier dans son corps, dans sa claudication.

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