Il existe un lieu, un temps et une âme préparés pour la souffrance. Comment une chose serait-elle préparée dès la création pour le mal, alors que « de la bouche du Très-Haut ne sortent pas les maux » ? Pour Rabbi Tsadok, « préparé pour les pour'aniot (calamités) » est un terme de pira'on (paiement) : ici n'existe que l'acquittement des transgressions. Le Saint béni soit-Il donne « la pleine charge », et l'abondance de bien ne peut se recevoir en ce monde. Là où s'épanche l'acquittement, l'abondance même devient calamité : la mort des kelim (vases) vint par l'excès de lumière. Celui qui mérite reçoit alors l'acquittement du bien : naissance du Machia'h le 9 Av.
Aussi : l'ouvrage de D.ieu est d'apparier chaque chose avec son contraire ; la souka, abri en D.ieu et confiance ; la vision des paroles de Torah entre les détroits, puis leur acquisition après un compte de quarante-neuf jours
[קעא] יש מקום מוכן לצער ח"ו כמשז"ל בחלק (קב.) בשכם מקום כו' וכן זמן כמשז"ל (שם) עת כו' וכמ"ש (תענית כט:) בר ישראל דאית לי' דינא כו' באב כו' וכן בנפש כדרך שאז"ל (שם כה.) בר"א בן פדת וטובא. ואיך יצוייר זה שמוכן מתחלת בריאה לרע ח"ו והלא מפי עליון לא תצא הרעות.
אבל באמת לשון חכמים מרפא שאז"ל מוכן לפורעניות לשון פרעון רק דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא (קידושין לט:) רק פירעון העבירות אם לא שזכה לטעום מפרי מעשיו בעוה"ז או מאותן מצות שיש להם פירות. ואותו הזמן מקום ונפש הוא מוכן לקבל פירעון מה שנשתכר.
ומה דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא היינו משום דהקב"ה נותן מלא עומסו כו' (סנהדרין ק.) וא"א בעוה"ז לקבל רוב טובה ההוא כלל. ובאותו מקום זמן נפש שנשפע הפירעון ושכרו של השי"ת מצד רבוי השפע נעשה ח"ו פורעניות לרע כידוע בסוד שבירתן של כלים זוהי מיתתן ע"י רבוי האור וכן אז"ל (פרדר"א פ' לד) ע"פ לא יראני הא בשעת מיתתן רואה.
ולכן אז"ל (יומא נד:) שמצאו כרובים מעורים אע"פ שלא היו עושין רצונו של מקום. כי אז הי' תוקף רבוי שפע האור ולכך זכה יחזקאל למראות א-להים.
ומי שזוכה באמת מקבל פירעון הטובה אז. שזה ענין לידת משיח בט' באב.
ואז"ל (בר"ר פ' יא) לכל נתת בן זוג שלכל דבר יש זוג דהיינו עזר כנגדו שיש דבר שהוא ממש נגדו וזהו לעזר לו. והש"י מלאכתו הוא מיום שנברא העולם כמשז"ל (בר"ר פ' סח) לזווג זיווגים אלו של מקום וזמן ונפש כ"א בהפכן.
דיש מקום מוכן להיפך ממש שלא לקבל שום שכר מעשים רק לבטוח בבעה"ב שנאמן לשלם שכר ובזיווגם מתמתקים יחד. וידוע נגד כ"ב ימים שבין המצרים הם מר"ה עד שמע"צ [וש"ת הוא נגד י' באב דא' ר"י אלו הואי התם כו' (תענית כט.) כי ספיקא דיומא שבכל יו"ט הוא נגד תושבע"פ הדומה לתושב"כ שהם ב' לוחות הברית.
וכן ב' ימים יו"ט א' דאורייתא וא' דרבנן והקדושה יורדת לב' הימים. וכן השפע שירד לט' באב שהי' מלמעלה שפע גדול ועצום כנ"ל נתחלק גם לי' באב ולמטה נתהפך ר"ל].
וידוע דטעם סוכה הוא החסיון בה' והבטחון בו. ונגד ט' באב הוא שמע"צ שאז"ל (מד"ת פנחס טז) פר אחד כו' אני ואתם כמו לעתיד ה' בדד ינחנו וגו' ממש היפך ט' באב.
וכ"ב ימים הם נגד כ"ב אותיות התורה שפגמו כמשאז"ל באיכה רבתי דלכך בי"ז בתמוז נשתברו לוחות ונשרפה התורה והוא נגד אות א' שמתחיל בו אותיות התורה ובאותו זמן יורד שפע ד"ת הרבה רק שהוא בראי' כטעם מראות יחזקאל. ואז"ל (ברכות נז:) הרואה יחזקאל יצפה לחכמה שזהו דוגמת פסח ראתה שפחה כו' ואח"כ שבועות מתן תורה בקנין וצריך מ"ט ימי ספירה בינתים.
וכן מי' באב עד ר"ה הם מ"ט ימי ספירת נקיים ואח"כ מתחיל ד"ת בקנין כפי תוקף הראי' שבין המצרים:
[171] Il existe un lieu préparé pour la souffrance, à D.ieu ne plaise, comme l'ont dit nos Sages dans le chapitre Helek (Sanhédrin 102a) : "à Sichem, lieu [préparé pour le malheur]" etc. ; et de même un temps, comme l'ont dit nos Sages (ibid.) : "un temps [préparé pour le malheur]" etc. ; et comme il est dit (Taanit 29b) : "un fils d'Israël qui a un procès [avec un non-Juif, qu'il se dérobe à lui] ... au mois d'Av" etc. ; et de même dans l'âme, à la manière de ce qu'ont dit nos Sages (ibid. 25a) au sujet de Rabbi Elazar ben Pedat, et bien davantage encore.
Et comment se peut-il concevoir qu'une chose soit préparée dès le commencement de la création pour le mal, à D.ieu ne plaise, alors que "de la bouche du Très-Haut ne sortent pas les maux" (Eikha 3,38) ? Mais en vérité "la langue des sages est guérison" (Michlé 12,18) : ce qu'ont dit nos Sages, "préparé pour les pour'aniot (calamités)", est un terme de pira'on (paiement, acquittement d'une dette) ; seulement, la récompense d'une mitsva n'existe pas en ce monde-ci (Kidouchin 39b), il n'y a ici que l'acquittement des transgressions, sauf s'il a mérité de goûter des fruits de ses actes en ce monde, ou de ces mitsvot qui ont des fruits.
Et ce temps, ce lieu et cette âme sont préparés à recevoir l'acquittement de ce qu'il a gagné. Et si la récompense d'une mitsva n'existe pas en ce monde-ci, c'est parce que le Saint béni soit-Il donne "la pleine charge [de celui qui reçoit]" etc.
(Sanhédrin 100a), et il est impossible en ce monde de recevoir cette abondance de bien, en aucune façon. Et dans ce lieu, ce temps et cette âme où s'épanche l'acquittement et la récompense de ה', du fait même de l'abondance de l'effusion, cela devient, à D.ieu ne plaise, calamité et mal, comme cela est connu dans le secret de la brisure des kelim (vases) : leur mort vint par l'excès de lumière.
Et de même nos Sages ont dit (Pirké deRabbi Eliezer ch. 34) sur le verset "nul ne Me verra [et vivra]" (Chemot 33,20) : mais à l'heure de leur mort, ils voient.
Et c'est pourquoi nos Sages ont dit (Yoma 54b) qu'ils trouvèrent les keroubim enlacés, bien qu'ils n'accomplissaient pas alors la volonté de l'Omniprésent : car il y avait alors la puissance de l'abondance de l'effusion de lumière, et c'est pour cela que Ye'hezkel mérita "des visions d'Elokim" (Ye'hezkel 1,1). Et celui qui mérite véritablement reçoit alors l'acquittement du bien : c'est là le sens de la naissance du Machiah le 9 Av.
Et nos Sages ont dit (Berechit Rabba ch. 11) : "À tout Tu as donné un conjoint", car toute chose a sa paire, c'est-à-dire "une aide en face de lui" (ezer kenegdo) : il y a une chose qui lui est littéralement opposée, et c'est cela même qui lui est une aide.
Et l'ouvrage de ה' depuis le jour où le monde fut créé, comme l'ont dit nos Sages (Berechit Rabba ch. 68), est d'apparier les couples : ces couples-là, de lieu, de temps et d'âme, chacun avec son contraire.
Car il est un lieu préparé pour l'exact contraire : ne recevoir aucune récompense pour les actes, mais seulement se fier au Maître de maison, qui est fidèle à payer le salaire ; et par leur appariement ils s'adoucissent l'un l'autre. Et il est connu que, face aux 22 jours d'entre les détroits [du 17 Tamouz au 9 Av], se tiennent les 22 jours qui vont de Roch Hachana jusqu'à Chémini Atséret.
[Et Simhat Torah correspond au 10 Av, car Rabbi Yo'hanan a dit : "Si j'avais été là [j'aurais fixé le jeûne au 10]" etc. (Taanit 29a) ; car le doute du jour, qui existe dans chaque fête [le second jour de fête en diaspora], correspond à la Torah orale, laquelle ressemble à la Torah écrite, et elles sont les deux tables de l'alliance.
Et de même les deux jours de fête, l'un de la Torah et l'autre d'institution rabbinique, et la sainteté descend sur les deux jours. Et de même l'effusion qui descendit le 9 Av, qui était d'en haut une effusion grande et puissante comme il a été dit plus haut, se partagea aussi vers le 10 Av ; et en bas elle se renversa, que le Miséricordieux nous en préserve.] Et il est connu que la raison de la souka est l'abri en ה' et la confiance en Lui.
Et face au 9 Av se tient Chémini Atséret, dont nos Sages ont dit (Midrach Tan'houma Pinhas 16) : "un seul taureau" etc., "Moi et vous", comme il en sera dans l'avenir : "ה' seul le conduira" etc. (Devarim 32,12) - exactement l'inverse du 9 Av.
Et les 22 jours correspondent aux 22 lettres de la Torah qu'ils ont entachées, comme l'ont dit nos Sages dans Eikha Rabbati : c'est pour cela que le 17 Tamouz les Tables furent brisées et la Torah brûlée. Et cela correspond à la lettre alef, par laquelle commencent les lettres de la Torah ; et en ce temps-là descend une très abondante effusion de paroles de Torah, seulement qu'elle est en vision, à la manière des visions de Ye'hezkel.
Et nos Sages ont dit (Berakhot 57b) : "celui qui voit Ye'hezkel [en songe] qu'il espère la sagesse" ; et cela est à l'image de Pessa'h, où "une servante vit [sur la mer ce que Ye'hezkel ne vit pas]" etc., et ensuite vient Chavouot, le don de la Torah en acquisition (kinyan), et il faut entre les deux les 49 jours du compte du Omer. Et de même, du 10 Av jusqu'à Roch Hachana, ce sont 49 jours d'un compte de pureté, et ensuite commencent les paroles de Torah en acquisition, selon la force de la vision qui fut entre les détroits.