צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 177

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« En toute chose il y a le PaRDeS. » Pour Rabbi Tsadok, le pchat est l'accomplissement concret de la Torah et des mitsvot ; le remez, les allusions du cœur nées de ces actes, comme les signes du sourd-muet : la tsedaka allude à s'attacher à la miséricorde de D.ieu. Le drach est l'enseignement de sagesse né dans le cerveau de cet acte. Après ces trois, on mérite le sod : le goût des fruits de ses actes, qu'il est impossible d'expliquer, révélé à celui-là seul qui le mérite. Finalement cela revient aux prophètes, qui englobent sage, fort et riche.

Aussi : avant que la Torah fût donnée, l'essentiel était que « le Miséricordieux veut le cœur » ; depuis qu'elle a été donnée, les actes des mitsvot ont été institués à neuf ; « droit » (yachar) est dans l'acte, Avraham et Yehochoua

‏[קעז] בכל דבר יש פרד"ס. פשט הוא עשיות כל התורה ומצות בפועל ממש.

ורמז הוא הרמיזות ‏שבלב שנעשים מאותם הפעולות. כענין חרש רומז ונרמז (גיטין נט.) שהרמז הוא רומז על המכוון ‏שבלבו שא"א לו להוציאו לפועל.

וכן כל העבדות הם רמיזות למה שבלב. ד"מ מצות צדקה בפועל ‏ורמיזתה בלב להיות דבוק במדת רחמנות של השי"ת לרחם על הבריות ולהשפיע לזולתו.

ודרוש ‏הוא הכונה מצד החכמה שבמוח לדעת איזה לימוד מחודש דחכמה וידיעת הש"י נולד מעובדא זו ‏במוחו. ואחר שמשיג ג' אלו כלי המעשה גומרים ולב חומד ועין רואה חכמת הדבר אז זוכה לסוד ‏שהוא ענין מ"ש (קידושין מא.) לאדם טוב מטעימין לו מפרי מעשיו בעוה"ז.

הטעם ע"ד טעמו וראו ‏וגו' נקרא סוד שא"א להסביר לחבירו טעם שהוא מרגיש בחכו כענין שאמרו (אדר"נ פ' לז) ב' אוכלין ‏מקערה א' כל אחד טועם לפי מעשיו. כי הטעם אין שוה בכל א' וזה נקרא סוד כידוע שהוא מה שא"א ‏להגיד כלל.

כי מה שאפשר להגיד הרי אחר שהגיד שוב נודע גם להאחר ואיך הוא סוד וסתר ‏ושנאמר בו סוד ה' ליראיו או לישרים סודו. וע"כ שהוא דבר שגלוי למי שזוכה לבד וא"א לגלותו כלל.

‏וזהו הטעימה שכל א' טועם לפי חלקו. ואז"ל בבר"ר (פ' מט) ובתנחומא (וירא ו) דבסוף לנביאים ‏שנא' כ"א גלה סודו כו' כי יראה היינו בלב כמ"ש ביומא (עב:) ע"פ ולב אין.

וזהו עד שלא ניתנה תורה ‏עיקר רחמנא לבא בעי ומשנתנה תורה נתחדשו מעשה המצות. וישר היינו במעשה וזהו אברהם ‏ויהושע [זרעא דיוסף שהם כשור לעול במעשה המצות] דמייתי שם.

אבל בסוף לנביאים דהיינו ‏הכוללים כל הג' כמ"ש (שבת צב.) אלא על חכם במוח גבור הכובש את יצרו בלב ועשיר במעשה ‏המצות [והם ג"כ נגד ג' קנאה תאוה וכבוד עשיר השמת בחלקו ואינו מקנא וגבור נגד התאוה וכבוד ‏חכמים ינחלו]: ‏

[177] En toute chose il y a le PaRDeS (les quatre niveaux d'interprétation : pchat le sens simple, remez l'allusion, drach l'exposition, sod le secret). Le pchat, c'est l'accomplissement de toute la Torah et des mitsvot en acte, tout à fait concrètement.

Le remez, ce sont les allusions qui se forment dans le cœur à partir de ces actes mêmes, à la manière du sourd-muet qui fait des signes et à qui l'on fait des signes (Guitin 59a) : le signe désigne l'intention qu'il a dans son cœur et qu'il lui est impossible de traduire en acte. De même, tous les services [divins] sont des allusions à ce qui est dans le cœur.

Par exemple, la mitsva de tsedaka accomplie en acte, et son allusion dans le cœur est d'être attaché à la mesure de miséricorde de ה' béni soit-Il, avoir pitié des créatures et répandre le bien sur autrui. Et le drach, c'est l'intention du côté de la sagesse qui est dans le cerveau : savoir quel enseignement nouveau de sagesse et de connaissance de ה' béni soit-Il est né dans son cerveau de cet acte.

Et après qu'il a atteint ces trois - les instruments de l'action accomplissent, le cœur désire et l'œil voit la sagesse de la chose - alors il mérite le sod, qui est le sens de ce qui est dit (Kidouchin 41a) : à l'homme bon, on lui fait goûter des fruits de ses actes en ce monde-ci. Le goût, au sens de 'goûtez et voyez [que ה' est bon]' etc.

(Psaumes 34,9), est appelé sod, car il est impossible d'expliquer à son prochain le goût qu'il ressent dans son palais, comme ils l'ont dit (Avot deRabbi Nathan chapitre 37) : deux mangent d'un même plat, et chacun goûte selon ses actes. Car le goût n'est pas le même pour chacun, et cela s'appelle sod, comme on le sait, car c'est ce qu'il est absolument impossible de dire.

Car ce qu'il est possible de dire, une fois qu'il l'a dit, voilà que cela est connu aussi de l'autre - et comment serait-ce alors un secret et une chose cachée, ce dont il est dit 'le secret de ה' est pour ceux qui Le craignent' (Psaumes 25,14) ou 'et avec les hommes droits est Son secret' (Proverbes 3,32) ? Force est donc de dire que c'est une chose révélée à celui-là seul qui la mérite, et qu'il est totalement impossible de révéler.

Et c'est cela la dégustation, chacun goûtant selon sa part. Et nos maîtres de mémoire bénie ont dit dans Berechit Rabba (chapitre 49) et dans le Tan'houma (Vayera 6) que finalement [le secret revient] aux prophètes, ainsi qu'il est dit : 'car Il a révélé Son secret [à Ses serviteurs les prophètes]' etc.

(Amos 3,7). Car la crainte, c'est dans le cœur, comme il est dit dans Yoma (72b) sur le verset 'et de cœur, point' (Proverbes 17,16).

Et c'est là ce qui est dit : avant que la Torah ne fut donnée, l'essentiel était que 'le Miséricordieux veut le cœur' (Sanhédrin 106b), et depuis qu'elle a été donnée, les actes des mitsvot ont été institués à neuf. Et 'droit' (yachar), c'est dans l'acte, et ce sont Avraham et Yehochoua [descendance de Yossef, qui sont comme le bœuf au joug dans l'accomplissement des mitsvot] que l'on cite là-bas.

Mais finalement [le secret revient] aux prophètes, c'est-à-dire à ceux qui englobent les trois ensemble, comme il est dit (Chabbat 92a) : [la Chekhina ne repose] que sur un sage - dans le cerveau, un fort - celui qui dompte son penchant, dans le cœur, et un riche - dans l'accomplissement des mitsvot [et ils correspondent aussi aux trois : la jalousie, le désir et l'honneur. Le riche est celui qui se réjouit de sa part et ne jalouse pas ; le fort, face au désir ; et pour l'honneur, 'les sages en hériteront' (Proverbes 3,35)].

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