צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 178

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« C'est par moi que règnent les rois » (Proverbes 8,15) : toute élévation ne vient que par la Torah. Selon Rabbi Tsadok, même les rois des nations idolâtres ont une consécration (kidouchin) de rang toraïque, dans le secret de l'exil. Les paroles des impies dans la Torah, les Prophètes et les Écrits font partie de la Torah. Eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils disent : seuls le prophète et Israël savent que leur force vient de là. La racine de leurs décrets est « viens, devenons un seul peuple », car l'édifice de D.ieu est « une langue claire, pour invoquer le nom de Hachem » (Tsephania 3,9). Ils amènent ce hidouch ; une fois la halakha innovée, leur force s'éteint.

Aussi : la haftara et le maftir après un décret interdisant de lire la Torah ; le Chema Israël dans la kedoucha de moussaf ; les sonneries du chofar à moussaf et une fête ajoutée sur la chute de Haman

‏[קעח] כל התנשאות הוא ע"י התורה כמ"ש בי מלכים ימלוכו אפי' מלכי אומות העכו"ם יש בהם ‏קידושין דאורייתא בסוד הגלות. כי באמת האומר יש תורה באומת עכו"ם אל תאמין (כמ"ש מ"ר ‏איכה ב ט) כי לא עשה כן לכל גוי.

אבל מ"מ הרי אפי' בתושב"כ נכתב הרבה דברי רשעי אומות ‏עכו"ם והם מכלל התורה וכן בנו"כ. והם עצמם לא ידעו מה הם מדברים רק הנביא וישראל שבתוכם ‏ידעו שזהו ד"ת וכל כחו מזה ומיד שהוציאו בלעם מפיהם נתבטלה מלכותם.

ומתוך הגזירות ‏מבינים במה כחם בד"ת ושורש כל גזירותם הוא תא ניהוי לעמא חד שזהו עיקר בנין הש"י מימות ‏חורבן ראשון ואילך להפוך גם על כל עמים שפה ברורה לקרוא בשם ה'. והם נחלקים בפרטים אם ‏הוא על מצוה פרטי רצון הש"י להתחזק יותר בה כענין הפטורה שנתקן ע"י גזירה שלא לקרות ‏בתורה והבינו רז"ל דרצון הש"י אדרבא דקורין רק מעט ודצריך להוסיף עוד קריאת מפטיר ‏בנביאים.

וכיוצא בו באמירת שמע ישראל בקדושת מוסף שנתקן בגזירה ע"י רז"ל כמ"ש בס' ‏האשכול [וכיו"ב אז"ל (מ"ר אסתר פ' ז) בהמן שלגלג שה"י פה"י חייך עוד מוסיפים מועד על ‏מפלתך]. גם תקיעות במוסף נתקן ע"י גזירה (ר"ה לב:) [ושמעתי לפי שהוא שלא עפ"י דין דמדין ‏ראוי להיות זריזים מקדימים ודבר כזה א"א להיות ע"י חכמי ישראל רק נעשה ע"י גזירתם] ונמצא ‏הם הביאו חדוש תורה זה לעולם ואחר שנתחדשה הלכה זו פקע כחם ונתבטלה גזירתם כי זהו כל ‏עיקר כחם להוציא דבר הלכה זו:

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[178] Toute élévation ne vient que par la Torah, comme il est écrit : 'C'est par moi que règnent les rois' (Proverbes 8,15). Même les rois des nations idolâtres, il y a en eux une consécration (kidouchin, sanctification matrimoniale) de rang toraïque, dans le secret de l'exil.

Car en vérité, celui qui te dit qu'il y a de la Torah chez les nations idolâtres, ne le crois pas (comme il est dit dans le Midrach Rabba Eikha 2,9), car 'Il n'a pas agi ainsi pour toute autre nation' (Psaumes 147,20). Mais malgré tout, voici que même dans la Torah écrite (Torah chebikhtav) sont consignées beaucoup de paroles des impies des nations idolâtres, et elles font partie de la Torah, et de même dans les Prophètes et les Écrits (nakh).

Et eux-mêmes ne savaient pas ce qu'ils disaient : seuls le prophète et Israël qui se trouvait parmi eux savaient que cela est parole de Torah, et que toute leur force vient de là. Et dès l'instant où ils ont fait sortir Bilaam de leur bouche, leur royauté a été annulée.

Et c'est à partir des décrets que l'on comprend en quoi réside leur force dans les paroles de Torah ; et la racine de tous leurs décrets est 'viens, devenons un seul peuple' (ta nihavei le-ama had), car c'est là l'essentiel de l'édifice de ה' depuis les jours de la première destruction et au-delà : transformer aussi pour tous les peuples [leur langue] en 'une langue claire, pour invoquer le nom de ה'' (Tsephania 3,9). Et ils se divisent selon les détails : si cela porte sur une mitsva particulière, [c'est que] la volonté de ה' est de se renforcer davantage en elle, comme dans le cas de la haftara, qui fut instituée à cause d'un décret interdisant de lire dans la Torah, et nos maîtres, de mémoire bénie (razal), ont compris que la volonté de ה' est au contraire que l'on ne lise que peu, et qu'il faut ajouter encore la lecture du maftir dans les Prophètes.

Et de même pour la récitation de 'Chema Israël' dans la kedoucha de moussaf, qui fut instituée à la suite d'un décret par nos maîtres, de mémoire bénie, comme il est écrit dans le Sefer haEchkol. [Et de même nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Midrach Rabba Esther chap.

7) au sujet de Haman qui raillait 'chehi pehi' (שה"י פה"י : 'c'est chabbat aujourd'hui, c'est Pessa'h aujourd'hui') : par ta vie, on ajoutera encore une fête sur ta chute.] De même, les sonneries du chofar à moussaf ont été instituées à la suite d'un décret (Roch Hachana 32b). [Et j'ai entendu que c'est parce que cela n'est pas conforme au strict droit (din), car selon le droit il conviendrait d'être de ceux qui se hâtent et devancent (zerizin makdimin), et une chose pareille ne pouvait pas advenir par les sages d'Israël : elle ne s'est faite que par leur décret à eux.] Il se trouve donc que ce sont eux qui ont amené ce renouvellement de Torah (hidouch) dans le monde ; et une fois cette halakha innovée, leur force s'est éteinte et leur décret a été annulé, car c'est là tout l'essentiel de leur force : faire sortir cette parole de halakha.

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